Innorobo, les rencontres de la robotique et de la mécatronique – 2ème partie

Après une première partie consacrée au marché et aux applicatifs de la robotique de services et industrielle, et toujours dans le cadre d’Innorobo à Lyon, la conférence Robolift a réuni quelques experts internationaux pour aborder des sujets sociétaux liés l’émergence des robots.

Morceaux choisis.

1 – Comment les robots vont-ils changer notre vie au quotidien?

Cynthia Breazeal, MIT Medialab

Cynthia Breazeal, MIT Medialab

Les robots engagent notre cerveau social (Heider and Simmel). A travers des tests et des expérimentations, Cynthia Breazeal, MIT Medialab Personal Robots group (US) et son équipe étudient les réactions des personnes face à des robots spécialement créés par le MIT. A travers une série de questions, basées sur un dialogue humain, le robot crée un lien avec la personne, généralités pour commencer puis le robot parle de lui en terme personnel pour pousser la personne à en faire de même. Une fois le lien créé, les personnes ont plus de faciliter à se confier à un robot.

MeBot – robot de téléconférence du MIT  –   un robot capable d’exprimer des expressions.

Patricia Kuhl – TED talk. « Jusqu’à 7 ans, il est plus facile à un enfant d’apprendre un langage que le calcul« .  C’est l’inverse pour les robots.

Les robots seront les « corps » de l’internet, sa représentation physique. Notion de r-tourisme, r-santé, r-travail, d’Internet des robots

Expérimentations sur les robots comme partenaire de santé. L’obésité est un problème important aux US ; le robot aide à bien manger, à prendre de meilleures décisions culinaires, à respecter le régime.  Dans les tests, le robot permet de prolonger la durée d’engagement d’une personne suivant un régime. Des développement commerciaux sont en cours. Intuitive automata, inc -  Le robot est une liaison entre le monde social et le monde technologique. Le robot motive, communique, crée un lien à travers des dialogues.

Tofu toujours au MIT labs, un robot peluche expressif.

Le robot apporte une relation différente à l’intersection des personnes, des animaux de compagnie et de la technologie

Wendell Wallach, Yale University

Wendell Wallach, Yale University

Wendell Wallach, Yale University : Interdisciplinary Center for Bioethics (US) aborde le sujet des robots et l’éthique, la version scientifique des trois lois de la robotique d’Isaac Asimov et du film iRobot.  Les sujets tourne autour de  la moralité des machines, leur éthique, la moralité artificielle. AMAs – Artificial Moral Agents – Agents de Moralité Artificielle

Un marteau a t-il un sens éthique ? L’éthique est elle programmable ? Peut on apprendre ce qui est juste ou non à des robots ?

Ethique des robots – sécurité, fonctionnalités, responsabilités, relations avec les lois humainesVersion « top down » – Les dix commandements / les trois lois d’Asimov,  Version « Bottom up » – apprentissage
Ordinateur / Robot éthique ? HAL, l’ordinateur de 2001 l’Odyssée de l’Espace, Non, Sonny d’iRobot, Non

Les 3 lois de la robotique d’Asimov ne sont pas fonctionnelles. Si deux personnes donnent deux ordres différents à un robot, la deuxième loi ne fonctionne plus. Comment un « système » peut il reconnaître si le coté éthique d’une situation ? Cette éthique est indispensable pour les robots dans les applications de services à la personne, les applications militaires, les robots médicaux, les jouets,… Peu de réflexions ont été entreprises sur ces sujets

Maximiser les bénéfices, minimiser les risques (impact sur l’existence ou la société) Quelle responsabilité pour les robots ? Quelle police d’assurance pour les voitures sans chauffeur ?

Les lois, éthiques et politiques publiques sont à définir pour les robots et toutes les technologies émergentes.

Patrizia Marti, Faculty of Humanities, University of Siena

Patrizia Marti, Faculty of Humanities, University of Siena

Les humains ont une prédisposition à s’associer avec le vivant. Est ce que cette association s’applique également aux robots, dans le sens, est ce que les humains associent les robots au vivant ? Patrizia Marti, Faculty of Humanities, University of Siena étudie comment les robots peuvent aider des humains avec des déficiences de communication ou avec des désordres mentaux.

Paro est un robot sous la forme d’un bébé phoque, conçu pour réduire l’usage de la pharmacopée standard dans le traitement de la maladie d’Alzheimer. Présentation d’une vidéo montrant un homme agé et malade, renfermé sur lui-même, communiquant avec Paro, lui parlant comme à un ami, ce qu’il ne fait pas avec les humains.

Iromec, un robot pour apprendre à des enfants autistes à jouer. Un robot modulaire comprenant une vingtaine de scénarios de jeux. Les autistes ont des difficultés à gérer les interactions avec les humains, les robots sont plus prévisibles. Il est plus facile pour les autistes de communiquer / jouer avec le robot Le robot peut être autonome ou contrôlé par un opérateur.

Il est important d’expérimenter dans le monde réel. Enfin, Patrizia Marti n’est pas convaincu que les robots doivent avoir une forme humanoïde. « The idea that people anthropomorphize robots may need to be amended. »

2 – Détournements de robots: de la chirurgie réparatrice à l’humain augmenté, du robot démineur au robot de combat

Noel Sharkey, Professor of Al And Robotics, University of Sheffield

Noel Sharkey, University of Sheffield

Noel Sharkey, Professor of Al And Robotics, University of Sheffield a décrit toutes les possibilités que les robots apportent et pourront apporter à la guerre et les conséquences très négatives sur le monde en général. Activiste convaincu, il montre qu’il existe déjà un certain nombre de robots militaires et de drones, tuant à distance avec des risques d’erreurs réelles de bavures, et a dénoncé les actions de la CIA qui utilise à grande échelle ces outils. Il milite pour la pacification des robots alors que le marché militaire est clairement un marché plein de promesses pour les industriels de la robotique. Son compte Twitter : @StopTheRobotWar

Daniela Cerqui

Daniela Cerqui

Daniela Cerqui, Cultural anthropologist, University of Lausanne a étudié avec Kevin Warwick, le premier homme à avoir essayé de manipuler des mains robotiques avec sa pensée (Cyborg 2 – 2002). Les cyborg, fusion de l’homme et de la machine. Améliorer, dépasser les capacités humaines. En parlant de cyborg, d’homme augmenté, Daniela Cerqui parle de « deux figures qui lui tiennent à coeur« . A coeur ou hacker – NDLR

Une même technologie peut être utilisée thérapeutiquement ou dans l’amélioration du corps humain OU dans des buts éthiquement discutables.

En 1998, Kevin Warwick s’implante une puce RFID dans le bras (Cyborg 1), lui permettant d’ouvrir la porte de son bureau, ou installer les bons paramêtres sur son ordinateur. Expérience renouvelée (implantation d’une puce RFID dans le corps) pour le contrôle d’accès des VIP dans une boite de nuit espagnole en 2004. Pour Daniela Cerqui, avec le temps, des choses inacceptables le deviennent. (A ma connaissance, il n’y a pas eu d’autres expériences dans ce domaine, et je ne suis pas sûr qu’on puisse en déduire que ce soit acceptable maintenant – NDLR)

Le robot Gordon utilise des cellules de souris, Daniela Cerqui pose la question « A quand un robot utilisant des cellules humaines ?« 

Daniel Schatzmayr

Daniel Schatzmayr

Daniel Schatzmayr est un hacker de robots. Un robot hacker peut s’attaquer à la sécurité d’un robot, mais plus régulièrement va le modifier ou le créer.

La sécurité en robotique est encore faible. Les OS des robots sont souvent sous Unix / Linux qui possède un mot de passe par défaut, pas toujours modifié. Il a été possible d’écouter facilement la conservation entre le drone américain le plus connu, le prédator et le pilote au sol, il n’y avait pas de sécurisation des données transmises.

Exemple de stuxnet, le virus ayant attaqué un certain nombre de systèmes informatique y compris une centrale nucléaire en Iran à travers des failles de sécurité. Les « objets/machines » les plus vulnérables au hacking  sont les DAB (distributeurs automatiques de billet), les machines électroniques de vote, les caméras de surveillance ou les systèmes d’ouverture de porte.

Modification et Création –  KinectBot by SquadBot, un aspirateur Roomba équipé d’un Kinect. La NASA encourage les hackers à les aider. Nombreux exemples : Open Lidar Project,  détournement du robosapiens de Wowee et un robot industriel (bras de peinture) transformé en gigantesque pod pour jouer à des jeux vidéos.  Une communauté mondiale très active.

Une première série de conférences de qualité, montrant à la fois des solutions utiles dans le domaine médical et posant de bonnes questions sur l’éthique, questions qu’il faudra un jour lointain résoudre. Pourquoi un jour lointain ? Ce sera l’objet d’un troisième et dernier billet consacré à Innorobo.

Many thanks
Pierre Metivier

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