"Errare Humanoïd Est" : Innorobo – 3ème partie

mars 29, 2011
Nao, Aldebaran

Nao, Aldebaran

"Errare Humanoïd Est" : les robots seront-ils humanoïdes ou pas…?" tel était le titre du débat qui a clôturé la conférence Innorobo qui s’est tenu du 23 au 25 Mars 2011. Ce débat a réuni Bruno Maisonnier, Fondateur d’Aldebaran Robotics et le papa de Nao, le plus représenté (y compris sur ce blog) des robots et Francesco Mondada, Researcher in artificial intelligence and robotics, EPFL, Lausanne sous l’arbitrage bienveillant de Bruno Bonnell, président de Sysrobo et l’organisateur du salon.

Le débat est vieux comme les robots. On peut le symboliser par le couple C-3PO et R2-D2 de Star Wars, un robot en forme de cylindre clignotant et sifflant, et un robot majordome parlant des milliers de langues.

Pour Bruno Maisonnier, la forme du robot est liée à son activité. Si il y a interaction avec les personnes, alors la forme humanoïde est la plus appropriée. Le début d’Aldébaran et de Nao, il y a 42 projets différents et ce sont les "consommateurs" qui ont choisi la forme actuelle de Nao.

Francesco Mondada préfère une voiture qui se conduise toute seule plutôt que d’avoir un robot conducteur de la voiture. Il est plus logique de robotiser les objets plutôt que de faire manipuler les objets existants par des robot. Il faut rendre les objets intelligents (et on rejoint le monde de l’Internet des objets NDLR)

Bruno Maisonnier, Aldebaran

Bruno Maisonnier, Aldebaran

Bruno Maisonnier rappelle que nous sommes des animaux sociaux, ce qui explique la taille de nos cerveaux. La voiture doit pouvoir se garer toute seule (et certains modèles le font déjà), mais on n’a pas envie de parler avec une voiture. Il cite les autistes pour lesquels la communication est un stress et le "body language" est important. La fonction principale d’un robot n’est pas son utilité mais son coté "social".
Francesco Mondada "Si la fonction principale est la communication, OK pour la forme humanoïde, mais je préfère ‘communiquer’ avec les humains". Il cite un projet universitaire à base de verres, en vue de les robotiser.

"Peut on avoir des émotions avec un objet, de l’affect ?" Bruno Maisonnier en doute. Dans un futur pas très loin, les personnes âgées, les malades d’Alzheimer, auront des robots, qui ne remplaceront pas les relations avec les personnes, mais qui les aideront dans leur vie de tous les jours en intergissant avec eux.

Toujours pour Bruno Maisonnier, la piste de l’émotion passe par la forme humanoïde, les personnes dépendantes ont besoin d’aide et sont conscientes que les robots peuvent aider. Les robots sont patientes, ne réagissent pas aux erreurs des humains. Contrairement à la relation entre les humains, il n’y a pas de jeux de code de jugement de timidité ou humiliation. Les robots sont tout indiqués pour faire des professeurs infatigables ou des aides aux personnes dépendantes.

Francesco Mondada, EPFL

Francesco Mondada, EPFL

Pour Francesco Mondada, il ne faut pas mélanger le niveau fonctionnel et le niveau social. La personne est fonctionnellement dépendante ce qui lui crée un tort social. Le robot résout les problèmes de fonctionnalités mais n’est pas capable de résoudre un problème social. Est ce que la forme humanoïde répond à cela ? La réponse est clairement non. Le robot ne peut être qu’un outil.

En conclusion, Bruno Bonnell demande aux deux participants sa vision des 10 prochaines d’années de la robotique.

Pour Bruno Maisonnier, il y aura des robots humanoïdes et non-humanoïdes. Le plus important, c’est que derrière les robots, il y a beaucoup d’emplois induits et que la France, en avance dans ce domaine, doit pouvoir continuer à innover avec l’aide des pouvoirs publics. ll faut que les jeunes se mobilisent, comme au Japon et en Corée, et "oui, évidemment, il y aura des robots humanoïdes dans les rues dans 10 ans".

Pour Francesco Mondada, il n’y aura pas de robot humanoïde, nous n’aurons pas de majordomes privés. Il reconnait être "déçu en bien (impressionné, en français du Canton de Vaud) par les progrès de la robotique mais ce sont des machines avec leurs bugs et leur problèmes de développement. "Soyons prudent, dans 10 ans, il n’y aura pas de robot humanoïde dans les rues."

Les photos de la conférence Innorobo et les comptes rendus.
Errare Humanoid Est ?

Pierre Métivier


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