Le Bluetooth 4.0 pour remplacer le NFC sur le prochain iPhone ?

mai 20, 2012
iPhone 5 - Bluetooth et/ou NFC ?

iPhone 5 – Bluetooth et/ou NFC ?

Le sujet du NFC sur iPhone est inépuisable et fait l’objet de nombreux articles (y compris de votre serviteur il y a près de 3 ans déjà en septembre 2009 dans le Journal du Net). Deux articles récents (Cult of Mac et ComputerWorld) présentent le Bluetooth 4.0 comme la technologie qu’utiliserait Apple pour son iWallet et donc que le NFC ne ferait pas partie du prochain iPhone. Dans le même sens, toujours sur le paiement, Paypal est officiellement très réticent sur le NFC (“Not Found Commercially”), n’hésitant pas à déclarer que “le monde se sera tourné vers d’autres technologies avant que le NFC soit réellement disponible

Ces articles sur le prochain mobile d’Apple se basent sur la disponibilité de Bluetooth 4.0 dans les derniers devices d’Apple, qui rend possible le fonctionnement de services sans contact à des distances plus importantes ET sur l’importance du paiement comme application clé de nos mobiles pour expliquer que finalement, le NFC ne fera pas partie des nouvelles fonctionnalités du prochain iPhone.

Le paiement sur mobile est sans aucun doute un élément clé des services rendus possibles par les mobiles. Et Bluetooth 4.0 et d’autres technologies peuvent le gérer. Mais ces articles oublient un point important. Le paiement n’est qu’un service, parmi d’autres, offert par les mobiles et la technologie NFC n’est pas uniquement dédiée au paiement. Elle permet d’échanger des données, d’identifier, d’authentifier, d’autoriser, non seulement pour le paiement, pour le transport, l’accès (hôtel, bureaux, ..) et beaucoup d’autres services. Et dans le cas de l’accès, elle fonctionne en mode émulation de carte dans le cas de l’accès ou de du transport même si le téléphone n’a plus de batterie. Et Bluetooth ? Et puis la faible distance d’utilisation (quelques centimètres contrairement au Bluetooth 4.0) est un vrai avantage. Il n’y a que son téléphone NFC près d’un TPE (Terminal de Paiement Electronique) ou d’un valideur transport, alors qu’il pourrait y avoir potentiellement plusieurs mobiles Bluetooth 4.0 dans un périmètre plus large. Lequel serait alors le bon ?

Paiement sans contact et iPhone (c) Le Figaro

Paiement sans contact et iPhone (c) Le Figaro

Les services sans contact NFC vont se développer parce qu’ils sont potentiellement universels de part les normes et l’infrastructure en place et en développement partout dans le monde, que ce soit le transport (1,2 mds d’hommes et de femmes utilisent tous les jours une carte / un mobile sans contact dans les transports en commun – source NXP), les services bancaires (les cartes de paiement sont de proches cousins technologiques du NFC et toutes les cartes, les DAB (Distributeur Automatique de Billets) et les TPE à venir sont ou seront bi-mode – avec ou sans contact), la billetique, les services de ville, l’accès ou les réseaux sociaux (à travers des applications de type FourSquare ou Facebook).

Notre mobile est déjà et sera de plus en plus la télécommande du monde qui nous entoure. Il le transforme en un monde de proximité, notre monde, en nous permettant d’agir sur notre environnement, pas seulement le paiement mais sur les éléments de notre quotidien.

Apple (et Paypal) seraient fort imprudents (*) de laisser aux autres acteurs que sont Samsung, Nokia, RIM, Google, Microsoft et tous les opérateurs télécom et bancaires de la planète, le déploiement des services de proximité sans contact. Nos mobiles nous permettent de regarder des vidéos, d’écouter de la musique, d’accéder à nos messages et nos réseaux sociaux, d’acheter des biens et des services et accessoirement de communiquer par la voix. Certains mobiles vont également ouvrir (ouvrent déjà dans certains pays) les portes des transports et des hôtels, permettent de payer le parking ou le café du matin, permettent de rentrer au stade ou dans les salles de concert, permettent de connaître l’histoire d’un tableau ou la composition d’un plat, d’effectuer un ‘Jaime’ sur Facebook ou un checkin sur Foursquare d’un seul geste, et d’autres ne le feront pas.

Si les auteurs de ces deux articles ont raison, alors un vrai clivage va se créer, passionnant à suivre dans les prochains mois, dessinant peut-être même enfin, une vraie différentiation qui pourrait à terme, inciter les aficionados d’iPhone de changer, ou pas, d’univers mobiles.

A suivre.

Pierre Métivier

(*) Apple a déposé un grand nombre de brevets autour de la technologie NFC y compris pour le iWallet, comme le rapporte le site PatentlyApple … au cas où. De même, Paypal, tout en critiquant ouvertement la technologie NFC, protège ses arrières en effectuant des tests discrets en Europe… également au cas où :-)


Maison connectée : les enjeux pour les opérateurs télécom

janvier 27, 2012
EBG et la maison connectee

EBG et la maison connectee

Mardi 24 janvier 2012 s’est tenu une conférence organisé par EBG et animé par Logica sur le thème “Maison connectée : les enjeux de la convergence des objets“, un enjeu très lié à celui de l’Internet des objets.

Le syllabus précisait “Du grille-pain à la télé, en passant par le Smartphone et l’ordinateur, les innovations de la domotique permettent de tout imaginer. Les acteurs sont désormais en train de définir les passerelles et les business modèles associés.

  • Quelles sont les innovations technologiques ?
  •  Quels seront les objets qui rentreront vraiment dans nos maisons ?
  •  Quels sont les enjeux financiers et les partenariats déjà conclus ?
  •  Qui seront les grands gagnants de ces nouveaux marchés ?
  •  Comment va se dessiner l’éco-système des applications et des services associés ?
Frédéric Estadieu, Logica

Frédéric Estadieu, Logica

Animé par Logica, le débat réunissait deux opérateurs, Orange et SFR et un équipementier, Alcatel-Lucent.

Pour Frédéric Estadieu, Logica, le débat doit dépasser les promesses d’un réfrigérateur intelligent souvent associé au concept de maison connectée.

Pour Olivier Kouvarakis, Directeur Maison Connectée chez SFR, le tout IP permet l’interopérabilité des objets du quotidien de la maison, rend interconnectable les objets. En y ajoutant, le stockage dans le cloud, la partie techno s’efface car elle fonctionne. Il y aura 20 fois plus d’objets connectés entre maintenant et 2020. Avoir le contenu (média) sur le cloud permet le partage “multi-devices, any where, any time”.

Thibault de La Fresnaye, Orange

Thibault de La Fresnaye, Orange

Thibault de La Fresnaye, Directeur du “Multiplay Everywhere, TV & Mediacenter”, Orange. Dans le passé, à un terminal correspondait un usage et maintenant, c’est un véritable réseau multi-écran multi-service qui s’est invité dans nos maisons (TV plus ou moins connectées, smart mobiles, tablette et ordinateurs). Une conjonction d’événements technologiques rend l’arrivée de la maison connectée possible même si ce n’est pas encore gagné. Le développement de la domotique dépends de protocoles, de standards non encore stabilisés et d’un business model globalement non défini. La “killer” app de la domotique n’est pas encore connu

Gilbert Marciano, Alcatel-Lucent

Gilbert Marciano, Alcatel-Lucent

Pour Gilbert Marciano, Director Customer Solutions Alcatel-Lucent, il y a une volonté de l’écosystème de standardiser. Alcatel propose que la box connectivité ou que le “femtocell” servent à organiser la communication dans la maison vers la sphère applicative et souligne I’importance de l’autodécouverte / autoconfiguration des objets pour simplifie l’expérience utilisateur. Il faut pouvoir contrôler ses objets à travers des interfaces web ou mobiles.

Olivier Kouvarakis, SFR

Olivier Kouvarakis, SFR

Pour les intervenants, le marché de la domotique est fragmenté et sous-développé (par rapport à des pays comme la Corée).

Quels sont les objets connectées de la maison du futur demande Frédéric Estadieu ? Pour Thibault de la Fresnaye, Orange, le premier exemple d’objet connecté est la box de l’opérateur ! La maison connectée pour l’opérateur c’est d’abord les médias (son, images, vidéo). Ensuite viendront des applications autour de la santé, l’éducation, l’énergie, la sécurité, les équipements domestiques, le comfort.

Les freins ? Appréhension des utilisateurs autour des données et respect de la vie privée. Exemple de Homescope de SFR – caméra de surveillance SFR à la diffusion limitée.

Etude conso pour la maison connectée – Quels critères ? Confort, facilité d’usage et économie. La tablette pourrait devenir la télécommande universelle.

Ce débat “Maison connectée“, passionnant même si il n’a que partiellement répondu aux questions originellement prévues, a montré le positionnement des opérateurs qui souhaitent profiter de la présence de leur box dans la maison, pour augmenter l’ARPU (Average Revenue Per User) en commercialisant des services supplémentaires, autour de la sécurité par exemple. Tout en étant convaincu que la technologie est disponible, ces mêmes opérateurs cherchent toujours un business model, des standardisations, des “killer apps“qui créeront la demande et le marché. Une question importante, à peine effleurée dans ce débat, est – qui est légitime à proposer les solutions “Maison connectée” ?

Dans l’expression “maison connectée“, il y a connectée et donc les opérateurs telecoms sont très présents, mais il y a aussi maison et tous les éléments qui la composent, en terme de mur, d’énergie, de toit, d’alarme, de mobilier, de matériel électro-ménagers, de serrures. Bien sûr, les opérateurs telecoms apportent la connectivité. Mais ensuite ? Le possesseur d’un pèse personne Withings peut se raccorder par lui-même à l’internet grâce à la technologie intégrée à l’équipement sans l’aide de l’opérateur. Les produits et services des sociétés comme Deltadore, Somfy, Legrand, LG, Samsung, Securitas, HID, Leroy-Merlin voire Tefal, équipés de connectivité (du simple tag RFID ou NFC, au module Zigbee ou Bluetooth Low Energy jusqu’à une adresse IPv6) pourront s’intégrer dans cette maison connectée sans intervention de l’opérateur télécom.

Et si les participants se montrent optimistes sur la disponibilité de la technologie, l’hétérogéneité des différents composants de la maison potentiellement connectables et le manque de standardisation (X10, ZWave, Insteon, Zigbee, ANT+, NFC, ..) rend le concept de maison connectée encore difficile à implémenter. Même si la connexion des objets conçus pour être connectés semble se développer, à quand un logiciel / une web app capable de communiquer non seulement avec les appareils medias de la maison (TV, ordinateurs, consoles de jeux, chaine Hifi) mais aussi avec les volets, le chauffage, l’eau, l’électricité, l’alarme, le refrigérateur ou la machine à laver ? Qui sera légitime pour proposer  un tel centre de contrôle ? Google, Apple, Orange, Microsoft, un nouvel entrant ? Toutes ces sociétés devront s’entendre avec tous les acteurs que l’ont trouvent dans une maison, tous dans leur “walled garden” pour reprendre l’expression d’Olivier Kouvarakis, SFR. L’ouverture, l’interopérabilité à travers un standard reconnu, la coopération de tous les acteurs seront indispensables pour le développement du marché de la maison connectée et de la domotique.

De nombreux sujets et questions pour un prochain débat EBG sur la “Maison connectée”, avec espérons le, des représentants des entreprises participant à la construction et l’habitabilité de nos maisons pour compléter le point de vue des opérateurs.

A suivre

Pierre Métivier

Pour aller plus loin :


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