Services sans contact – apprendre du passé pour préparer l’avenir

avril 26, 2012
Carte CP8 (1983) Wikipedia

Carte CP8 (1983) Wikipedia

Malgré un intérêt grandissant des médias pour les services de proximité sans contact, la disponibilité sans cesse grandissante de smart phone NFC sur les étagères des opérateurs télécom ainsi que dans les poches des consommateurs, les financements publics, le support des banques et leurs applications de paiement sans contact, et les premiers services actifs à Nice, Caen ou Strasbourg, force est de constater qu’il est difficile de trouver en France des lieux pour utiliser les fonctionnalités sans contact de son smartphone.

Revenons quelques années en arrière et rappelons nous comment s’est développé l’utilisation de la carte à puce. Les technologies sont “proches” (pun intended) et les acteurs de l’écosystème sont (presque) les mêmes.

Telecarte PTT

Telecarte PTT

A partir du brevet déposé en 1974 par Roland Moreno, la technologie “carte à puce” a été disponible sans que les usages et le marché se développent. Comme les américains l’ont décrit, la carte à puce était une technologie en recherche de problèmes à résoudre. Le décollage est arrivé par la décision des PTT en 1984  (qui deviendront France Telecom en 1988) d’utiliser la technologie pour développer la TeleCarte, carte téléphonique destinée aux touristes étrangers de passage à Paris pour téléphoner plus facilement, télécarte dont l’usage s’est répandu très rapidement ensuite.

Cette première application a réellement lancé la carte à puce, en lui donnant une existence et une visibilité, créant une appétance du consommateur et donc la création de nouvelles applications et de nouveaux services que nous utilisons quotidiennement.

Quelle sera cette première application pour les services de proximité sans contact, la “Killer app”, la “télécarte” des services NFC ? Cela pourrait être, de permettre, d’un simple geste, mobile en main :

  • de payer de petites sommes,
  • d’utiliser à plein les services de fidélité (toutes les cartes enfin disponibles, quel que soit l’enseigne, y compris dans le commerce de proximité),
  • de permettre à un touriste de passer le portillon du métro sans avoir besoin de comprendre les subtilités de la tarification des transports parisiens,
  • d’activer des “J’aime” en tout lieu sur Facebook ou des checkins Foursquare en un clin d’oeil,
  • de prendre un Vélib pour les franciliens…

Cela pourrait se faire également plus progressivement par la création de services citoyens, service de villes, accès à la piscine ou à la cantine, écoles, transport, parking …. services développés par les collectivités territoriales et il y en a un certain nombre en préparation.

Il y aura aussi de nouvelles applications, en provenance de startups qui restent à créer, ou en provenance de Google ou d’Apple, dont on attend toujours pour ces derniers, la stratégie en ce domaine.

Une chose est sûre. Tant qu’on ne verra pas des consommateurs / des usagers / des citoyens, utiliser des mobiles NFC pour agir sur leur environnement, payer leur parking, acheter leur baguette, ouvrir la porte de leur bureau ou de leur chambre d’hôtel, passer des portillons de transport, échanger des cartes de visites, … ce marché du NFC ressemblera beaucoup à celui de la carte à puce à ses débuts, simplement prometteur.

Et pour vous, quelle application lancera réellement les services de proximité sans contact ?

A suivre

Pierre Métivier
PS. Billet inspiré par une conversation avec Rémy de Tonnac, président d’Inside Secure.


Les technologies sans contact pour une meilleure expérience événementielle

avril 4, 2012
The Connected Shop

The Connected Shop

Le salon MPV, Marketing Point de vente, est, comme son nom l’indique, un salon dans lequel on peut trouver un grand nombre d’outils, de concepts et de services destinés à améliorer l’efficacité des points de vente.

Nouvelles technologies et réseaux sociaux s’y cotoient gaiement. Un “magasin connecté” a permis d’expérimenter certains de ces outils, comme le “Facebook mirror“, proposé par FullSixRetail, une borne dotée d’un magnifique miroir vertical de 1,90 m,  qui proposait au visiteur d’être pris en photo, en pied, et d’envoyer cette photo sur son compte Facebook, avec un petit message promotionnel correspondant.

Facebook Mirror

Facebook Mirror

Nous avons testé la borne. Après la séance photo, il faut indiquer son identification Facebook bien sûr. Et là, une charmante hôtesse fait apparaître un clavier virtuel impressionnant par sa taille (écran 22 pouces) et vous demande de rentrer vos coordonnées Facebook.

Ce que nous avons fait, non sans difficulté car il est surprenant d’utiliser un clavier en position verticale à plus d’un mètre de hauteur, de plus situé au-dessus des champs à remplir. Un peu d’inquiétude également dans le sens où les touches utilisées pouvaient être vues sans problème dans un rayon de deux à trois mètres, ce qui est beaucoup quand on pense à un magasin.

Facebook Mirror ET clavier

Facebook Mirror ET clavier

Enfin la photo a été envoyée à l’attention de nos nombreux amis sur Facebook. Il en résulte une expérience utilisateur que nous qualifierons de déroutante et peu prudente pour utiliser des termes mesurés. Un peu comme si il fallait taper une cinquantaine de caractères sur un écran pour passer le portillon du métro, à chaque passage. Ce qu’on a l’habitude de faire derrière son écran n’est pas toujours la meilleure façon de s’authentifier dans la vie réelle.

La même borne équipée d’un lecteur NFC aurait pu lire une carte sans contact, comme le badge du salon MPV, un bracelet sans contact ou un smart phone NFC. Un geste, un passage de la carte devant le lecteur aurait suffit à envoyer les identifiants nécessaires, tout comme la carte Navigo pour reprendre l’exemple du métro. Une seconde à la place d’une bonne minute, et aucun problème de sécurité. La comparaison entre les deux approches est presque caricaturale, proche de la différence d’expérience pour l’obtention d’un Vélib, avec une carte d’abonné et sans carte ; les franciliens ayant essayé les deux méthodes apprécieront.

A Facebook connecter wristband

A Facebook connected wristband

On nous rétorquera que les smart phones NFC ne sont guère nombreux et peu de personnes ont des cartes avec leur identifiants Facebook disponibles et c’est vrai. Mais il est vrai également que dans le cas d’un événement, il est maintenant simple et peu couteux de distribuer une carte sans contact, un bracelet équipé d’une puce avec les identifications nécessaires ; une carte qui peut-être également carte de fidélité. Il ne serait pas étonnant que dans un proche avenir, la borne “Faceboor Mirror” soit également équipée en sans contact.

Social Checking Evénementiel

Social Checking Evénementiel

Une autre société, Nexence, à quelque mètres de cette première borne, présentait MyCheckExperience, une borne justement équipée sans contact. L’écran était moins impressionnant, mais la borne fonctionnait avec des smart cartes NFC, sans clavier virtuel, un usage simple et efficace, un seul geste permettant l’authentification en toute sécurité.

Si vous équipez un point de vente (ou organisez un événement) liant consommateurs et réseaux sociaux,  permettant à vos invités ou clients d’être pris en photo pour être posté sur Facebook ou se localiser sur Foursquare pour ne citer que ces deux exemples, alors les services sans contact sont incontournables dans l’organisation de votre évènement ou votre magasin.

A suivre.

Pierre Métivier


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