Archives mensuelles : avril 2010

Shoe, les téléphones mobiles et l’Innovation

Shoe Logo (c) The Treetops Tattler

Shoe Logo (c) The Treetops Tattler

Je suis un grand fan des bandes dessinées appelées « comics » que l’on trouve dans les quotidiens américains et que j’ai découvertes lorsque j’étais étudiant dans l’Ohio aux Etats-Unis il y a quelques années. Les bandes dessinées les plus connues en France sont Peanuts, Garfield ou Dilbert qui se moque de la vie quotidienne dans les entreprises technologiques américaines.

L’un des mes personnages favoris a toujours été Shoe, un oiseau journaliste travaillant dans un journal édité dans un arbre The Treetops Tattler-Tribune , et créé par Jeff MacNelly,  Même si l’auteur nous a quitté il y a plus de 10 ans, le « comics » continue et celui de vendredi dernier illustre un aspect intéressant de l’innovation.

shoe and innovation (c) www.shoecomics.com

shoe and innovation (c) http://www.shoecomics.com

Skyler est le neveu de Shoe, le journaliste dans le fauteuil. Même si le « comics » date des années 80, Skyler est un ado – génération Y. Le reste est très simple. Sa réflexion après avoir perdu son portable est « pourquoi ne peut on pas avoir un téléphone avec fil pour ne pas le perdre ». Simple boutade mais vrai sujet de discussion. Chaque fonctionnalité nouvelle ou simplification d’usage comporte un changement, pour la plupart du temps positif, mais peut apporter également des inconvénients.

Nous utilisons tous sans y penser un téléphone mobile et nombreux sommes nous à en avoir égarés. La solution ? Un fil et donc le retour au téléphone filaire. CQFD

Il y a d’autres solutions, comme celle proposée par Apple avec MobileMe qui vous permet de localiser votre téléphone en cas de perte. La RFID est une technologie qui permet et permettra de plus en plus de pouvoir retrouver facilement son téléphone mobile et bien d’autres objets de notre quotidien grâce à la localisation en temps réel (RTLS), sujet déja abordée sur ce blog.

Merci à Skyler d’avoir trouvé une solution à la perte des mobiles, la RFID nous en apporte d’autres plus réalistes.

Les bokodes, un projet technologique innovant entre les code barres et la RFID

Ankit Mohan - MIT (c) Pierre Metivier

Ankit Mohan - MIT (c) Pierre Metivier

Dans le cadre du salon RFID Live Journal 2010 d’Orlando, une journée était consacrée à l’auto-id, terme générique désignant toutes les technnologies d’identification automatique et de capture de données, comme les code barres, la RFID, la reconnaissance optique de caractères (OCR), la biométrie, les bandes magnétiques ou les smart cards.

Parmi tous ces sujets, une présentation a été particulièrement intéressante, celle de Ankit Mohan du MIT Media Laboratory sur les bokodes. Les bokodes sont une alternative entre les codes barres et la RFID voire la NFC. Ils sont beaucoup plus petits (3 mm), peuvent être lu de plus loin (plusieurs mètres) et peuvent contenir beaucoup plus d’information. Tous comme les codes barres, ils sont en mode lecture uniquement et ont besoin d’être « vu », il ne peut donc y avoir un obstacle entre le bokode et le lecteur de bokode (un smart phone avec appareil photo ou un lecteur spécifique de bokode).

blue (night) - bokey by t@o

blue (night) - bokey by t@o

Le terme de bokode est un raccourci pour bokey-code. Un bokey est une image floue, qu’on obtient en photographiant des objets de près mais en focalisant sur l’infini.

Ce qui sépare techniquement les codes barres et la RFID des bokodes est la technologie d’encodage et de décodage.  Les code-barres sont encodées uniquement dans l’espace par des lignes blanches et noires (1D) ou de petits carrés blanc et noir (2D),  et la RFID par radio-fréquence. Les bokodes ajoutent à l’encodage spacial des code-barres un encodage lié au temps, à l’angle de prise de vue et à la distance entre le lecteur et le bokode. Ces informations supplémentaires et des algorithmes de traitement sophistiqués permettent d’obtenir des résultats étonnants.

bokode vs code-barre (c) MIT Media Laboratory

bokode vs code-barre (c) MIT Media Laboratory

De nombreuses applications sont donc possibles, dans les domaines traditionnels des barcodes tout en utilisant moins de place sur les produits, mais aussi dans les domaines de la réalité augmentée, des affiches intelligentes ou dans l’éducation ; applications détaillées sur le site « Camera Culture » du MIT ainsi que les principes de fonctionnement.

Si vous êtes investisseur ou industriel et que ce projet au stade expérimental vous intéresse, Ankit est à la recherche de partenaires pour passer à la phase industrielle de ce projet prometteur.

Pour aller plus loin – le site du MIT sur les bokodes.

RTLS – La localisation en temps reel – Conference RFID Live Journal – 2eme partie

RFID live journal badge (c) Pierre Metivier

RFID live journal badge (c) Pierre Metivier

Je viens de participer pendant trois jours à la Conférence RFID Live journal 2010, à Orlando, Floride, l’une des plus importantes sur le sujet. Un grand nombre d’innovations et d’applications y ont été présentées que je tâcherai de relater dans ce blog, en attendant que mon ami volcanique Eyjafjallajokull me permette de rentrer en France.L’une des grandes tendances de cette conférence a été la localisation en temps réel (RTLS). Plusieurs sociétés présentaient des solutions à base de RFID+Wifi comme Ekahau ou Aeroscout, ou Mojix, le leader en technologie RTLS. Une implémentation d’une solution RTLS a été mise en place par l’organisation du salon avec la société Lygase et sa solution SmartEvents, expérience à laquelle les conférenciers ont tous participée.

Chaque participant recevait donc avec son badge deux étiquettes RFID. La première HF, Avery Dennison, permettait une identification classique, chaque stand pouvant recueillir les informations du visiteur avec un lecteur RFID standard. La deuxième étiquette UHF passive, de la société UPM Raflatac, était utilisée par l’application Smart Events, de la société Lygase à base de technologie Mojix.  Des antennes et des lecteurs connectées en wireless et disposées au plafond (voir photo 2 et 3) suivaient les déplacements des congressistes en temps réel. Un logiciel recueillaient toutes ces données et il nous a été montré des écrans présentant les visiteurs sous la forme de petits points se déplaçant sur un plan de la salle.

Smartevents (c) Pierre Metivier

Smartevents (c) Pierre Metivier

Les applications possibles sont innombrables. Pour l’organisateur de conférences bien sûr, qui récupère un grand nombre d’informations très précises sur les stands les plus actifs, suivant les heures de la journée, les couloirs, les bars et peut, par la suite, optimisée son plan de salon, et vendre plus ou moins cher les parties les plus visitées. Et on peut facilement transcrire ce modèle dans la grande distribution par exemple.

Ce qui ne semble pas poser de problèmes aux Etats-Unis en posera certainement beaucoup plus en France et en Europe. Le passe Navigo ne fait qu’enregistrer les points d’entrée et de sortie d’un voyageur mais ne le suit pas à chaque seconde. Dans le cas de SmartEvents, c’est en temps réel.

Il y a également les notions de volontariat – optin / optout. Pendant cette conférence, il aurait été facile d’enlever et de détruire l’étiquette UHF et ne pas participer à l’expérience mais cette étiquette peut se trouver / se trouvera dans la carte de fidélité de votre supermarché.

SmartEvents (c) Pierre Metivier

SmartEvents (c) Pierre Metivier

Le suivi en temps réel par étiquettes / tag n’est pas nouveau, que ce soit pour du matériel ou pour des personnes. Il se développe en particulier dans les hôpitaux pour suivre, par exemple, les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

La technologie présentée par cette solution, à base d’étiquette UHF passives, permet de passer à une étape nouvelle, à un suivi des objets et des personnes en temps réel à des coûts nettement plus faibles que les solutions « traditionnelles » à base de capteurs actifs. Et comme avec chaque technologie nouvelle, il y aura des usages nouveaux accompagnés de risques potentiels à prendre en compte.

Enfin, il est intéressant de noter que dans l’application SmartEvents, chaque personne suivie était qualifiée d’Asset – un terme générique pour  décrire des ressources à la fois matérielles et immatérielles.