Les promesses de la robotique – 3eme partie

Marc Giget, Bruno Maisonnier et NAO

Le 30 mars 2010, « Les promesses de la robotique » étaient le sujet des Mardis de l’Innovation de et avec Marc Giget.

Dans un premier compte-rendu, je vous avais parlé du vibrant plaidoyer de Bruno Bonnell de Robopolis pour le développement de la robotique en France, puis dans un deuxième billet, nous avions parcouru l’historique de la robotique par Philippe Nikolov du Carrefour des Possibles et la présentation d’un OS open source pour les robots par Jean-Christophe Baillie de la société Gostaï.

Cette troisième et dernière partie résumera les interventions de deux sociétés françaises qui conçoivent et fabriquent des robots, Robosoft et Aldebaran Robotics.

Robosoft conçoit et fabrique des robots de tout type mais non humanoïde et développe Kompaï pour l’assistance aux personnes dépendantes à domicile. Vincent Dubourqué présente la stratégie et l’approche de la robotique de sa société.

Un robot est un dispositif mécatronique – mécanique, électronique et informatique. Vincent explique le décalage entre la réalité des robots dans la presse et dans l’industrie. Asimo, le robot compagnon humanïde le plus connu, n’est pas pour aujourd’hui. Sa société a déjà plus de 1000 robots installés – du volant, du flottant et des UAV, CTS, AGV, UGV, USV. Robosoft développe robuRIDE, des véhicules sans chauffeur ayant déjà transporté plus d’un million de passagers et robuGLASS, un robot qui nettoit la pyramide du Louvre

KOMPAI (c) Robosoft

KOMPAI (c) Robosoft

Kompaï (compagnon en basque) est un robot destiné à favoriser la socialisation pour une population vieillissante et en manque de soignants. En 2016, aux Etats-Unis, il y aura plus de soignants que d’enseignants.

Ce robot est globalement un netbook sur roulette, un PC qui vous suit (principale pour la socialisation), qui peut détecter des situations à risque, qui comprend des commandes vocales et qui peut répondre. Le modèle économique est celui des services (abonnement). Le marché de la dépendance humaine est de $ 200 Mds de $ aux US.  Les économies potentielles avec Koompaï sont énormes. Si 10% des personnes agées restaient un an de plus chez eux grâce à Kompaï, cela représente 6 Mds de $ d’économie. La robotique est une des réponses aux questions posées par le vieillissement des habitants de la planète.

NAO (c) Aldebaran Robotics

NAO (c) Aldebaran Robotics

Ensuite Bruno Maisonnier, Aldebaran Robotics, le leader mondial de la robotique humanoïde, nous a présenté NAO, une approche radicalement différente de la solution Kompaï pour des applications en partie similaire. Kompaï a une vocation utilitaire. NAO  est un robot interactif. Kompaï ressemble à une machine, on a envie d’interagir avec NAO.

NAO marche, s’assoie, danse, écoute, parle, reconnait les visages, lit des histoires, peut saisir des objets. La démonstration est impressionnante

450 exemplaires ont été vendus y compris au Japon et à des universités américaines.

Il y  a un vrai besoin d’assistance à la personne, ce sera un des secteurs d’activités majeurs du XXIeme siècle.  Le robot peut servir dans l’éducation, la surveillance, le jeu, il peut devenir l’interface unique de tous l’électronique de la maison, une télécommande universelle

Le facteur limitant, c’est le manque de robots !

Plus globalement, le robot sera vecteur d’emploi pour les pays qui construiront des robots et destructeur pour les autres.
En Europe, la France, l’Allemagne et l’Italie sont à la pointe de l’innovation.

La robotique a un rôle important à jouer dans l’éducation. Il existe un déclin d’intérêt pour la science par les étudiants et un vrai manque d’ingénieurs dans le monde occidental. La Chine « produit » six fois plus d’ingénieurs par an que les Etats-Unis. NAO est un outil de formation innovant pour préparer les métiers d’avenir.  La robotique est un moyen de faire basculer des jeunes vers les métiers de l’ingénieur, en rendant ces métiers plus passionnants.

Un avantage important des robots est leur interaction avec les personnes et leur patience. Un robot est patient, peut répéter et répéter sans se lasser ce qui permet de développer des applications pour les enfants en difficulté (projet Raspo) ou les autistes.

Kompaï et NAO, deux approches différentes mais complémentaires montrant la capacité d’innovation d’entreprises françaises sur ce sujet.

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A propos Pierre Metivier

Responsable pendant 25 ans du développement de produits et services dans plusieurs entreprises d’informatique, de logiciels et de l’Internet (notamment Commodore, Apricot, Borland Intl, CompuServe, AOL) dont cinq ans passés aux Etats-Unis. Spécialiste des services mobiles et objets connectés, il a été délégué général du Forum SMSC et est l’auteur de l’ouvrage de référence « Le mobile NFC, télé-commande de notre quotidien » (2015) ainsi que du Blog « Avec et sans contact ». Il est aujourd’hui expert et enseignant / formateur en gestion des innovations numériques à forte valeur ajoutée utilisateurs à l'EISCI (Mardis de l'Innovation, Club de Paris des Directeurs de l'Innovation).

2 réflexions au sujet de « Les promesses de la robotique – 3eme partie »

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