Archives mensuelles : juillet 2010

Wal-Mart, avec ou sans contact ?

Wal-Mart logo (c) Wal-Mart

Wal-Mart logo (c) Wal-Mart

Wal-Mart, le plus grand distributeur généraliste du monde, est également la seconde entreprise mondiale en terme de chiffre d’affaires (400 milliards de $ en 2009). Avec 1,9 million de salariés travaillant dans plus de 6 100 supermarchés et hypermarchés, le groupe peut revendiquer le titre de plus grosse entreprise du monde (adapté de Wikipedia).

Quand Wal-Mart annonce le développement d’applications RFID, l’information fait donc le tour des médias américains comme le Wall Street Journal ou français comme le Nouvel Obs.

D’après le WSJ, Wal-Mart est en cours de déploiement d’un système RFID intégrant des étiquettes UHF au format EPC  (Electronic Product Code) pour gérer, dans un premier temps, l’inventaire d’un certain nombre de produits textiles comme les jeans et les sous-vêtements. Ces étiquettes ne seront pas intégrées aux vêtements et pourront être enlevées par les consommateurs comme n’importe quelle autre étiquette. Ces étiquettes RFID ne seront pas non plus lues en caisse ; et donc il n’y aura pas de lien entre le consommateur et l’étiquette RFID elle-même.

Ce système a pour but d’améliorer la gestion des inventaires et des approvisionnements en magasin, permettant, par exemple, de savoir en temps réel si il manque des tailles de vêtement en rayon.

Wal-Mart n’est pas novice dans la technologie RFID. Dès 2003, la société avait adopté cette technologie pour gérer les palettes de ses immenses entrepôts et avait poussé ses fournisseurs à en faire de même. En mars 2008, environ 1000 magasins et 600 fournisseurs étaient équipés d’après TD Monthly. Peu d’informations sont disponibles sur ce déploiement à l’heure actuelle.

L’expérience annoncée il y a quelques jours est différente car il s’agit d’étiqueter les produits individuellement et non plus au niveau palette et donc il y aura un fort impact sur les volumes gérées et potentiellement de possibles applications pour les consommateurs. Wal-Mart montre également une certaine prudence en commençant par un nombre réduit de produits. Si l’expérience est positive, nul doute qu’elle sera étendue progressivement aux autres produits vendus par l’enseigne.

Ce retour de Wal-Mart dans la technologie RFID est clairement un signe positif pour l’industrie avec la potentialité de l’adoption de la technologie par l’immense écosystème Wal-Mart,  ses nombreux fournisseurs, et potentiellement ses concurrents.

Wal-Mart RFID Tracabilite (c) WSJ

Wal-Mart RFID Tracabilite (c) WSJ

TPE Sanscontact chez Best Buy

TPE Sanscontact chez Best Buy

A peu près au même moment, le 14 juillet, une interview  de Jamie Henry, « Director of payment services with Wal-Mart treasury organizations » sous forme de podcast a fait beaucoup moins de vagues et pourtant elle a également des répercussions possibles dans un autre domaine de l’industrie du sans contact, les cartes de paiement.

Mr. Henry explique que le distributeur souhaite adopter et voir adopter globalement le standard de carte bancaire EMV (associant puce et code PIN et développé par Europay, Mastercard et Visa). Ce standard est présent en Europe et dans de nombreux pays mais pas aux Etats-Unis. « Nous voulons fournir à nos clients les transactions les plus sécurisées et la technologie EMV (puce et code PIN) est celle qui fournit le plus de sécurité ». Tout en reconnaissant la difficulté de faire adopter à grande échelle cette technologie par les Etats-Unis, Mr Henry déclare travailler avec un certain nombre de partenaires pour trouver des solutions, à commencer par les consommateurs étrangers en visite dans les magasins Wal-Mart.

Dans la même interview, il doute de la valeur ajoutée des cartes de paiement sans contact, et en particulier dans le domaine de la sécurité des transactions. Ces cartes de paiement sans contact sont très utilisées au Japon, en Corée, commencent à l’être aux USA (Visa PayWave, Mastercard PayPass) et très peu en Europe.

Ces deux annonces chez Wal-Mart montrent que l’adoption des technologies sans contact est toujours en gestation, dans un sens ou dans l’autre, et que l’usage et le « business model », que ce soit en B2B ou en B2C, seront les drivers principaux de succès de ces technologies. Nul doute que nous reviendrons sur le cas Wal-Mart dans les prochains mois sur ce blog.

Merci pour vos commentaires sur l’un ou l’autre des sujets abordés

Pierre Métivier

Sources
FilRFID Le Nouvel Obs L’Expansion

Wall Street Journal RFID Journal

Walmart drives for EMV

Les nouveaux usages du NFC en provenance de Nice, de Normandie et de Cupertino

NFC logo

NFC pour Near Field Communication, Communication en Champ Proche.

Sous cet acronyme abscons se cache une technologie d’échange de données à courte portée, dont il est souvent question dans ce blog. Cette technologie NFC intégrée au téléphone mobile permet la convergence de la technologie RFID, des cartes sans contact et du téléphone mobile. Le téléphone NFC peut alors

  • émuler le fonctionnement d’une (ou plusieurs) carte(s) sans contact (carte de parking, de transport, de cantine, carte de paiement)
  • servir de lecteur d’étiquettes RFID et de cartes sans contact (information sur des produits, le téléphone en tant que terminal de paiement)
  • fonctionner en mode « pair à pair » en permettant à deux téléphones mobiles d’échanger des informations (Cartes de visite, jeux multi-joueur, réseaux sociaux)

L’ensemble couplé à la géolocalisation, la puisssance de calcul et l’interactivité (écriture, affichage, voix) des smart phones permet d’imaginer de nombreuses applications dans tous les domaines de notre vie. De nombreuses expérimentations sont en cours ; la plus importante en France étant celle de Nice.

Deux articles récents apportent un éclairage nouveau à cet écosystème. Le premier provient d’un site américain « Patently Apple » qui étudie les brevets déposés par Apple et indique les directions futures des innovations par la société de Cupertino. Apple a déposé plusieurs brevets décrivant l’intégration de la technologie NFC sur l’iPhone. Ce n’est pas le cas dans la génération actuelle jusqu’à l’iPhone 4, l’iPhone 5 pourrait l’être.

Le brevet concerné dans l’article décrit en détail l’interaction entre un iPhone NFC et des produits du commerce dument tagué NFC (étiquette RFID HF 13,56 MHz). Lorsque le téléphone est proche du produit, un échange se produit et des informations, promotions, bonus (suivant le type de produit) apparaissent sur le téléphone. De nombreux exemples (paquet de gâteau, DVD, livres,…) sont décrits dans l’article. Ces développements prévus par Apple pourraient aider au développement de l’industrie du sans contact dans les prochaines années.

Un frein potentiel non signalé dans l’article est la divergence des technologies RFID utilisé dans le cadre du « NFC » (qui utilise des étiquettes HF) et les produits de la distribution (comme les vêtements) qui utilisent (pour la logistique) des technologies UHF, incompatibles. Un certain nombre de produits comportent déjà des code-barres 1D et/ou 2D (imprimés) et des étiquettes UHF. Il faudrait donc rajouter des étiquettes HF en plus pour que les applications iPhone NFC fonctionnent et donc des coûts supplémentaires. Il sera intéressant de suivre l’évolution et surtout l’adoption de cette proposition d’Apple.

iphone product nfc (c) patentlyapple

iphone product nfc (c) patentlyapple

Un deuxième article provient de l’Université de Caen (ensicaen) avec un projet de carte multi-services très complète puisqu’elle couvre non seulement les cartes de transport, de cantine, de bibliothèques, d’identification, mais intègre Monéo, une solution de paiement existante. Le projet prévoit l’évolution de cette carte vers les mobiles.

Deux projets différents, l’un partant du téléphone, l’autre partant des cartes sans contact, chacun imaginant des usages nouveaux et innovants, simplificateurs de nos gestes journaliers. En attendant la carte sans contact normande et le téléphone californien, vous pouvez toujours faire un saut à Nice pendant les vacances pour tester une ville NFC.

Bonnes vacances

Pierre Métivier

Les nouvelles des technologies sans contact de la semaine

La revue de presse du sans contact

La revue de presse du sans contact

Quelques nouvelles et liens de la semaine dans les domaines de l’Internet des objets et des technologies sans contact associées (Code barre, RFID, NFC, Zigbee, M2M, smart cards, ….)

  • « Avec cette acquisition, nous prenons une position de leader sur ce marché en forte croissance, le marché des Machines Intelligentes qui ouvre la voie à « l’Internet des objets » a déclaré Olivier Piou, Directeur Général de Gemalto, en commentant l’acquisition par sa société de Cintérion, le premier fournisseur de modules de communication sans fil pour les applications industrielles du « Machine-to-Machine » (M2M). Après l’annonce récente de l’accord de rachat d’Innovision par Broadcom, cette acquisition est un nouveau signe que les grands acteurs des télécoms s’intéressent de plus en plus au marché des technologies sans contact et de l’Internet des Objets.
  • Combiner les étiquettes et portiques anti-vol avec la technologie RFID est un axe de développement dans la distribution (déjà abordé sur ce blog). Des développement sont en cours chez Checkpoint, Raflatac, Nedap et ADT/Sensormatic. Plus de détails dans cet article de RFID Journal
  • Pour de nombreuses applications, les technologies à lecture optique (codes barres – 1D ou 2D) et l’impression personnalisée sont des solutions efficaces pour des applications de marketing relationnel, en témoigne ce projet évènementiel proposé par Point 44, Syconseil et mobiLead. 16500 QR-code uniques ont permis la traçabilité et la personnalisation de 5 500 invitations.
  • Deux articles (en anglais) optimistes sur l’état de l’industrie de la RFID en 2010 en provenance d’IdTechEx et de VDC.
  • Les cartes sans contact ne doivent pas s’arrêter à un usage unique. En plus des usages de type NFC, le projet RUNN de l’école Ensicaen vise à mettre au point une carte qui embarquera une puce BMS permettant l’utilisation du porte-monnaie électronique Moneo. En provenance de l’Atelier
  • Pas moins de trois ministres, Roselyne Bachelot, Nathalie Kosciusko-Morizet, et Chantal Jouanno viennent d’inaugurer le portail national dédié aux radiofréquences.  L’objectif : informer sur les effets sanitaires des ondes émises par les antennes de téléphonie mobile mais aussi la radio, la télévision, le Wi-Fi, le bluetooth ou les accès hertzien à l’internet haut débit (Wi-MAX). Localtis
  • Cegid inaugure son Innovation Store à Lyon. Il s’agit d’une vitrine technologique implantée au coeur de la grande halle de réception du groupe Cegid. Un espace de démonstration mettant en situation différentes technologies au service des points de vente : RFID, technologies multi-touch, vitrines interactives, tables interactives, étagères intelligentes, encaissement sans contact et mobilité, etc.
  • Troisième lancement de la semaine, le passeport touristique électronique OTIPASS le jeudi 1er juillet 2010. Ce passeport peut prendre plusieurs  formes -carte ou clé usb sans contact, téléphone mobile NFC- et va rendre le séjour touristique des visiteurs de Montélimar et sa région encore plus agréable et plus simple. Pour en savoir plus.
  • Enfin, l’évènement RFID de la rentrée se passe à Toulouse où se tiendra le 1er congrès RFID dédié à l’Aéronautique, au Ferroviaire, à l’Automobile et au Maritime les 14 et 15 septembre 2010. Vous pouvez enchainer par le forum Ocova 2010 dans la très belle ville de Gap les 16 et 17 septembre. Ocava signifiant « Objets Communicants et Valorisation ».

N’hésitez pas à rajouter à ce billet d’autres informations importantes sur le sujet du sans-contact.

Bon week-end

Pierre Métivier