L’Internet des Objets en vedette au prochain salon Cartes et Identification 2010

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L’Internet des Objets est un terme aux multiples interprétations, réunissant un ensemble de technologies diverses permettant de connecter les personnes aux objets et les objets entre eux (things / les choses pour les anglo-saxons) de la même manière que l’internet connecte les personnes ensemble.

Cette diversité s’est retrouvée dans le cadre d’un débat en marge d’une présentation  du salon Cartes et Identification 2010 qui aura lieu des 7 au 9 Décembre 2010 à Paris Villepinte. Cette table ronde animée par Slobodan Petrovic, directeur du Salon, a réuni Gérald Santucci, le responsable des dossiers RFID et Internet des Objets à la Commision Européenne, Daniel Borleteau, Eurosmart ET Renesas et Geoffrey Zbinden, directeur M2M, Orange et auteur d’un livre intitulé « L’internet des objets, une réponse au réchauffement climatique ».

Quatre approches complémentaires / quatre visions ont été présentées pendant cette conférence, et ce premier billet résume le point de vue de la Commission Européenne.

Gerald Santucci, Commission Européenne

Gerald Santucci, Commission Européenne

Gérald Santucci a commencé son intervention par un bref historique attribuant le concept d’Internet des Objets au Professeur Ken Sakamura, de l’Université de Tokyo, qui dès 1984 et le projet Tron, avait décrit les principes de bases. L’informatique serait partout, et les objets y seraient connectés à travers les ucodes. En 1988 Marc Weiser parle le premier d’informatique ubiquitaire. En 1998, Philips introduit la notion d’intelligence ambiante qui fera long feu. En 1999, l’anglais, Kevin Ashton, Procter & Gamble o-fonde l’AutoID center au MIT pour développer les applications RFID. En 2005, un premier rapport sur le sujet de l’UIT et en 2007, la Commission Européenne se saisit du sujet RFID et en 2009 celui de l’Internet des Objets. Sous ce terme, la CE inclut la RFID, les actuateurs, les capteurs, les réseaux ainsi que les nanotechnolgies.

Vient ensuite la description d’un monde où les plafonds, les murs, les immeubles seront couverts de capteurs permettant de mesurer de nombreuses données écologiques et participeront à l’amélioration de la qualité de vie des citoyens, un monde où les objets parleront entre eux et prendront des décisions.

Quels objets ? Mr. Santucci cite les artefacts, les produits, les machines et des concepts plus récents comme les gizmo, les blogjet, les spimes (space+time) chers à Bruce Sterling. Adam Greenfield et son everyware / « partouciel  » ainsi que Rafi Haladjian et son célèbre Nabaztag font partie des pionniers de l’Internet des Objets.

L’Internet des objets n’est pas uniquement celui des PC ou des smartphones, mais celui des 5000 objets qui nous entourent chaque jour parmi les 50 à 100 000 Mds d’objets présents sur la terre (objets naturels et artificiels – dixit Philippe Lemoine – Laser). Combien y seront connectés ? Avec quelles méthodes –  GSM, UMTS, 6LowPan, IPV6, Bluetooth, NFC (non cité) ? Certainement un patchwork de toutes ces méthodes, sujet déjà abordé dans ce blog.

Et notre perception du monde sera différente.

Sur le terrain économique, l’Internet des Objets est considéré en Chine comme un des tout premiers moteurs de croissance. Le premier ministre en parle dans ses discours et le pays investit massivement dans ces technologies. Le Japon n’est pas en reste. L’Europe est en retrait par une approche fragmentaire. La coopération entre les industriels imposée par le gouvernement chinois ne se produit pas en Europe  malgrè les projets comme RACE.

Il faut donc mobiliser les industriels européens ET les citoyens européens, pour qu’ils acceptent ces technologies, en comprennent  la valeur d’usage, tout en ayant, à un niveau européen, toutes les assurances en terme de santé, d’environnement et de sécurité des données personnelles. Cela a été fait dans le cas de la RFID et c’est en développement dans le cas de l’Internet des Objets.

A la Commission Européenne, un certain nombre de projets sont en cours, comme la signalisation spécifique RFID, équivalente à la signalisation CCTV pour la surveillance par caméra vidéo (Closed Captured TV)

Un groupe d’experts travaillent sur les futures réglementations en coopération avec des représentants de chaque pays européen, préparent des propositions en terme de respect de la vie privée et de sécurité des données personnelles, de droit à l’oubli ou de droit au silence des puces (Bernard Benhamou)

De nombreuses questions se posent – qui va nommer les objets, comment les adresses vont elles être recherchées et gérées, qui va gérer l’ONS, l’équivalent des DNS mais pour les objets. Pour l’instant, la société VeriSign gère l’ONS américain. Une notion essentielle pour laquelle une approche européenne s’impose. Un ONS français existe (Orange / GS1) non cité dans la présentation – NDLR

Ensuite, l’Importance des normes, les principes d’utilités publiques – nommage, adressage, sécurité, ETSI, sont abordés ainsi que les risques liées aux champs électromagnétiques.

Le groupe d’experts nommés par la CE a deux ans pour permettre à l’Europe de reprendre le lead sur ce sujet.

Dans un deuxième billet, nous reviendrons sur les interventions de Daniel Borleteau, Eurosmart ET Renesas et Geoffrey Zbinder, directeur M2M, Orange et auteur d’un livre intitulé « L’internet des objets, une réponse au réchauffement climatique ».

Pierre Métivier

Le portail de la Commission Européenne sur la RFID et l’Internet des Objets

Cartes 2010 Conférence

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A propos Pierre Metivier

Responsable pendant 25 ans du développement de produits et services dans plusieurs entreprises d’informatique, de logiciels et de l’Internet (notamment Commodore, Apricot, Borland Intl, CompuServe, AOL) dont cinq ans passés aux Etats-Unis. Spécialiste des services mobiles et objets connectés, il a été délégué général du Forum SMSC et est l’auteur de l’ouvrage de référence « Le mobile NFC, télé-commande de notre quotidien » (2015) ainsi que du Blog « Avec et sans contact ». Il est aujourd’hui expert et enseignant / formateur en gestion des innovations numériques à forte valeur ajoutée utilisateurs à l'EISCI (Mardis de l'Innovation, Club de Paris des Directeurs de l'Innovation).

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