« L’internet des objets, are you ready ? » 1ère partie

Les possibles de l'internet des objets

Les possibles de l'internet des objets

Jeudi 1er décembre, le « Council for the Internet of Things »  a organisé son premier évènement en France à la Maison des Métallos.

Cette journée a réuni créateurs, entrepreneurs, acteurs, publics, critiques et visionnaires pour comprendre l’Internet des objets autour de trois approches « spatio-temporelles » :

  • Un temps pour questionner l’espace des possibles qu’ouvre l’internet des objets
.
  • Un espace de solutions concrètes, existantes, rapidement implémentables et adaptables.
  • Une scène qui privilégie les acteurs engagés, qui inventent, testent et expérimentent.

Au delà des questions fonctionnelles, de celles concernant l’infrastructure et les protocoles de communication, la révolution est aussi d’ordre humain. La mise en réseau de multiples données quotidiennes, engendre une possible mutation de notre environnement et notamment une transformation sociale à multiples facettes. La création actuellement foisonnante dans le domaine des objets communicants s’approprie ces nouveaux outils et par la critique, fait de ce sujet un espace d’expérimentation source de nombreux possibles.

Sous la houlette de Daniel Kaplan, le dynamique président de la FING et maître de cérémonie pour l’occasion, la première table ronde a réuni Rob van Kranenburg, fondateur du Council,  Gérald Santucci de la Commission Européenne, président du groupe de travail sur l’internet des objets, déjà cité dans ce blog, et coté artiste, Natacha Roussel, experientiae electricae

Rob van Kranenburg

Rob van Kranenburg

Rob Van Kranenburg a partagé sa vision optimiste et humaniste de l’internet des objets. Loin des peurs et des craintes qu’inspirent à certains le sujet, Rob se bat pour faire connaître tous les possibles et tous les avantages que peut procurer ce monde nouveau. « On doit aller dans ce monde de l’Internet des objets avec enthousiasme et non avec peur« . Il faut développer ce monde avec toutes les parties prenantes, qu’il nomme ‘the internet of talents ». Il faut faire la différence entre les données et le bruit (data vs. noise). Tout en citant Bob Dylan « every hair is numbered like every grain of sand« ,  il nous propose de faire la différence entre les notions notions analogiques et digitales de vie privé en Europe car les chinois et les asiatiques en général ne nous attendent pas et prennent de l’avance sur ces sujets.

N’hésitez pas à télécharger gratuitement son livre sur l’internet des objets.

Gérald Santucci, EC

Gérald Santucci, EC

Gérald Santucci,  de la Commission Européenne, a développé les transformations sociétales qu’induit l’internet des objets.

Après Bob Dylan, c’est George Bernard Shaw qui a été à l’honneur. « Il y a des gens qui me parlent de choses qui existent et se demandent pourquoi. Je rêve de personnes qui me parleraient de choses qui n’existent pas et se demanderaient, et pourquoi pas ? » Pour Mr. Santucci, les enjeux sont moins techniques que sociaux ou éthiques.

Dans sa présentation, il a couvert de nombreux sujets – Amsterdam et ses immeubles intelligents, l’influence positive de l’internet des objets sur le mieux vivre et la santé. Il a décrit les objets de ce monde :  artefacts, machines, produits, giszmo, spimes (SPace+tIMEs), arphids (objets RFID), biots (convergence homme et objet).  35 milliards d’objets déjà connectés SI on compte toutes les étiquettes RFID. Dans quelques années, nous parlerons de trillions dans le sens US (FR millions de milliards, US milliers de milliards).  5,000 objets autour de chacun d’entre nous.

Les 4 niveaux d’informations des objets commerciaux sont cybernétiques, sémantiques, sémiologiques et relationnels (seule dimension de l’information non codée)

« La création est la seule alternative raisonnable à la violence » Jacques Attali cité par Gérald Santucci.  50 M € seront investis par l’Europe dans ces technologies, en citant comme exemple de sociétés et services tels Arduino, Pachube, Nabaztag et Touchatag.

Natacha Roussel, Experientiae Electricae a présenté son travail artistique, Interac Wearing, en utilisant la RFID. Ces costumes émettent des sons lorsque la personne marche et lorsque des personnes portant ses costumes se croisent, il y a pertubation des sons et création de nouvelles relations en relation également avec l’espace.

Création d’une pièce musicale collective, avec ces costumes, liens associant des rythmes similaires suivant les zones de positionnement géographique des participants. Les vêtements deviennent un élément d’expression.

Table ronde #1 (c) Pierre Metivier

Table ronde #1 (c) Pierre Metivier

 

La deuxième table ronde a réuni  Gilles Privat, Senior Scientist chez Orange Labs, Xavier Barras, directeur de l’innovation GS 1, Louis Montagne, président et Jérome Boyé, CEO Hackable Devices, et coté artistes et créateur Kate Rich, Feral trade et Olga Kisseleva, studio.

Gilles Privat, Senior Scientist chez Orange Labs a abordé le lien entre le numérique et l’analogique, le virtuel et le réel. Après avoir présenté une carte qu’il a décrite comme classique de l’internet des objets à base de capteurs et actionneurs, de réseaux capillaires, il a effleuré le sujet des réseaux phénotropiques, c’est à dire, le remplacement des codes par objet par de la reconnaissance de forme à l’aide de caméras par exemple mais pas uniquement. Pour Gilles Privat, il est important d’intégrer les objets analogiques dans l’internet des objets, rendre plus numérique le monde physique. Il a décrit l’extension du réseau de la maison à la gestion de l’énergie et décrit la connexion de toute une catégorie nouvelles d’objets, comme les ‘ouvrants’ (portes). Il a également parlé de l’exploitation / supervision d’une infrastructure de capteur d’un quartier / ville, collecte de déchets, transports et a terminé en parlant de couplages physiques d’un réseau analogique et numérique, l’exemple le plus connu étant le smart grid – réseau électrique.

Table ronde #2 (c) Pierre Metivier

Table ronde #2 (c) Pierre Metivier

Kate Rich a créé la société Feral Trade, un réseau social permet l’achat et le transport de produits entre les membres du réseau. Ce sont les amis, les collègues, la famille qui transportent les produits. Vous souhaitez acheter un gâteau au Brésil, à travers le réseau, une personne membre du réseau et voyageant au Brésil, va vous le rapporter dans sa valise. Les voyages sont visualisables sur le site.

Xavier Barras, directeur de l’innovation GS1, un organisme qui gère les standards pour les codes barres et est très actif dans la RFID également pour développer des codes normalisées comme l’EPC Gen 2 utilisables par les entreprises ,  a rappelé que l’internet des objets existe déjà en entreprise. C’est un  « internet of goods », un internet des produits, développé dans la logistique des entreprises. M. Barras a décrit un internet des objets pour les consommateurs, accès aux infos nutritionnels, info pour les malvoyants, utilisation des téléphones mobiles pour scanner les produits. Il a cité une application permettant de créer une liste de course en scannant les codes barres des emballages vides que l’on jette.

Pour les spécialistes, Xavier Barras a annoncé un changement d’approche en ce qui concerne les ONS. L’ONS est à l’internet des objets ce qu’est le DNS à l’internet. Il permet le lien entre l’identification de l’objet et l’objet tout comme le DNS fait le lien entre http://www.monsite.com et son adresse IP. Le premier ONS centralisé avait été créé aux US et l’Europe, dans un souci d’indépendance, en avait créé un également avec GS1 France et Orange. Mais les entreprises préfèrent gérer eux-mêmes leur bases d’objets avec leur propre DNS (comme des intranets (privés) des objets) et les deux DNS centralisés ne sont guère utilisés. Le nouveau modèle peer-to-peer liant les ONS privés et les ONS racines devrait permettre le développement d’un internet des objets, en reliant ces différents intranets des objets. A suivre.

Wings – Widening Interoperability Networking global supply chains et Proxima Mobile en France vont dans ce sens.

Les mots-clés pour GS1 –  productivité, sécurité, information/services, dév. durable, gouvernance, confiance, standards

Louis Montagne, président et Jérôme Boyé, CEO Hackable Devices ont été les orateurs suivants.  Ils ont commencé par rappeler les principes des hackers éthiques « théorisé » par Steven Levy. Cette éthique suit six principes en français (et 7 en anglais) dixit Wikipedia !

  1. L’accès aux ordinateurs
  2. Toute information doit être libre.
  3. Se méfier de l’autorité — encourager la décentralisation.
  4. Les hackers doivent être jugés selon leurs hacks, et non selon de faux critères comme les diplômes, l’âge, l’origine ethnique ou le rang social.
  5. On peut produire l’art et le beau sur un ordinateur.
  6. Les ordinateurs peuvent améliorer notre vie.
Table ronde #2 (c) Pierre Metivier

Table ronde #2 (c) Pierre Metivier

Les hackers ne sont pas des pirates, mais plutôt des bricoleurs / bidouilleurs du logiciel et du matériel, des bricodeurs. Ils greffent des applications à des objets de tous les jours comme un baby foot qui envoie de lui-même les résultats sur Twitter ou WattInTheCity, un hack permettant de voir sa consommation d’électricité à partir de son compteur électrique.

Associer l’internet des objets et l’internet des sujets. Le business model ? 100 M d’€ actuellement dans le monde pour des projets hardware open source, 1 Md d’€ en 2015 prévu d’après les représentants de Hackable Devices.

Olga Kisseleva, Studio a présenté ces œuvres basés sur des QR codes, un mélange de technologies, de son passé russe, des parallèles entre Etats-Unis et Union Soviétique, ces travaux au Guggenheim de Bilbao, à l’abbaye de Maubuisson en région parisienne, Berlin ou Gdansk.

Table ronde #2 (c) Pierre Metivier

Table ronde #2 (c) Pierre Metivier

 

Rafi Haladjian, sen.se

Rafi Haladjian, sen.se

Rafi Haladjian, l’inventeur du premier lapin de l’Internet des objets, le Nabaztag, a cloturé cette matinée en dévoilant son nouveau projet open sen.se, une plateforme permettant de connecter les objets et partager leur  données pour toute sorte d’applications. Je vous renvoie au billet précédent qui détaillait cette annonce.

La deuxième partie de cette conférence est maintenant disponible sur ce blog.

Retrouvez toutes les photos de cet évènement sur Flickr.

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A propos Pierre Metivier

Responsable pendant 25 ans du développement de produits et services dans plusieurs entreprises d’informatique, de logiciels et de l’Internet (notamment Commodore, Apricot, Borland Intl, CompuServe, AOL) dont cinq ans passés aux Etats-Unis. Spécialiste des services mobiles et objets connectés, il a été délégué général du Forum SMSC et est l’auteur de l’ouvrage de référence « Le mobile NFC, télé-commande de notre quotidien » (2015) ainsi que du Blog « Avec et sans contact ». Il est aujourd’hui expert et enseignant / formateur en gestion des innovations numériques à forte valeur ajoutée utilisateurs à l'EISCI (Mardis de l'Innovation, Club de Paris des Directeurs de l'Innovation).

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