Archives mensuelles : janvier 2011

Code barre contre RFID, la guerre s’étend aux mobiles

QR Code (c) NET-7

QR Code (c) NET-7

Depuis qu’elles sont apparues, les technologies des codes barres et de la RFID s’affrontent sur le marché de l’identification et de la traçabilité. Les avantages de chaque technologie sont connues ; économique, normalisée, universelle pour la première ; capacité, rapidité, précision, lecture (et écriture) des informations sans ligne de vue (même cachée) pour la seconde.

La bataille, jusqu’à présent cantonnée dans les entrepôts et la logistique, se déroule maintenant au grand jour sur les téléphones mobiles des consommateurs, dans les magasins et de nombreux lieux publics. Les applications de lecture de code barre sont de plus en plus en plus nombreuses dans les smartphones et les flash code ou QR codes (des codes barres plus évolués) fleurissent sur les affiches de nos villes, sur les produits en magasin ou aux arrêts de bus, permettant de connaître les détails d’une expo, les informations sur un appareil électronique ou un paquet de pâtes ou l’heure d’arrivée du prochain bus.

De même, tous les constructeurs de mobiles ont annoncé que leurs prochains modèles intègreraient la technologie NFC et c’est donc potentiellement des centaines de milliers de téléphones qui vont se transformer en lecteurs d’étiquettes RFID (HF uniquement) dès cette année. Une expérimentation est en cours à grande échelle à Nice sous l’appellation Cityzi.

Une étude, des annonces et produits nouveaux permettent d’éclairer d’un jour nouveau le sujet et donnent des indications sur les directions prises par ces deux technologies.

Future Mobile Tagging (c) PSFK

Future Mobile Tagging (c) PSFK

Coté code barre,  PSFK vient de publier une excellent étude sur le « Future on Mobile Tagging« . PSFK est une société d’études qui publie régulièrement des études for bien réalisés sur des sujets autour de la distribution. Le dernier opus n’échappe pas à la règle. Cette étude donne un aperçu de nombreuses utilisations de code barres pour les entreprises de la distribution et les consommateurs. La sponsorisation du document par un des fournisseurs de cette technologie (Microsoft et ces tags colorés) n’impacte que légèrement la qualité de cette étude et des exemples cités.

Coté RFID et NFC, les villes françaises sont de plus en plus tentées par l’expérience sans contact à base de RFID et de NFC. Après les expériences de Caen et de Nice, ce sont sept villes supplémentaires qui vont tester les services sans contact, dans le cadre d’un programme d’actions gouvernemental pour diffuser les usages du web 2.0 dans les entreprises, lancé par Eric Besson. Ces sept villes sont Bordeaux avec Pessac, Lille, Marseille, Paris, Rennes, Strasbourg et Toulouse.

NEXUS-S-NFC (c) SlashGear

NEXUS-S-NFC (c) SlashGear

Aux Etats-Unis, Google est maintenant présent sur trois fronts sur le marché de la RFID et du NFC. Google vient de lancer le  le Nexus S, un des tous premiers smartphones équipé en NFC et teste, dans l’Oregon des étiquette NFC sous le nom de Google Places et Hotpot. Les premières applications Google Apps NFC sont disponibles et d’autres sont en cours de développement.

Les codes barres (sous toutes leur formes) ont clairement pris une longueur d’avance grâce à leur disponibilité. Mais en multipliant les technologies (Code 1D, QR code, Flashcode, Microsoft Tag…), ils perdent l’avantage de leur universalité et les grands acteurs de la téléphonie mobile semblent investir sur le NFC.

Air France RFID tag (c) r&d hub

Air France RFID tag (c) r&d hub

Une alternative possible est le couplage des deux technologies comme sur les étiquettes des bagages d’Air France entre Paris et Amsterdam, équipé d’une étiquette papier et son code barre bien visible ET intégré à l’étiquette papier, une étiquette RFID (UHF – technologie différente de celle utilisée dans le cadre de la téléphonie mobile HF / NFC). Les deux technologies sont donc présentes sur la même étiquette. Il faudra attendre pour savoir si cette solution d’association est une solution pérenne ou une expérience provisoire avant le choix d’une seule technologie.

Kovio printed silicon

Kovio printed silicon

Enfin, les annonces de la société française Inside Secure supportant la technologie Kovio ont de quoi intéresser et intriguer. Cette technologie permettrait d’imprimer des étiquettes RFID, et donc de créer des étiquettes RFID, reconnaissables par des téléphones NFC (équipés des puces Inside Secure) à des prix très faibles. L’écart de prix entre code barres et étiquettes RFID ne serait plus un argument.  Par contre, (il y a toujours un par contre), ces étiquettes ne seraient pas compatibles avec les standards actuels NFC. Cette technologie est donc à suivre de près comme une alternative possible. Son intégration au standard NFC semble clé à son succès.

Et vous, qu’en pensez vous ? Code barre ou RFID/NFC ?

Pierre Métivier

De la boussole à la clé USB – Emergence des modèles chinois et indien d’innovation

Innovation en Inde et en Chine (c) Marc Giget

Innovation en Inde et en Chine (c) Marc Giget

La séance des Mardis de l’Innovation du 4 janvier de et avec Marc Giget (Cnam, IESCI) aurait pu s’intituler « De la boussole à la clé USB« . Elle a été consacré à « L’émergence des modèles chinois et indien d’innovation ». La séance a eu lieu à guichets fermés, 180 élus et 200 déçus.

Syllabus – Les deux superpuissances asiatiques, Chine et Inde, sont aussi des nouveaux modèles d’innovation, d’autant plus importants à prendre en compte qu’ils représentent avec leur diaspora plus du tiers de l’humanité. Pays très innovants depuis la plus haute antiquité, ils retrouvent actuellement une capacité d’innovation renouvelée après une longue période d’effacement due aux guerres et à la colonisation. Deux approches et deux écosystèmes d’innovation très différents, aux ambitions planétaires, dont le rôle va considérablement s’accroître dans l’avenir.Analyses et comparaisons des capacités, compétences, valeurs, moyens, réalisations et projets d’innovation, en Chine et en Inde, illustrées de cas d’entreprises.

Gapminder World Map 2010

Gapminder World Map 2010

La première partie de la séance a été consacrée à la présentation de nombreuses statistiques.

L’Inde et la Chine représentent 36% de la population mondiale, jusqu’à 40% en comptant la diaspora. La Chine représentait 30% de la production mondiale à la Renaissance, 35% à la Belle Epoque. La colonisation a fortement réduit la capacité de l’Inde et de la Chine. La situation actuelle est un retour aux niveaux pré-colonisation. Le concours Lépine a été créé pour contrer les produits chinois qui étaient très présents au début du XXième.

Perspectives de croissance de la population mondiale – la Chine va baisser, l’Inde va continuer d’augmenter ainsi que l’Afrique. Pauvreté en baisse. Le % de personnes vivant avec moins de 1,25 $ par jour est passé en Chine de 70% en 1980 à 15% en 2005, en Inde de 40% à 20%. Pays ruraux – difficulté de la transition vers un monde industriel. Chine – 40% de 1,2 Mds d’habitants !
Education – formation d’ingénieurs par an, 800 000 en Chine (27 000 en France), moins de différence en pourcentage de la population.

R&D 2011 World Chart (c) R&D Mag

R&D 2011 World Chart (c) R&D Mag

La R&D mondiale en 2010 – Source R&D magazine – La Chine et l’Inde sont faibles par rapport aux US, Japon et l’Europe. Japon – un budget énorme en R&D qui ne se traduit pas par de la croissance. Tous les indicateurs mondiaux montrent la montée en puissance des économies indiennes et chinoises. Les réserves de la Chine sont énormes, peu de dettes, croissance auto-financée. L’inde ne doit plus d’argent au reste de la la planète, taux élevé de l’épargne « Pas d’économie sans économie. »  Aux US, il n’y a plus (ou très peu) d’investissement pour augmenter (artificiellement) les marges (baisse des Capex).  La rapidité du changement est sans précédent dans l’histoire de l’humanité.  A pouvoir d’achat équivalent, la Chine sera devant l’Europe et les US en 2025.

Société – Qualité de vie perçue et future en hausse dans les deux pays, des taux d’équipement en téléphonie mobile très élevés, la Chine, le Brésil, l’Inde sont des pays « digital natives »

Echanges extérieurs – Ouverture internationale rapide des économies chinoise et indienne. Priorité d’investissements dans le monde – Chine, Inde, Brésil, de plus,  la Chine et l’Inde arrivent comme investisseurs en Europe

Ecologie – CO2 par personne – France bon élève (merci le nucléaire), USA, Canada, Australie – très élevé

Politique de développement et d’innovation – Les stats chinoises commencent en 1979 – Deng  Xiaoping, lancement des 4 modernisations – Agriculture, Industrie, Science et technologie, Défense nationale
Inde – Année 80, libéralisation du secteur automobile, 1991 – libéralisation de l’économie
1979 vs 1991 – 12 ans d’écart expliquant en partie le décalage de développement entre la Chine et l’Inde.

CHINE – Deux mille ans de leadership en innovation
Shanghai World Expo, 70 millions de visiteurs, principalement Chinois. Le pavillon français a été plus visité que le le pavillon chinois ! 62% de 1,3 Md de chinois souhaitent visiter la France.

% R&D en augmentation en Chine,  11% des doctorats aux US le sont par des élèves chinois.

Pavillon français (c) Xinhuanet

Pavillon français (c) Xinhuanet

Histoire – Vague d’innovation – Royaumes combattants, Dynastie des Tang et des Ming, Période actuelle.
Dynastie Ming – Poste, mesure unifiée, non destruction des chefs d’œuvre précédents.
Yongle, 3ème empereur Ming, encyclopédie, tolérance, école, Pekin et la Cité interdite, Ming veut dire Lumière, 1405 à 1433, diplomatie du cadeau – on obtient plus par le don et l’échange que par la guerre

Longue liste des innovations chinoises – De la boussole à la clé USB, en passant par le papier, l’imprimerie, la poudre, le gouvernail, le système décimal, le harnais, la brouette, la fonte et l’acier. … 3000 ans d’inventions et de découvertes – Le Courrier 1988

Guerre franco-chinoise puis coalition mondiale contre la Chine. Traumatisme pour le pays.

Trois leçons de la période des zones d’influences étrangères

  • Ne plus jamais se retrouver en retard technologique
  • Ne compter que sur ses propres forces
  • Répartir (diviser) les influences, accords, contrats

POPULATION ET SOCIETE
Les décalages entre les régions pauvres et riches en Chine est équivalente à celle du Sud et du Nord de l’Italie, baisse du pourcentage de la population dans l’agriculture. Emergence du plus grand marché du monde, la taille du marché est un atout économique, marché très conhérent, société toujours très réglementée, niveau d’éducation en hausse rapide, intérêt pour la technologies. Les deux plus grandes cyber-universtités sont en Chine et en Inde.
Le modèle asiatique ne connaissait pas la propriété intellectuelle. Dans les pays latins, l’auteur a le droit absolu.  Dans les pays anglo-américains, c’est l’éditeur (la « virgule » de Nike n’a rapporté que 50 € à son inventeur). En Chine, la collectivité a le pouvoir. Ce sont les chinois qui inventent, pas une personne. L’Inde est « open source » par naissance, vision partagée par les pays émergents.

La Chine est maintenant très consciente de la propriété intellectuelle #1 en terme de brevets. Domaines d’exellence – cristallographie, métallurgie.  % des chercheurs dans le monde 20% aux US, Europe et Chine. 40 pour le reste du monde. Les indiens comptent différemment.

La Chine dépose plus de brevets que l’Europe. En terme de publications scientifiques sur le Web, la Chine est première.

Economie – Chine vs. USA – Aucune réserve aux US, une dette colossale, l’inverse en Chine.

Industrie –  innovation dans la vie quotidienne, industrie, bâtiment, aviation, TGVs….

Plan de maintien de la croissance – 1000 Mds $  en nouveaux équipements (transport, énergie, eau,…)

Commerce extérieur – Chine ET Allemagne en tête. Les US absorbent 40% des exportations chinoises.

Croissance sale ? Chine – 1er producteur de panneaux solaires, d’éoliennes

Cas FoxconnAdvancing through innovation,  fabricants pour HP, Samsung, Apple. Le cas de l’iPhone – Part du produit par pays – US, 6%, Chine 3,6%, Allemagne, 17%, Corée, 13%, …

  • Apple  – CA 64 Mds $        Employés 26 000
  • Samsung CA 175 Mds $    Employés   365 000
  • Foxconn CA 80 Mds $      Employés 1 050 000

INDE – Le géant discret
On parle moins de l’Inde car elle ne fait pas peur (hors informatique). Leader mondial de l’agriculture et du logiciel.
25% de la Chine  a plus de 60 ans (politique enfant unique), l’Inde est beaucoup plus jeune, densité extrême de la population,  la mutation industrielle européenne est intransposable en Inde.
119ème rang de l’Indice du développement humain des UN

En terme de population nouvelle au travail, Inde = Chine + Brésil + Etats-Unis + Europe
Education en 2010 – 110 millions d’hommes, 200 millions de femmes analphabètes, décalage entre hommes et femmes, la moitié des analphabète de la planète sont en Inde. The next knowledge superpower – manque de professeurs –> innovation en terme d’éducation

Edusat – 74 chaines éducatives, le seul satellite au monde entièrement dédié à l’éducation. Réforme et libéralisation de l’éducation. 6 des 10 gurus du management sont indiens. L’entrepreneuriat est plus développé en Inde qu’en Chine
IIM Indian Institute of Management – développer l’entrepreneuriat hors des villes

Science et technologies – Très peu de brevets, ce n’est pas dans l’esprit du pays. La propriété intellectuelle y est très limitée. Le monde entier brevète, l’inde est obligé de le faire également. Aux USA, 38% des médecins sont indiens, 36% des employés de la NASA, 34% des employés de Microsoft. L’Europe investit plus en Inde qu’en Chine en terme de R&D

Ultra low cost development (cc) AT Kearney

Culture de l’innovation – Obsession indienne : l’ultra low-cost, technologie dispo pour tous, ultra lowcost, fait peur au monde entier

Open architecture, agile, développement du manufacturing en Inde, le service ne suffit pas.

Les données sur la R&D ne sont pas pas comparables. La recherche est égale à l’éducation, les améliorations font partis de la gestion courante et ne sont pas considérées comme innovation.
Wipro – R&D 0,25% de son CA, Infosys 1,05%

Chine – Wipo/OMPI 1980 Office de brevet 1985
Inde – Wipo 2003 Office de brevet 1999

Economie – Depuis 1991, la progression économique de 5 à 10% par an (4% automatique de part l’accroissement de la population). L’Inde n’a pas d’énergie, importe tout.  Le rendement et  la productivité agricole sont en constante progression grâce à l’innovation

Priorités pour de développement et l’innovation – Eau potable, Hygiène pour tous, Maison à bas prix, Education primaire, Santé des enfants, Transports publics

Secteurs – logiciel et services, automobile, agriculture, acier – ArcelorMittal, Tata

La plus grande classe moyenne au monde est en Inde. Progrès sur la santé, médecine low-cost de qualité

Aravind Eye Care System – Chirurgie des yeux de qualité à bas coût.  Entraine le tourisme médical – les mutuelles US remboursent les opérations en Inde. Micro crédit – innovation difficile à analyser avec les outils standards

Le marché intérieur est plus important que l’export. Les réserves ont été multipliées par 7 en 10 ans ce qui donne à l’Inde les moyens de son développement

Environnement – L’inde est écologique, émission de CO2 très faible, économe, proche de la nature, gestion très rigoureuse.
L’Inde et la Chine – position commune sur l’émissions de CO2.

Encore une session passionnante liant histoire, géographie, culture, humanisme et innovation. Merci Mr. Giget !

RFID, NFC et technologies sans contact – Bilan 2010 et perspectives 2011

2011 (c) Spell by Flickr

2011 (c) Spell by Flickr

C’est la saison des bilans et des prévisions et voici donc ceux de notre blog, pas plus et pas moins subjectifs que les autres bilans et prévisions. Nous passerons en revue les principales technologies du sans contact (code barre, RFID, smart cards et NFC) ainsi que l’Internet des objets.

Flashcode sur le trottoir à l'Opera

Flashcode sur le trottoir à l'Opera

En commençant par les code barres de toute nature, les flashcodes et autres QR Codes qui ont fleuri en 2010 sur les affiches, dans les livres, les magasines, les musées, les arrêts de bus et même sur les trottoirs de la capitale. Des dizaines d’applications permettent de les lire et sont disponibles dans les différents « app store » des fabricants de smart phones.

En ce qui concerne la RFID, le passage d’un univers technologique à un univers d’usage se poursuit lentement, comme en témoigne la présence des sociétés de l’éco-système sans contact dans tous les salons professionnels tel le Mondial de l’Automobile, le SITL (transport et logisitique), Progilog et Spilog (logistiques) ou EquipMag (retail/commerce). Le commerce justement, utilisant trois des technologies du sans contact – les codes barres sur les produits, à terme des étiquettes RFID UHF et la technologie HF pour les cartes de fidélité et les paiements sans contact. Ces deux dernières applications se retrouveront prochainement dans nos téléphones. A noter aussi le retour de WalMart sur la RFID. Après une première expérience décevante, WalMart relance l’utilisation de la RFID sur un domaine précis, le suivi des jeans. Ce signe est signe très encourageant pour l’industrie en son ensemble.

RFID Journal Live ! Europe 2010

RFID Journal Live ! Europe 2010

Coté salons spécialisés, le RFID Journal Live d’Orlando a réuni tous les acteurs du marché pour un salon d’un bon niveau en terme de visiteurs et de nouveautés. L’édition du Wima 2010, LE salon du NFC, pourtant prometteur  a été malheureusement été victime de l’éruption d’un volcan islandais. Seul, le RFID Live Journal Europe en Allemagne a semblé légèrement en retrait en terme de fréquentation. A noter enfin la International RFID Conference, organisée par le CNRFID à Toulouse, d’excellente facture et dédiée au monde du transport, ainsi qu’Ocova, le salon des objets communiquants de Gap, qui poursuit son bonhomme de chemin décentralisé. Enfin, le plus grand salon de la carte à puce (smart card) « Cartes 2010 » bruissait d’annonces autour du NFC et avait une partie dédiée à l’Internet des Objets.

Le regroupement d’entreprises prenant position à travers des fusions, des achats ou de simple accords commerciaux sur le marché a continué à se développer en 2010 – Odin et Savi, Inside Secure et Atmel , Google et Zetawire et plus récemment les accords autour de l’EMV entre Gemalto /Verifone.

Le M2M (Machine to machine) cherche toujours sa voie à pas feutrés et semble à la peine à trouver de nouveaux usages. En plus des solutions classiques de flottes de véhicules, 2010 a néanmoins vu l’arrivée de la première solution anti-vol de chantier, sur un cahier des charges développé en coopération avec FilRFID.

En terme de technologie, en plus des améliorations constantes en terme de performances,  (en particulier dans le domaine de l’UHF passif) ou de performances, 2010 a vu le développement d’applications associant différentes technologies – la géolocalisation des biens et des personnes, la « data », les capteurs (température / mouvement), la réalité augmentée, les réseaux sociaux (Facebook) et autres affiches / écrans interactifs. Ces différentes technologies se rencontrent et se complètent en une convergence aux possibilités innombrables.

NFC car key access (c) BMW

NFC car key access (c) BMW

Les « form factor » (forme d’objets utilisant les technologies sans contact) se sont également multipliés – montre, bracelet, clé USB (Poken, Neowave), clés de voiture (BMW), cartes avec écran (Taztag) en plus des cartes à puce et des téléphones portables. D’autres sont à venir sans aucun doute, baguettes magiques du XXIème siècle.

L’internet des objets a fait une entrée remarquée dans l’éco-système. Le monde Arduino (hardware open source pour connecter les objets), Pachube (le Google des données de l’Internet des objets) et le lancement de sen.se (plateforme de connexion des objets lancée par Rafi Haladjian) sont clairement des signes de l’intérêt grandissant pour ce monde à construire, tout comme les travaux du « Internet of things council ».  La Commission Européenne a même déjà tourné la page en englobant la RFID dans le cadre du développement de l’Internet des objets.

Le paiement sans contact par carte (et par téléphone mobile), très présent en Asie et se développant aux Etats Unis, a progressé en Europe à commencer par l’Angleterre où l’offre s’est multiplié. En France, le remplacement progressif des TPE (Terminaux de Paiement Electronique) avec contact pour des TPE avec et sans contact se poursuit ; c’est le cas de mon Carrefour Market local.

Mais la grande affaire de l’année a été le développement du NFC, la technologie permettant aux téléphones mobiles de gérer des applications sans contact (carte de fidélité, de paiement, de transport, billetique, voire devenir TPE et accepter des paiements). En cette fin d’année 2010, tous les fabricants de téléphones mobiles : Google, Nokia, Apple, RIM et Samsung, ont annoncé la disponibilité de mobiles NFC en 2011. Les opérateurs tels Orange en Europe, ATT, Verizon et T-Mobile aux US autour de la plateforme Isis ont également communiqué leur support. Les programmes de certification développés par le NFC forum vont également dans le sens d’une industrialisation de la technologie.

En France, Nice, (après Caen diront nos amis normands et Oulu pour nos amis finlandais), expérimente à grande échelle les technologies du sans contact sur téléphone mobile depuis cet été à travers les applications Citizi (paiement, transport, information, affiches intelligentes….) avec un éco-système complet (opérateurs de transport, opérateurs télécom, banques, commerçants,…) pour un déploiement à plus grande échelle à venir.

NFC logo

Et les prévisions pour cette année ? Dans la lancée, 2011 devrait être l’année du lancement commercial du NFC, avec l’arrivée des mobiles NFC dans la poche des consommateurs, la poursuite du développement de l’infrastructure sans contact et en particulier des TPE,  les cartes multi-applications et les premières applications grand public portées probablement par des sociétés comme Apple, Google et Facebook. La RFID continuera à se développer dans les entrepôts et la logistique, l’identification et le retail mais pourrait également apparaitre dans sa version HF dans le grand public, dopée par la NFC. Le M2M continuera son petit bonhomme de chemin, poussé par les opérateurs qui rentabilisent leurs réseaux données. Enfin, les flash code et les QR code, pour se développer malgré leur prix hors concurrence, devront simplifier l’expérience utilisateur et accélérer par un facteur important le temps nécessaire à charger l’application sur son mobile, prendre la photo, traiter l’info, l’envoyer sur le réseau et obtenir le résultat, sous peine de rester une technologie marginale.

Et vous, qu’en pensez vous ? 2011, l’année de la NFC ?

Rendez vous un an, pour faire un nouveau point. Et en attendant, meilleurs vœux à tous nos lecteurs et merci de votre fidélité.

Pierre Métivier