Archives mensuelles : juillet 2011

Lectures estivales autour de l’Internet des objets

Les livres de l'Internet des objets (c) Pierre Metivier

Les livres de l'Internet des objets (c) Pierre Metivier

La sortie aux Editions Afnor de « L’internet des objets ; Internet, mais en mieux« , de Philippe Gautier (@neuzemayo sur Twitter) et Laurent Gonzalez (@laugonz1), est l’occasion de faire une liste partielle et forcément partiale des livres sur l’Internet des objets.

Cette littérature peut  se classer en deux parties distinctes :

  • des livres « sérieux » analysant les enjeux et les conséquences sur la vie des citoyens, sur leur sécurité, abordant la gouvernance, la traçabilité, décrivant les normes, les technologies, les modèles économiques, expliquant les systèmes d’information nécessaires.
  • des publications plus prospectives, parfois futuristes, pleines d’idées, d’art, d’imagination, souvent moins science et plus fiction.

« L’internet des objets ; Internet, mais en mieux » est plutôt dans cette première catégorie… quoique ! Il est ouvertement destiné aux Directeurs des Services Informatiques ou logistiques de par son contenu et son approche.

L'internet des objets, Afnor

L'internet des objets, Afnor

C’est un livre complet, abordant tous les sujets et en particulier, le lien avec les entreprises et leurs  DSIs, avec l’Internet, l’identification des objets, le modèle économique, la gouvernance et le sujet (ô combien important) de la vie privée des citoyens.

Ce qui rend le livre différent est cette dualité des auteurs qui nous présentent deux visions  distinctives de l’Internet des objets se complétant. La première, plutôt classique est celle d’un Internet des « biens », ayant besoin d’organisation, de normalisation, de règles, de codes à tous les niveaux de l’écosystème pour pouvoir fonctionner et on retrouve les notions classiques d’EPC, Electronic Product Code de GS1, de traçabilité ou de gouvernance. La deuxième vision est plus sémantique voire philosophique (les deux termes sont revendiqués dans le livre), comme si les auteurs avaient souhaité donner un sens à cet Internet des objets qui n’est donc pas que la connexion normalisée des objets à des systèmes informatiques. On trouve dans le livre des expressions comme métaphysique des cyber-objets, rupture ontologique, et des penseurs comme Karl Popper, Gödel et Teilhard de Chardin, mais aussi Boris Vian et Pierre Dac s’y cotoient.

Un livre étonnant donc et passionnant, destiné à ceux qui souhaitent comprendre les conséquences de l’Internet des objets sur leur système informatique mais aussi sur le monde qui nous entoure. A découvrir et à lire sans oublier la préface de Gérald Santucci, « Monsieur Internet des objets » à la Commission Européenne, qui nous propose un excellent résumé des possibilités introduites par ce concept, texte mélangeant savamment l’histoire et la culture, les technologies et la prospective, introduisant clairement le contexte dans lequel le livre s’inscrit.

 

Quelques autres titres sur le sujet, toujours dans la catégorie – Ouvrages « sérieux »
Dans notre deuxième catégorie, un peu moins dans le cambouis et un peu plus dans les idées, la prospection et le rève, que l’on peut préférer pour une lecture sur la plage :
  • le magazine hors série MCD sur l’Internet des objets, qui développe les sujets abordés à la Conférence sur le même sujet que nous avions relaté sur ce blog en deux parties – (1) et (2).
  • « Shaping things de Bruce Sterling – MIT Press / Objets Bavards (aux Editions FYP) où la notion de spime (space and time) des objets évoluant dans le temps et l’espace est introduite.
  • De Frédéric Kaplan, « La métamorphose des objets » toujours  aux Editions FYP, livre connecté dont nous avions parlé dans ce blog), éditions FYP auxquelles on trouve également un livre un peu plus ancien (2007 !) mais passionnant  « Futur 2.0, comprendre  les 20 prochaines années » de Maxence Layet, Philippe Bultez Adams et toujours Frédéric Kaplan.
  • Vous pouvez également trouver sur le Net un certain nombre d’ebook dont ceux de la Commission Européenne. Nous n’en citerons qu’un, celui de Rob Van Kranenburg au sujet de …. l’internet des objets que vous pourrez télécharger ici. Mais attention les tablettes et autres ebook n’apprécient guère le sable.
Making things talk

Making things talk

Enfin, hors des deux catégories précédentes, pour les bricoleurs et les apprentis hackers qui s’ignorent, pour ceux qui aiment expérimenter avec du code et des composants électroniques, « Making things talks, practical methods for connecting physical objects » de Tom Igoe, co-édité par Make:makezine.com et O’Reilly est une introduction gentiment technique au monde Arduino, au monde du fer à souder et des composants électroniques pour réellement connecter les objets de notre vie quotidienne à l’Internet et ainsi participer activement à la création de cet Internet des objets.

Bonne lecture à tous.

 

Pierre  Métivier

Pas de trêve estivale sur le marché du paiement par mobile

NFC et paiement mobile

NFC et paiement mobile

Les annonces autour des solutions des paiements par mobile (et en particulier sans contact / NFC ) se multiplient sans aucune trêve estivale, que ce soit aux Etats-Unis ou en France. Accord, rachat, test sont annoncés presque chaque jour. Nous avons déjà abordé plusieurs fois le sujet (comme ces billets de mai 2011 « Le paiement par mobile, l’affrontement ne fait que commencer.  et Nov. 2010 – La bataille du paiement par téléphone mobile a commencé), ce post abordera les dernières annonces sur le sujet.

Aux Etats Unis d’abord, les grands acteurs s’activent sur le marché

Google tout d’abord, dont nous avions expliqué la stratégie dans un billet précédent « La NFC, un enjeu stratégique pour Google pour passer du virtuel au réel, a commencé les tests à New-York, San Francisco et Tokyo de sa solution Google Wallet à base de mobiles Android, de TPE (termimaux de paiement électronique distribués aux commerçants) et d’étiquettes NFC sous le nom de Google Places. Google a clairement pris de l’avance sur son principal concurrent Isis.

ISIS

ISIS

ISIS justement est le fruit de la coopération entre trois des principaux opérateurs mobiles américains (Verizon, T-Mobile et ATT). Ce projet prévoyait sa propre infrastructure. Depuis, son ambition a diminué et les premiers tests ne débuteront que début 2012 à Austin, Texas. Par contre, ISIS a annoncé un accord avec les opérateurs de cartes bancaires (Visa, Master Card, American Express et Discover) ce qui, d’après certains observateurs américains, pourraient mettre à mal l’approche de Google qui ne travaille qu’avec Master Card.

Paypal et NFC

Paypal et NFC

Paypal, fort de sa domination sur le paiement sur Internet, et son développement sur les mobiles, lorgne également les paiements physiques car la société surveille attentivement le développement commercial du projet Square, qui avec un simple add-on, permet à un iPhone / iPad / mobile Android de devenir TPE et donc accepter les paiements par carte. Paypal expérimente également le NFC avec les mobiles Android pour permettre l’échange d’argent en mode « tap » / peer-to-peer.

Square (c) Square

Square (c) Square

Il nous reste Apple, qui grâce à son Appstore est un vrai acteur du marché du paiement sur mobile et qui semblait avoir pris de l’avance sur le marché et en particulier sur le paiment par mobile sans contact. Les dernières rumeurs en provenance de Cupertino indiqueraient qu’ils pourraient (beaucoup de conditionnels) prendre le marché à contre-pied – se tourner vers Bluetooth plutôt que le NFC avec l’iPhone 5. L’auteur de ce blog continue à penser que la solution NFC sera celle adoptée sur l’iPhone 5 d’autant plus que le NFC va faire son apparition dans les Apple stores et sur les Mac eux-mêmes. Rendez-vous le jour de la sortie de l’iPhone 5 – NDLR

Buyster caddy

Buyster caddy

En France, Buyster, la solution proposée par les trois opérateurs téléphoniques et Atos continue à se développer pour une sortie en Septembre 2011 et a pour ambition de « devenir le premier service de paiement basé sur le téléphone mobile dédié au eCommerce et au mCommerce en France ». Voir l’interview de Laurent Bailly au BillautShow.

Face à la coopération entre les opérateurs téléphoniques, les banques françaises ne sont pas en restent. Elle muliplient également les accords et expérimentations comme Kwixo du Crédit Agricole et de LCL. La BPCE (Banque Populaire / Caisse d’épargne) et Visa teste une solution NFC sur téléphone « standard » à base de MicroSD, et cette semaine même la BNP Paribas et … Orange ont annoncé un partenariat d’envergure sur le mobile banking. J’en ai certainement oublié d’autres. N’hésitez pas, chers lecteurs, à me les signaler.

Dans le reste du monde, chaque jour apporte de nouvelles implémentations NFC comme en Hongrie, à Singapour, en Turquie ou en Lettonie par exemple.

Pourquoi toute cette activité ? Deux chiffres en provenance de Gartner pour éclairer le sujet, ceux des dépenses sur mobile dans le monde – de 86 Mds $ en 2011 (plus 76%) à 670 Mds $ en 2015 et il n’y a pas de clair leader sur ce marché !

Trois salons aborderont plus ou moins directement ces sujets (paiement mobile / NFC) à la rentrée – le salon e-commerce à Paris, le NFC World Congress à Sophia-Antipolis et le International RFID Congress sur le retail / commerce avec une forte connotation NFC à Lille avant bien sûr Cartes 2011 en Novembre et d’autres conférences plus ciblés. Nous y serons. Et vous ?

A suivre.

Pierre Métivier

Du QR code considéré comme un des beaux-arts

QR Codes (c) Blue Touch Communication

QR Codes (c) Blue Touch Communication

Chronique estivale – On trouve des QR codes, Flashcode et autres codes barres 2D partout dans notre environnement ; dans les magazines, sur les produits de tous les jours, sur les affiches, dans le métro, sur les arrêts d’autobus voire sur les trottoirs.

Ces nouveaux codes barres intéressent également les artistes et certaines sociétés d’un point de vue « artistique » et créatif. Ce billet présente quelques exemples :

Flashcode sur le trottoir à l'Opera

Flashcode sur le trottoir à l'Opera

DCODD est un dispositif de « playlists » vidéos localisées. Durant deux ans, de juillet 2008 à juin 2010, des nuages de Flashcodes ont été tagués sur les trottoirs de 12 carrefours parisiens dont l’Opéra.

Régulièrement, un nouvel artiste s’est approprié ce dispositif en réalisant et associant 12 vidéos à ces QR codes.



Olga Kisseleva - Crossworlds

Olga Kisseleva - Crossworlds

Ensuite, Olga Kisseleva a réalisé une série Crossworlds basée sur les QR codes.

De même, Frank Haase a créé un QR-Eye. D’autre exemples de travail artistique autour des QR Code ont été exposés à Vannes et à Marseille.



QRiousDeco

QRiousDeco

La société QRiousDeco propose des QR codes sous format tableau / oeuvre d’art, symbole artistique d’une société, mais symbole actif puisque capable d’être lu par un smartphone et capable donc d’envoyer des informations en retour à la personne regardant le tableau.

QR Calanques (c) BTC

QR Calanques (c) BTC

Enfin, la société BlueTouch Communication propose de développer des programmes marketing autour de QR code créatifs

Ce billet aurait pu également s’intituler l’internet des objets … d’art tant le QR Code, la version moderne / fashion / 2.0 du classique code barre inspire les artistes et les créateurs et s’inscrit directement dans le monde de l’internet des objets.

Vous pouvez créer VOTRE propre QR Code grâce à ce générateur gratuit.

Pour aller plus loin

Pierre Métivier

Pierre Metivier QR Code

Pierre Metivier QR Code