International RFID Congress 2011 – Retour sur la deuxième journée

International RFID Congress

International RFID Congress

La deuxième journée de conférences (*) de l’International RFID Congress 2011 (dont vous pouvez retrouver un premier compte rendu ici) a commencé par le témoignage de deux grands distributeurs américains, Wal-Mart et Dillard, a continué en version hexagonale avec la présence de représentants de Carrefour et de Castorama / Kingfisher et s’est achevé sur un passionnant débat avec la salle sur la cohabitation « RFID / NFC » dans la distribution.

Myron K. Burke, Wal-Mart Stores

Myron K. Burke, Wal-Mart Stores

Wal-Mart tout d’abord pour la deuxième intervention de Myron K. Burke, Senior Director, Store Innovation, Wal-Mart Stores, Inc.. Mr. Burke rappelle tout d’abord que la premier scan d’un code barre UPC a eu lieu le 26 juin 1974 dans l’Ohio sur un paquet de chewing gum Wrigley’s. Ensuite, il a développé les raisons pour lesquelles Wal-Mart croit et développe des applications RFID et a partagé son expérience et quelques conseils. Pour Mr. Byrke, la raison principale de l’utilisation des technologies RFID dans la distribution est l’amélioration de la précision des inventaires, et donc en corollaire la disponibilité réelle des produits sur les étagères. Ces deux acronymes les plus utilisées les plus utilisés ont été – OOS – out of stock et PI – perpetual inventory. Des étagères pleines ne signifient pas que les produits soient disponibles. Si l’inventaire est surévalué on a inventorié 10 produits alors qu’il y en a que 5), alors il y a des produits indisponibles à la vente et donc une perte de chiffre d’affaires. Fort de sa première expérience RFID, Wal-mart est passé de la phase déploiement générale de la technologie RFID à la phase focalisation sur les « business clés » de l’entreprise, d’où le choix d’implémentation de la partie « blue jeans » / textiles et de déployer par étape. Et de part la visite des stands, le textile est clairement le domaine où les applications RFID sont les plus présentes.Pour Mr. Byrke, les consommateurs font leur choix sur Internet, viennent dans le magasin conforter ce choix et acheter, d’où l’importance d’un produit disponible, lié à un inventaire précis. Passer de 65% de précision moyenne dans la distribution US à plus de 95% est vital. Les standards sont clés et en particulier ceux de GS1. Chez Wal-Mart, il n’y a pas de plan à court terme pour étiqueter RFID les produits alimentaires. Techniquement, il est difficile de faire fonctionner de telles étiquettes dans un environnement contenant une part importante de liquide. Il est important qu’un projet logistique RFID reçoive le support du management. Dans le cas de Wal-Mart, les CEO, CIO, Chief Merchandizing Officer sont derrière les développements RFID/EPC de la société. Wal-Mart n’a pas l’intention d’utiliser les étiquettes RFID pour accélérer le paiement aux caisses pas plus que la société ne croit à la technologie NFC à travers les portables en tant qu’instrument de paiement (pas de business model).

Chuck Lasley, Dillard’s

Chuck Lasley, Dillard’s

L’orateur suivant a été Chuck Lasley de la société Dillard’s (6ème distributeur aux US (derrière les Wal-Mart, Macy’s, JP Penny’s et autres Sears)). Pour Mr. Lasley, « chaque distributeur a un problème de précision d’inventaire. Si il assure que non,c’est qu’il ment, ou qu’il est déjà passé à une logistique RFID« . Est ce qu’un inventaire précis à une influence sur le chiffre d’affaires ? Chuck Lasley répond clairement YES. Les standards et la coopération avec les autres « retailers » / distributeurs sont clé. Pour pouvoir ne développer qu’un système pour les fournisseurs. Les systèmes de logistique RFID doivent être un initiative gérée par le business et non par les DSI et la formation des utilisateurs ne doit pas être négligée. »Don’t try to boil the ocean ! » se concentrer sur un domaine précis, une application et ne pas essayer de tout résoudre à fois. Enfin, la RFID va se développer à grande échelle aux Etats-Unis dans la distribution. Dans une même ville, le distributeur qui a une gestion d’inventaire précise à 95% sera beaucoup plus rentable et efficace que les magasin à 65% et donc toutes les enseignes s’y mettent.

Xavier Barras, GS1 France

Xavier Barras, GS1 France

La table ronde suivante, animée par Xavier Barras, GS1 France a permis d’entendre des représentants de Carrefour et Castorama / Kingfisher, avec pour témoin Justin Patton, University of Arkansas RFID, une université spécialisée dans les études autour de la RFID, déjà mentionné dans ce blog.

Les deux enseignes françaises ont les mêmes problèmes de gestion de stock et d’inventaires, de rupture en linéaire que leurs homologues américaines et comptent sur l’étiquetage GS1 EPC pour les résoudre, un étiquetage à la source et par produit. Contrairement à leurs homologues outre-atlantiques, les deux sociétés étudient attentivement les applications anti-vol (EAS), que permet également la RFID, pour justifier financièrement une telle implémentation.

Carrefour expérimente depuis (au moins) 2004  et est également présent sur les cartes sans contact (NFC) avec la Carte Pass / Mastercard. Pour Pierre Blanc, Carrefour, les premiers produits étiquetés sont les vêtements et les produits culturels. L’utilisation de fonction anti-vol entraine des problèmes de protection de la vie privée. Les produits alimentaires et particulièrement liquides comme le lait ne se prêtent pas à l’étiquetage RFID. C’est un problème technique qui sera résolu.

Pierre Blanc, Carrefour et Jimmy Ketelers, Kingfisher

Pierre Blanc, Carrefour et Jimmy Ketelers, Kingfisher

Castorama a vendu 262 millions de produits l’année dernière. A 10 centimes d’euro de l’étiquette, cela représenterait un investissement annuel de 26 millions € par an, le coût premier d’un tel déploiement. Pour Jimmy Ketelers, Kingfisher / Castorama, 95% des produits vendus par l’enseigne sont compatibles avec une utilisation de la RFID, résultat d’une série de tests y compris sur les pots de peintures (liquides) et les produits métalliques. Des tags durcis (plus chers) ont également été testés. Les plus grandes difficultés ont été rencontrées sur les pyramides de pots de peintures en container plastique entassés en tête de gondole. Il est important d’industrialiser l’étiquetage dès la production en partageant les coût avec les fournisseurs. Les retours de produits sont une vraie difficulté (11 Millions annuels sur 262 millions). Le silence des étiquettes (silence the chip / kill the chip) est un souci supplémentaire.

Mark Roberti, le fondateur du « RFID Journal Live » et des salons du même nom régulièrement commentés sur ce blog, a présenté un calculateur de Retour sur Investissement pour la distribution textile, une feuille Excel accessible pour calculer l’équilibre financier d’une installation logistique RFID. Le « Fashion Retail ROI calculator » est gratuit. Pour Mark et contrairement à Jimmy Ketelers, le coût des étiquettes n’est pas le plus important dans l’équation globale.

Olivier Midière, ADEN

Olivier Midière, ADEN

Ensuite, Olivier Midière, président de l’ADEN, a présenté en quelques minutes les Forums de la Croissance ainsi que les Défis PM3I, deux initiatives destinées à pousser les PME et ETI industrielles à innover grâce aux nouvelles technologies comme la RFID et le NFC.

Enfin une dernière table ronde très conviviale a réuni les quelques congressistes encore présents en cette fin de congrès ainsi que Chekib Gharbi, CITC-EuraRFID, François Lecomte, Forum des SMSC et Jean-Christophe Lecosse du CNRFID autour de la question de la cohabitation « RFID et NFC ».

Pour rappel et sans rentrer dans les détails, les deux termes RFID et NFC correspondent des technologies d’identification par radio fréquence. La RFID est le terme global, utilisant de nombreuses fréquences comme la LF, l’HF ou l’UHF. La RFID telle que le terme est utilisé dans la distribution et la logistique est de type UHF, une certaine fréquence, une distance de lecture et une technologie incompatibles avec la NFC, une autre technologie radio-fréquence type HF qu’on retrouve dans les cartes de transport ou de paiement. Pour faire simple, cela veut dire que votre téléphone NFC, qui contiendra votre carte de fidélité de votre enseigne favorite et votre carte de paiement (HF) ne pourra pas lire les étiquettes (UHF) apposées sur les produits de cette même enseigne, étiquettes qui vous permettraient par exemple de savoir si votre produit contient des allergènes.

RFID - UHF ou NFC ?

RFID - UHF ou NFC ?

Ce besoin existe t il ? Est ce que les téléphones deviendront bi-mode HF et UHF ? Est ce que les étiquettes des entrepôts seront elles-même un jour bi-mode ou HF ? Le débat était d’autant plus intéressant que le Forum SMSC, promeut les services mobiles NFC et donc HF, alors le le CN RFID, dans une approche plus industrielle est plutôt coté UHF, le CITC-EuraRFID étant multi-technologie.

Des logiques différentes se font face. Les distributeurs / commerçants / fournisseurs souhaitent améliorer leur gestion de stock et donc leur chiffre d’affaire et leur marge. De l’autre, les opérateurs télécoms poussent à l’utilisation des téléphones NFC comme outil de paiement à la base de nombreux services connectés (tourisme, commerce et transport). Au milieu, les consommateurs ont adopté et utilisent leur mobiles pour s’informer et bientôt payer. Où commence et où s’arrête la logistique ? La frontière est de plus en plue floue. A l’aide d’un smartphone, le consommateur peut savoir dans quel magasin dans un rayon de 50 km se trouve le produit qu’il recherche, mais pas dans le magasin lui même. Pour Wal-Mart, la RFID est uniquement UHF et n’est utilisée que dans la partie logistique. Pour Google et son Wallet, la technologie NFC / HF est destinée aux consommateurs, et les étiquettes Google Places que l’on va trouver sur la devanture de magasins sont HF. Enfin, d’autres sociétés testent la reconnaissance d’images comme solution technologique à ces mêmes problèmes. Pour le professeur Sakamura, il faut être tag-agnostique, l’informatique ubiquitaire doit fonctionner quelque soit la technologie (QR code, RFID,….)

Bien sûr, il n’y a pas eu de réponses définitives à l’issu de ce débat, et il ne pouvait pas y en avoir à court-terme. Un congrès qui ne pouvait avoir de meilleure conclusion que l’ouverture vers de nouvelles applications à développer, à imaginer, à innover grâce à toutes ces technologies, dans les magasins, dans les entrepôts et sur nos téléphones au service des consommateurs que nous sommes.

A suivre (par un dernier compte rendu à venir sur les stands des exposants).

Portique RFID

Portique RFID

Pierre Métivier

(*) Ce compte rendu ne comprend malheureusement mais logiquement que les conférences auxquelles j’ai assistées.

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