Archives mensuelles : juin 2012

Il y a paiement sans contact NFC et paiement sans contact NFC

Horodateur NFC PayByPhone - San Francisco

Horodateur NFC PayByPhone – San Francisco

Titre énigmatique qui mérite bien sûr une explication. Cette semaine, PayByPhone en partenariat avec Vinci Park a annoncé la disponibilité d’un service de paiement par mobile utilisant la technologie NFC sur les horodateurs de la ville d’Issy-les-Moulineaux. Cette technologie, déjà en service aux US (San Francisco) et en Grande-Bretagne, arrive en France. Après Nice et Strasbourg, Issy équipe donc ces horodateurs d’un service de stationnement bénéficiant de la technologie NFC.

La vidéo ci-dessous montre bien comment l’automobiliste à Issy peut s’acquitter du paiement de son horodateur d’un seul geste à l’aide de son mobile NFC.

Ce qui n’explique toujours pas le titre. En fait, ce que la vidéo ne montre pas, c’est que pour effectivement utiliser ce service tel quel, il faut, pour la première utilisation, d’abord télécharger l’application smartphone, créer son compte, entrer l’identification de son véhicule et définir un mode de paiement, c’est à dire choisir une carte bancaire et la renseigner. Une fois cette partie terminée, il est possible d’utiliser le service avec son mobile NFC.

Ce n’est pas à proprement parlé un paiement sans contact NFC tel qu’on l’entend habituellement à l’aide de sa carte bancaire dématérialisée, d’une carte pré-payée de type Monéo ou d’un Wallet dans le mobile, mais d’un paiement mobile autorisé grâce à l’application installée sur le mobile et facilité par l’identification et la géolocalisation de l’horodateur permise par la lecture du tag NFC.

Les deux approches sont techniquement très différentes. Rappelons qu’un mobile NFC peut fonctionner en 3 modes :

  1. lecteur de tags (lecture d’information dans les musées ou horaires « live » des bus),
  2. émulateur de cartes (dématérialisation de cartes de transport ou de paiement),
  3. peer-to-peer (échange d’argent entre deux mobiles par exemple).

Dans le cas PayByPhone, le mobile NFC est lecteur de tag (Mode 1), il lit donc un tag sur l’horodateur (comme il peut lire le QRCode) et traite l’information en relation avec les informations recueillies dans l’application PayByPhone. Dans l’autre cas, la carte de paiement est dématérialisée sur le mobile (Mode 2), et peut être utilisé sur n’importe quel terminal de paiement (acceptant le sans contact). Là où vous pouvez payer en carte de paiement Visa/MC, vous pourrez payer (une fois les TPE mis à jour) avec votre mobile NFC. C’est le modèle choisi pour les horodateurs à Strasbourg par exemple (voir illustration).

Horodateur NFC Strasbourg

Horodateur NFC Strasbourg

Pour être très clair, la solution proposée ici par PayByPhone est parfaitement valide et remplit son rôle de solution de paiement, particulièrement pour les abonnements. Il apporte un certain nombre d’avantages comme pouvoir à distance, sur l’application mobile, rajouter du temps si le temps de stationnement initialement prévu a changé. Il fonctionne même si on ne possède pas de mobile NFC, par lecture de QR code par exemple sur un smart phone sans NFC ou par serveur vocal.

La méthode PayByPhone permet également de déployer très rapidement la solution puisqu’il « suffit » de coller le tag NFC pour déployer la solution sur un horodateur classique. La méthode par carte dématérialisée (type Kix de la BNP Paribas ou Google Wallet) nécessite globalement d’installer un lecteur de carte sans contact sur chaque horodateur ou de remplacer les horodateurs en place ce qui est bien sûr très couteux pour les horodateurs n’acceptant que les pièces. Elle nécessite une mise-à-jour par rapport à ceux qui acceptent déjà la carte Monéo par exemple.

Pour l’abonné, ou le visiteur qui vient régulièrement en voiture sur Issy-Les-Moulineaux et toutes les villes ayant implémentés (ou qui implémenteront) ce service, c’est donc un service très utile et l’utilisation du NFC accélère l’identification et le règlement pour un vrai gain de temps. (1)

Pour le non-abonné qui vient pour la première fois à un rendez-vous à Issy en voiture et qui veut payer son stationnement, ce nouveau service sans contact ne pourra être facilement utilisé sans passer par la procédure précédemment décrite. Il ne fonctionne pas non plus avec les cartes de paiement sans contact actuellement distribuées à grande échelle par les banques françaises (50 millions dans les 3 ans) et ne fonctionne qu’avec les villes ayant installées le service PayByPhone (Nice, Calais, Issy et Vannes, au jour d’aujourd’hui – source PayByPhone).

La vraie promesse de simplicité et d’universalité du paiement sans contact (s’appuyant sur le réseau des terminaux de paiement électroniques) pour le règlement de petites sommes de moins de 20 € d’un seul geste du mobile, sans abonnement, sans inscription préalable, à l’aide de son portefeuille électronique (que ce soit sa carte bancaire dématérialisée ou d’un porte-feuille prépayé/Wallet) n’est pas encore connue/reconnue par le grand public car elle ne peut pas encore être testée à grande échelle en France (2). Ceci dit,  l’infrastructure paiement sans contact et les mobiles NFC se déploient de plus en plus. Le cap du million de mobiles NFC  a été franchi en France, et c’est près de 16,000 TPE sans contact installés par les banques qui sont désormais actifs en France à fin Mai 2012 sans compter la grande distribution – 25000 caisses équipées NFC chez Carrefour par exemple.

Etiquette NFC Issy (c) PayByPhone

Etiquette NFC Issy (c) PayByPhone

Dans le cas du stationnement en ville, une prochaine étape sera donc, quelque soit la ville, quelque soit l’opérateur du parking et sans inscription préalable, de réaliser le geste de l’automobiliste de la vidéo, simplement d’approcher son mobile NFC de l’horodateur et d’appuyer sur le nombre d’unités de temps choisi pour s’acquitter de son paiement.

De même, dans le domaine du transport, on peut rêver à un temps où le touriste prenant le métro dans une ville qui n’est pas la sienne, paiera son ticket simplement en entrant puis en sortant sans autre action que de présenter son mobile, ce qui suffira à préciser le trajet et donc à le facturer. La technologie le permet mais le déploiement est complexe.

En attendant, ne boudons pas notre plaisir. C’est un nouveau service de proximité utilisant la technologie sans contact NFC qui se déploie à Issy-les-Moulineaux avant beaucoup d’autres à venir.

A suivre.

Pierre Métivier

  1. Les services de carte Navigo ou Vélib nécessite également de s’abonner avant de pouvoir utiliser le service sans contact (par carte actuellement). Pour tout ce qui ont déjà pris un Vélib occasionnellement sans abonnement, la procédure est fastidieuse. Par contre, le choix pour ces deux services pour le portage sur mobile NFC est celui du Mode 2 – dématérialisation de la carte, les valideurs des transports parisiens ou ceux des Vélib acceptant déjà les cartes sans contact.
  2. Les occasions de payer par mobile sans contact sont rare à Paris. Il vous est possible de le faire chez le sympathique caviste « Du Vin et des Bulles« , 67 rue Blanche dans le 9ème, à la Trinité. Si vous connaissez d’autres endroits acceptant le paiement sans contact, n’hésitez pas à nous les communiquer, nous relaierons l’information.

Colloque Mobile et Création – Session 4 – Mobilité, géolocalisation, nomadisme et réalité augmentée

Mobile Creation - l'appel de la baby-sitter

MC – l’appel de la baby-sitter

Géolocalisation, mobilité, nomadisme et réalité augmentée, ont été les thèmes de cette quatrième et dernière session du colloque international « Mobile et Création« , session animée par Laurent Creton.

Un billet très long / trop long effleurant à peine la richesse des thèmes abordés.

Algorithmic visions: towards a new documentary practice, William Uricchio, MIT/Utrecht.

Retour sur la collaboration du film de la veille et le fait que tout était filmé par de nombreux autres mobiles. Le « scrapbook » comme premier exercice individuel de création transmédia. La Bilble, oeuvre collaborative. Facebook est un scrapbook numérique. Utilisation du « social media » mobile pour organiser des mouvements type nettoyage d’un quartier. Le cinéma n’a pas changé de nom avec le passage entre l’analogique et le digital, le protocole reste le même. Mobile synonyme d’ubiquité, simplicité, discrétion, connectivité, réalité augmentée, GPS, capteurs QR code et NFC (ajout du NFC pour le plaisir, c’était sous-entendu – NDLR). Les mobiles sont les yeux du monde.

William Uricchio

William Uricchio

La « Barbie Video girl » pour les filles de 7 ans avec logiciel d’édition de vidéo. Outil Qik video,

Exemple de projet de crowdsourcing vidéo.  18 days in Egypt, Capturing reality – the art of documentary, site de documentaires mobiles Idfa Doclab. Tous basés sur un nombre réduit d’éditeurs.

Capturer la « réalité » – Tellement de données disponibles, comment choisir ? Des éditeurs « indépendants » aux robots / algorithmes.  Algorithme de suggestion de Google, d’iTunes ou d’Amazon, le blog de  lev manovichNarrative science, le nom derrière un générateur d’articles pour Forbes. Microsoft Photosynth, création d’une image à partir de centaines d’autres.

Au Van Gogh Museum, les photos sont interdites mais les QRCode d’informations sur le mur nécessitent d’approcher son mobile pour les lire. Les frontières deviennent flous. Attention – il est possible de manipuler les algorithmes. Exemple de Rick Centorum aux US et comment son nom est devenu dans Google très négatif

Mobile Creation - Nicolas Nova

Mobile Creation – Nicolas Nova

Play-Mobile immuable par Nicolas Nova, Near Future Laboratory de Genève
Les multiples composantes du téléphone mobile (appels, carnet d’adresses, microphone, géolocalisation, capteurs…) sont devenues le point de départ de multiples travaux en art ou en design. À tel point que cet appareil peut être considéré comme un des « futurs » potentiels de l’informatique tels que décrits dans les années 1990 par les partisans de l’Ubiquitous Computing. … Au-delà des approches classiques de « user-centered design » à la recherche de comportements normés, la présentation montrera comment l’ethnographie des usages peut faire ressortir des singularités et des pratiques d’exception intéressantes pour la création.

UbiComp – Ubiquitous Computing – Le mobile est l’outil de l’informatique ubiquitaire avec l’apport de la géolocalisation. Après l’ouverture du GPS, création d’applications utilisant la géolocalisition.
Locative media / médias localisés – à partir d’applications mobiles géolocalisés, détournement / appropriation par des collectifs d’artistes.
Exemples – Urban tapestries, 7scene,  CatchBob!,  Treasure troves, Streetpass puzzle, We tell stories,  Wanderlust, Trippy, OterpWalking the edit.
Nouvelle esthétisme – de la création mobile vers une représentation dans le monde physique, Cinema City by Jonathan Rennie.
Camouflage des antennes relais (sous forme d’arbre par exemple), l’analogique au secours du numérique. Impression et exposition de dessins créés par l’app ‘Draw something »

La musique des portables du désert, Christopher Kirkley, sahelsounds.com

Christopher Kirkley

Christopher Kirkley

In the Sahara of West Africa, cellular phones serve a multitude of purposes beyond communication. Equipped with memory cards, the storage and transfer of data, in particular music, has taken precedence as the most important role. The result is a wide network of popular Tuareg music, largely composed of locally produced creations and home recordings, but integrating music from far off geographic regions. …  The presentation will focus on the history of Tuareg music networks, discuss how and what kind of data is shared, the role of the cellphone in these transactions, as well as future tendencies and trends.

Transfert / partage de musique entre mobile par bluetooth. Du bluetooth pour les hommes bleus – NDLR. Tous les concerts sont enregistrés, problèmes de droits d’auteur, de copies. Pour les Touaregs, la musique n’est qu’un véhicule pour le message. Passionnant, très belle images à admirer dans le Slideshare ci-dessous.

Alexis Blanchet

Alexis Blanchet

Bollywood’s Rythm’n Games : les adaptations de films indiens sur téléphone mobile, Alexis Blanchet, Maître de conférences à l’université Paris 3 Sorbonne nouvelle
Depuis 2005, le cinéma populaire indien est adapté en jeu vidéo. Cette production d’adaptations vidéoludiques se fait presqu’exclusivement sur téléphone portable, plateforme de jeu la plus répandue en Inde. Ces jeux dématérialisés sont diffusés sur toute la péninsule via des portails en ligne de téléchargement régulièrement mis à jour de nouvelles adaptations. En terme de créativité, la syntaxe propre aux films indiens populaires, chantés et dansé, a poussé les studios à reprendre la formule des Rythm’n Game développé dans les années 1990 au Japon dans le domaine de l’arcade. Notre communication visera à analyser les formes empruntées par cette production nationale de jeux vidéo dans l’association qu’elle crée entre un support technique mobile très largement répandu et un média populaire ancien en recherche de nouveaux publics.

Présentation d’une étude sur la déclinaison de 547 films en tant que jeu sur mobile. Eléments de la 1ère enquète avant l’arrivée de l’iphone – marché en plein développement, Java, Nokia N-Gage – hors mobile. Marché indien du jeu – Cricket, Bollywood et actions. D’Hollywood à Bollywood, Inde – 600 films par an, 500 mio mobiles (43%) en Nov 2009, culture et industrie du jeu

Exemple de jeux indiens – Agni (PC), RA-One (PS2), Dance Challenge, Don 2 (multi-platform). L’étude cinéma et jeux vidéos est disponible sur inaglobal.fr

Téléphone mobile et création: une approche conceptuelle, Thomas Paris, professeur HEC, chercheur au CNRS, associé au PREG-CRG Ecole polytechnique. 

Thomas Paris

Thomas Paris

Les structures de création – de l’artiste qui crée aux transformations industrielles. Quelle est la place du créateur dans le processus de création ? Opposition structurelle entre organisation et création. La feuille blanche ne l’est jamais, poids de l’existant dans le processus de création. Articulation individu / collectif. Logique d’abondance sur le marché, y compris au sein des processus. On produit plus qu’on utilise (ex: Ratatouille de Pixar, personnages créés mais jamais utilisés)

« A writer needs a pen, an artist needs a brush, but a filmaker needs an army » Orson Welles.
L’économie de la création – un modèle conceptuel – Désir, Outil, Marché. L’outil – tout ce qui intervient entre le créateur et public. Le mobile est maintenant l’outil. Le nouvel outil (comme le mobile) modifie la « distance monde conceptuel-monde réel ». Notions d’immédiateté.

Film TV – 52 mn, 26 mn, 6 mn « stabilisés ». Sur mobile tout est ouvert, dynamique, disruptif. Le mobile comme outil de création (et de diffusion) remet à plat les normes esthétiques et techniques. Le mobile (dans ce colloque) – foisonnement d’abondances / ça part dans tous les sens, marque de créativité. Dilution du sens de la créativité – créativité culturelle vs. créativité industrielle. Industries de la création (et non le littéral industries créatives, traduction de creative industries) pour Thomas Paris. Intéressante discussion autour de la créativité, culture/recherche vs. industrie. La créativité est elle l’appanage d’un groupe ?

L’internet et la désintermédiation, le débat devient plus « industriel », conclusion étonnante de ce colloque plutôt recherche et culture. Anecdote sur la genèse du film de la Marche de l’Empereur, cadre, histoire de la vie, universel, refusé par les majors comme Canal+ parce que par de pitch et que le film ne rentrait pas dans les canons de l’institution. Changement de tarification – passage à l’illimité, exemple d’élément disruptif aussi important que la technologie elle-même

Hic et nunc, ici et maintenant, différence de « mise à disposition » d’un produit industriel vs. d’une oeuvre créative artistique.

Ce que nous en avons retenu – Le mobile, outil individuel, rend flou la limite entre création et consommation en permettant les deux. De même, le choix d’une réussite et le développement du crowd-everything remet en cause les critères de « succès ». Sommes-nous tous créateur parce que nous avons la possibilité de l’être grâce au mobile ?

Le mobile oblige le chercheur à se poser des questions (esthétiques, politiques, artistiquess…). Ce mobile apporte des contraintes nouvelles,  introduit la notion de désintermédiation, qui fait si peur à un grand nombre d’industries, mais qui peut s’appliquer également à la recherche, au journalisme et à la création artistique sous toutes ses formes.

Roger Odin, Laurent Creton, Laurence Allard, Benoit Labourdette

Roger Odin, Laurent Creton, Laurence Allard, Benoit Labourdette

Un colloque « marqué par le foisonnement des acteurs et des idées, un désordre créatif plutôt qu’ordre esthétique normatif », dixit Laurence Allard. Un grand merci à Roger, Laurent, Laurence et Benoit pour un événement riche, convivial, passionnant, vivifiant, rafraichissant et stimulant, en un mot anglo-saxon « exhilarating ». Vivement la prochaine édition !

Pierre Métivier

Colloque Mobile et Création – Session 2 et 3 – Mobile, politique et transmédia / Cinéma mobile et création

Mobile Creation

Mobile Creation

Deuxième partie de notre compte rendu du colloque ‘Mobile et Création » organisé par Laurent Creton, Roger Odin, Laurence Allard, Benoit Labourdette dans le cadre de l’IRCAV. Cette deuxième session, animée par Laurence Allard, était intitulée : Mobile, politique et formats transmédia.

Vidéos mobile et politique : Iranian Stories Cyril Cadars et Thibault Lefèvre, iranianstories.org

La Révolution verte, en Iran marque un début de démocratie vite repris en main suite à l’élection présidentielle aux résultats contestés de juin 2009. La suite se fera sur Internet, 1er événement mondial où la médiatisation a été créée par les acteurs eux-même à travers leur mobile. iranianstories.org est une plateforme créée pour témoigner et partager les témoignages vidéo des acteurs de la révolution verte iranienne. Le site est redéveloppé / repensé en permanence pour passer à travers la censure de l’internet en place en Iran.

Cyril Cadars et Thibault Lefèvre, iranianstories.org

Cyril Cadars et Thibault Lefèvre, iranianstories.org

Contextualisation des images mobiles, utilisation de bambuser comme outil de diffusion des images en direct par mobile et leur sauvegarde. La révolution arabe n’est pas une révolution technologique, c’est une révolution d’homme aidée par la techno dixit Laurence Allard. Mémoire collaborative. Le témoignage par mobile est une forme moderne « de bouche à oreille » . Image intéressante en pensant que le mobile est de moins en moins utilisé avec la bouche et l’oreille – NDLR.

Images et voix des peuples en protestation – Esra’a Al Shafei, crowdvoice.org
Esra’a Al Shafei is the founder and Director of MideastYouth.com, an organization that aims to amplify diverse and progressive voices advocating for change throughout the Middle East and North Africa using digital media. She is also the founder of CrowdVoice.org, a user-powered service that tracks voices of protest from around the world by crowdsourcing information. In 2010 she founded mideastunes.com, a platform for underground musicians in the Middle East who are using music as a tool for social change. 

Création d’une plateforme de crowdsourcing http://crowdvoice.org/ pour permettre à toutes les voix progressives du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord de s’exprimer. A développé également une plateforme de partage de culture, de musique pour ces même voix, www.mideastyouth.com disponible sur mobile / app stores.

Session 3 –  Cinéma mobile et création animé par Benoit Labourdette.

Une nouvelle culture de la création, Serge Tisseron, psychiatre.

Serge Tisseron

Serge Tisseron

Le mobile et son appareil photo, un outil qui prolonge la main, plutôt que l’œil ou la tête. Invention des écrans mais le cinéma, la télévision sont toujours basés sur la culture du livre.

Un livre par rapport à des écrans multiples. Un livre / un auteur / un lecteur. De nombreuses peintures de la Renaissance sont collectives.
Livre vs. écran – Mode de pensée « mobilisé » (c’est le cas de le dire) différent, linéaire, temporaire, spacialisé, présent éternel.
Livre – une seule identité narrative. L’écran – identités multiples, pseudos, avatar. Ce n’est pas un problème d’avoir des Identités multiples tant qu’on les contrôle.

Avec les images, les écrans ont un pouvoir d’immersion bien plus important que les romans. L’image a toujours existé – roman/écran – Mobile -> Se mettre soi-même dans l’image. Culture numérique – pensée non linéaire, non circulaire, copier/coller. L’homme invente des objets pour développer ses capacités. La culture numérique protège, ne juge pas, permet à des personnes n’osant pas créer dans le monde analogue de se lancer dans la création digitale. Plus de créateurs, pas forcément plus créatifs. Chaque minute, 70 heures de vidéo supplémentaires sur YouTube.

La vidéo « Charlie bit my finger – again » (460 mio views) a généré plus de revenus à YouTube que la plupart des productions actuelles, ce qui remet en cause leur business model. Le transmédia fait peur aux professionnels de la vidéo. Message immédiat.

Mobile Creation - le film

Mobile Creation – le film

L’après-midi s’est terminé par la création d’un film collectif, consistant à passer un pocket cam d’un conférencier à l’autre, chacun étant libre de filmer / dire ce qu’il veut dans un long plan séquence, un film qui aurait toujours un sens dans 10 ans. Exercice intimidant pour beaucoup dont certains passages ont été étonnants de créativités improvisés dont le fameux appel de la baby sitter en direct live cher aux participants de ce colloque.

Le fait que le film soit le résultat du hasard ne signifie pas qu’il ne soit pas porteur de sens, Benoit Labourdette.

A suivre.