Face à la désintermédiation, les services mobiles NFC au secours des entreprises

Désintermédiation et NFC

Désintermédiation et NFC

La montée en puissance de l’Internet et de l’Internet mobile renforce la désintermédiation, un concept qui fait peur à de nombreuses entreprises, avec raison.

Rappelons d’abord tout vient ce concept en commençant par la notion d’intermédiaire. Un intermédiaire est une personne ou une société mettant en relation des personnes ou des sociétés avec un besoin, une demande et des personnes ou sociétés avec un produit, une solution, une offre. C’est un acteur clé sur le marché de l’offre et la demande. Ces intermédiaires sont pléthores autour de nous, dans tous les domaines, aussi bien commerciaux que média ou culturel, du tangible et de l’intangible. Quelques exemples parmi beaucoup d’autres :

  • Les banques sont des intermédiaires entre les emprunteurs et les financeurs.
  • Les maisons de disques et les disquaires sont des intermédiaires entre les musiciens et les mélomanes.
  • Les éditeurs, imprimeurs, bibliothécaires et libraires sont intermédiaires entre les écrivains et les lecteurs.
  • Les médias, journalistes, journaux, TV, radios sont des intermédiaires entre l’actualité et les citoyens.
  • Les grandes surfaces, les grossistes et les petits commerces sont des intermédiaires entre le maraicher ou l’enseigne de mode et le consommateur.
  • Les agents immobiliers sont des intermédiaires entre les vendeurs et les acquéreurs de maisons et autres biens immobiliers.
  • Les agences de voyages sont des intermédiaires entre les hôtels / compagnies aériennes et les voyageurs.
  • Les opérateurs télécom sont des intermédiaires entre les fournisseurs de contenu et d’applications et les consommateurs.

Tous ces intermédiaires comprennent l’offre et la demande et les « matchent » contre un pourcentage de la transaction. Ce sont des millions de postes partout dans le monde.

App NFC Michelin

App NFC Michelin

On parle de désintermédiation lorsque ces intermédiaires sont de moins en moins utilisés, que la vente ou l’échange se fait en direct du producteur au consommateur. Dans le monde de la finance, le terme n’est pas nouveau. Une « loi bancaire (dite) de désintermédiation » a été votée en Janvier 1984, avec un impact important sur le marché bancaire. Plus récemment, la numérisation, la dématérialisation et Internet ont permis un développement important de la désintermédiation, à travers le e-commerce, les sites de ventes en direct, les sites de biens et de services, les blogs, les AppStores, les sites de réseaux sociaux comme Twitter. Le consommateur y voit la possibilité de payer moins cher, plus rapidement, de maitriser son choix, ou de choisir lui-même ses sources d’information. Il maitrise les outils lui permettant de trouver ce qu’il veut, quand il veut sans passer par un ou plusieurs intermédiaires.

N’y a-t-il plus alors d’intermédiaires ? Si bien sûr, il y a toujours des intermédiaires, mais ce ne sont plus les mêmes. Ces nouveaux intermédiaires s’appellent Google, Paypal, Apple, Amazon ou eBay. Ils fournissent aux consommateurs les outils leur permettant de choisir, d’acheter, de payer des biens et d’accéder à des services sans passer par les intermédiaires traditionnels, se développant aux dépens de ces derniers.

Les smartphones jouent un rôle clé dans le développement de la désintermédiation puisque ce n’est plus simplement derrière son PC au bureau ou chez soi que l’on peut choisir, acheter, consommer mais partout et tout le temps.

Tag NFC chez Leclerc

Tag NFC chez Leclerc

Quelles sont les conséquences pour les intermédiaires traditionnels ? Elles sont potentiellement dramatiques pour les entreprises basées sur l’intermédiation – commerces, banques, services… Certains marchés disparaissent – Kodak et ses pellicules était l’intermédaire entre le photographe et ses photos. La société a disparu. Les iTunes, Google Play et autres Appstores désintermédient les opérateurs télecoms et les acteurs traditionnels de la musique, du cinéma ou de la télé. Les liseuses électroniques et autres tablettes court-circuitent les bibliothécaires et les libraires. Certaines compagnies aériennes ne vendent plus leur billet qu’en direct, sans passer par les agences de voyages, menacés.

Les smartphones accélèrent le mouvement puisque ce n’est plus simplement de chez soi, derrière son ordinateur mais à n’importe quel moment et en tout lieu que le consommateur peut choisir, consommer, acheter.

Que peuvent faire les intermédiaires traditionnels ? Deux pistes parmi d’autres.

  1. L’offre multi-canal. Les opérateurs télécoms, les enseignes de la distribution, les transporteurs, les banquiers développent déjà et doivent continuer de développer des services équivalents à ceux proposés par les acteurs de l’Internet. Avec leur connaissances de leurs marchés et de leur clients, ces sociétés ont toutes les données pour fournir et développer des services de type multi-canal, intégrant l’Internet et le mobile, vente ET services aux consommateurs. Il seront d’autant plus fort si ces services sont interconnectés ente eux (commerce, transport, banque, télécom). La fenêtre de tir est faible. Les Google, Paypal, Apple eBay ou Amazon ont clairement une longueur d’avance sur le marché.
  2. Le déploiement des services mobiles de proximité. Ces nouveaux services se doivent d’être des services de proximité, c’est à dire accessible dans les magasins, les bibliothèques, les lieux de culture et de consommation. Une application NFC permet de (re)créer un lien entre le monde réel et le monde virtuel de l’internet, entre les biens tangibles et les écrans connectés aux nuages. Dans une librairie, on peut approcher son mobile NFC d’un livre, obtenir des informations sur ce livre, passer en revue les critiques, passer au livre physiquement à coté et refaire la même chose ET l’acheter. Dans son commerce local, le mobile NFC et une application liant réseaux sociaux, fidélité, information produit et paiement, peut aider le consommateur à faire le bon choix, physiquement dans le magasin. A travers leurs CRM, les enseignes possèdent les informations permettant de développer ses services uniques pour leurs consommateurs.

La désintermédiation commerciale vient du fait que ce qu’on peut faire en magasin, on peut mieux le faire sur Internet (comparaison, produit / prix, information, réseaux sociaux, …). Les services sur mobiles NFC permettent de donner ces mêmes avantages au consommateur directement dans le magasin, en présence des produits, avec l’aide appréciée des commerçants, et la possibilité de repartir directement avec son achat. Les avantages des deux types d’achat (physique et à distance) sont réunis en un seul endroit.

La Croissanterie et Airtag

La Croissanterie et Airtag

Le paiement mobile, en tant que tel, ne suffira pas. Il faut des applications couvrant toutes les activités liées à l’organisation par exemple d’un voyage (avant, pendant ou après), ou la sélection et à l’achat d’un produit. La force des acteurs américains est d’être généraliste, couvrant tous les produits et services. Les acteurs français du commerce, du transport, du tourisme et des télécoms peuvent et doivent développer des applications communes pour offrir des services uniques, basés sur leurs connaissances de leurs marchés et de leurs consommateurs.

Offrir les outils de désintermédiation, en les liant aux services de proximité sans contact, pour rester eux-même acteurs de ce changement inéluctable, c’est le défi à relever pour l’ensemble des acteurs du commerce, de la banque, des telecoms, du tourisme et du transport, afin d’éviter que les sociétés américaines de l’Internet ne le fassent pour eux.

A suivre

Pierre Métivier

Pour aller plus loin, des articles sur

  • la désintermédiation et le voyage.
  • la désintermédiation dans les bibliothèques. Très complet.
  • la désintermédiation dans la finance.
  • la désintermédiation chez les opérateurs.
  • la désintermédiation et le commerce.
  • la désintermédiation et la santé.
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A propos Pierre Metivier

Responsable pendant 25 ans du développement de produits et services dans plusieurs entreprises d’informatique, de logiciels et de l’Internet (notamment Commodore, Apricot, Borland Intl, CompuServe, AOL) dont cinq ans passés aux Etats-Unis. Spécialiste des services mobiles et objets connectés, il a été délégué général du Forum SMSC et est l’auteur de l’ouvrage de référence « Le mobile NFC, télé-commande de notre quotidien » (2015) ainsi que du Blog « Avec et sans contact ». Il est aujourd’hui expert et enseignant / formateur en gestion des innovations numériques à forte valeur ajoutée utilisateurs à l'EISCI (Mardis de l'Innovation, Club de Paris des Directeurs de l'Innovation).

2 réflexions au sujet de « Face à la désintermédiation, les services mobiles NFC au secours des entreprises »

  1. Ping : Aller de l’avant (ou pas) : la presse face aux défis du numérique aux Mardis de l’Innovation | Avec ou Sans Contact

  2. Ping : Aller de l’avant (ou pas) : la presse face aux défis du numérique aux Mardis de l’Innovation © CR de Pierre Metivier | Proâme

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