Archives mensuelles : décembre 2012

NFC pour « New For Christmas », une liste de cadeaux de Noël sans contact

NFC New for Christmas

NFC New for Christmas

Figure imposée, la liste des cadeaux de Noël tendance est présente dans de nombreux média. Nous ne dérogerons pas à la règle avec cette liste à base de technologies sans contact et en particulier NFC.

Commençons par le cadeau star par excellence, un nouveau mobile ou une nouvelle tablette. Coté smart phone sans contact, vous avez le choix, parmi les plus de vingt modèles Cityzi proposés par les opérateurs dans toutes les marques (Samsung, Blackberry, HTC, Acer, Sony, LG, …)  compatibles avec les services sans contact du même nom. Nokia propose également un certain nombre de modèles NFC de qualité comme les Lumia 820 ou 920 sous Windows phone.

Toujours autour des mobiles, un grand nombre d’accessoires utilisant le NFC sont maintenant disponibles. L’Express en a recensé 10 parmi lesquelles un grand nombre d’enceintes ou de casques dont l’appairage / le lien sont facilités par le NFC. Le simple fait d’approcher votre mobile NFC d’une enceinte équipée de même permet le transfert quasi instantané de la musique.

Si c’est une nouvelle console de jeu qui vous attire, alors la Wii U de Nintendo utilise le NFC pour de nouvelles interactions. Toujours dans le domaine du jeu, le jeu de console Skylanders proposent des figurines représentant les joueurs identifés grâce aux technologies sans contact, en attendant que les lapins crétins bénéficient du NFC (des tests auraient été effectués) et rejoignent le Nabaztag dans la catégorie des  léporidés connectés.

Les montres NFC sont tendances comme la Smartwatch de Sony, la Motorola MotoACTV, la WatchToPay qui intègre une carte de paiement, utilisable d’un geste du poignet ou la Payter. Une mention spéciale pour une belle italienne, I’m watch,  MAIS qui n’intègre pas encore le NFC.

Plus original, les chaussettes Blacksocks qui vous permettent de ne plus vous tromper en appairant vos chaussettes.

Catch the sun, un livre NFC

Catch the sun, un livre NFC

Il existe également (au moins) un livre disposant d’une puce NFC permettant de l’enrichir. CatchTheSun est un livre très documenté autour des montgolfières. Un tag NFC permet l’enrichissement du contenu interactif du livre avec votre propre contenu.

Un peu plus en marge du monde NFC et de l’Internet des objets, les produits du soi quantifié (dont nous avons parlé dans l’article précédent) sont une également une option, pèse-personnes, compteurs de calories ou compteurs de vélo, tous connectés (plutôt Wifi) – Withings, Fidbit, Garmin (ANT+) ou CatEye (projet NFC).

Pour les plus aventuriers et bricoleurs, le monde Arduino, une société comme Adafruit offre de nombreuses possibilités de kit de de projets électroniques permettant de s’initier aux joies du fer à souder, du montage, et de la programmation y compris autour de composants  NFC ou de Pack projets complets.

Plus simple, offrez des Smart tags Sony faciles à programmer pour lancer des applications pratiques sur votre smartphone NFC en attendant les Tectiles que Samsung tarde à commercialiser en France.

La carte NFC du père Noël

La carte NFC du père Noël

Enfin, sans que ce soit réellement un cadeau, mais simplement une application smartphone, des représentants américains du Père Noël ont créé une application permettant de rappeler aux enfants l’importance d’être sage avant le 25 décembre. L’approche d’une carte magique lance automatique un message du Père Noël pour le leur rappeler.

Ce billet est le dernier avant les fêtes de Noël. Bonnes fêtes à tous et à très bientôt, en ligne et IRL !

Pierre Métivier

PS. Vous connaissez d’autres cadeaux à base de technologies sans contact, n’hésitez pas à les partager avec les lecteurs en commentaire de ce billet.

L’internet des objets sera bien plus sociétal qu’individuel

Objets connectés

Objets connectés

La conférence LeWeb 2012  a eu le mérite de mettre sur le devant de la scène médiatique le sujet de l‘Internet des objets. La radio, la presse écrite, les blogs se sont emparés du sujet et ont relaté les différents produits et objets de la conférence. Dans ce flot d’enthousiasme, certains chroniqueurs sont restés sceptiques, ne voyant dans ces objets connectés que gadgets de geek, sans utilité réelle.

Les objets communicants ne sont pas nouveaux. Le concept de Communicator de Star Trek n’est pas très différent de nos smartphones actuels et la tablette TV utilisée dans 2001 l’Odyssée de l’Espace ou le Guide du Routard Intergalactique ne sont pas très éloignés de nos tablettes. Ces objets ont bien sûr depuis longtemps dépassés le stade de gadgets pour devenir indispensables.

Dans l’internet des objets, l’objet connecté le plus connu est certainement le Nabaztag, le premier lapin connecté et première star médiatique de l’industrie. Nous avons également le réfrigérateur connecté à Internet qui se remplit tout seul en passant commande de ce qui manque et plus récemment la machine à laver se programmant également toute seule en reconnaissant le type de vêtements introduits dans son tambour. Il existe même un produit commercial permettant d’appairer correctement des « chaussettes dites intelligentes » taguées grâce à une application iPhone. Ces produits marquent les esprits, les média et les conférences mais on peut douter de leur utilité réelle.

Sur la conférence, parmi les objets connectés présentés, il y avait le pèse-personne connecté Withings, Nest, un thermostat « intelligent », Muse, un bandeau « intelligent », Fitbit, un autre pèse-personne Wi-Fi et autres coachs électroniques et LifX des ampoules connectées. Certains d’entre eux comme les balances de Withings ou Fitbit, sont plus du ressort du « soi quantifié« , utilisant des capteurs pour capturer des données personnelles pour diverses raisons comme l’amélioration des performances ou le suivi d’un régime alimentaire. Chacun de ses produits a potentiellement son marché et son utilité.

Réseaux de capteurs (c) Inria

Réseaux de capteurs (c) Inria

Ceci dit, comme nous l’avons déjà écrit sur ce blog, l’Internet des objets sera multiple et donc cet internet des objets, c’est bien plus que ces quelques objets connectés, en particulier dans le domaine de la santé et de l’écologie. Ce sont :

  • des améliorations de notre environnement (air /eau) grâce à des mesures de pollution précises, localisées et économiques permises par de nouveaux capteurs de pollution, – Waspmote de LibelliumCitoyens Capteurs
  • des arrosages de champs parfaitement dosés grâce à des capteurs d’humidité ce qui va entrainer une utilisation plus efficicace d’une ressource de plus en plus rare,
  • des incendies qui vont être maitrisés parce que l’alerte sera donnée à temps avec des capteurs de fumée disposés aux endroits stratégiques,
  • des éruptions volcaniques détectées à temps grâce à des réseaux de capteurs déposés sur les flancs du volcans (voir schéma ci-dessus et article),
  • des ponts et des bâtiments réparés voire évacués à temps parce que des capteurs auront mesuré des faiblesses ou des défaillances dans les structures, (voir schéma ci-dessous et article)
  • des accidents de la circulation évitées parce que les voitures connectées comme la « Google car » seront plus attentives que nous le sommes,
  • de l’énergie économisée dans les consommations de chacun d’entre nous, à la maison ou au bureau, d’eau, d’électricité, de gaz grâce au smartmeters, compteurs intelligents comme Linky,
  • des poches de sang dont l’intégrité sera garantie grâce à des capteurs de température et que le chirurgien pourra donc utiliser avec confiance,
  • des médicaments dont l’authenticité et l’efficacité seront garantis par des puces RFID,
  • des enfants sauvés dans les contrées les plus pauvres et les plus reculées grâce à des mobiles équipés de « testeurs » médicaux qui permettront de diagnostiquer plus rapidement et donc agir.
Pont intelligent (c) Bloomberg

Pont intelligent (c) Bloomberg

On peut même imaginer des capteurs qui, installés dans nos corps, mesureront les taux vitaux de nos organismes et préviendront notre médecin traitant à temps pour des traitements plus légers et plus efficaces. Sur ce dernier point, à tous ceux qui en lisant ces lignes ont pensé, « Quel cauchemar, jamais une puce en moi« , nous rappellerons que des millions de personnes vivent plus longtemps grâce à des stimulateurs cardiaques ou pacemakers, objets électroniques avec pile et sonde, implantés dans leur corps.

Tous les projets ci-dessus existent ou sont en cours de déploiement. C’est cela aussi l’internet des objets, pas simplement des objets connectés à usage personnel comme présentés à la conférence LeWeb (1), mais des produits au service de tous sur la planète. Des millions de vies vont être améliorées, prolongées et sauvées grâce à un ensemble de technologies rassemblées sous ce terme.

L’internet des objets est et sera personnel et commercial mais comprendra une dimension sociétale et planétaire, dans les domaines de la santé et de l’écologie, dimension qui est la vraie raison de l’importance de son déploiement.

A suivre

Pierre Métivier

(1) En plus des objets cités précédemment, il y avait, à la conférence LeWeb, au moins deux sociétés qui participent à cet internet des objets plus global, sen.se et Sigfox dont nous avons déjà parlées dans ce blog

Pour aller plus loin

Livre

Comptes rendus – Le Web 2012

Sigfox, le Moulinex de l’internet des objets

Le monde de Sigfox (c) Sigfox

Le monde de Sigfox (c) Sigfox

Au moment où la blogosphère découvre l’internet des objets, 15 ans après la création du terme par Kevin Ashton  et près de 25 ans après la naissance de l’ubiquitous computing en 1988 de Mark Weiser et du professeur Ken Nakamura et son UID Center au Japon, une petit société française basée à Toulouse fait parler d’elle sur la conférence LeWeb ainsi qu’une soirée LaFrenchMobile consacrée à l’Internet des objets. Son nom – Sigfox, son but – connecter le monde (des objets). A première vue, c’est ambitieux. Mais quand lorsqu’on écoute une présentation de la société, il est clair que la société a les moyens de son ambition grâce à une approche innovante du sujet.

Rappelons que l’internet des objets désigne un ensemble très vaste et très vague comprenant des objets, des ordinateurs et des humains connectés ensemble et partageant des données à travers de nombreuses applications dans tous les domaines. Tous ces objets clairement identifiés, plus ou moins bavards, partagent ces informations stockées sur des tags/étiquettes (RFID/NFC) ou en provenance de capteurs. La connectivité peut prendre de nombreuses formes (lecture de proximité par mobile NFC, Zigbee, ZWave,Wifi, Dash*7, Ocean, Bluetooth, Wifi, IPv6, ANT+, 6LoWPAN, réseau 2G, 3G voire satellite (et nous en oublions certainement))  suivant la distance de lecture, la fréquence et la taille des données échangées et le type d’application. Les coûts varient fortement suivant les technologies.

Capteurs partenaires Sigfox

Capteurs partenaires Sigfox

Pour les grandes distances, les réseaux 2G, 3G voire bientôt 4G proposés par les opérateurs sont utilisés (sous le terme M2M) mais leur coûts d’utilisation ne peuvent permettre tous les types d’usages dans tous les domaines. Des entreprises sont à la recherche de nouvelles solutions comme l’utilisation des « white spaces » des bandes de fréquences utilisées par la télévision analogique et maintenant abandonnées et libres de droits (suivant les pays). C’est l’appproche de Neul en Grande Bretagne et Google s’y intéresse de très près aux US. Nous avons déjà abordé le sujet dans ce blog.

Et donc Sigfox s’attaque à ce marché avec une approche originale basée sur deux principes.

  • Tous les objets n’ont pas besoin d’être connectés en permanence ou en temps réel (réseau 2G, 3G ou satellite)
  • Tous les objets n’ont pas besoin d’envoyer de grandes quantités d’informations (réseaux 3 et 4G).
Carte du déploiement Sigfox

Carte du déploiement Sigfox

Même si la technologie est indépendante de la fréquence, Sigfox a développé un réseau M2M pour des coûts très inférieurs aux réseaux existants en utilisant des fréquences 868 MHz libre d’utilisation (sans licence) en Europe et une transmission dite bande étroite. Il suffit de 2 millions d’Euros pour couvrir la France, 200 millions pour couvrir le monde (l’équivalent de 10 km de ligne TGV standards) ou à comparer aux 20 à 30 milliards pour le plan fibre pour la France. De plus, la technologie consomme très peu d’énergie et pénètre très bien dans les bâtiments. 1000 antennes suffisent pour couvrir la France et chaque antenne peut gérer 1 million d’objets. Le coût est d’environ 1€ par an et par objet avec une limitation de 140 « messages » par jour et le débit est de 100 bits/sec. Pour de nombreux capteurs et de très nombreuses applications, c’est largement suffisant.

Des grandes entreprises ont déjà intégré la technologie comme ClearChannel pour la maintenance de leurs bornes d’affichages multimédia.

Et quel est donc le rapport avec Moulinex ? Moulinex s’est développé, entre autres, sur la base que les moteurs électriques d’un appareil ménager n’avaient pas besoin de fonctionner 24 heures sur 24 mais quelques minutes à chaque utilisation. En 1956, la société a lancé des appareils mono-fonction, plus simples, avec des moteurs plus économiques et a pu ainsi démocratiser l’appareil électro-ménager, signe d’une véritable innovation. C’est un peu la promesse de Sigfox, démocratiser les applications de type « objets connectés » ne nécessitant pas du temps réel ou de grandes quantités de données.

Souhaitons donc à Sigfox la même réussite que Moulinex (dans sa phase d’expansion) et que cette technologie participe pleinement au développement de cet internet des objets à venir.

A suivre.

Pierre Métivier

Pour aller plus loin