RPMK, un NFC-like haut-débit, nouvelle technologie de connectivité pour l’internet des objets

Remotely Powered Memory Key

Remotely Powered Memory Key

Dans le monde de plus en plus médiatisé de l’internet des objets, la connectivité est l’un des éléments-clés. Elle permet la transmission d’un message d’un émetteur vers un récepteur, des données d’une étiquette, d’un capteur vers un serveur et un traitement informatique, un mobile ou tout device électronique.

Parmi les technologies de connectivité, on peut trouver la RFID sous toutes ses formes (LF, UHF et HF, cette dernière plus connu sous le terme NFC), le wifi, le Bluetooth, les 2G, 3G et maintenant 4G proposé par les opérateurs, le Zigbee, voire le satellite pour ne nommer que les plus connus. Les caractéristiques de ces réseaux sont – la vitesse de transmission des données, la distance de transmission, la consommation des équipements les utilisant, les protocoles d’encryptage permettant une sécurité plus ou moins élévée des données, et les coûts d’installation, d’utilisation et de maintenance. Suivant les applications, on utilisera les unes ou les autres ; elles sont donc amener à coopérer, s’interconnecter tout comme les autoroutes sont connectées aux routes nationales ou départementales, aux rues des villes et des villages jusqu’à votre immeuble ou les pièces de votre logement.

De nouveaux protocoles et technologies apparaissent régulièrement et nous en parlons dans ce blog. Citons les whitespaces aux US et en Angleterre (regroupé dans le consortium Weightless.sig et dont le représentant le plus connu est Neul), le LiFi du LISV (sur lequel nous reviendrons), transmission de données par la lumière ou le réseau Sigfox permettant un déploiement rapide et bon marché pour des applications pour lesquelles les quantités d’informations à transmettre sont faibles.

Dans les domaines de la communication à courte distance, il existe un projet intéressant, le RPMK pour Remotely Powered Memory Key, qui permet, de transmettre de grandes quantités d’informations sur de courte distance (quelques centimètres).

Cette nouvelle technologie de communication radio sans fil, haut débit et très faible consommation électrique est co-développée par le CEA-Leti à Grenoble et le Nokia Research Center. Cette technologie pourrait être décrite comme du NFC très haut débit (112Mbits/s) par rapport au bas débit du NFC (106 kbit/s à 424 kbit/s) de nos mobiles.

Pour Sébastien Soyer, un des porteurs de ce projet « Notre technologie permettra de relocaliser de l’information multimédia (ex : vidéo, audio, texte…), stockée directement sur des objets, des lieux… et favorisera ainsi l’échange de données numériques en local, de manière simple et rapide. Contrairement au NFC ou QR Code, on pourra échanger des gros volumes d’information localement sans dépendance avec une connexion réseau. Ce qui permettra de garantir les échanges (quel que soit les conditions réseau 3G ou Wifi) avec l’utilisateur là où il en a besoin. »

Joconde et Wifi

Joconde et Wifi

Autrement dit, le RPMK s’attaque à deux problèmes – celui du roaming et celui de l’utilisation de grandes quantités d’information (music, video…)

  • Le roaming est l’utilisation d’un réseau télécom à l’étranger et les coûts correspondants élevés, qu’expérimente au moins une fois, toute personne utilisant son mobile à l’étranger en vérifiant ses mails ou son compte Facebook et qui est un frein à l’utilisation de tous les services connectées dans un pays qui n’est pas celui de son opérateur mobile, services comme le paiement online (type Paypal) ou la lecture de tag NFC touristiques dans les villes ou les musées (sujet déjà abordé dans ce blog). Sans connectivité, de nombreux services mobiles ne sont plus accessibles.
  • Lorsqu’une application nécessite de grandes quantités d’informations, il est nécesssaire d’avoir une bonne connectivité – 3G, 4G ou wifi, ce qui n’est pas toujours le cas. Une méthode alternative, lorsque confronté à de grandes quantité de données, consiste à mettre la plus grande partie de ces données dans l’application elle-même comme dans le cas de l’application Casino du Centre Commercial des Belles Feuilles ou l’application Culture Clic qui pèse pas moins de 135 Megs sur un iPhone. Mais cela oblige à le faire avant l’utilisation réelle et pose des problèmes de mise-à-jour.

Le RPMK permet donc ce transfert rapide et ce stockage de données. Dans les domaines d’applications potentielles, on peut imaginer toute application nécessitant une grande quantité d’information, dans des endroits où la connectivité est limitée, comme les musées, les lieux touristiques, les magasins et l’Internet des objets en général. Plutôt que de transmettre une URL au mobile, qui va alors chercher les informations sur le cloud, dans le cas de la technologie RPMK, ces informations sont stockés localement et transmises rapidement.

Le titre parle de « NFC » haut débit. L’utilisation de l’acronyme est à prendre dans son sens littéral de « communication en champ proche » par radio fréquence. Mais cette nouvelle technologie n’est pas NFC dans le sens commercial du terme, la technologie sans contact utilisé pour le paiement, le transport et de nombreuses autres applications de proximité et elle n’est donc pas compatible, se situant dans des plages de fréquences très différentes (13,56 MHz / HF pour le NFC et 7,9 GHz UWB pour le RPMK) .

Il est facile de voir que cette technologie possède un réel potentiel d’application. La difficulté est bien sûr son déploiement et son adoption par les constructeurs et les développeurs à travers une certaine forme de standardisation /normalisation. Pour qu’elle se développe, qu’elle devienne innovation, il faut qu’elle soit présente sur nos mobiles dans nos poches ou dans des applications de notre quotidien. Les mobiles comprennent déjà (tout ou en partie) des connectivités 2G, 3G et 4G, Bluetooth, Wifi et de plus en plus NFC. Ajouter un nouveau protocole de communication veut dire intégrer une nouvelle puce, une nouvelle antenne, un nouveau design, et cela prend beaucoup de temps et d’argent. On peut voir la difficulté à intégrer le Zigbee par exemple dans un mobile ou la technologie RFID UHF. Dans les deux cas, il y a eu quelques projets, jamais industrialisés.

Le projet RPMK ouvre un champ des possibles important mais le plus difficile commence ; trouver des applications justifiant les investissements nécessaires à l’industrialisation et la commercialisation du la technologie. Bonne chance au projet RPMK. Si vous êtes intéressé, vous trouverez toutes les informations sur le site de Grain – Grenoble Alpes Incubation.

A suivre .. de près.

Pierre Métivier

5 commentaires pour RPMK, un NFC-like haut-débit, nouvelle technologie de connectivité pour l’internet des objets

  1. Jean-Luc Petit dit :

    Bonjour,
    RPMK semble assez proche du TransferJet, une autre application de l’UWB ? http://www.servicesmobiles.fr/services_mobiles/2013/02/nouveau-standard-transferjet-1000-fois-plus-rapide-que-nfc-.html

    Jean-Luc Petit
    jitex

  2. Merci Jean-Luc. Joli consortium derrière TransferJet. Attendons la réponse de l’équipe RPMK sur les différences entre les deux technologies qui semblent effectivement proche sur le papier. http://www.transferjet.org/

  3. Sébastien Soyer dit :

    Bonjour,

    merci pour les commentaires, la « grosse » différence avec TransferJet est que la technologie RPMK permet une utilisation en mode télé-alimenté. Comme du NFC ou RFID, le TAG équipé de la technologie RPMK (pouvant contenir de la mémoire de masse) est télé-alimenté par le terminal de l’utilisateur. Pas besoin de batterie dans le TAG => ce qui n’est pas possible avec la technologie TransfJet!

    • Gourmet dit :

      Bonsoir,
      Je n’ai pas fait les calculs mais aller plus vite réclame de l’énergie.
      Il n’y a qu’à observer ce qui se passe pour les processeurs : un ARM ne consomme pas grand chose (1W seul) mais ça neva pas bien vite non plus. Dès que l’on souhaite pédaler un peu plus vite on regarde du côté des i3, i5 voire i7 ( pour la panoplie Intel) et là on parle davantage de 17W, 35 et davantage.
      Pour cet ISO/IEC 14443 (cessez de parler de NFC qui n’est qu’un standard-chapeau)de compet. il faudra donc de la puissance et donc des champs en rapport ainsi qu’une fréquence de travail élevée.
      Et cela sans que cela ne devienne un grille-pain !

      Db

      • ssoyer dit :

        Bonjour, la technologie RPMK est une nouvelle technologie de communication radio UWB qui n’est pas compatible avec le NFC actuel. On parle d’un transceiver Radio qui est capable de communiquer à 112 Mbits/s en consommant moins de 8mW (disponible, mesuré). L’analogie avec le NFC est juste pour illustrer le mode d’utilisation.

        Ceci dit votre remarque sur la consommation du processeur ARM concerne la partie applicative qui tourne sur le terminal qui est lui alimenté par une batterie. Un TAG équipé d’une puce NFC ou de notre transceiver Radio (qui est beaucoup plus rapide) ne consomme que quelques 10mW, ce qui permet une utilisation en mode télé-alimenté! La partie applicative tourne sur le Terminal qui effectivement consomme plus d’énergie (dépend de l’application) mais il dispose d’une batterie.

        Cordialement

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