Archives mensuelles : mars 2013

Va-t-il pleuvoir ? Il suffit de le demander à son parapluie.

mon parapluie me parle

mon parapluie me parle

Comment décider en partant de chez soi si on a besoin d’un parapluie ou pas ? Il suffit de lui demander, en approchant son mobile bien sûr !

En marge de la conférence internationale NFC P Global à Londres autour des applications du NFC dans le transport, le commerce et le paiement, conférence sur laquelle nous reviendrons dans un prochain billet, quelques exposants présentaient leurs services et leurs nouveaux produits. Parmi elles la société NFCNETSTORE basée à Tempere en Finlande. Trois produits et services NFC ont retenu notre attention :

  1. un tag renforcé qui peut être fixé sur des poteaux métalliques et qui résiste à l’arrachement et aux flammes. La démonstration avec de vraies flammes n’a heureusement pas déclenchée le système incendie de la salle de conférence malgré la crainte de l’animateur.
  2. le deuxième application permet d’obtenir, à chaque lecture d’un même tag, une information différente, un peu comme les conseils que certains logiciels font apparaitre à chaque lancement du produit. Cette approche ouvre la voie à de nombreuses possibilités en particulier dans le commerce pour proposer, par exemple, des promotions différentes à chaque passage du consommateur.
  3. la troisième, notre préférée, inutile et donc indispensable est celle du parapluie qui donne le temps qu’il va faire. Le principe est simplissime : un tag sur la poignée du parapluie, qui lance l’appli météo lorsqu’on approche son mobile NFC. Dans la version présentée, la géolocalisation n’était pas activée et donc seul le temps londonien était affiché. Ceci dit, c’est le principe plus que son implémentation qui attire et fait irrésistiblement penser à l’Internet des objets.
rugged tag (c) NFCNETSTORE

rugged tag (c) NFCNETSTORE

Dans le monde à la fois présent et à venir de l’Internet des objets, certains de ces objets seront natifs, créés avec la connectivité et l’intelligence embarqués pour accomplir leurs tâches, comme le pèse-personne de Withings. Pour d’autres, une simple étiquette NFC lançant l’application suffira à rendre communiquant cet objet et lui donner toute sa place dans notre environnement, notre propre Internet des objets.

Dans un article précédent, nous avions affirmé que l’internet des objets serait multiple ou ne serait pas. Notre parapluie connecté est en un signe clair. L’utilisation d’un simple tag liant un objet physique à une application numérique dans un contexte approprié permet la création de services potentiellement innovant et utiles. C’est aussi cela le NFC, loin des systèmes complexes du paiement et du transport qui tardent à se déployer.

tags (c) nfcnetstore

tags (c) nfcnetstore

A défaut de faire la pluie ou le beau temps, une simple étiquette collée sur la poignée du parapluie nous permettra de savoir, juste avant de sortir, si nous avons besoin d’emporter notre compagnon à baleine, et nous donnera par la même un avant-gout de ce que pourrait être l’Internet des objet, fait d’échanges simples entre notre mobile et les objets de notre quotidien.

A suivre.

Pierre Métivier

NFC – Visa et Samsung relancent le débat autour du « Secure Element »

Mobile Samsung et SIM Cityzi

Mobile Samsung et SIM Cityzi

Le Samsung Galaxy S4 a été lancé jeudi 14 Mars soir en grande pompe à New-York. Par delà, les nouvelles fonctionnalités annoncées, le NFC a été confirmé comme fonctionnalité-clé pour ce mobile et pour Samsung. C’est aussi le premier mobile qui devrait bénéficier de l’accord Visa / Samsung annoncé au Mobile World Congress et dont une des conséquences est passé relativement inaperçue – l’installation par défaut d’une application de paiement Visa sur tous les prochains mobiles Samsung NFC en utilisant le Secure Element du mobile.

Cette annonce est potentiellement « disruptive » (dans le sens anglais du terme) pour l’écosystème du sans contact car elle relance le débat sur le Secure Element / SE autrement dit la gestion de la sécurité sur les mobiles NFC.

Rappelons les données du problème. On peut (en gros) diviser en deux grandes catégories le type d’applications permises par le NFC :

  1. celles qui nécessitent l’utilisation de données privées (identification, paiement, accès, transport) et
  2. celles qui n’en utilisent pas (lecture d’informations touristiques par exemple ou jeux).

Dans le premier cas, les données sensibles doivent être gérées dans une partie sécurisée du mobile appelée « Secure element » ou SE, pour éviter qu’elles ne soient accessibles de l’extérieur ou par une autre application sur le mobile. C’est le rôle du TSM -Trusted Service Manager, une société chargée de gérer cette séparation des données et des services. Trois types de SE existent :

  • un SE stocké sur la SIM géré par les opérateurs,
  • un SE sur un élément extérieur – de type carte mémoire microSD
  • l’utilisation d’un SE sur le mobile lui-même.
Une journée aux JO de Londres

Une journée aux JO de Londres

Les opérateurs, réunis au sein de la GSMA, préconisent la solution basée sur la SIM, dite « SIM centric« . En France, c’est le modèle Cityzi. Si vous pouvez posséder un mobile NFC, et il y en près de 3 millions en France répartis sur plus de 25 modèles, il est nécessaire également d’obtenir une SIM Cityzi (standard chez Orange et SFR) pour les applications de type paiement comme Kix de la BNPParibas.

A travers leur accord, Visa et Samsung, qui ont l’habitude de travailler ensemble comme par exemple à l’occasion des JO de Londres, proposent donc une solution alternative au modèle des opérateurs, utilisant le SE du mobile lui-même. C’est également le modèle utilisé par Google pour son Wallet. Autrement dit, à l’association, mobile, banque, carte de paiement et opérateur télécom actuellement nécessaire à la dématérialisation d’une carte de paiement sur mobile, Samsung et Visa répondent qu’on peut faire plus simple.

Sur le papier, cette annonce est positive dans le sens où tout ce qui peut simplifier l’écosystème ne peut qu’accélérer l’adoption du paiement sur mobile et donc accélérer le déploiement des services sans contact. Dans la réalité, il reste de nombreuses questions : la première et la plus importante est : en cas de problème sur une transaction NFC, paiement/transport, qui appeler ? Une des promesses du NFC est la possibilité en un seul appel, de bloquer le mobile et toutes les applications s’y trouvant. L’opérateur telecom gère la relation avec son client et c’est naturellement vers lui que les clients se tournent. Si le modèle proposé par Samsung et Visa se développe, qui faudra t-il appeler pour bloquer sa carte de transport ou sa carte de paiement : chaque fournisseur de services ou le fabricant de mobile ?

Cityzi, Nice

Cityzi, Nice

Ensuite se posent les questions du déploiement, de l’industrialisation ou des mises-à-jour que les opérateurs maitrisent à travers leurs réseaux. Visa a également introduit le « Visa Mobile Provisioning service » pour répondre à certaines de ces questions. Enfin, quelle va être la réaction des banques, qui distribuent les cartes de paiement de Visa et qui développent des accords avec les opérateurs?

Il est trop tôt pour appréhender toutes les conséquences de cette annonce qui a l’avantage de poser une question-clé – que faut-il faire pour accélérer le déploiement des services mobiles sans contact et en particulier autour du paiement et du transport ? De part leurs parts de marché respectifs, Visa et Samsung envoient un message fort. Nul doute que le débat ne fait que commencer.

A suivre

Pierre Métivier

Pour aller plus loin

Les sociétés françaises au Mobile World Congress 2013

France au MWC13

France au MWC13

Deuxième partie de notre compte rendu du Mobile World Congress 2013, l’évènement le plus important consacré à l’industrie du mobile, partie consacrée aux sociétés françaises présentes sur le salon.

Et comme chaque année, elles sont nombreuses. Il est impossible de citer toutes les entreprises présentes et tous les produits présentés sur le MWC. Comme nous l’avons déjà expliqué, la raison en est simple : une grande partie de cette industrie est basée sur la SIM – la carte à puce que vous apporte l’opérateur lorsque vous vous abonnez à son service (ou qui sert aux abonnements M2M), et cette carte à puce a été inventée en France. De nombreuses sociétés françaises se sont développées en même temps que l’adoption de cette carte et sont leaders sur leur marché respectifs à commencer par trois des quatre fabricants de SIM (Gemalto, Oberthur, Safran Morpho). On va retrouver également les fabricants de puces électroniques comme ST Micro et Inside Secure, un fabricant de mobiles (Alcatel), des intégrateurs comme Accenture ou CapGemini, des sociétés de certification comme Fime ou Trusted Labs, un fabricant de TPE (Ingenico), Thalès pour les valideurs et portillons de transports, un opérateur telecom international (Orange) dont le stand était clairement dédié au NFC.

Orange at Mobile World Congress 2013

Orange at Mobile World Congress 2013

Coté SSII développant des applications et des services NFC, on pouvait retrouver, sur le stand de la GSMA consacré aux applications NFC, Adelya, l’expérimentation Sita, Blackberry, Orange à l’aéroport Toulouse Blagnac en vue de réduire le temps entre l’arrivée à l’aéroport avec un mobile NFC et Connecthings dont nous avons décrit les développements dans le cadre de la conférence dans l’article précédent. Toujours coté SSII, citons enfin Airtag, Think&Go NFC et son écran NFC interactif bien présents. De nombreuses PME et startups étaient présentes sur le Pavillon français géré par UbiFrance. Coté services et technologie sans contact (y compris NFC, RFID et internet des objets), notons la présence de DéjàMobile, Fime, Taztag, Micropross, Mobilead, ClearToPay, Tagattitude, Jidelec et pardon à ceux que nous avons pu oublier.

Coté Internet des objets, Withings était présent et montrait leur nouveau et prometteur Smart Activity Tracker dans le domaine du soi quantifié. Orange Business Services et Continua montraient également un tensiomètre connecté ; le marché du « e-health » est en pleine extension pour ne pas dire en plein santé.

(Ubi) France @ Mobile World Congress

(Ubi) France @ Mobile World Congress

Un petit mot enfin pour deux sociétés locales (par rapport à l’auteur de ce blog), de la ville nouvelle de Saint Quentin en Yvelines et tout d’abord la présence sur le stand d’Oberthur, de Twizy Way, la solution d’auto-partage à base de voitures électriques Twizy de Renault, que nous avons déjà expérimenté et présenté sur le blog et puis Oledcomm, basé à Vélizy mais également aidé par l’UVSQ, l’Université Versailles Saint Quentin en Yvelines, qui montrait son réseau LiFi, un réseau de communication « wireless » par transmission basée sur la lumière, qui potentiellement peut concurrencer le WiFi.

Le développement de l’industrie du mobile en général et du NFC en particulier profite à ces sociétés françaises de toute taille, qui innovent, créent des emplois et génèrent de la croissance. Leur présence en force sur le salon est une preuve de la bonne santé de l’industrie même si la route est longue et les concurrents nombreux en particulier en Asie (opérateurs télécoms et fabricants de mobiles) et USA (Google, Apple, eBay/Paypal …).

A seguir !

Pierre Métivier

PS. Vous avez remarqué des produits ou des services de sociétés françaises autour du sans contact et de l’internet des objets, n’hésitez pas à les partager avec les lecteurs de ce blog à travers un commentaire à cet article.

Pour aller plus loin