Archives mensuelles : avril 2013

L’internet des objets va disparaitre !

L'internet des objets va disparaitre

L’internet des objets va disparaitre

L’internet des objets va disparaitre ou pour être plus précis, il va se fondre dans l’internet et l’expression n’aura plus lieu d’être.

Rappelons qu’à sa création (1972/1983), l’internet était un lieu d’échange entre humains, mail, chat, échange de fichiers, IRC (1988), FTP (1971). Les ordinateurs connectés nous aidaient à communiquer entre nous, à partager, à travailler ensemble.

Avec l’arrivée du (world wide) web (1990), les échanges se sont effectués entre humains et ordinateurs. Il est devenu possible d’interroger les ordinateurs à travers par exemple les moteurs de recherche, échanger, obtenir des réponses sans intervention humaine.

Les ordinateurs aussi peuvent communiquer entre eux sur Internet et travailler ensemble ; ce sont par exemple les « high speed trading » algorithmes qui régissent la plupart des transactions en bourse, pour le meilleur et pour le pire.

Avec l’internet des objets, les objets se connectent à leur tour. Les objets vont discuter avec les humains, leur envoyer des messages ou répondre à leurs sollicitations. Ils vont aussi échanger entre eux (comme les voitures connectées) ou discuter avec les ordinateurs (un pont bardé de capteurs va communiquer régulièrement son état de santé avec les ordinateurs de la société le gérant). Certains de ces objets seront très connectés, communiquant avec leur propre adresse type IPv6), d’autres le seront plus sporadiquement, comme nous le sommes nous-mêmes, lorsque nous nous déconnectons ou mettons notre mobile en mode avion.

L'internet des objets va disparaitre

L’internet des objets va disparaitre

Tous ces échanges constitueront l’internet, un internet comprenant naturellement humains, ordinateurs et objets (*). Cette intégration est en cours. Le terme internet des objets n’aura bientôt plus de sens et disparaitra (sauf des pages Wikipedia ou de blog comme celui-ci). En attendant, il est bien pratique pour catégoriser tous ces nouveaux services intégrant des objets, que ce soit dans le domaine du soi quantifié, de la domotique, du M2M et bien d’autres.

A suivre.

Pierre Métivier
(*) Pour être complet, il faudrait ajouter les animaux, déjà « connectés » pour certains comme les étiquettes de traçabilité des animaux domestiques ou des bovins, les colliers pour chat permettant l’ouverture des portes, ou les applications permettant aux abeilles des ruches de signaler à l’apiculteur que la ruche est pleine.

Dynamo, une expérience lumineuse à vivre avec son mobile NFC

Dynamo au Grand Palais

Dynamo au Grand Palais

Les musées sont un des lieux où les services à base de technologie NFC se développent le plus. Outil à la fois de proximité et d’interaction, le mobile NFC avec ses applications se sent chez lui. Sur Paris uniquement, après le Centre Beaubourg, la Cité de l’Architecture, le Musée du Quai Branly ou la Cité des Sciences, c’est le tour du Grand Palais avec l’aide, une fois de plus d’Orange, de lancer une application mobile dans le cadre de l’exposition Dynamo qui vient d’ouvrir dans les galeries du Musée.

« Sur près de 4000m2, l’exposition montre comment, de Calder à Kapoor, de nombreux artistes ont traité les notions de vision, d’espace, de lumière et de mouvement dans leurs œuvres, en réalisant souvent des installations dans lesquelles le visiteur est partie prenante : les atmosphères chromatiques et changeantes d’Ann Veronica Janssens, les miroirs kaléidoscopiques de Jeppe Hein ou les réalisations in situ de Felice Varini. » dixit le site de l’expo.

L’application Dynamo est différente. Les applications musée « classiques » sont des aides à la visite, apportent des compléments d’informations ou servent d’audioguide. Elles permettent d’entendre un instrument de musique derrière une vitrine où d’associer une vidéo à une photo sur un mur pour augmenter la visite.

Dynamo au Grand Palais

Dynamo au Grand Palais

L’application Dynamo est à la fois carnet de notes interactif et outil de participation à l’exposition. Une fois lu le tag NFC d’une oeuvre, il vous est possible d’y associer un commentaire que vous enregistrez ou une photo que vous prenez. Vous pouvez aussi partager cette photo sur Facebook ou Twitter. Toutes ces « créations » sont affichées sur un mur d’images dans la dernière salle du musée.

Cela pourrait être très ennuyeux sur une exposition classique, c’est à dire, statique, composée d’oeuvres d’arts passives. 300 photos de la Joconde se ressembleront forcément. Mais Dynamo est une expo où le visiteur participe de part sa présence et celle de son entourage à l’expérience cinétique. Il devient alternativemnt vert, bleu, rouge, se promène dans un brouillard de couleurs, dans des salles où on ne sait plus où sont les murs et les plafonds, dans des salles aux miroirs multiples, reflétant à l’infini sa propre image. De part la définition même de l’art cinétique, un pas de coté ou une seconde plus tard, l’oeuvre est totalement différente, a changé de formes ou de couleurs.

Dynamo au Grand Palais

Dynamo

L’application DYNAMO est gratuite et téléchargeable sur  Android  et sur App Store (sans les fonctionnalités permises par le NFC of course). Il est préférable de la télécharger avant de visiter l’expo car elle fait environ 30 meg, pour limiter les chargements wifi ou 3G pendant la visite. Elle ne fonctionne que sur les Android les plus récents, notre Galaxy S2 n’en faisant pas partie, par contre des mobiles HTC sont prêtés pendant la visite sur demande. De cette approche nouvelle, axée sur la création et la participation, nous pouvons suggérer comme points d’amélioration, une meilleure intégration de l’envoi sur Twitter, peu facile à utiliser dans la version actuelle, et l’ajout d’une option enregistrement vidéo, les photos ne suffisant pas à mettre en avant les qualités dynamiques des œuvres exposées. Enfin, toutes les photos et commentaires sont stockés et peuvent être réutilisés après la visite dans le cadre du service Memory-Life et donc être partagé.

Dynamo au Grand Palais

Dynamo

Enfin, cette exposition du Grand Palais peut être considérée comme un événement de type « salon officiel » de l’art cinétique. Pour des versions plus off ou plus proche de l’esprit startup et nouvelles technologies, on peut retrouver l’art cinétique dans le mouvement Digitalarti, qui ajoute une composante numérique qui manque un peu à Dynamo, dont les œuvres exposées d’artistes du XXème siècle n’ont pas encore rencontrées les technologies numériques du XXIème siècle.

Dans tous les cas, Dynamo est une très belle expérience visuelle, faite de lumières, de sensations, d’interaction à vivre, à voir et à revoir jusqu’au 22 Juillet 2013

A suivre

Pierre Métivier

Pour aller plus loin

L’avènement des ours en peluche NFC et des « smart shoes », un compte rendu du Wima 2013

Wima 2013

Wima 2013

A la fois conférences et salon, le Wima est une institution dans le monde du NFC. La septième édition s’est déroulée dans le cadre feutré du Forum Grimaldi à Monaco. Le Wima est tout le contraire de salons comme le Mobile World Congress ou Cartes. C’est un petit salon à taille humaine où l’on peut rencontrer les innovateurs, sans bousculade, deviner les tendances de demain, découvrir de nouveaux concepts et créer de vrais liens avec de nouveaux entrepreneurs.

Les deux grandes tendances de l’édition 2013.

  • Il n’y a pas que le paiement, le transport et l’accès dans le monde du NFC. Bien sûr, il a été question de ces trois sujets pendant les trois jours, bien sûr le sujet de la SIM comme élément sécurisé (SE) a été traité (avec douceur), certains acteurs du transport étant (plus que) réservés sur la nécessité absolue de passer par cet élément pour gérer les billets de transports, tout comme le sujet des cartes sans contact par rapport au mobile (Visa, Crédit Mutuel, la Caixa), ou la gestion des données personnelles dans le cas de l’accès. Citons aussi l’intervention passionnante du représentant de la Japan Airlines qui a montré non seulement que le NFC est opérationnel à grand échelle au Japon, mais que la technologie est intégrée dans la vie quotidienne des voyageurs et citoyens japonais.
  • Les designers et industriels s’approprient la technologie pour inventer de nouveaux services, pour concevoir de nouveaux produits : à la technologie NFC disparaissant au profit de nouvelles fonctionnalités intégrées au produit. A coté des smart posters, des solutions de fidélité et d’information pour le commerce comme celles proposées de Think&GO NFC ou le passage de commande et retrait rapide McDo / Nokia, il a également été question de « designer shoes », de passion pour le shopping, le m-santé, de smart canettes alu ou de bouteilles d’eau « intelligentes ».

Nos coups de cœur de cette édition 2013.

Smart shoes

Smart shoes

  • Les smart shoes de PleaseMachine Footwear sont le fruit de l’association entre une jeune « créatrice de chaussures » Anna Zaboeva qui a compris l’intérêt d’intégrer un grand nombre de tags NFC dans ses créations. Certaines de ces étiquettes contiennent des informations fixes – origine, date de fabrication (utiles en cas de retours et pour lutter contre la contre-façon), et d’autres ludiques, un Like Facebook, ou un tag dans une poche sur la chaussure permettant de mettre le mobile en mode avion. Une dizaine de tags sont ainsi intégrés aux paires de chaussure, certains programmables par le consommateur lui-même. La startup ConnectMeStart gère la plateforme et a de nombreux projets complémentaires sur le même principe.
NFC Smart bottle

NFC Smart bottle

  • Les Seibersdorf Laboratories associés à l’AIT, l’Austrian Institute of Technology montraient un certain nombre de concepts passionnants, étendant l’utilisation du NFC. Par exemple, une carte mesurant le niveau d’UV, le NFC permettant la lecture de l’info vers le mobile. Une bouteille d’eau dont le tag n’est lisible que lorsque la bouteille est vide, un tag dans le système d’ouverture d’une cannette de soda ou une seringue dans le mode d’emploi est accessible en vidéo à partir du mobile. De nouveaux usages pour la m-santé ou le marketing dans lesquelles la technologie s’efface pour ne laisser que des opportunités nouvelles.
vWand

vWand

  • Le vWand de Sistelnetworks est globalement un stylet sans fil, communicant en Bluetooth qui rajoute la fonctionnalité NFC à n’importe quel mobile ou tablette, que ce soit pour lire ou écrire un tag. Les applications sont nombreuses puisque le stylet permet d’atteindre des lieux peu accessibles par une tablette, comme un tag stockant les informations d’un patient à l’hôpital ou des produits placés sur des étagères. L’autre coté du stylet NFC permet d’écrire sur la tablette, il n’y a donc pas besoin de changer d’outil lors du passage du tag à la tablette. Les versions Windows Mobile et Android sont disponibles et la version iOS en cours de déploiement.
  • Enfin, le Taztag event solution. La société française Taztag est plus connue pour sa tablette Tazpad, sa coopération sur le projet Natural Security et son expertise Zigbee. Ceci dit, la solution de gestion d’événements a permis d’animer le salon d’une chasse au trésor bien sympathique tout en donnant de informations aux organisateurs sur la fréquentation et les déambulations des visiteurs, en mode opt-in, c’est-à-dire, lorsque le visiteur le souhaite.

Un mot sur Claus F. Nielsen, de la société danoise Delta qui a présenté l’association Continua Health Alliance, avec humour sur des sujets souvent graves liés à la santé. Cette alliance œuvre pour des standards communs pour les technologies de m-santé y compris bien-être et soi quantifié, ce qui est loin d’être le cas (Withings ou ANT+ par exemple sont absents de cette alliance). Dans certains pays comme le Danemark, l’adoption de ces standards commun devient obligatoire pour être reconnu (et donc remboursé) par le système de santé local, et il s’en suit donc une forte pression pour participer.

Ours en peluche connecté

Ours en peluche connecté

Et les ours en peluche NFC me direz vous ? Ils ont annoncé les résultat des « Awards » distribués à l’occasion du Wima, à l’aide de tag NFC (réalisé par la société Tap4Mor) et ont distribué aux vainqueurs – tous les résultats.

Merci à Joanna, Perrine et Gabriela pour leur accueil et leur invitation à modérer les tables rondes consacrées à l’Accès et aux Startups et à l’année prochaine, en 2014 ou pour les grands voyageurs, fin octobre 2013 à San Francisco.

A suivre

Pierre Métivier

Pour aller plus loin

  • Un résumé vidéo télé monégasque
  • « My faith in humanity (well technology) has been restored by finding these amazing (smart) shoes » L’article de Katie Lips sur les « smart shoes », à lire pour comprendre ce qu’est la passion pour des chaussures.
  • Un reportage photos sur Flickr
  • Le LT de l’événement #WIMA_NFC