Quelles leçons tirer du quarantième anniversaire du mobile et des codes barres pour le NFC ?

Herman mobile phone (c) Unger

Herman mobile phone (c) Unger

Le premier appel à partir d’un téléphone sans fil, un Motorola, a eu lieu le 3 avril 1973. De manière étonnamment concomitante, la définition de l’UPC, une étape clé à l’adoption du code barre, est datée du même jour, la lecture du premier code barre dans un environnement commercial intervenant une année plus tard sur un paquet de chewing-gum Wrigleys. Ces deux technologies ont donc quarante ans même si nous avons parfois l’impression qu’elles ont toujours existé. Elles sont présentes dans notre vie de tous les jours, aussi bien dans nos poches dans le cas du mobile et sur tous les produits de grande consommation. Le smart phone réunit désormais ces deux technologies puis qu’il est possible avec son mobile de lire les différentes moutures de code barres.

A l’heure où certains commentateurs doutent de l’intérêt de la technologie NFC en s’appuyant sur la lenteur perçue son déploiement, ce quarantième anniversaire est l’occasion de rappeler que l’adoption du mobile ou du code barre a également pris un grand nombre d’années avant d’atteindre une utilisation universelle, que nous choisirons de façon arbitraire à 20 ans – 1993.

Technology adoption (via) Find What Works

Technology adoption (via) Find What Works

Pourquoi 20 ans alors que Facebook par exemple a atteint un milliard d’utilisateur en moins de 10 ans ? Et les cas Twitter ou iPhone ? Quelles leçons peut-on tirer de ces deux anniversaires mobile et code barre pour le mobile NFC ? La technologie ayant globalement 10 ans, faudra t-il attendre 10 ans de plus avant de voir une utilisation universelle ? So many questions, so little time ! Nous vous proposons quelques éléments de réflexion.

  • Système ouvert vs. système fermé – il est toujours plus facile de maitriser un système fermé comme Apple, que d’essayer de mettre d’accord tous les acteurs d’un écosystème sur une plateforme et des règles communes. L’interopérabilité entre les mobiles, les SMS, le roaming, les accords entre opérateurs (250 recensés à la GSMA), tout cela a pris et prend beaucoup de temps. De même pour les code barres.
  • La nécessité d’une infrastructure – Facebook, Twitter ou Google ont créé des services, des applications mais n’ont pas développé de réels infrastructures, s’appuyant sur les infrastructures physiques mises en place par les opérateurs telecom. Pour ces opérateurs, les réseaux voix, données, mobiles nécessitent des investissement lourds (matériels, licences). C’est en partie le cas également dans le cas des codes barres, douchette dans tous les magasins, étiquettage sur les produits, connectivité vers le SI des entreprises.
  • La nécessité d’un standard commun aux acteurs – GSM, SMS, …. indispensable au monde du mobile ou l’EPC pour le code barre. Facebook ou Twitter s’appuie sur l’internet, Apple et ses mobiles s’appuient sur les opérateurs.
  • Hardware vs. software – toujours plus « facile » et moins risqué (en terme de coûts) de créer du logiciel que développer du matériel, argument coté Twitter et Facebook. Coté Apple, la maitrise des deux et la vision de son fondateur ont permis le succès que l’on connait.
  • Base installée – Une base installée suffisamment importante est nécessaire pour que le nouveau service devienne vraiment utile.
Martin Cooper, 1st cell phone call

Martin Cooper, 1st cell phone call

Le déploiement des services NFC ressemble plus à un développement de type mobile ou code barre que Facebook ou Twitter. Ces déploiements nécessites matériels nouveaux (mobiles, TPE, valideurs), s’appuient sur une infrastructure et nécessite des standards.
Coté infrastructure, les déploiements sont avancés même si les services sans contact ne sont pas encore très visibles. De même, coté standards où les acteurs se réunissent autour d’associations comme le NFC forum et s’appuient sur les travaux de la GSMA.

De plus, par rapport au mobile, il existe une difficulté supplémentaire de taille, le nombre de parties prenantes. Le développement du mobile dépend principalement des acteurs télécoms (avec les fabricants de mobiles et les autorités publiques). Dans le cas des services NFC, il faut ajouter les banques, les sociétés gérant les cartes bancaires, les commerçants, les autorités de transport, les collectivités territoriales et bien d’autres.

1st commercial bar code scan

1st commercial bar code scan

Nous suivons désormais en temps réel les évolutions des parts de marché, des déploiements, et les réseaux sociaux permettent de nombreux commentaires instantanés sans toujours prendre le recul lié aux projets industriels. Ces deux anniversaires rappellent qu’il faut du temps pour déployer de nouveaux services basées sur des infrastructures, ce qui est le cas pour les services mobiles sans contact. Leurs déploiements et leurs adoptions par les consommateurs sont en ligne avec de nouveaux services passés comme le mobile ou le code barre.

A suivre

Pierre Métivier

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