Archives mensuelles : mai 2013

Les grands acteurs industriels investissent le champ de l’Internet des objets

L'internet des objets s'industrialise

L’internet des objets s’industrialise

Longtemps le domaine des ‘makers‘ / à la fois bricoleurs et artisans du monde open source (Arduino / Raspberry pi),  des startups visionnaires comme Libelium , SEN.SE ou Sigfox, des associations comme le Council et des visionnaires, penseurs, chercheurs, industriels ou communicants comme Kevin Ashton et Mark Weiser aux US,  Ken Sakamura au Japon, Rob Van Kranenburg et Gérald Santucci en Europe et Rafi Haladjian et Bernard Benhamou en France (*), l’Internet des objets, sous ce terme, devient un lieu de rencontre des grands industriels.

Non pas que les sociétés ne s’y intéressaient pas auparavant. Sous le terme M2M, les opérateurs télécom (comme Orange, SFR et Bouygues Telecom en France) ont développé une offre conséquente mais très orientée traçabilité / logistique / suivi de flottes de véhicules et un zeste de maison connectée, offres basées sur le modèle SIM bien connu et maitrisé.

Plus récemment, le sujet des villes intelligentes / smart cities a pris de la visibilité. On passe de nouveau de visionnaires comme Alain Renk qui présente ces sujets depuis longtemps à des sociétés comme IBM, Intel ou Orange commercialisant des offres industrielles.

La nouveauté, c’est l’arrivée des Microsoft, Cisco et surtout Google.

Microsoft, présent sur tous les marchés, rêve bien sûr d’être l’Operating system de cet Internet des objets, pas vraiment avec Windows 8 pour tous les objets, « A quand Windows 8 sur Rasperry Pi 🙂 « mais avec la nouvelle XBox qui se veut potentiellement le coeur névralgique de la maison connectée comme le décrit cet article de FastCompany.

Cisco veut en être le fournisseur principal de l’infrastructure. Cisco a choisi de se démarquer en poussant une terminologie spécifique – the Internet of everything par opposition au terme généralement utilisé d’Internet of things.

Et Google ne se cache plus. A l’occasion de la conférence Google I/O pour ses développeurs, Google a installé un grand nombre de capteurs mesurant des paramètres comme le bruit et qualité de l’air comme décrit dans cet excellent article de ReadWrite.com, préfiguration du rôle que Google pourrait avoir dans la captation des données et bien sûr leur traitement.

Si on ajoute à cette équation, les Google Maps, la Google Car, les Googles Glasses, Google Now et le Google Wallet, on peut à la fois être impressionné par la vision et l’approche globale mais aussi s’inquiéter sur les sujets de vie privée et d’hégémonie . L’Europe et les Etats-Unis en sont bien conscients et se penchent sur ces questions.

En attendant, c’est une signal fort supplémentaire que cet Internet des objets dont nous parlons dans ce blog depuis trois ans est en plein développement, qu’il passe du concept futuriste au déploiement commercial et que la bataille des industriels ne fait que commencer.

A suivre

(*) En citant des noms de personnes et de sociétés,  je suis forcément réducteur et je laisse de coté des acteurs importants, qu’ils me pardonnent.

(**) Nous aurions pu également évoqué la domotique avec Somfy ou Nest par exemple ou le quantified self avec les Withings et consorts mais bon, pas cette fois ci.

L’article de Readwrite à lire … vraiment !  Google Sensors Are Data Mining I/O Attendees – And They Don’t Care

Les deux citations du jour tirée de l’article ci-dessus.

  • « As long as it’s not under my toilet seat, I don’t care, » Sam Napolitano, Huffington Post en parlant des capteurs posés par Google, « Tant qu’ils ne sont pas sous le siège des toilettes, je m’en moque » ce qui est symptomatique de la différence de perception des sujets de vie privée aux Etats-Unis et en Europe.
  • « To get right up to the creepy line, but not cross it. » Eric Schmidt, à l’époque, CIO de Google, au sujet de la Google’s policy (en terme de vie privée). « Aller jusqu’à la ligne blanche sans la franchir » (Creepy étant un mot bien plus fort)

Pendant ce temps-la, Sigfox continue son développement – Internet des objets : le réseau Sigfox utilisera les points hauts de TDF

Imaginer de nouveaux services dans le domaine de la santé grâce au NFC

Le NFC et la santé (c) AIT, Seibersdorf lab et Schreiner MediPharm

Le NFC et la santé (c) AIT, Seibersdorf lab et Schreiner MediPharm

Les services mobiles de proximité permis par la technologie NFC sont nombreux dans les domaines du commerce, du transport, du tourisme, de l’accès (clés, hôtels, bureaux…), de la ville ou de la vie au quotidien.

Au delà de ces utilisations connues, des startups et des centres de recherche imaginent d’autres utilisations de la technologie, en pensant différemment, par exemple en utilisant le changement de propriété des étiquettes en présence de liquide. Nous avons couvert il y a deux ans un tel sujet dans le monde de la RFID UHF dans un article intitulé « Think out of the box – une autre utilisation des étiquettes RFID » qui présentait un projet mesurant le degré de fraicheur de sushis par des changement de propriété d’une étiquette RFID couverte d’un produit réagissant à l’ammoniaque et un autre projet de « energy harvesting », la récolte d’énergie ambiante toujours à base d’étiquette RFID UHF.

Certains nouveaux concepts basés sur la technologie NFC ont été présentés au dernier Wima le mois dernier ; applications que les concepteurs du NFC n’avaient pas forcément envisagées.

L’AIT, Austrian Institute of Technology et le Seibersdorf Laboratories proposent des produits et services dans le domaine de la santé, alliant mobile, connectivité NFC et de nouveaux capteurs.

Par le passé, l’AIT a travaillé sur des concepts d’application de gestion de thérapie dans les domaines des patients victime de crise cardiaque (Projet Elicard) et le diabèle (Heath dialog diabetes). Les projets en cours, toujours dans le domaine de la santé et utilisant la technologie NFC , présentés dans le cadre du Wima et cours de dépôt de brevets, sont :

  • un système permettant de mesurer la douleur d’un patient avec une échelle beaucoup plus précise et moins de risque d’erreurs.
  • un système permettant de mesurer très précisément la quantité d’un liquide dans une seringue (comme de l’insuline) et de garder un enregistrement des quantités ainsi administrées.
  • un glucomètre, ou lecteur de glycémie, pour mesurer le taux de glucose dans le sang, le mobile NFC simplifiant le stockage et la transmission de résultats, et permettant l’utilisation des données sous forme de graphique.
  • une carte mesurant la dangerosité de l’exposition au soleil à l’aide d’un capteur mesurant les UV équipé d’un étiquette NFC transmettant les résultats à un mobile NFC. Les outils actuels mesurant les UV coutent plus de 1000 € car ils sont composé d’un boitier avec son capteur, son processeur, sa batterie, sa mémoire…. La solution capteur sur carte et NFC est beaucoup plus économique car elle utilise le mobile NFC pour tout le traitement de l’information. Le projet prévoit même les relations avec les fabricants de lotions solaires en intégrant des puces NFC sur le flacon pour l’utilisation du produit à bon escient.
Carte UV NFC (c) Seibersdorf

Carte UV NFC (c) Seibersdorf

enfin, toujours dans le domaine de la santé, rappelons le Needle Trap de Schreiner MediPharm, une seringue dont le mode d’emploi, sous forme vidéo, est accessible par mobile.

Ces projets de recherche, non encore commercialisés sauf le dernier, montrent bien le domaine des possibles ouverts par le NFC. Nous n’en sommes qu’au début. A chacun d’entre nous, dans son expertise, de trouver de nouvelles applications et de nouveaux services.

A suivre

Pierre Métivier

Pour aller plus loin

L’expression « Internet des objets » est-elle appropriée ?

Les choses - Georges Perec

Les choses – Georges Perec

Dans un précédent article, nous avons proposé l’hypothèse que le concept d’Internet des Objets allait disparaitre, les objets devenant acteurs à part entière de l’internet comme les ordinateurs et les humains. En attendant, « Internet des objets » est l’expression généralement utilisée pour parler de cette intégration des objets connectés aux réseaux.

Mais est-ce la bonne expression ?

Les ponts, les volcans ou les champs se connectent déjà et se connecteront de plus en plus à l’internet grâce à des capteurs appropriés et on peut difficilement qualifier un champ d’objet. Et que dire des animaux, animaux domestiques, bovins et bien d’autres qui sont également connectés pour des raisons de confort, de santé ou de traçabilité. Des objets ?

Nous utilisons le terme « internet des objets« . Les anglo-saxons ont adopté le terme « internet of things », le terme de « chose » semblant plus générique. Pour Cisco, c’est le terme « internet of everything » encore plus large ; un « chaque chose » qui rappelle le livre de Douglas Adams ‘The question of life, the universe and everything ! » On pourrait également considéré un « internet of all things« .

Une chose est sûr, le concept est universel et ses applications vont toucher un grand nombre d’éléments de notre environnement. Il est presque plus facile de lister ce qui potentiellement ne sera jamais connecté.

Les feuilles des arbres, les pierres d’un sentier de montagne ou les grains de sable d’une plage par exemple. Par contre, certains arbres sont et seront connectés (maintenance phytosanitaire dans les villes comme à Paris ou à Bordeaux, alerte incendie dans les forêts), de même pour les montagnes/volcans (capteurs capable de prévoir une éruption ou une avalanche). Les routes, maisons, et la plupart des constructions humaines sont et seront connectées – smartcity, domotique, immotique.

Les insectes ne le seront pas non plus, trop nombreux, même si on peut imaginer en connecter certains (version moderne du « baguage » des oiseaux) pour des raisons liées à la transmission de maladies. De même pour les animaux sauvages.

Libelium Smart World

Libelium Smart World

Pour le reste, tout semble possible. De nombreux objets de notre environnement seront connectés dans les domaines de la vie quotidienne, les transports, la santé, les villes, l’énergie, l’agriculture ….

Des listes bien incomplètes comme autant de pistes à suivre pour comprendre l’étendue de cet internet à venir.

Et nous-mêmes, sommes nous intégrés à cet Internet des objets ? Nous le sommes déjà et nous le serons de plus en plus. Nous le sommes à travers nos PC, tablettes et autres mobiles. Nous le serons de plus en plus à travers des puces dans nos corps surveillant les marqueurs importants de notre santé, étant capable d’envoyer des alertes au médecin traitant pour un dépistage en temps réel. Cet internet des objets, c’est aussi le notre. L’important est d’en être conscient et d’en être acteur, mais cela, c’est une autre histoire.

En attendons, gardons cette expression d’Internet des objets avant sa disparition inéluctable.

A suivre

Pierre Métivier

Pour aller plus loin

  • L’internet des objets va disparaitre
  • 50 Sensor Applications for a Smarter World
  • Les définitions de choses et d’objets sur Wikipedia (qui définit Objet en utilisant le nom Chose !) et dans le Dictionnaire de l’Académie Française.
    • Objet – Une entité (une chose) définie dans un espace à trois dimensions, soit naturelle, soit fabriquée par l’homme(un artefact), qui a une fonction précise, désignable par une étiquette verbale (un nom). En ce sens, l’objet est sensible, c’est-à-dire qu’il est ou doit pouvoir être perceptible par au moins un des cinq sens ou par un dispositif ad hoc (instrument de laboratoire en physique, par exemple). Il est défini par les relations externes qu’il entretient avec son environnement, par son état et les mouvements ou modifications qu’il subit ou qu’il cause. De ce fait, puisque rien n’est permanent, il évolue dans le temps. (c) Wikipédia
    • CHOSE. n. f. Ce qui est. Il se dit indifféremment de tout; la signification de ce mot se détermine par la matière dont on traite.
    • OBJET. n. m. Tout ce qui s’offre, tout ce qui est présenté à la vue.