L’expression « Internet des objets » est-elle appropriée ?

Les choses - Georges Perec

Les choses – Georges Perec

Dans un précédent article, nous avons proposé l’hypothèse que le concept d’Internet des Objets allait disparaitre, les objets devenant acteurs à part entière de l’internet comme les ordinateurs et les humains. En attendant, « Internet des objets » est l’expression généralement utilisée pour parler de cette intégration des objets connectés aux réseaux.

Mais est-ce la bonne expression ?

Les ponts, les volcans ou les champs se connectent déjà et se connecteront de plus en plus à l’internet grâce à des capteurs appropriés et on peut difficilement qualifier un champ d’objet. Et que dire des animaux, animaux domestiques, bovins et bien d’autres qui sont également connectés pour des raisons de confort, de santé ou de traçabilité. Des objets ?

Nous utilisons le terme « internet des objets« . Les anglo-saxons ont adopté le terme « internet of things », le terme de « chose » semblant plus générique. Pour Cisco, c’est le terme « internet of everything » encore plus large ; un « chaque chose » qui rappelle le livre de Douglas Adams ‘The question of life, the universe and everything ! » On pourrait également considéré un « internet of all things« .

Une chose est sûr, le concept est universel et ses applications vont toucher un grand nombre d’éléments de notre environnement. Il est presque plus facile de lister ce qui potentiellement ne sera jamais connecté.

Les feuilles des arbres, les pierres d’un sentier de montagne ou les grains de sable d’une plage par exemple. Par contre, certains arbres sont et seront connectés (maintenance phytosanitaire dans les villes comme à Paris ou à Bordeaux, alerte incendie dans les forêts), de même pour les montagnes/volcans (capteurs capable de prévoir une éruption ou une avalanche). Les routes, maisons, et la plupart des constructions humaines sont et seront connectées – smartcity, domotique, immotique.

Les insectes ne le seront pas non plus, trop nombreux, même si on peut imaginer en connecter certains (version moderne du « baguage » des oiseaux) pour des raisons liées à la transmission de maladies. De même pour les animaux sauvages.

Libelium Smart World

Libelium Smart World

Pour le reste, tout semble possible. De nombreux objets de notre environnement seront connectés dans les domaines de la vie quotidienne, les transports, la santé, les villes, l’énergie, l’agriculture ….

Des listes bien incomplètes comme autant de pistes à suivre pour comprendre l’étendue de cet internet à venir.

Et nous-mêmes, sommes nous intégrés à cet Internet des objets ? Nous le sommes déjà et nous le serons de plus en plus. Nous le sommes à travers nos PC, tablettes et autres mobiles. Nous le serons de plus en plus à travers des puces dans nos corps surveillant les marqueurs importants de notre santé, étant capable d’envoyer des alertes au médecin traitant pour un dépistage en temps réel. Cet internet des objets, c’est aussi le notre. L’important est d’en être conscient et d’en être acteur, mais cela, c’est une autre histoire.

En attendons, gardons cette expression d’Internet des objets avant sa disparition inéluctable.

A suivre

Pierre Métivier

Pour aller plus loin

  • L’internet des objets va disparaitre
  • 50 Sensor Applications for a Smarter World
  • Les définitions de choses et d’objets sur Wikipedia (qui définit Objet en utilisant le nom Chose !) et dans le Dictionnaire de l’Académie Française.
    • Objet – Une entité (une chose) définie dans un espace à trois dimensions, soit naturelle, soit fabriquée par l’homme(un artefact), qui a une fonction précise, désignable par une étiquette verbale (un nom). En ce sens, l’objet est sensible, c’est-à-dire qu’il est ou doit pouvoir être perceptible par au moins un des cinq sens ou par un dispositif ad hoc (instrument de laboratoire en physique, par exemple). Il est défini par les relations externes qu’il entretient avec son environnement, par son état et les mouvements ou modifications qu’il subit ou qu’il cause. De ce fait, puisque rien n’est permanent, il évolue dans le temps. (c) Wikipédia
    • CHOSE. n. f. Ce qui est. Il se dit indifféremment de tout; la signification de ce mot se détermine par la matière dont on traite.
    • OBJET. n. m. Tout ce qui s’offre, tout ce qui est présenté à la vue.
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A propos Pierre Metivier

Responsable pendant 25 ans du développement de produits et services dans plusieurs entreprises d’informatique, de logiciels et de l’Internet (notamment Commodore, Apricot, Borland Intl, CompuServe, AOL) dont cinq ans passés aux Etats-Unis. Spécialiste des services mobiles et objets connectés, il a été délégué général du Forum SMSC et est l’auteur de l’ouvrage de référence « Le mobile NFC, télé-commande de notre quotidien » (2015) ainsi que du Blog « Avec et sans contact ». Il est aujourd’hui expert et enseignant / formateur en gestion des innovations numériques à forte valeur ajoutée utilisateurs à l'EISCI (Mardis de l'Innovation, Club de Paris des Directeurs de l'Innovation).

3 réflexions au sujet de « L’expression « Internet des objets » est-elle appropriée ? »

  1. JAFS // SmarteePrint (@JA_FS)

    Je suis assez d’accord avec vous ; l’expression « internet des objets » n’est pas vraiment appropriée.

    je recopie ici les dernières phrases d’un article publié il y a quelques temps : « D’un point de vue sémantique, « l’Internet des objets » ne décrit qu’une petite partie de ce paradigme concernant l’invisibilité du traitement de l’information et de la communication via le réseau et la capacité des objets à communiquer entre eux de manière autonome. Le mot « objet » de l’Internet des objets fait immanquablement penser à une marchandise, ou tout du moins à un objet créé par la main de l’homme, alors qu’appréhender l’Internet des choses permettrait d’élargir la perspective en repartant de la racine latine du mot « chose », la res, qui permit aux Romains d’établir en droit la différence entre la chose et les personnes, et, parmi les choses, de séparer la chose publique (res publica), la chose de personne (res nullius), la chose commune (res communis) et la chose privée.

    Si depuis vingt ans, l’Internet de la chose privée est en pleine ébullition technologique, il semble que l’Internet des choses communes, l’Internet des choses de personne, ou l’Internet des choses publiques soient eux aussi en pleine effervescence sociale. Serait-ce l’Internet des gens ?

    Répondre
  2. Ping : Fonctionnement | Pearltrees

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