Foisonnement d’objets connectés : tendance de fond ou effet de mode ?

Objets connectés

Objets connectés

Les objets connectés sont de plus en plus nombreux au fur et à mesure que l’internet des objets prend forme et se fait plus visible dans les médias. Les deux derniers objets de ce type que nous avons aperçus sont un un BBQ Wifi et un micro-onde équipé d’un micro-ordinateur Raspberry Pi. Les sites de crowdfunding sont remplis de ces objets nouveaux.

Est-ce une vraie tendance dans le sens où la plupart des objets de notre quotidien seront connectés dans un avenir plus ou moins proche ou un simple effet de mode / dommage collatéral lié à une course effrénée pour être le premier à connecter un presse-agrume ou un taille-crayon, faire le buzz voire obtenir des financements ce qui nous rappelle l’engouement des investisseurs juste avant la bulle internet des années 2000 pour n’importe quel site web du moment qu’il avait un cOOl name quelque soit sa fonction et malgré souvent l’absence de « business model » ?

Comme nous avons eu souvent l’occasion de le montrer, l’internet des objets est protéiforme et peu d’industries ou de services échappent à son champ d’action. La tendance « objet connecté« , apparue dès son début, a été amplifiée l’année dernière au CES et à la conférence LeWeb 12 à Paris avec l’ajout de deux cousins aux noms anglo-saxons – « quantified self » et « wearable technology« . A coté donc d’un internet des objets sociétal, au service de la médecine, de l’agriculture, de l’écologie, de la sécurité des bâtiments, de l’énergie, de la traçabilité, de la prévention des risques naturels (incendie ou éruption volcanique), il y a donc de plus en plus d’objets de notre quotidien connectés et la presse s’en fait l’écho à travers de nombreux articles et listes comme celle-ci de Libération.

Voyons quelques-uns de ces objets qui peuvent maintenant twitter, liker, checkiner, identifier et partager nos données plus ou moins personnelles sur le Net ou avec d’autres objets.

Réfrigérateur intelligent (c) Samsung

Réfrigérateur intelligent (c) Samsung

  • Le premier objet de notre quotidien à faire le buzz, star de toutes les premières présentations sur le sujet, a été le réfrigérateur LG capable de passer les commandes seul sur Internet, de mesurer si il manquait des produits ou si ils étaient périmés. Ce premier objet symbole est resté longtemps sans lendemain et sans utilisation. Une approche différente vient d’être proposée par le coréen Daewoo et ST micro, plutôt basée sur la maintenance de l’appareil que sur la mise-à-jour de son contenu.
  • NXP a également présenté une machine à laver capable de se programmer toute seule en analysant grâce à des étiquettes RFID. Communication entre le linge et la machine à laver, dans le secret du tambour, alcôve électro-ménagère, loin de la curiosité des humains, c’est cela aussi l’internet des objets.
  • Il y a eu aussi le concept du micro-onde capable de lire automatiquement le temps de cuisson des plats (code barre  ou RFID). Il suffisait de mettre le plat dans le micro-onde et la cuisson débutait automatiquement. Ce même micro-onde est donc de retour avec son propre Raspberry Pi, ordinateur bien sûr nécessaire à toute cuisson microondienne digne de ce nom.
  • Et n’oublions pas ce récent toaster qui tweete lorsque la tartine est grillée vers son propriétaire.

A notre connaissance, ces projets sont soit restés à l’état de concept ou de simple prototypes soit non pas connu de succès commerciaux.

Et donc, toute une série de produits regroupés sous le terme « quantified self » (quantification de nos données personnelles) se mélangent joyeusement avec la « wearable technology » (technologie que l’on porte sur soi, bijoux et vêtements) et que l’on pourrait qualifier d’internet des objets tendance bobo branché 2.0 (*). Citons en vrac :

Interaxon Muse

Interaxon Muse

Ces produits vont donc lire, enregistrer, partager toutes sortes de données personnelles et pour beaucoup, alimenter la « Big Data bank unlimited » corporation. On ne peut les comparer ; certains sont de simples identifiants, d’autres renvoient quelques informations vers le net, d’autres encore sont de véritables ordinateurs. Nombre de ces objets, au départ conçus pour mesurer des données physiques souvent liées à l’activité sportive (poids, tension, cœur, .. ) flirtent dangereusement avec l’irrationnel en promettant santé, bonheur et bien-être. Sachons raison gardée.

Terminons par une remise des prix.

Mentions spéciales du jury pour

Huggies Tweet Pee

Huggies Tweet Pee

  • La Hapifork, la joyeuse fourchette, mesure comment vous mangez et à quelle vitesse. On sent poindre l’association avec les balances également connectées. Et en option, nous attendons avec impatience l’analyseur spectrographique qui nous indiquera le contenu de notre fourchette avant de l’absorber.
  • Huggies Tweet Pee, une couche culotte connectée, prévient les parents lorsqu’elle est mouillée/souillée en twittant bien sûr.
  • Le parapluie connecté indique le temps quand on lui demande.
  • Le Parrot Flower power, un analyseur de plante individuelle, est indispensable au bien être  de vos plantes vertes d’appartement  et c’est un cousin éloigné des systèmes permettant l’optimisation de l’irrigation des champs dans les pays où l’eau se fait rare.

Mention hors catégorie

Nabaztag

Nabaztag

  • Le Nabaztag de Violet, le lapin connecté, ancêtre de tous ces objets, présent trop tôt, certainement trop ambitieux, sans réel « business model », a eu le mérite d’intéresser beaucoup d’entre nous au concept d’objets connectés.

Derrière cette liste à la Prévert gentiment sarcastique, rappelons que pour réussir, le coté nouveau gadget ne suffira pas longtemps d’autant plus que ces objets ont un coût non négligeable de part l’électronique et la connectivité qu’ils embarquent. Il leur faut avant tout apporter de la valeur d’usage, sans oublier être facile d’utilisation et rapide (personne n’a envie de rester debout 10 secondes sur une balance en attendant que son poids et sa masse graisseuse soient transmise sur le net ou son smartphone) pour que ces objets sortent du marché des geeks branchés et atteignent le grand public. Enfin, il sera intéressant de connaître la destination et surtout l’utilisation de toutes nos données, un point rarement abordé.

Une chose est sûre, le sujet intéresse les médias traditionnels et ceux du web. Tendance de fond ou effet de mode ? Les objets connectés intéresseront durablement les consommateurs ? Cela reste à voir. Et vous cher lecteur, êtes vous convaincu par tous ces nouveaux objets ? En utilisez-vous ? Merci de partager avec nous vos expériences.

A suivre.

Pierre Métivier

Pour aller plus loin

Ouvrir son coeur avec un GPS  Garmin

Ouvrir son coeur avec un GPS Garmin

(*) Cette expression n’est pas entièrement juste dans le sens où un certain nombre de ces produits sont proches de la m-santé et ont une réelle utilité. Par ailleurs, l’auteur de ce blog possède et apprécie certains de ces objets connectés – comme la balance Withings, un compteur GPS de vélo Garmin qui enregistre un grand nombre de données dont son rythme cardiaque qu’il peut le partager sur le net, le fameux parapluie et il participe au crowdfunding de la « NFC Ring ». Ecoutons donc ensemble les Bobos de Renaud et en particulier le dernier couplet 2:45 😉

From #quantifiedself to #selfderision.

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A propos Pierre Metivier

Responsable pendant 25 ans du développement de produits et services dans plusieurs entreprises d’informatique, de logiciels et de l’Internet (notamment Commodore, Apricot, Borland Intl, CompuServe, AOL) dont cinq ans passés aux Etats-Unis. Spécialiste des services mobiles et objets connectés, il a été délégué général du Forum SMSC et est l’auteur de l’ouvrage de référence « Le mobile NFC, télé-commande de notre quotidien » (2015) ainsi que du Blog « Avec et sans contact ». Il est aujourd’hui expert et enseignant / formateur en gestion des innovations numériques à forte valeur ajoutée utilisateurs à l'EISCI (Mardis de l'Innovation, Club de Paris des Directeurs de l'Innovation).

3 réflexions au sujet de « Foisonnement d’objets connectés : tendance de fond ou effet de mode ? »

  1. CaroInno

    Merci pour ce panorama d’objets connectés grand public. Auriez-vous l’équivalent en objets connectés orientés business (supply chain, CRM, etc.) ?

    Répondre
  2. Jp Encausse

    Merci pour cet article, c’est exactement dans cette philosophie que j’ai développé SARAH (http://encausse.net/s-a-r-a-h)

    Je dis souvent dans mes talk, Samsung propose une machine à laver qui tweet c’est cool … et alors ? Ce serait tellement bien que les objets communiquent entre eux pour proposer des usages intelligents. D’où le projet SARAH.

    Répondre
  3. JB HAPILABS

    Bonjour et un grand merci pour cette mention spéciale du jury!! On est pas peu fiers chez HAPILABS de notre fourchette connectée et on travaille à vous apporter un produit irreprochable. Pour la spéctographie…euh : ) on y pense très fort mais …comment dire… c’est assez technique alors peut être un peu plus tard. Par contre l’association à une balance connectée, vous êtes complètement dans le vrai 😀

    Répondre

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