Internet des objets – où doit résider l’intelligence des objets connectés ?

L'intelligence d'un parapluie

L’intelligence d’un parapluie

Autrement dit, chaque objet doit il devenir intelligent et embarquer de la technologie, ou simplement être identifié et localisé ; le cloud ou le mobile connecté faisant le reste ? C’est une question qui se peut et doit se poser pour chaque nouveau produit, service et application développés pour être intégrés à l’internet des objets, que ce soit un objet existant que l’on souhaite connecter ou un objet conçu pour être connecté.

Tous les jours, de nouveaux objets connectés font leur apparition, dans les magasins d’électronique, sur les sites de crowdsourcing comme Kickstarter ou sur les sites type Make / Arduino / RaspberryPi. Nous en avons cité quelques uns dans un récent article sur ce blog.

Que faut-il pour connecter un objet à l’internet du même nom ? Un identifiant et un mélange de connectivité, de capteurs, d’intelligence (capacité de traitement de l’information – matériel et logiciel), d’énergie et une interface entre l’objet et son utilisateur (humain, machine ou autre objet).

L’identifiant doit se situer sur l’objet lui-même. (1) Pour les autres éléments (connectivité, capteurs, intelligence, interface utilisateur, source d’énergie), trois grandes approches sont à étudier – sur l’objet lui-même, dans le cloud, sur notre mobile (ou autres devices connectés de type ordinateur, tablettes,… ) et de nombreuses variations de ces trois approches.

Certains objets complexes comprendront tout cela comme les voitures connectées, d’autres très peu, comme un pack de yaourt (2). Tout dépendra de l’objet, de sa taille, de son coût, de leur possibilité à embarquer de l’énergie et de la connectivité, de la quantité d’information à échanger, de la fréquence de ces échanges, de la distance entre l’objet et son alter-ego communicant.

Si l’objet doit communiquer directement avec nous autres les humains, alors il doit embarquer des capteurs, de l’intelligence, de l’énergie et une interface pour communiquer – par exemple, des leds de couleurs, des générateurs de sons, un affichage alpha-numérique (pour une balance connectée ou un thermomètre), un écran. Plus cette électronique embarquée est sophistiquée, plus les besoins en énergie sont importants et donc plus le coût de développement, d’utilisation et de maintenance (remplacement / recharge des batteries) sera important. Dans le cas de l’énergie, les solutions de type « Energy harvesting« , récupération de l’énergie ambiante pour alimenter certains éléments est une piste potentielle pour des consommation très faibles.

Twelve Monkeys Company

Twelve Monkeys Company

C’est la solution adoptée par le projet de parapluie connectée, projet proposé par la Twelve Monkeys Company sur son blog. L’article donne les instructions et les éléments pour connecter un parapluie avec un circuit électronique, une batterie, une led, un carte SD apportant un accès wifi (pour accéder à un site météo), un peu de programmation, beaucoup de patience et d’huile de coude, le tout pour 40 €.

Si l’objet communique directement avec un ordinateur local (comme le pèse-personne Withings), alors l’interface utilisateur est plus simple, la connectivité est toujours obligatoire (IP, BlueTooth, Wifi, ZigBee, 2G, 3G, 4G, RFID, Sigfox….) ainsi qu’une source d’énergie sur l’objet. L’application peut faire appel au cloud pour son intelligence (traitement et partage des données).

Le smart phone dans nos poches contient une grande partie des éléments nécessaires – l’intelligence, l’interface utilisateur, la connectivité, la géo-localisation et de nombreux capteurs. Si de plus, il est NFC, il est alors capable d’émettre de l’énergie et lire une étiquette NFC identifiant l’objet.

Pour de nombreuses applications, avec une simple étiquette NFC, il est donc possible d’identifier l’objet en approchant son mobile NFC est déclencher une action sur le mobile comme l’affichage d’un site web ou le lancement d’une application spécifique correspondant à cet objet.

mon parapluie me parle

mon parapluie me parle

Dans le cadre de notre exemple de parapluie, la lecture du tag NFC sur le parapluie lance sur le mobile l’application météo géolocalisé. Coût – une étiquette NFC donc l’action sera d’afficher l’application météo. De plus l’application fonctionnera partout où la connectivité 2G/3G sera disponible et pas seulement WiFi (comme dans le cadre du projet précédent), et les informations affichées seront bien plus complètes.

Cette solution est techniquement moins avancée et certainement moins compatible avec l’esprit « Big Bang Theory » que l’exercice pratique d’initiation présenté par le site TwelveMonkeyCompany, mais elle est également beaucoup plus rapide et moins cher à mettre en œuvre et bien plus industrialisable.

Rajoutons, la technologie NFC peut être (et est déjà utilisé) pour échanger des données entre un mobile NFC et un objet électronique comme un compteur de vélo (CatEye) ou un lecteur de glycémie. Ces objets n’ont plus besoin d’interface utilisateur ou de connectivité, simplement une étiquette NFC, qui non seulement assurera l’identification mais la connectivité de proximité pour transférer les données des capteurs embarqués.

Et donc, dans le cadre de la conception d’un objet connecté ou de la connexion d’un objet de la vie quotidienne, il est important de se poser la question – où résidera l’intelligence de l’objet ?

A suivre et bonne rentrée à tous.

Et rendez-vous au Meetup Internet des Objets à Paris le 26 Septembre

Pierre Métivier

  1. Dans certains cas, des solutions à base de reconnaissance d’image, ne nécessitant pas d’identifiant, sont potentiellement envisageables. Cette technologie a fait des progrès considérables mais il sera difficile pour ne pas dire impossible de faire la différence en deux packs de yaourts (2) de marque posés sur une même table, l’un acheté chez Carrefour et l’autre chez Leclerc ou entre deux Twingo bleus dont on ne voit pas la plaque d’immatriculation, par cette méthode, montrant bien, dans tous les cas la nécessité d’un identifiant sur l’objet.
  2. Et oui, les yaourts ont vocation à faire partie de l’internet des objets, n’est ce pas Philippe Gautier 😉
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A propos Pierre Metivier

Responsable pendant 25 ans du développement de produits et services dans plusieurs entreprises d’informatique, de logiciels et de l’Internet (notamment Commodore, Apricot, Borland Intl, CompuServe, AOL) dont cinq ans passés aux Etats-Unis. Spécialiste des services mobiles et objets connectés, il a été délégué général du Forum SMSC et est l’auteur de l’ouvrage de référence « Le mobile NFC, télé-commande de notre quotidien » (2015) ainsi que du Blog « Avec et sans contact ». Il est aujourd’hui expert et enseignant / formateur en gestion des innovations numériques à forte valeur ajoutée utilisateurs à l'EISCI (Mardis de l'Innovation, Club de Paris des Directeurs de l'Innovation).

5 réflexions au sujet de « Internet des objets – où doit résider l’intelligence des objets connectés ? »

  1. Ping : La recette du jour – le cooking hack ou l’objet connecté à toutes les sauces | Avec ou Sans Contact

  2. Ping : Le chainon manquant entre la technologie NFC et l’internet des objets est arrivé. | Avec ou Sans Contact

  3. Dimitri - Livosphere.com

    Question Pierre

    Quelle est la valeur ajoutée d’un code NFC par rapport à un QR Code (avec un identifiant unique imprimé sur le packaging) ?

    Pour ma part, je vois celui de la simplicité, c’est-à-dire d’un côté, je dois lancer une appli et scanner avec un lecteur de QR code qui m’envoie vers le site web ou l’appli du fabricant du produit. Avec le NFC, je n’ai qu’à approcher mon mobile NFC de l’étiquette NFC pour aller vers ce même site.

    Aussi, si on connecte un capteur à l’étiquette NFC, il y a la possibilité de transférer ces données. Connais-tu des entreprises qui travaillent sur cela ?

    Sinon, y-a-t-il d’autres intérêts ?

    Merci
    Dimitri – Fondateur de Livosphere ( http://www.livosphere.com )

    Répondre
  4. Ping : L’internet des objets connectés, plutôt en mode lapin Duracell que Nabaztag | Avec ou Sans Contact

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