La recette du jour – le cooking hack ou l’objet connecté à toutes les sauces

Connected comb

Connected comb

Une rubrique nouvelle dans ce blog, la recette de cuisine, sujet trop longtemps négligé comme vous être nombreux à nous le signaler et voici donc la première, sous le nom évocateur de « cooking hack » bien sûr. La recette est destinée à toute personne souhaitant se lancer dans le développement d’objets connectés et elle est à la portée de tous.

  • Prendre un objet, n’importe lequel, c’est l’ingrédient le moins important de la recette même si nous verrons par la suite que c’est une de ses difficultés.
  • Lui trouver un nom cOOl tout en évitant les deux OO justement, trop « has been », « déjà voo » et pas assez « wow ».
  • Ajouter quelques uns de ces mots : connecté, smart, e-textile ou smart textile, wearable, capteurs ou sensors, quantified self, open-source, collaboratif, Raspberry Pi, Arduino, Wifi, Bluetooth, une pincée d’API et si vous en avez mais c’est plus difficile à placer, un zeste de MOOC  et de 3D printing. Les deux premiers – smart et connecté sont indispensables.
  • Bien mélanger tous les ingrédients.
  • Prendre une photo du proto avec une photo de smartphone affichant une courbe quelconque.
  • Ne pas perdre de temps sur un modèle financier, inutile pour la recette.
  • Mettre à mijoter plusieurs semaines sur un site de crowdfunding.
  • Pendant ce temps, créer les comptes Twitter et surtout Facebook.
  • Ajouter le terme « révolutionnaire » et 3.0 voire 4.0
  • Server sur les réseaux sociaux et dans les e-salons parisiens et siliconvallesques, à toutes les sauces bien sûr.

Et votre projet deviendra un produit star de type « warholien » (1) jusqu’au produit branché (c’est à dire connecté) suivant.

Appliquons la recette sur un quelconque objet.

Des brosses à dent, oops, déjà fait. Une fourchette, aussi, des pèses-personnes, une bouteille, des lunettes, des bracelets, une ampoule, une lampe, des colliers pour chiens et chats, des chaussures, un ballon de foot, une raquette de tennis, des montres, des chaussettes, des couches-culottes, des t-shirt, des ours en peluche, une boite de pilule, des sous-vêtements « vibrants » et des sex toys, un parapluie, un pot de fleur, itou. Pas si facile que cela de trouver un nouvel objet à connecter pour notre recette.

Un peigne ? Pas encore je crois (2), dépêchons-nous avant que l’idée ne soit reprise.

Big data et connected comb

Big data et connected comb

Un peigne donc, que nous allons connecter et rendre intelligent grâce à notre recette. Nom du projet, « Connected comb« , nom de code « Hairy Potter« . Grâce à des capteurs intégrés aux dents du peigne, il compte vos cheveux quand vous les peignez, analyse le taux de pellicule, twitte le résultat à vos amis, vous dessine de jolies courbes sur l’évolution du nombre de vos cheveux et leur grassitude,  vous recommande le shampoing adapté (possibilité d’accords commerciaux avec les fabricants de cosmétique), vous rappelle quand les laver (très utile pour certains), les couper (accord possible avec les capilliculteurs), vous indique quand la douche risque d’être bouchée suite à la chute inévitable de nos cheveux (grâce à un capteur en option). La revente des données se fera mais c’est secret, il suffira de changer discrètement les conditions d’utilisation (d’autres l’ont fait récemment) ce qui permettra aux fabricants de produits cosmétiques de cibler au plus près leurs productions. Une difficulté pour le design – où placer le circuit Arduino Uno utilisé (voir la photo), les capteurs, la batterie et la prise USB sur un objet aussi petit mais nous faisons confiance à nos ingénieurs.

Il existe un marché considérable pour notre peigne connecté d’autant plus qu’un peigne même smart ne se prête pas et donc chacun doit acheter le sien. Les versions moustache et brosse ainsi que les versions pour animaux domestiques et des kits famille suivront bientôt. Le risque, le seul que nous ayons recensé, est que les Google Glasses soient équipées de capteurs intégrés aux branches, comptant également les cheveux sur les cotés et extrapolant les mêmes données par algorithme.

***

Ce petit billet d’humeur sans prétention a pour but de rappeler que dans le monde de l’internet des objets et des objets qui s’y connectent, un univers où les idées foisonnent et les projets se multiplient, il y aura beaucoup d’appelés et peu d’élus. Ce monde ressemble à celui de la bulle Internet des années 2000 où il était « facile » de financer de nombreux services, disparus depuis pour la plupart. Nombre de ces objets, sans réel valeur d’usage pour les utilisateurs, auront du mal à dépasser le stade de gadgets sympathiques, un fois l’effet de surprise passé et et le premier changement de batterie comme l’a souligné Rafi Haladjian dans une conférence récente, « la batterie c’est la mort des objets connectés« .  Et d’ailleurs, les premiers échecs apparaissent comme ce projet d’ours en peluche dont la campagne de financement participatif a été annulée. Rappelons également qu’il n’est pas nécessaire d’intégrer de l’électronique, de la connectivité, du code, de l’énergie dans chaque objet. Pour certains d’entre eux, un simple tag NFC peut suffire à le connecter via un smartphone à notre internet des objets en pleine expansion.

Il n’y a aucun doute que de nombreux objets (plus ou moins) connectés verront le jour dans les prochaines années et feront partie de notre environnement et ce blog le rappelle régulièrement mais sachons raison gardée. Comme toujours et heureusement, ce seront les consommateurs qui feront le succès (ou pas) de tous ces objets connectés.

A suivre.

Pierre Métivier

Pour aller plus loin

Note personnelle – l’auteur de ce blog participe au financement participatif de deux projets connectés – le NFC Ring de John McLear et le Be-Wall de Fundatrix et utilise depuis trois ans une balance connectée Withings (qui fait de jolies courbes surtout quand elles descendent), un GPS de vélo également connecté (y compris cardio pour afficher les battements de son cœur sur Internet) de Garmin sans oublier son célèbre parapluie connecté 🙂

  1. En 1969, Andy Warhol a déclaré : « Dans le futur, chacun aura droit à 15 minutes de célébrité mondiale. »
  2. Le « smart comb » existe mais il n’est pas connecté. Et il important de préciser que notre projet n’a aucune relation avec la notion mathématique de « comb space » même si coté marketing pour geek, nous y travaillons. Sheldon expliquant la théorie mathématique dans un épisode de « Big Bang Theory » tout en se peignant avec notre « connected comb », ça aurait de la gueule, non ? :-).
  3. MAJ 31 octobre – ci joint un article appelé Health Internet of things, un terme décrivant le quantified self il y a deux ans et demi et un « peigne intelligent » y est décrit !!!  Etonnant.
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A propos Pierre Metivier

Responsable pendant 25 ans du développement de produits et services dans plusieurs entreprises d’informatique, de logiciels et de l’Internet (notamment Commodore, Apricot, Borland Intl, CompuServe, AOL) dont cinq ans passés aux Etats-Unis. Spécialiste des services mobiles et objets connectés, il a été délégué général du Forum SMSC et est l’auteur de l’ouvrage de référence « Le mobile NFC, télé-commande de notre quotidien » (2015) ainsi que du Blog « Avec et sans contact ». Il est aujourd’hui expert et enseignant / formateur en gestion des innovations numériques à forte valeur ajoutée utilisateurs à l'EISCI (Mardis de l'Innovation, Club de Paris des Directeurs de l'Innovation).

6 réflexions au sujet de « La recette du jour – le cooking hack ou l’objet connecté à toutes les sauces »

    1. Pierre Metivier Auteur de l’article

      Bonjour Antoine,
      je viens de regarder la vidéo. Effectivement bonne humeur partagée par la salle pour présenter le sujet des objets connectés et belle brochette d’objets connectés . Attention au stress mais heureusement vous avez le tensiomètre.

      Ceci dit, ce serait intéressant de faire le compte du coût de tous ces objets accumulés (et le nombre de piles nécessaires), sans compter le véhicule break pour les transporter comme vous le signalez 😉

      Merci de votre visite.
      Pierre

      Répondre
  1. Dimitri - Livosphere.com

    Très bon article Pierre, d’autant que tout est connectable aujourd’hui (cf Pub Levi’s http://bit.ly/Livo_guitare_Gibson) même une Gibson de 1956. La question est So What ? 

    Prenons l’exemple que tu cites en premier : Kolibree et la Plover, leur brosse à dents connectée. Ils peuvent essayer de la vendre à tout le monde en hypermarché et sur leur site web au prix de 150€. Ça sera, je pense, très difficile pour eux d’en vendre beaucoup (le marché total de brosses à dents électriques doit dépasser plusieurs millions d’unités par an en France mais cela doit être nettement plus réduit pour des brosses dépassant les 100 euros, leur prix varie en général de 20 à 50 euros avec des très haut de gamme proche de 100 euros). 

    Autre stratégie, se concentrer sur un usage et une cible :  les parents d’ enfants qui apprennent à se brosser les dents et/ou ne veulent pas se brosser les dents. La promesse : faciliter la vie des parents qui s’échinent à ce que leurs enfants se brossent les dents. Vous répondez à deux besoins :  rendre le brossage ludique afin de donner envie aux enfants de se brosser et aider les enfants à bien se brosser les dents en leur donnant des conseils sous forme de jeu par exemple. Pour le Go To Market, vous visez les pharmacies et monter un partenariat avec des dentistes voire même l’Association Dentaire Française qui représente les dentistes afin qu’ils deviennent prescripteurs. Vous faites en sorte que votre produit vous coûte un prix suffisamment bas pour pouvoir le vendre à moins de 50 € quitte à réduire ses fonctionnalités les plus chères et les moins utiles. Et là, vous avez peut-être plus de chances de booster vos ventes. Je ne connais pas la stratégie de Kolibree mais je vais les suivre avec attention. 

    Pour notre part, c’est l’approche que nous adoptons chez Livosphere. Partir des usages, du modèle économique avant de créer l’objet connecté et pas l’inverse. 

    Dimitri, Fondateur de Livosphere – www.livosphere.com

    Répondre
    1. Pierre Metivier Auteur de l’article

      Merci Dimitri pour ce long commentaire. Deux approches pour les objets connectés – une approche business / usage / modèle économique que tu défends avec justesse avec Livosphere et une autre plus Make, Arduino, DIY, RaspberryPi… on connecte pour le plaisir de connecter et on verra ensuite, cette deuxième version que je présente dans ce post.

      Il faut certainement un peu des deux – un grain de folie, qui génère de temps en temps une pépite, et puis savoir exécuter ensuite, industrialiser.

      Bonne chance à toi et à Livosphere.

      Pierre

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  2. Resslen

    Bonjour à tous,
    Actuellement étudiants à l’Iseg Business Bordeaux, nous organisons une semaine événementielle sur le thème de l’entrepreneuriat. Une de nos conférences concernera les objets connectés, nous cherchons donc des entrepreneurs dans ce secteur très innovant. Est ce que vous connaissez des start-ups (de préférence localisées dans la région bordelaise) spécialisées dans ce secteur ?
    Merci.
    Bonne Journée !

    Franck Resslen

    Répondre
  3. objet connecté addict

    Bon, je dois dire que ce la m’a bien plus, mais il manque quelque chose la tombe connectée 🙂 et oui il fallait l’inventée mais j’en parle dans mon derniers articles sur objetconnecte.net

    j’ai voulu créer le stérilet connectée… mais bon sans succès…

    merci pour ce billet.

    Répondre

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