Archives mensuelles : janvier 2014

Bienvenue à bord du « NFC Enterprise », les bureaux « Nouvelle Génération »

NFC Enterprise

NFC Enterprise

Pour le grand public et les médias 1.0 et 2.0, le NFC est principalement synonyme de paiement sans contact, parfois également de transport. (Première parenthèse dans ce billet qui intervient bien tôt me direz vous et vous aurez raison… sur le sujet du paiement sans contact, n’hésitez pas (ré)écouter la chronique de Jérôme Colombain sur France Info de la semaine dernière qui explique clairement les enjeux liés au paiement mobile de proximité. Fin de cette parenthèse). Mais si vous êtes un lecteur (plus ou moins) régulier de ce blog, vous savez que par delà le paiement, le NFC peut être utilisée dans de nombreux domaines applications, dans le transport, la ville, le tourisme, l’électronique grand public et bien d’autres.

L’exemple du jour sera l’utilisation en entreprise. Deux sociétés françaises, SFR et Gemalto, se sont lancées à grande échelle. Deux visites en images (*)

SFR Campus

SFR Campus

SFR a profité du développement d’un nouveau Campus près du Stade de France pour équiper le bâtiment de services mobiles sans contact. Près de 25 000 étiquettes NFC (doublées de code 2D) et de nombreux lecteurs ont ainsi été installés. La vidéo ci-dessous présente sans complaisance les différents services disponibles – accès (que ce soit dans le bâtiment principal ou les salles de réunion), contrôles des équipements de type store, chauffage/clim, projecteur … , impression sécurisée sur n’importe quelle imprimante, signalisation en temps-réel d’incidents partout dans le bâtiment, paiement cafétéria… le tout avec son mobile NFC.

De même, Gemalto a équipé trois sites avec des services similaires. En test pour l’instant, l’installation va un cran plus loin dans le sens où elle ne prévoit pas, contrairement au déploiement SFR, de code 2D comme solution de repli (pour une partie des services) pour les employés ne possédant pas de mobile NFC. Tout passe par le mobile NFC.

Coté technologie, deux des trois modes du NFC sont mis en valeur – l’émulation de carte pour tous les services liés à l’identification et l’accès (accès à l’entreprise, aux salles de réunions, aux imprimantes, au paiement) et puis la lecture de tag permettant de se localiser, volontairement, dans n’importe quel endroit de l’entreprise pour accéder aux services disponibles ou signaler un incident ou un manque de fournitures, le tout enrobé dans une application.

Vous me direz (et de nouveau, vous aurez raison), que ces deux sociétés ont bien sûr plus de facilités à se lancer que d’autres en tant qu’acteurs du sans contact. Et effectivement, ces deux projets sont des vitrines de leur savoir-faire mais c’est plus que cela. Au-delà de cette mise en lumière, ce sont des services bien réels, disponibles et réplicables dans de nombreuses sociétés avec de nombreux avantages à la fois pour tous les employés et les services administratifs des sociétés, en terme de gain de temps et de gestion globale du bâtiment.

NFC in action

NFC in action

Que retenir de ces deux déploiements grandeur nature ? L’expérience utilisateur devient globale, basée sur une application multi-services permise par l’utilisation de la technologie NFC, intégrant accès, services information, contrôle de l’environnement, paiement, … Une seule télécommande, notre mobile, pour réaliser une des promesses de la technologie NFC, une interaction volontaire avec notre environnement, dans le cas présent, notre environnement de travail. Cette promesse, maintenant réelle en entreprise dans ces deux exemples, est en cours de développement dans le commerce (paiement, fidélité, couponning, information produit type origine ou allergènes), la ville (information citoyen, transport, accès équipement sportif, crèche,… ) ou le transport (achat billet, validation transport, information voyageur, information live des trains ou bus). Ce sont des expériences permises grâce aux deux modes complémentaires du NFC ; le mode émulation de carte (identification et toutes les applications liées) et la lecture de tag ne nécessitant pas de batterie  (pour tous les services de type lecture information / géolocalisation interne). Une seule technologie pour concevoir une expérience utilisateur complète et unique.

Nous n’en sommes clairement qu’au début du voyage du « NFC Enterprise« .

« To boldly go where no man has gone before » mais où nous irons bientôt tous ensemble.

A suivre.

Pierre Métivier

(*) L’auteur de ce blog a visité le nouveau Campus de SFR mais pas (encore) les bâtiments de Gemalto.

Pour aller plus loin

L’internet des objets connectés, plutôt en mode lapin Duracell que Nabaztag

Lapins associés dans l'internet des objets

Lapins associés dans l’internet des objets

Les objets connectés et/ou intelligents ont été les vedettes du CES 2014 ; des objets aussi variés que brosses à dent, fourchettes, bracelets, lunettes, assistant de plantes vertes, montres, drones, piluliers, chaussures, thermostats (à 3,2 Md$), …. La liste s’allonge tous les jours. Pour la plupart, ce sont des objets créés spécifiquement et non des objets existants sur lesquels on a ajouté intelligence et connectivité, marché souvent oublié, nous y reviendrons dans un prochain billet.

Tous ces nouveaux objets ont des points communs, souvent décrits dans ce blog – un ou plusieurs capteurs, de l’intelligence c’est-à-dire une capacité de traitement de l’information et donc de l’électronique, de la connectivité (sous diverses formes) pour échanger avec le mobile du consommateur ou l’internet, un « emballage » qui donne sa forme à l’objet (avec ou non une interface utilisateur, de la simple LED à un ensemble écran/clavier complet) et un dernier élément dont on parle moins souvent – une source d’énergie embarquée, le tout dans un design le plus souvent très soigné.

Piles de toutes sortes ou batteries rechargeables intégrées sont donc présentes dans ces objets ce qui a de nombreuses conséquences en terme d’autonomie, d’expérience utilisateur (recharge/changement de pile), de design, de coût et d’impact sur l’environnement. On va trouver :

  • des batteries intégrées rechargeables mais qui nécessitent une connectivité pour être rechargées et donc un port type USB / connecteur sur l’objet ce qui rend souvent l’objet moins cool et plus cher à la conception, mais plus économique à l’usage.
  • des piles de toutes sortes suivant la taille de l’objet, de la pile bouton aux piles bâton, solution de facilité permettant un design plus lisse (sans connecteur pour la recharge) mais avec des impacts sur le coût d’utilisation et l’environnement plutôt négatifs.
  • et même une batterie jetable. Le Metria IH1, un capteur santé sous forme de patch jetable fonctionne une semaine et se jette ensuite, y compris donc sa batterie ce qui pose de réels problèmes environnementaux si la collecte après usage n’est pas organisée ET suivie correctement.

L’autonomie ensuite est bien sûr très variable suivant les types d’objets, la fréquence d’utilisation des capteurs ou la connectivité utilisée. Elle peut aller de moins d’une journée pour les différents bracelets et montres intelligentes (ce qui obligent de les connecter quotidiennement) à 6 mois annoncés pour le Parrot Flower Power. Les valeurs théoriques affichées par les sociétés sont bien sûr à prendre avec des pincettes, comme les consommations annoncées par les constructeurs de voitures ou l’autonomie de nos mobiles, nous en avons tous fait l’expérience 😉

Piles pour objets connectés

Piles pour objets connectés

On nous annonce 50 milliard d’objets connectés en 2020 sans trop savoir ce que ces chiffres comportent mais clairement, ce sont des centaines de millions d’objets qui vont nécessiter des changements de piles avec toutes les conséquences potentielles sur l’environnement.

Y a-t-il des solutions ? Nous vous proposons trois pistes.

  • Le rechargement par induction type le « smart bowl » d’Intel, une piste intéressante avec un coût bien sûr dans le concept de l’objet lui-même pour accepter ce type de chargement. Cela permet de créer des objets utilisant des batteries intégrées sans connecteur extérieur. Dans le cas des mobiles Nokia, société pionnière sur le sujet, c’est à travers une coque adaptée que ce chargement est accepté. Son succès dépendra de la capacité aux industriels de créer des standards commun à travers le Wireless Power Consortium.
  • La récolte d’énergie, en particulier les radiofréquences mais aussi le soleil ou notre propre mouvement , sous le terme « energy harvesting« , est aussi très intéressante lorsque l’objet nécessite de petites quantités d’énergie et la recherche en ce domaine se développe rapidement.
  • Carte UV NFC (c) Seibersdorf

    Carte UV NFC (c) Seibersdorf

    La suppression de la source d’énergie sur l’objet– une solution radicale mais possible pour un grand nombre d’objets, en déportant une partie des fonctions nécessaires au « smart objet » sur le mobile, en liant l’objet au mobile par connectivité NFC, la seule technologie radio fréquence permettant à l’un des objets d’alimenter l’autre. Globalement, cela permet de réduire le nombre de piles qui seront nécessaires au développement de l’internet des objets ET cela fait baisser le coût de ces objets en déplaçant une grande partie des éléments nécessaires au fonctionnement de l’objet sur le mobile, qui possède déjà de nombreux capteurs, de l’énergie, de l’intelligence, de la connectivité et une interface utilisateur. Et cette méthode permet de lire et transmettre les données d’un capteur comme cet  exemple (en image) de carte UV. Dans un contexte différent, GrDF a intégré le NFC dans les futurs compteurs intelligents Gazpar pour la mise à jour des compteurs pour cette même raison, ce qui permet un fonctionnement des compteurs sur 20 ans sans changement de pile.

En attendant, tout comme la ruée vers l’or de 1848 a surtout profité aux fabricants de pelles, de tentes et de pantalons de travail, les futurs blue-jeans, la ruée vers fabricants de piles. Et un petit cadeau pour terminer, l’étonnante pub Duracell Star Wars !

Etonnant, non ? A suivre !

Pierre Métivier

PS. A cette liste d’objet nécessitant des piles/batteries, on peut ajouter toutes les balises / beacons / ibeacons à venir, dont la durée de vie avant changement de pile est annoncée à deux ans (source Estimote) mais cela dépendra probablement également de l’utilisation, du trafic, de l’environnement dans lequel sont placés les beacons.

Pour aller plus loin

Objet connecté spécial CES 2014 : un drone pour arroser ses plantes d’intérieur

Arrosage des plantes d'intérieur par drone

Arrosage des plantes d’intérieur par drone

Le CES 2014 de Las Vegas se termine. Beaucoup a été dit et écrit sur tous les nouveaux objets connectés, les vrais stars de cette édition. Pour ceux qui nous font l’honneur de suivre ce blog, vous savez que nous sommes plutôt nuancés sur l’intérêt réel d’un grand nombre de ces objets, qui sont plus de l’ordre du gadget que des services réellement utiles et qui pour certains seront remis au placard au premier voire deuxième changement de pile. L’internet des objets, tels que nous l’imaginons, est bien plus qu’une collection de gadgets connectées achetés par les bobos de la Silicon Valley ou des beaux quartiers parisiens en mal de cadeaux de Noël (1).

Ceci étant dit, en chacun de nous, y compris l’auteur de ce billet, sommeille un geek et en découvrant les différents objets présentés à Las Vegas, nous vous proposons un projet de geekitude extrême (avant le prochain également proposé plus loin) : l’arrosage automatique de plantes d’intérieur par drone. (2)

Il suffit de prendre un drone, l’AR.Drone 2.0 de chez Parrot par exemple (3), vous lui installez une petite nacelle avec un réservoir d’eau dont l’ouverture est actionnable à distance. Vous prenez un / plusieurs capteurs d’humidité connectés spécial plantes comme le Parrot Flower Power (3) que vous disposez dans vos plantes d’intérieur. Il n’y a « plus qu’à » lier les deux, c’est à dire, par probablement un ensemble logiciel / matériel Arduino / RaspberryPi / Galileo, potentiellement un peu de géolocalisation d’intérieur à base de BLE, un peu d’analyse d’images en temps réel, automatiser l’arrosage des plantes. Au programme – décollage du drone lorsque les capteurs d’humidité de la plante l’auront décidé, vol au-dessus des plantes et largage de l’eau, le tout donc automatisé sans intervention de l’homme. Dans une première version, on remplira le réservoir d’eau manuellement. Pour la v2, le remplissage s’effectuera au-dessus d’un évier ou d’une baignoire remplie. En V3, à l’aide d’un robinet d’eau également connecté à ouverture et fermeture motorisé, on complètera l’automatisation du dispositif.

Poisson rouge dans un bocal WIDMANN/TPH/SIPA

Poisson rouge dans un bocal WIDMANN/TPH/SIPA

On peut décliner et imaginer également l’automatisation de l’alimentation des poissons rouges par largage au-dessus de l’aquarium lorsque le Parrot Gold Fish Power (que nous espérons dans la roadmap produits de Parrot, complément indispensable de la version plante verte) sera enfin disponible.

Nous aurions donc une sorte de « Canadair » d’intérieur automatique, totalement inutile et donc complètement indispensable. Ce pourrait être réalisé dans le cadre d’un projet « Make », d’un PPE (projet pluri-technique encadré) de Terminal SSI, d’école ingénieurs, dans un concours d’application à la BeMyApp voire un concept de la société Parrot elle-même sur le modèle des « concept cars » de l’industrie automobile.

Enfin, avec une telle démo, il est clair que ce projet pourrait faire la séquence d’ouverture d’un épisode de « Big Bang Theory » ™.

Alors, qui sera le premier à réaliser cet exercice de style connecté ? En attendant, n’oubliez pas d’arroser vos plantes.

A suivre.

Pierre Métivier

Notes

  1. Comme signalé en note de bas de page d’un autre article, l’auteur de ce billet possède et utilise quelques objets connectés de chez Withings (pèse personne) et Garmin (ordinateur de vélo, GPS, cardio), plus participe au financement participatif de deux projets connectés. Je m’intègre donc bien volontiers à la cible moquée #autoderision
  2. Peut-être que le concept existe déjà mais nos recherches sur le web n’ont pas trouvé un tel système. Il existe des projets sérieux de drones bombardier d’eau comme celui-ci mais nous n’avons pas localisé de projet « indoor ».
  3. Il existe d’autres drones et d’autres capteurs d’humidité spécial plantes sur le marché mais il nous semble que l’écosystème Parrot soit le plus adapté à ce projet, ayant les deux objets indispensables au catalogue.

Pour aller plus loin