L’internet des objets connectés, plutôt en mode lapin Duracell que Nabaztag

Lapins associés dans l'internet des objets

Lapins associés dans l’internet des objets

Les objets connectés et/ou intelligents ont été les vedettes du CES 2014 ; des objets aussi variés que brosses à dent, fourchettes, bracelets, lunettes, assistant de plantes vertes, montres, drones, piluliers, chaussures, thermostats (à 3,2 Md$), …. La liste s’allonge tous les jours. Pour la plupart, ce sont des objets créés spécifiquement et non des objets existants sur lesquels on a ajouté intelligence et connectivité, marché souvent oublié, nous y reviendrons dans un prochain billet.

Tous ces nouveaux objets ont des points communs, souvent décrits dans ce blog – un ou plusieurs capteurs, de l’intelligence c’est-à-dire une capacité de traitement de l’information et donc de l’électronique, de la connectivité (sous diverses formes) pour échanger avec le mobile du consommateur ou l’internet, un « emballage » qui donne sa forme à l’objet (avec ou non une interface utilisateur, de la simple LED à un ensemble écran/clavier complet) et un dernier élément dont on parle moins souvent – une source d’énergie embarquée, le tout dans un design le plus souvent très soigné.

Piles de toutes sortes ou batteries rechargeables intégrées sont donc présentes dans ces objets ce qui a de nombreuses conséquences en terme d’autonomie, d’expérience utilisateur (recharge/changement de pile), de design, de coût et d’impact sur l’environnement. On va trouver :

  • des batteries intégrées rechargeables mais qui nécessitent une connectivité pour être rechargées et donc un port type USB / connecteur sur l’objet ce qui rend souvent l’objet moins cool et plus cher à la conception, mais plus économique à l’usage.
  • des piles de toutes sortes suivant la taille de l’objet, de la pile bouton aux piles bâton, solution de facilité permettant un design plus lisse (sans connecteur pour la recharge) mais avec des impacts sur le coût d’utilisation et l’environnement plutôt négatifs.
  • et même une batterie jetable. Le Metria IH1, un capteur santé sous forme de patch jetable fonctionne une semaine et se jette ensuite, y compris donc sa batterie ce qui pose de réels problèmes environnementaux si la collecte après usage n’est pas organisée ET suivie correctement.

L’autonomie ensuite est bien sûr très variable suivant les types d’objets, la fréquence d’utilisation des capteurs ou la connectivité utilisée. Elle peut aller de moins d’une journée pour les différents bracelets et montres intelligentes (ce qui obligent de les connecter quotidiennement) à 6 mois annoncés pour le Parrot Flower Power. Les valeurs théoriques affichées par les sociétés sont bien sûr à prendre avec des pincettes, comme les consommations annoncées par les constructeurs de voitures ou l’autonomie de nos mobiles, nous en avons tous fait l’expérience 😉

Piles pour objets connectés

Piles pour objets connectés

On nous annonce 50 milliard d’objets connectés en 2020 sans trop savoir ce que ces chiffres comportent mais clairement, ce sont des centaines de millions d’objets qui vont nécessiter des changements de piles avec toutes les conséquences potentielles sur l’environnement.

Y a-t-il des solutions ? Nous vous proposons trois pistes.

  • Le rechargement par induction type le « smart bowl » d’Intel, une piste intéressante avec un coût bien sûr dans le concept de l’objet lui-même pour accepter ce type de chargement. Cela permet de créer des objets utilisant des batteries intégrées sans connecteur extérieur. Dans le cas des mobiles Nokia, société pionnière sur le sujet, c’est à travers une coque adaptée que ce chargement est accepté. Son succès dépendra de la capacité aux industriels de créer des standards commun à travers le Wireless Power Consortium.
  • La récolte d’énergie, en particulier les radiofréquences mais aussi le soleil ou notre propre mouvement , sous le terme « energy harvesting« , est aussi très intéressante lorsque l’objet nécessite de petites quantités d’énergie et la recherche en ce domaine se développe rapidement.
  • Carte UV NFC (c) Seibersdorf

    Carte UV NFC (c) Seibersdorf

    La suppression de la source d’énergie sur l’objet– une solution radicale mais possible pour un grand nombre d’objets, en déportant une partie des fonctions nécessaires au « smart objet » sur le mobile, en liant l’objet au mobile par connectivité NFC, la seule technologie radio fréquence permettant à l’un des objets d’alimenter l’autre. Globalement, cela permet de réduire le nombre de piles qui seront nécessaires au développement de l’internet des objets ET cela fait baisser le coût de ces objets en déplaçant une grande partie des éléments nécessaires au fonctionnement de l’objet sur le mobile, qui possède déjà de nombreux capteurs, de l’énergie, de l’intelligence, de la connectivité et une interface utilisateur. Et cette méthode permet de lire et transmettre les données d’un capteur comme cet  exemple (en image) de carte UV. Dans un contexte différent, GrDF a intégré le NFC dans les futurs compteurs intelligents Gazpar pour la mise à jour des compteurs pour cette même raison, ce qui permet un fonctionnement des compteurs sur 20 ans sans changement de pile.

En attendant, tout comme la ruée vers l’or de 1848 a surtout profité aux fabricants de pelles, de tentes et de pantalons de travail, les futurs blue-jeans, la ruée vers fabricants de piles. Et un petit cadeau pour terminer, l’étonnante pub Duracell Star Wars !

Etonnant, non ? A suivre !

Pierre Métivier

PS. A cette liste d’objet nécessitant des piles/batteries, on peut ajouter toutes les balises / beacons / ibeacons à venir, dont la durée de vie avant changement de pile est annoncée à deux ans (source Estimote) mais cela dépendra probablement également de l’utilisation, du trafic, de l’environnement dans lequel sont placés les beacons.

Pour aller plus loin

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A propos Pierre Metivier

Responsable pendant 25 ans du développement de produits et services dans plusieurs entreprises d’informatique, de logiciels et de l’Internet (notamment Commodore, Apricot, Borland Intl, CompuServe, AOL) dont cinq ans passés aux Etats-Unis. Spécialiste des services mobiles et objets connectés, il a été délégué général du Forum SMSC et est l’auteur de l’ouvrage de référence « Le mobile NFC, télé-commande de notre quotidien » (2015) ainsi que du Blog « Avec et sans contact ». Il est aujourd’hui expert et enseignant / formateur en gestion des innovations numériques à forte valeur ajoutée utilisateurs à l'EISCI (Mardis de l'Innovation, Club de Paris des Directeurs de l'Innovation).

2 réflexions au sujet de « L’internet des objets connectés, plutôt en mode lapin Duracell que Nabaztag »

  1. mickael

    Bonjour et merci pour cet article.
    Je ne connaissais pas ce nouveau mode de consommation que l’on appelle les objets « intelligents » et qu’on utilisait des piles un peu spécial. Ma connaissance s’arrêtait juste au pile alcaline ou pile bouton .

    Répondre
  2. rollandmelet

    Merci pierre pour cette nouvelle réflexion.
    N’est il pas possible d’envisager la problématique de l’alimentation électriques sous un autre angle que les 3 pistes proposées?
    Je crois que l’on pourrait faire un distinguo entre 2 cas: Mobilité et site existant VS Objet Statique et site neuf.
    Dans le premier cas, mobilité et site existant, il est clair que le NFC semble être la piste la plus avantageuse, d’autant qu’il semble que sa zone d’influence puisse être étendu.
    En revanche dans le deuxième cas ne peut on pas considérer que ces objets sont une extension de la domotique, et que tous les capteusr et autre balises finiront bien par être alimentés par le réseau courant faible du site? Dans ce cas l’usage de la pile n’est peut être que transitoire?

    Répondre

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