Archives mensuelles : mars 2014

La RFID à l’épreuve de l’innovation responsable, une conférence-débat à Telecom Paritech

La RFID à l’épreuve de l’innovation responsable

La RFID à l’épreuve de l’innovation responsable

« La RFID à l’épreuve de l’innovation responsable » était le titre d’une conférence autour de la technologie RFID et de ses conséquences sur la santé, la vie privée et l’environnement organisée par l’Observatoire pour l’innovation responsable le 14 Mars 2014 dans les locaux de Telecom ParisTech

Le programme indique ‘Une journée de conférences et tables rondes pour réfléchir collectivement et proposer des pistes d’orientation. Des objets et environnements communicants (capteurs, étiquettes électroniques, lecteurs, réseaux intelligents,…) sont aujourd’hui de plus en plus développés avec la traçabilité en ligne de mire : donner accès à une information sur tout et partout pour identifier, authentifier, localiser, tracer des objets ou des personnes, automatiser ou sécuriser des processus et, très récemment, modéliser des comportements et faire des prédictions statistiques. Les réflexions sur la traçabilité numérique, l’internet des objets, la communication M2M, se multiplient, les salons et conférences aussi. Force est cependant de constater qu’ils abordent pour l’essentiel des hypothèses économiques et techniques, sans prendre le recul nécessaire sur les implications sociétales de cette nouvelle vague technologique.

L’identification par radiofréquences (RFID, Radio-Frequency IDentification) est un système technologique particulièrement exemplaire qui fait déjà partie de notre quotidien (télépéage, transports en commun, à la bibliothèque, à l’hôpital, sur les animaux, les arbres, les vêtements, etc.). Son déploiement à large échelle occupe aujourd’hui une place de choix dans les agendas politiques et industriels, et fait l’objet d’un débat public en construction. En effet, son objectif de traçabilité et son fonctionnement par radiofréquences placent ce complexe technologique au cœur de controverses socio-politiques et scientifiques émergentes, relatives à certains risques majeurs : atteinte à la vie privée, effets, sanitaires, impact environnemental. Une approche réflexive devient nécessaire afin d’identifier les exigences et les opportunités pour une innovation responsable dans ce domaine.

Télécom ParisTech accueille une journée de conférences et débats autour de ces thèmes. Des intervenants politiques et de l’administration publique, des représentants de l’industrie et de la société civile, ainsi que des chercheurs (ingénieurs, médecins, SHS) discuteront des relations entre innovation responsable et RFID. Ils échangeront avec le public pour proposer ensemble des pistes de réflexion et d’orientation pour une responsabilisation de l’innovation dans un domaine technologique aujourd’hui émergent auprès du grand public. La conférence est soutenue par le DIM IS2-IT (Ile-de-France), l’Institut Mines-Télécom et l’ADEME. Elle est organisée par l’Observatoire pour l’innovation responsable, un laboratoire d’idées sur la responsabilité dans l’innovation fondé en 2011 à Mines ParisTech et intégré à l’Institut interdisciplinaire de l’innovation (i3).

Comme souvent, ce compte rendu est un condensé de tweets, de bribes de citations, de liens vers les sites des intervenants, sans toujours le liant / les liens nécessaires. De plus, il comporte des remarques personnelles intégrées en italiques estampillées NDLR ou TDLR – Tweet de la rédaction. Merci de ta mansuétude, cher lecteur.

En introduction, Fabian Muniesa, directeur de l’Observatoire pour l’innovation responsable, a indiqué qu’il n’en existe pas de définition précise, potentiellement une innovation responsable de toutes les conséquences induites par son introduction.

Pierre-Benoît Joly, INRA/SenS

Pierre-Benoît Joly, INRA/SenS

La recherche et l’innovation responsables : un nouveau cadre pour les relations sciences-techniques-sociétés ? le sujet de Pierre-Benoît Joly, directeur de recherche, INRA/SenS ; directeur, IFRIS présente un doc ancien autour dénigrant Libertys, une carte de vie à Grenoble, document destiné à faire peur mais sans fondement, parle des travaux réalisés autour du programme européen FP7 ResAgora  rappelle que l’anglais est plus précis sur le sujet du terme de responsabilité. Notions différentes – Responsabilité vs. Accountability / liability. Le fameux RACI – NDLR. Des requètes sur des bases de données type Scopus à partir des mots clés « Responsible innovation, RRI, Responsib » générent des réponses modestes. Notion de « corporate socio-responsability« , éthique. La « Responsable innovation » devient le sujet d’une communication de groupes comme Monsanto ou Dupont. Anticipation, reflexivity, inclusion, responsiveness. Cite le projet européen « Framework for Responsible Research and Innovation in ICT »  Les débats autour du sujet sont ils utiles/sérieux/biaisés ? Chimie, biologie de synthèse – course à la publication. En France on discute, au UK/US on développe, les chercheurs français s’en vont. Une excellente introduction pour poser le débat.

Laura Draetta, sociologue et Claude Tetelin, CNRFID

Laura Draetta, sociologue et Claude Tetelin, CNRFID

Next, la RFID et ses enjeux sociétaux avec Laura Draetta, sociologue, Télécom ParisTech, et Claude Tetelin, directeur technique, CNRFID

Claude Tetelin nous fait un cours de base /piqure de rappel sur la RFID, rappelle qu’un tag RFID passif n’émet rien seul, pas d’activité sans intérrogateur, plusieurs technos, fréquences, coupage inductif (magnétique) ou propagatif (électromagnétique). La RFID est utilisée dans de nombreux domaines – de l’industrie au grand public. Pourquoi la RFID ? Lecture à distance, sans visibilité, simultanée, très présente dans l’industrie du textile. Parle de paiement sans contact, d’accès, de transport sans cité parler de NFC. Le NFC utiliser la RFID HF, l’une des fréquences de la RFID – NDLR.

Laura Draetta, sociologue, Télécom ParisTech aborde les conséquences sociétales de la RFID. Atouts et faiblesses, « Dans son nom, RFID, « on retrouve les stigmates de l’atteinte à la personne. » Ca commence bien ! TDLR. La RFID est une technologie au centre de la traçabilité, de l’internet des objets et du M2M. La RFID a un avenir controversé, lié à des choix de société ! Dans l’opinion public, les bénéfices de la RFID sont plus pour les exploitants que pour les consommateurs ! Pour le grand public (d’après étude sur corpus presse FR) la RFID est mise dans le même sac que les nanotechnologies. En 2003, Gillette teste le suivi des boites de rasoirs avec des tags RFID Article 01NET et Campagne Boycott Benetton de 2007 , suite utilisation RFID dans vêtements. Des événements qui remontent à 7 et 11 ans et sans suite NDLR  Laura Draetta liste sans complaisance les risques autour de la vie privée, la sécurité, risques sanitaires et écologiques.

RFID et Privacy, les données personnelles à l’ère des « Little Sisters », un débat animé par Michel Alberganti, France Culture

Pierre-Antoine Chardel, professeur, Institut Mines-Télécom, Chaire « Valeurs et politiques des informations personnelles » L’agir moral – Kant et la RFID font ils bon ménage ? Le consumérisme empèche la réflexivité du consommateur – acceptation des innovations numériques sans questionnement, cite le cas des puces dans le bras des VIP d’une boite de nuit. Faudrait un jour qu’on arrête de parler du cas de la boite de nuit en Espagne , épiphénomène d’il y a 10 ans Faire taire les puces, droit à l’effacement des traces. Socio-philosophie de la technique et de l’internet, un texte de Pierre-Antoine Chardel.

Jean-Gabriel Ganascia, professeur d’informatique, Université Pierre-et-Marie-Curie, auteur de Voir et pouvoir : qui nous surveille ? Le Pommier, 2009. Avec les puces, on est suivi en permanence, mettre en balance les aspects positifs et négatifs de la RFID, balance entre vie privée et sécurité. Deleuze, Ouatari sont cités, ce n’est pas surprenant par rapport à l’approche du sujet  et non, on n’est pas  / on ne peut pas être suivi en permanence  avec la RFID ! NDLR

Charlotte Roques-Bonnet de la CNIL nous parle des débuts de réglementation en matière RFID

Olivier Rouxel, DGCIS, rappelle qu’il y a un tissu industriel important dans la RFID en France. Beaucoup de risques imputés aux RFID en terme de privacy ne sont pas spécifiques aux RFID. Nécessité d’une approche équilibrée au sujet. Le protection excessive sous prétexte de la Vie privée ne doit pas être frein au développement des entreprises. Parle de Nest et des projets de Google et du big data. Ce n’est pas spécialement RFID. Parle volontairement du BigMother de Sense. En effect, le vrai sujet n’est pas la RFID, mais le big data. Il faudrait ajouter au débat le BLE, les iBeacon d’Apple, le Wifi, Google et GMail, Facebook, Paypal, Apple … NDLR

Claude Tetelin, CNRFID présente le PIA – privacy impact assesment.  Bilan à ce jour du PIA : 4 démarches et une étude complète. Marie-Charlotte Roques-Bonnet, CNIL pense qu’un scandale liée à une fuite de donnés perso fera bouger les choses. S’en suit un débat habituel sur la sécurité des cartes bancaires sans contact. Rappel – 21 millions de cartes à ce jour, 2 millions de transactions en février 201, aucun cas recensé de vol lié au sans contact, dixit la Banque de France – NDLR.

La RFID à l’épreuve de l’innovation responsable

La RFID à l’épreuve de l’innovation responsable

 

Nicole Dewandre, Commission Européenne

Nicole Dewandre, Commission Européenne

Être humain à l’ère de l’hyperconnectivité,  une présentation de Nicole Dewandre, Commission Européenne, DG CONNECT, GT « The Onlife Initiative ». Tectonic mental shift – Réel/vituel, humain/artefact/nature, Rareté/abondance, Entités/interactions. The sky -> The earth -> The self is the limit – Hyperconnectivité. Savez vous ce qu’est l’objectivité dans cette salle ? dixit Nicole ? Pas sûr vu les débats dixit avec un brin de malice votre serviteur 🙂 L’autre en tant qu’objet, le soi manipulateur. La pluralité – « Le soi que je suis reconnait l’autre comme un autre soi. » Très belle citation de Hannah Arendt. Une présentation proche à celle présentée de Nicole Dewandre sur l’hyperconnectivité.

RFID et Santé, agir face à l’incertitude présentée et animée par Jean-Marc Galan (chercheur, CNRS, Traces, Aligre FM)

Catherine Gouhier, CRIIREM, Centre de Recherche et d’Information Indépendant sur les rayonnements ElectroMagnétiques  et Olivier Merckel, ANSES, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail

Guillaume Sacco, médecin, Centre d’innovation et d’usages en santé, CHU Nice,  cite tous les avantages qu’apportent la RFID dans le milieu hospitalier (traçabilité patient, médicaments), parle de liste à la Prévert des avantages de la RFID, rien sur les patients, plutôt sur les objets.

Danielle Salomon, sociologue, Risques & Intelligence, co-auteure de Agir face aux risques sanitaires, PUF  la première à utiliser le mot « collusion » entre ingénieurs, parle d’antennes mobiles et nanotechnologies, moins à dire sur la RFID – NDLR  Il n’y a pas de pilote, de responsable, de stratégie sur ces sujets. Olivier Merckel, ANSES et  Marie-Charlotte Roques-Bonnet, CNIL apprécieront – NDLR

Claude Tetelin, directeur technique, CNRFID, de retour sur l’impact de la RFID sur la santé et des travaux sur l’exposition avec les industriels en vue de normalisation avec l’AFNOR

Joe Wiart, co-responsable WHIST Lab, labo commun Institut Mines-Télécom et Orange  cite la 20ième journée dédiée aux ondes électromagnétiques organisée par le WHIST LAB, nombreux docs à télécharger

A la question de votre serviteur, demandant des cas concrets de risques réels d’expositions dans le domaine de la RFID citant le 1,2 md d’usagers qui utilisent chaque jour la RFID/NFC dans le cadre du transport (comme la carte Navigo), la seule réponse obtenue du panel est que les seules populations éventuellement à risque seraient (conditionnel), les employés de péages d’autoroute et des employés travaillant près de portiques RFID dans des entrepôts. Collusion ? Risque majeur sur la santé à cause de la RFID ? « Much ado about nothing » pour citer Shakespeare – NDLR

La RFID à l’épreuve de l’innovation responsable

La RFID à l’épreuve de l’innovation responsable

RFID et Environnement, lorsque les tags se compteront par milliards présentée et animée par Cécile Michaut, journaliste.

Alain Anglade, ADEME, Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie, se place au niveau de l’Internet de objets, annonce des consommations énergétique de l’ IOT pour 12 à 50 Mds d’objets connectés en TerraWatt, évoque également des capteurs moins gourmands – deux scenarii différents.

Nathalie Mitton, chargée de recherche, INRIA Lille-Nord Europe, explique avec bon sens comment les cartes sans contact ont un impact positif sur l’environnement (moins de tickets papier) L’Inria travaille sur Descartes, un projet d’antennes RFID papier, réduction d’impact environnemental.

Dominique Paret, consultant RFID, auteur de « Applications en identification radiofréquence, Dunod, 2003 ainsi que le livre de référence sur la technologie NFC  sépare les applications en boucle fermée (ex. bibiothèque fixée sur un livre – réutilisés) ou ouverte (tags jetés à chaque utilisation). Le tag RFID a des applications après la vente (SAV, machine à laver intelligente par exemple, traçabilité / authentification des médicaments).

Pour Etienne Perret, chercheur en électronique, Institut Polytechnique de Grenoble, on peut également imprimer des étiquettes RFID avec de l’encre métallique, moins efficace mais plus économique et propre. Projet « Développement de Tags Chipless RFID THz pour des applications sécurisées ».

Alfred Rosales, directeur général de FEDEREC, groupement industriel du secteur du recyclage et de la valorisation  Les industriels s’intéressent à la récupération des étiquettes RFID dans le textile. La récupération des milliards d’étiquettes anti-vol AES et des étiquettes RFID potentiellement intéressantes. La future étiquette RFID sera en graphène, c’est du carbone, les bactéries aiment le graphène. #ecofriendly.

La RFID à l’épreuve de l’innovation responsable

La RFID à l’épreuve de l’innovation responsable

Jim Dratwa, Commission Européenne

Jim Dratwa, Commission Européenne

Conclusion de Jim Dratwa, Commission Européenne, inter-service group on Ethics and EU Policies  parle « des impensées de cette architectonique particulière », entre Big data, Big brother, Little sisters sans oublier Big Mother. Jim Dratwa parle du couple NSA / Snowden – le lien étant le big data (et pas le RFID). Petit rappel, la NSA n’a pas besoin et n’utilise pas les étiquettes RFID ou les informations de ces étiquettes pour ses actions. NDLR


A coté des aspects technologiques et business des services RFID, il est indispensable d’aborder les aspects sociétaux et tel était le but de ce débat-conférence. Au final, cette conférence a été un succès parce que diversifiée mélangeant donc usage, technologie, philosophie, sociologie avec un brin de mauvaise fois de certains acteurs y compris (bien sûr) dans ce compte-rendu même si il est clair qu’il y a encore des gouffres d’incompréhension entre les différents acteurs.

On peut également regretter l’absence des industriels eux-même, invités d’après l’organisation mais qui n’ont pas souhaité intervenir. Heureusement les représentants du CNRFID, de la DGCIS et de l’INRIA ont apporté leur bon sens et leur connaissance pragmatique du sujet.

A titre personnel, je regrette que le débat se soit porté exclusivement sur la technologie RFID, sujet qui de plus n’avait pas le même sens pour tous les interlocuteurs – à la fois (1) technologie RFID UHF, des étiquettes que l’on trouve dans les vêtements ou dans la logistique, (2)  l’ensemble des technologies sans contact, (3) toutes les technologies comportant des ondes et l’internet des objets. La question ne peut être – est ce que la RFID, dans son acceptation « ensemble de technologies permettant l’échange de données entre un lecteur / interrogateur et une étiquette » est une technologie posant de nombreux problèmes sociétaux ?  La RFID n’est qu’une technologie parmi beaucoup d’autres et d’ailleurs souvent moins intrusive que beaucoup d’autres.  Et donc ne nous trompons pas de débat. La question n’est pas « faut-il contrôler / réguler la technologie RFID ? » mais plus globalement « que deviennent les données générées par tous les objets connectés quelque soient les moyens utilisés pour les connecter  – RFID, Bluetooth en particulier dans sa version Low Energy, les fameux Beacons, le Wifi, sans compter les données partagées des messageries comme GMail ou des réseaux sociaux comme Facebook) et quel contrôle chaque citoyen a de ses propres données ? » C’est tout l’enjeu de nombreux débats publiques à venir et ….

… à suivre.

Pierre Métivier

PS. Le débat a continué sur Radio Aligre le 28 mars dans l’émission de Jean-Marc Galan, Recherche en cours, entre Laura Draetta, l’organisatrice de l’événement et votre serviteur. Nous vous communiquerons le lien vers le podcast aussitôt qu’il sera disponible.

PPS. N’hésitez pas à partager votre point de vue sur ce sujet qui prête à échange et discussions en ajoutant un commentaire à ce billet.

Pour aller plus loin

Une technologie n’est pas bonne ou mauvaise, elle est ce que les hommes en font. Le même stylo peut signer la déclaration des droits de l’homme et une déclaration de guerre, la même molécule va devenir médicament ou poison.

Note perso – Réécrire le sketch de la chauve souris de Bigard version vol d’info carte bancaire sans contact #admettons « J’ai peur de me faire voler les données de ma carte bancaire ».

La RFID à l’épreuve de l’innovation responsable

La RFID à l’épreuve de l’innovation responsable

5th Internet of Things European summit – un compte rendu – 2ème et dernière partie

5th Annual Internet of things European Summit

5th Annual Internet of things European Summit

Après avoir présenté dans un billet récent la 1ère journée de cette conférence européenne sur l’Internet des objets, ce billet, logiquement, résumera la deuxième et dernière journée, consacrée aux liens entre l’internet des objets, le Cloud Computing , les Big Data, les sujets de gouvernance et de normalisation, et enfin les questions de confiance du citoyen et de vie privée.

Session 4 : Cloud Computing, Big Data et Internet des objets

Les nombreuses applications de l’internet des objets génèrent et vont générer de grandes quantités de données. Cet afflux de données exerce une forte pression sur les infrastructures existantes. Le « Cloud Computing » devrait permettre de répondre à la complexité de la connexion des millions d’objets et dispositifs (devices) tout en aidant à la gestion des données, sans oublier la sécurité de ces données voyageant dans les nuages, une session animée par Nigel Cameron, Center for Policy on Emerging Technologies

5th Annual Internet of things European Summit

5th Annual Internet of things European Summit

Le premier intervenant, Thomas Svensson, présente la plateforme ThingWorx  permettant de créer (et de gérer) les applications autour des objets connectés. Intéressant de penser que les deux premiers orateurs de la journée parle du Mobile World Congress de Barcelone, prouvant une fois de plus le lien entre connectivité, mobile/mobilité et l’ internet des objets.

Ensuite Mário Campolargo, Directeur, Net Futures , DG CONNECT, Commission européenne, parle de l’Internet des objets du point de vue de la Commission Européenne et confirme la forte implication de la CE sur le sujet. Avons-nous assez de connectivité, assez de bande passante pour l’internet des objets ? Mario insiste sur le fait qu’il n’y a pas encore (qu’il ne voit pas) de chemin vers la profitabilité / rentabilité. Le blog Digital Agenda.

Gary Butler, CEO, Camgian Microsystems parle de capteurs et big data.  La valeur des données générées par les capteurs et donc de l’internet des objets viendra de l’analyse de ces données.

Attila Narin, Head of Solutions Architecture, Amazon Web Services  Amazon stocke déjà un trillion d’objets, compare le chiffre au nombre d’étoiles dans la galaxie. Cite des exemples : General Electric utilise le nuage pour la gestion de ces plates-forme pour ses éoliennes et ses moteurs d’avion La société Nest, thermostats « intelligents » récemment acquis par Google, a choisi AWS pour sa capacité être « scalable ». The Climate Corporation – weather measurement, l’utilise pour stocker et analyser les informations météo. Comment Amazon, un vendeur de livres, est entré dans le « cloud computing » ? En devant construire pour ses propres besoins des « massive hightly sharable hosting capacities ». Les mots-clés d’Amazon Web Services – Collecter, stocker, analyser et partager. Parlant de l’adoption des Amazon Web Services en Europe «Nous sommes très heureux de la manière dont l’Europe adopte nos technologies » se réjouit Attila. You bet ! Rappelons nous des leçons de la ruée vers l’or en 1848. Les entreprises qui ont fait de l’argent sont ceux qui vendent de l’équipement, des vêtements et des outils, cela s’applique aussi au Cloud et aux big data – NLDR

David Wood, Chair, London Futurists  parle d’un nouvel avenir, pas des « vielles versions surannées ». Il aborde le cloud qui apprendrait seul, comme le fait IBM Watson, parle d’intelligence artificielle, d’informatique cognitive, mixe cloud et big data, pragmatisme et futurisme. Rappelle que comme d’habitude, l’Europe parle des conséquences et implications de l’Internet des objets pendant que les entreprises américaines (Amazon , Camgian , ThingWorks, Cisco) pour celles présentes, le construisent.

«Il est triste qu’il y ait autant de chômage en qu’en même temps, l’Europe manque de personnel qualifié en terme de technicien/informaticien » se lamente un intervenant. Pour l’Europe, il est important de comprendre l’écosystème de l’internet des objets et entrepreneuriat seront clé pour la croissance en ce domaine. »

Session 5 : Gouvernance et normalisation

Selon les résultats de la récente consultation publique de l’UE sur la gouvernance de l’Internet des objets, certaines personnes soutiennent que des normes mondiales sont nécessaires à son développement. Une harmonisation des normes permettrait l’interopérabilité entre les différentes technologies M2M et la résolution de nombreux problèmes actuellement rencontrés par les innovateurs et les prestataires de services. D’autres ne sont pas convaincus que de nouvelles normes spécifiquement dédiés à l’Internet des objets soient nécessaires.

5th Annual Internet of things European Summit

5th Annual Internet of things European Summit

Une table ronde animée par Rob Van Kranenburg, du IOT Council et de Sociotal.eu qui rappelle qu’il est plus facile de voir les gadgets connectés que le grand changement impliqué par la connexion des hommes, des ordinateurs et des objets.

Marylin Arndt, SMART M2M Chair, ETSI, étudie les aspects réseau, pour développer une connectivité abondante et bon marché. SmartM2M et OneM2M. ETSI développe une plate-forme horizontale, une infrastructure M2M d’applications communes, pour la ville intelligente et laisse le soin à l’Europe de fournir des directives en terme de gouvernance. « Sur l’internet des objets nous devrions être des participants et non de simples abonnés » rappelle Marylin.

5th Annual Internet of things European Summit

5th Annual Internet of things European Summit

Peter Friess, IoT Project Officer, DG Connect, Commission européenne parle de normalisation et rappelle le problème d’itinérance / roaming européen. Les travaux de normalisation sont autour de la communication (identification et recherche), sémantique (données, services), de la sécurité et de la vie privée (confiance) et des tests. Les actions possibles liés à la normalisation incluent des groupes de travail , des mandats européens et de la législation dans les sujets « sensibles ».
Henri Barthel , GS1 sur la standardisation et les normes. L’internet des objets est un concept, non pas une application spécifique, pas non plus une technologie mais une collection de nombreuses technologies et une myriade d’applications. Il est illusoire de vouloir définir une feuille de route de normes spécifiques à l’internet des objets, juste le besoin d’une meilleure coordination des organismes de normalisation existants. La gouvernance de l’Internet est un sujet primordial mais il n’y a pas besoin d’une gouvernance spécifique internet des objets.

Geoff Mulligan, IPSO Alliance, est un membre clé de l’équipe originale de développement du standard 6LowPAN. L’IP (en tant qu’acronyme pour Internet Protocol et non propriété intellectuelle / Intellectual Property) est essentielle pour construire un internet des objets mondial.  Il aborde la connectivité E2E. Geoff mentionne de nouveaux protocoles tels que CoAP – intéressant mais non nécessaire  et RPL – pour des cas très spécifiques  A tous les gouvernements en général et aux représentants de la Commission Européenne, « Restez en dehors du développement de protocoles« . Le HTTP est trop gourmand en taille mais il peut être adaptée.

La question sur l’importance et le devenir de l’ONS – Object Naming Services, le DNS des objets tel que conçu aux US et dupliqué en France il y a quelques années reste sans réponse, un aveu clair de son abandon (provisoire ?) par ses créateurs.

Session 6 – Bâtir la confiance – L’Internet des objets version citoyenne Intéressant que Google traduise trust and confidence par le même mot – confiance – NDLR

Des consultations publiques récentes publiés par la Commission européenne et la FTC, Federal Trade Commission aux États-Unis ont mis en évidence l’importance de la protection des données et de la vie privée dans l’Internet des objets. Pour que l’Europe puisse développer l’internet des objets à un niveau au moins équivalent à celui des Etats-Unis et ainsi bénéficier pleinement de son potentiel, la confiance pour ses technologies et leur adoption par les citoyens sont clé. Une session animée par Rob Van Kranenburg.

Achim Klabunde, Head of Sector IT policy , European Data Protection Supervisor  EDPS passe en revue toutes les traces que nous laissons derrière nous. Objectifs – confidentialité et sécurité aà tous les niveaux protocoles, OS , HW , interface utilisateur et applications. Achim mentionne le bug Apple iOS GotoFail.

Blanca Escribano, Partner, Intl Telecom Group, Olswang parle des données personnelles, de la vie privée en relation à l’Internet des objets. Quand les données deviennent-elles personnelles ? Quelle fiabilité au consentement éclairé (signature des Conditions Générales d’Utilisation) lorsqu’on clique sans lire ? Qui est responsable ? Comment appliquer le droit à l’oubli ? A propos de la protection des données (et du reste) « Il y a plus de questions que de réponses. »

Chris Gow, au sujet des objets connnectés. « Vous ne pouvez pas avoir un formulaire de CGUs « Je suis d’accord / Je ne suis pas d’accord »« . Un lampadaire connectée ne demandera pas à un piéton de s’activer ou se désactiver suivant ses choix personnels. Suggère d’utiliser des textes standards de protection de données. Si les CGU sont si complexes, c’est que les entreprises essaient de se protéger des lois européennes et américaines de confidentialité trop exigeantes.

Dernière intervention, Siim Sikkut, National ICT Policy Adviser, Gouvernement de l’Estonie  Les citoyens doivent être conscients de ces sujets et avoir des contrôles sur leurs données. Nécessités de campagne de sensibilisation au sujet.

5th Annual Internet of things European Summit

5th Annual Internet of things European Summit

Séance finale : Sécurité et gestion des identités

La sécurité des objets connectés est essentielle pour une « Europe connectée». Les responsables européens et les acteurs de l’industrie doivent s’assurer que les mesures de protection sont en place pour empêcher un accès non autorisé à ces objets de plus en plus nombreux (et aux données qu’ils génèrent).

Rodica Tirtea , Information Security and Data Protection Unit, European Union, Agency for Network and Information Security, ENISA  propos du traitement des données, de leur distribution et la monétisation. Programme de travail de l’agence en 2014  Présentation d’un Forum annuel sur vie privée et la confidentialité des données  » De la recherche à la mise en place d’une politique. »

Olivier Burgersdijk, Head of Business Demand and Products, Europol L’agence  réunissant polices et douanes européennes est attentive à tous ces sujets.

Pour Siim Sikkut, vous pouvez avoir le meilleur logiciel de protection, si les gens ne sont pas conscients des dangers et ces logiciels ne sont pas utilisés, ils sont donc inutiles. A propos de la sécurité , il la résume en trois points – Protection de la chaîne complète, mise-en-place des régulations nécessaires et éducation du citoyen.

Lasse Andresen, CTO, ForgeRock  mentionne et en encourage à utiliser le site MyPermission  pour voir ce que toutes les autorisations que chacun d’entre nous a accordé sur le Net.

Carol Umhoefer, avocate spécialisée sur les sujets de vie privée, partenaire DLA Piper  réveille l’assistance en parlant des objets connectés de type wearables Fitbit Flex, des couches culottes Pixie Scientific ou des sous-vêtements vibrants connectés (et cela fonctionne, … le fait que cela réveille l’assistance bien sûr 😉 NDLR) et assure que les questions de sécurité et de vie privée vont augmenter (ce qui serait bien sûr positif pour le cabinet d’avocat) et qu’il faut être prudent sans plus de précisions. Cet excès de prudence et cette volonté de faire peur fera l’objet d’un projet article – NDLR.

5th Annual Internet of things European Summit

5th Annual Internet of things European Summit

Cette dernière table ronde marque la fin du sommet, excellent comme chaque année, un mélange d’orateurs publics et privés, acteurs politiques et industriels, européens et américains. On peut regretter la moindre présence du monde de la recherche et de l’éducation, mais c’est un signe fort que cet internet des objets multiple est entré dans une phase industrielle.

Comme souvent, beaucoup plus de questions que de réponses, des divergences entre politiques et industriels, des approches pragmatiques du sujet (Cisco, Amazon) aux US alors que l’Europe commence par la discussion au niveau politique, dans un souci de protéger le citoyen mais se faisant, en retardant / semblant mettre des freins au développement et donc à la croissance. Un choix cornélien. Nous n’en sommes qu’au début de l’histoire.

A suivre…

Pierre Métivier

Smart city – quand la ville communique avec ses habitants … grâce au NFC

Mobilier urbain NFC

Mobilier urbain NFC

La « Smart city« , ville intelligente ou connectée, est un sujet très présent dans les médias. Beaucoup d’idées, de projets à plus ou moins long terme autour des transports (voitures, stationnements, feux, …), des bâtiments, de l’énergie, de nombreux équipements culturels, sociaux et sportifs, et bien d’autres. Le citoyen averti, équipé d’un mobile NFC, peut déjà l’utiliser chez de nombreux commerçants, dans le transport dans certaines villes ou pour simplement accéder facilement et rapidement l’horaire du prochain tram ou prochain bus en approchant son mobile de l’étiquette NFC à l’arrêt du dit tram ou bus.

La société Récréation urbaine permet d’aller un cran plus loin. Spécialisée dans l’aménagement d’espaces publics, elle propose, sous le nom de BlocParc 3.0 du mobilier urbain communicant, basé sur des blocs qu’il est possible d’assembler pour meubler des espaces de jeux ou des places publiques. A l’aide d’étiquettes NFC directement intégrées dans le béton de ces équipements, ce mobilier offre désormais des services interactifs utiles au citoyen.

Informations locales

Informations locales

Un bloc qui sert de backgammon, de jeu d’échecs ou de simple banc permet également à son utilisateur de savoir où se trouve par exemple la mairie de l’arrondissement ou le bureau de poste du quartier. Il propose les numéros d’urgence ainsi que le défibrillateur le plus proche ou une carte du quartier, les horaires des transports publics, les activités locales. Il suffit d’approcher son mobile NFC du pictogramme intégré au banc et toutes ses informations s’affichent sans autre manipulation, sans logiciel à télécharger ou à activer, permettant ainsi une communication directe entre le citoyen à la recherche d’une information et son environnement immédiat, comme le banc sur lequel il est assis.

Mobilier Urbain NFC

Mobilier Urbain NFC

Cet exemple est intéressant à plusieurs titres.

  • Les étiquettes NFC, intégrés dans le banc lui-même, ne se voient pas. Elles sont protégées et leur visibilité est plus naturelle, basée sur une signalétique également intégrée au banc.
  • Ensuite, c’est une société de mobilier urbain qui intègre la technologie et non une société spécialisée dans le NFC. La technologie est adoptée de plus en plus par les sociétés traditionnelles, à la recherche de nouveaux services à valeur ajoutée, un signe fort de maturité pour les services mobiles sans contact.
  • Enfin, l’utilisation du NFC dans la smart city, déjà disponible dans les musées, les parcours patrimoniaux ou pour l’information transport en temps réel, est donc maintenant disponible dans le mobilier urbain, une preuve supplémentaire que le NFC fait et fera partie de la palette des technologies de la smart city et de l’internet des objets, en utilisant le mobile, notre mobile, pour interagir consciemment et dynamiquement avec notre environnement.

Quand on vous dit que le virtuel n’a plus de raison d’être et qu’il est de plus en plus réel et intégré à la ville ! Vous pouvez découvrir cet espace de vie connectée dans le 20ème arrondissement de Paris, à l’intersection de la rue Saint Blaise et de la rue du Clos près du mail du même nom.

A suivre et à essayer.

Pierre Métivier

Pour aller plus loin.

  • Le site de la société Récréation Urbaine
  • La question à laquelle vous avez failli échapper : quelles applications à créer pour les amoureux des bancs publics chers à Georges Brassens ?
  • Deux titres auxquels vous avez failli également échapper :
    • Ouvrez le banc .. à l’internet des objets.
    • Le mobilier ? le mobile y est !

    Mobilier Urbain NFC

    Mobilier Urbain NFC