5th Internet of Things European summit – un compte rendu – 2ème et dernière partie

5th Annual Internet of things European Summit

5th Annual Internet of things European Summit

Après avoir présenté dans un billet récent la 1ère journée de cette conférence européenne sur l’Internet des objets, ce billet, logiquement, résumera la deuxième et dernière journée, consacrée aux liens entre l’internet des objets, le Cloud Computing , les Big Data, les sujets de gouvernance et de normalisation, et enfin les questions de confiance du citoyen et de vie privée.

Session 4 : Cloud Computing, Big Data et Internet des objets

Les nombreuses applications de l’internet des objets génèrent et vont générer de grandes quantités de données. Cet afflux de données exerce une forte pression sur les infrastructures existantes. Le « Cloud Computing » devrait permettre de répondre à la complexité de la connexion des millions d’objets et dispositifs (devices) tout en aidant à la gestion des données, sans oublier la sécurité de ces données voyageant dans les nuages, une session animée par Nigel Cameron, Center for Policy on Emerging Technologies

5th Annual Internet of things European Summit

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Le premier intervenant, Thomas Svensson, présente la plateforme ThingWorx  permettant de créer (et de gérer) les applications autour des objets connectés. Intéressant de penser que les deux premiers orateurs de la journée parle du Mobile World Congress de Barcelone, prouvant une fois de plus le lien entre connectivité, mobile/mobilité et l’ internet des objets.

Ensuite Mário Campolargo, Directeur, Net Futures , DG CONNECT, Commission européenne, parle de l’Internet des objets du point de vue de la Commission Européenne et confirme la forte implication de la CE sur le sujet. Avons-nous assez de connectivité, assez de bande passante pour l’internet des objets ? Mario insiste sur le fait qu’il n’y a pas encore (qu’il ne voit pas) de chemin vers la profitabilité / rentabilité. Le blog Digital Agenda.

Gary Butler, CEO, Camgian Microsystems parle de capteurs et big data.  La valeur des données générées par les capteurs et donc de l’internet des objets viendra de l’analyse de ces données.

Attila Narin, Head of Solutions Architecture, Amazon Web Services  Amazon stocke déjà un trillion d’objets, compare le chiffre au nombre d’étoiles dans la galaxie. Cite des exemples : General Electric utilise le nuage pour la gestion de ces plates-forme pour ses éoliennes et ses moteurs d’avion La société Nest, thermostats « intelligents » récemment acquis par Google, a choisi AWS pour sa capacité être « scalable ». The Climate Corporation – weather measurement, l’utilise pour stocker et analyser les informations météo. Comment Amazon, un vendeur de livres, est entré dans le « cloud computing » ? En devant construire pour ses propres besoins des « massive hightly sharable hosting capacities ». Les mots-clés d’Amazon Web Services – Collecter, stocker, analyser et partager. Parlant de l’adoption des Amazon Web Services en Europe «Nous sommes très heureux de la manière dont l’Europe adopte nos technologies » se réjouit Attila. You bet ! Rappelons nous des leçons de la ruée vers l’or en 1848. Les entreprises qui ont fait de l’argent sont ceux qui vendent de l’équipement, des vêtements et des outils, cela s’applique aussi au Cloud et aux big data – NLDR

David Wood, Chair, London Futurists  parle d’un nouvel avenir, pas des « vielles versions surannées ». Il aborde le cloud qui apprendrait seul, comme le fait IBM Watson, parle d’intelligence artificielle, d’informatique cognitive, mixe cloud et big data, pragmatisme et futurisme. Rappelle que comme d’habitude, l’Europe parle des conséquences et implications de l’Internet des objets pendant que les entreprises américaines (Amazon , Camgian , ThingWorks, Cisco) pour celles présentes, le construisent.

«Il est triste qu’il y ait autant de chômage en qu’en même temps, l’Europe manque de personnel qualifié en terme de technicien/informaticien » se lamente un intervenant. Pour l’Europe, il est important de comprendre l’écosystème de l’internet des objets et entrepreneuriat seront clé pour la croissance en ce domaine. »

Session 5 : Gouvernance et normalisation

Selon les résultats de la récente consultation publique de l’UE sur la gouvernance de l’Internet des objets, certaines personnes soutiennent que des normes mondiales sont nécessaires à son développement. Une harmonisation des normes permettrait l’interopérabilité entre les différentes technologies M2M et la résolution de nombreux problèmes actuellement rencontrés par les innovateurs et les prestataires de services. D’autres ne sont pas convaincus que de nouvelles normes spécifiquement dédiés à l’Internet des objets soient nécessaires.

5th Annual Internet of things European Summit

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Une table ronde animée par Rob Van Kranenburg, du IOT Council et de Sociotal.eu qui rappelle qu’il est plus facile de voir les gadgets connectés que le grand changement impliqué par la connexion des hommes, des ordinateurs et des objets.

Marylin Arndt, SMART M2M Chair, ETSI, étudie les aspects réseau, pour développer une connectivité abondante et bon marché. SmartM2M et OneM2M. ETSI développe une plate-forme horizontale, une infrastructure M2M d’applications communes, pour la ville intelligente et laisse le soin à l’Europe de fournir des directives en terme de gouvernance. « Sur l’internet des objets nous devrions être des participants et non de simples abonnés » rappelle Marylin.

5th Annual Internet of things European Summit

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Peter Friess, IoT Project Officer, DG Connect, Commission européenne parle de normalisation et rappelle le problème d’itinérance / roaming européen. Les travaux de normalisation sont autour de la communication (identification et recherche), sémantique (données, services), de la sécurité et de la vie privée (confiance) et des tests. Les actions possibles liés à la normalisation incluent des groupes de travail , des mandats européens et de la législation dans les sujets « sensibles ».
Henri Barthel , GS1 sur la standardisation et les normes. L’internet des objets est un concept, non pas une application spécifique, pas non plus une technologie mais une collection de nombreuses technologies et une myriade d’applications. Il est illusoire de vouloir définir une feuille de route de normes spécifiques à l’internet des objets, juste le besoin d’une meilleure coordination des organismes de normalisation existants. La gouvernance de l’Internet est un sujet primordial mais il n’y a pas besoin d’une gouvernance spécifique internet des objets.

Geoff Mulligan, IPSO Alliance, est un membre clé de l’équipe originale de développement du standard 6LowPAN. L’IP (en tant qu’acronyme pour Internet Protocol et non propriété intellectuelle / Intellectual Property) est essentielle pour construire un internet des objets mondial.  Il aborde la connectivité E2E. Geoff mentionne de nouveaux protocoles tels que CoAP – intéressant mais non nécessaire  et RPL – pour des cas très spécifiques  A tous les gouvernements en général et aux représentants de la Commission Européenne, « Restez en dehors du développement de protocoles« . Le HTTP est trop gourmand en taille mais il peut être adaptée.

La question sur l’importance et le devenir de l’ONS – Object Naming Services, le DNS des objets tel que conçu aux US et dupliqué en France il y a quelques années reste sans réponse, un aveu clair de son abandon (provisoire ?) par ses créateurs.

Session 6 – Bâtir la confiance – L’Internet des objets version citoyenne Intéressant que Google traduise trust and confidence par le même mot – confiance – NDLR

Des consultations publiques récentes publiés par la Commission européenne et la FTC, Federal Trade Commission aux États-Unis ont mis en évidence l’importance de la protection des données et de la vie privée dans l’Internet des objets. Pour que l’Europe puisse développer l’internet des objets à un niveau au moins équivalent à celui des Etats-Unis et ainsi bénéficier pleinement de son potentiel, la confiance pour ses technologies et leur adoption par les citoyens sont clé. Une session animée par Rob Van Kranenburg.

Achim Klabunde, Head of Sector IT policy , European Data Protection Supervisor  EDPS passe en revue toutes les traces que nous laissons derrière nous. Objectifs – confidentialité et sécurité aà tous les niveaux protocoles, OS , HW , interface utilisateur et applications. Achim mentionne le bug Apple iOS GotoFail.

Blanca Escribano, Partner, Intl Telecom Group, Olswang parle des données personnelles, de la vie privée en relation à l’Internet des objets. Quand les données deviennent-elles personnelles ? Quelle fiabilité au consentement éclairé (signature des Conditions Générales d’Utilisation) lorsqu’on clique sans lire ? Qui est responsable ? Comment appliquer le droit à l’oubli ? A propos de la protection des données (et du reste) « Il y a plus de questions que de réponses. »

Chris Gow, au sujet des objets connnectés. « Vous ne pouvez pas avoir un formulaire de CGUs « Je suis d’accord / Je ne suis pas d’accord »« . Un lampadaire connectée ne demandera pas à un piéton de s’activer ou se désactiver suivant ses choix personnels. Suggère d’utiliser des textes standards de protection de données. Si les CGU sont si complexes, c’est que les entreprises essaient de se protéger des lois européennes et américaines de confidentialité trop exigeantes.

Dernière intervention, Siim Sikkut, National ICT Policy Adviser, Gouvernement de l’Estonie  Les citoyens doivent être conscients de ces sujets et avoir des contrôles sur leurs données. Nécessités de campagne de sensibilisation au sujet.

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Séance finale : Sécurité et gestion des identités

La sécurité des objets connectés est essentielle pour une « Europe connectée». Les responsables européens et les acteurs de l’industrie doivent s’assurer que les mesures de protection sont en place pour empêcher un accès non autorisé à ces objets de plus en plus nombreux (et aux données qu’ils génèrent).

Rodica Tirtea , Information Security and Data Protection Unit, European Union, Agency for Network and Information Security, ENISA  propos du traitement des données, de leur distribution et la monétisation. Programme de travail de l’agence en 2014  Présentation d’un Forum annuel sur vie privée et la confidentialité des données  » De la recherche à la mise en place d’une politique. »

Olivier Burgersdijk, Head of Business Demand and Products, Europol L’agence  réunissant polices et douanes européennes est attentive à tous ces sujets.

Pour Siim Sikkut, vous pouvez avoir le meilleur logiciel de protection, si les gens ne sont pas conscients des dangers et ces logiciels ne sont pas utilisés, ils sont donc inutiles. A propos de la sécurité , il la résume en trois points – Protection de la chaîne complète, mise-en-place des régulations nécessaires et éducation du citoyen.

Lasse Andresen, CTO, ForgeRock  mentionne et en encourage à utiliser le site MyPermission  pour voir ce que toutes les autorisations que chacun d’entre nous a accordé sur le Net.

Carol Umhoefer, avocate spécialisée sur les sujets de vie privée, partenaire DLA Piper  réveille l’assistance en parlant des objets connectés de type wearables Fitbit Flex, des couches culottes Pixie Scientific ou des sous-vêtements vibrants connectés (et cela fonctionne, … le fait que cela réveille l’assistance bien sûr 😉 NDLR) et assure que les questions de sécurité et de vie privée vont augmenter (ce qui serait bien sûr positif pour le cabinet d’avocat) et qu’il faut être prudent sans plus de précisions. Cet excès de prudence et cette volonté de faire peur fera l’objet d’un projet article – NDLR.

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Cette dernière table ronde marque la fin du sommet, excellent comme chaque année, un mélange d’orateurs publics et privés, acteurs politiques et industriels, européens et américains. On peut regretter la moindre présence du monde de la recherche et de l’éducation, mais c’est un signe fort que cet internet des objets multiple est entré dans une phase industrielle.

Comme souvent, beaucoup plus de questions que de réponses, des divergences entre politiques et industriels, des approches pragmatiques du sujet (Cisco, Amazon) aux US alors que l’Europe commence par la discussion au niveau politique, dans un souci de protéger le citoyen mais se faisant, en retardant / semblant mettre des freins au développement et donc à la croissance. Un choix cornélien. Nous n’en sommes qu’au début de l’histoire.

A suivre…

Pierre Métivier

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