Archives mensuelles : juin 2015

ConnectWave, un lieu pour donner vie à ses envies d’objets connectés « industriels »

ConnectWave

ConnectWave

Objets connectés dans Santé Minceur

Objets connectés dans Santé Minceur

Les lecteurs fidèles de ce blog le savent. Il y a objet connecté et objet connecté. Il y a les objets grand public très présents dans les médias de type « wearables« , montres, bracelets et autres gadgets connectés comme ce magazine qui les propose pour retrouver la ligne avant les vacances sur la plage (et il n’y a plus beaucoup de temps). Et puis, il existe de nombreuses applications industrielles de ces objets connectés qui, pour certains, sont opérationnelles depuis longtemps, dans le commerce, la logistique, le transport, l’aéronautique, la santé, l’agriculture …

ConnectWave - visite

Gazpar de GrDF

Quelle est la première organisation utilisatrice d’objets connectés dans le monde ? Le DOD, le département de la défense américaine, et de loin. Ensuite probablement Airbus, puis viennent DHL ou Metro. Les objets sont suivis, tracés à l’aide de nombreux capteurs et autres étiquettes RFID. Autre exemple : Gazpar, le futur « smart » compteur de GrDF. Quelques 11 millions d’exemplaires de ce compteur connecté (intégrant entre autres une étiquette NFC dynamique) seront installés prochainement dans nos foyers. Combien d’objets connectés grand public atteignent ce chiffre en France ? Ne cherchez pas, il n’y en pas(*).  Ceci dit, les deux types d’objets connectés ont bien sûr leur marché, leurs usages et leurs utilisateurs.

Ces objets connectés industriels, moins visibles pour les citoyens mais tout aussi importants pour leurs vies quotidiennes, vont se développer dans les prochaines années.

ConnectWave - visite

Inauguration de ConnectWave

Et donc, en parallèle à l’ouverture le 12 juin par le Président de la République de la Cité de l’Objet connecté à Angers, un projet ambitieux qui a pour vocation à aider les startups et autres apporteurs d’idées à développer leur projets, du concept à l’industrialisation avec tous les corps de métiers nécessaires en un seul lieu, s’est ouvert, huit jours après, ConnectWave, une plateforme d’expérimentation et usages des objets connectés (principalement) industriels, se donnant comme objectif de transposer l’innovation des objets connectés, d’un secteur d’activité à l’autre, du grand public à l’univers industriel.

Peut-on transposer du grand public à l’univers industriel ? Bien sûr ! Un exemple : le Parrot Flower Power permet de suivre sur son smartphone la santé de son géranium et de savoir quand l’arroser. #jesimplifie Et bien, la société lilloise Weenat utilise le même principe de capteurs connectés plantés dans le sol,  mais pour optimiser (entre autres) l’irrigation des champs des agriculteurs et améliorer les rendements tout en gérant mieux la consommation d’eau.

ConnectWave - visite

Système de paramétrage d’infrastructure électrique – Legrand

Revenons à ConnectWave. Ce centre de démonstration et de test – de taille, de budget et d’objectifs beaucoup plus modestes que ceux de la Cité de l’Objet connecté – a l’ambition de donner des idées à toutes les entreprises qui aimeraient comprendre et intégrer ces technologies dans leurs politiques produit. Pas de fablab ou de designer mais les experts du CN RFID et un showroom proposant actuellement une douzaine d’objets connectés en situation, que l’on peut tester, et qui permettent d’imaginer d’autres objets, en les transposant d’une industrie à l’autre. Autre particularité de ConnectWave : tout en étant ouvert à toutes les technologies, le centre a été créé par le CNRFID ou Centre National du RFID, spécialiste de la RFID et du NFC et donc ces technologies sont amplement mises en valeur dans le showroom.

Lors de l’inauguration, les objets suivants étaient présentés :

Sur chaque plot, une solution est présentée et des suggestions d’emploi dans d’autres industries sont également proposées.

ConnectWave - visite

ConnectWave

Nul doute que d’autres solutions viendront enrichir cet espace, dans le domaine de la santé par exemple, un espace qui risque de devenir rapidement trop petit par rapport à la richesses des projets possibles. Ajoutons que ConnectWave est conçu pour être itinérant et donc être présenté dans des salons ou des conférences.

Cet été, si les objets connectés vous intéressent et que vous passez près d’Aix-en-Provence ou Marseille, n’hésitez pas à venir rendre visite au CN RFID et à ConnectWave dans la jolie ville du Rousset. Et sinon, bien sûr le showroom se visite toute l’année, en ayant soin de prévenir le CN RFID.

A suivre … et à visiter.

Pierre Métivier

(*) Sauf à considérer nos mobiles comme objets connectés, ceux qu’ils sont mais c’est une autre histoire.

Pour aller plus loin

Autres articles du blog sur le même thème.

Implant Party et biohacking : réflexions autour des implants NFC dans la main

Implant Party

Implant Party

Samedi soir 13 juin, dans le cadre de Futur-en-Seine avait lieu la première « Implant party » en France. De quoi s’agit il ? La réponse dans le texte présentant la conférence. Extraits :

« La tendance croissante et internationale des implants NFC arrive en France. A l’occasion de Futur en Seine, le collectif de biohackers suédois Bionyfiken organise une « implant party » samedi 13 juin à 19h dans l’auditorium de la Gaité lyrique. L’heure des cyborgs est-elle venue ?

Si l’expérimentation vous intrigue plus qu’elle ne vous effraie, cette soirée-débat sera l’occasion de sauter le pas puisque se déroulera en simultané une séance de pose d’implants NFC avec un praticien certifié.

Etes-vous prêts à vous faire poser un implant NFC et à partager votre expérience ? Pour mieux comprendre cette expérimentation, nous réunissons plusieurs penseurs, activistes ou experts, pour discuter des usages et des implications futures de la technologie des implants NFC.

Que peux-t-on faire avec un implant ? Les exemples vont du déverrouillage automatique de portes ou de téléphones à l’utilisation d’applications, de supports numériques et même de cartes bancaires sans mots de passe. (Un concept novateur, la CB avec mot de passe 😉 NDLR)

Comment se fait-on implanter ? Un professionnel français du perçage sera présent et proposera la pose de ses implants aux curieux. La procédure est simple, peu coûteuse et indolore, et pratiquée dans les meilleures conditions d’hygiène.« 

Première intervention, celle de Hannes Sjoblad, Bionyfiken, l’organisateur de cet événement et bio-hacker actif. Quelques extraits de son message :

Implant Party

Implant Party

Les mouvements DIY (DoItYourself) autour de la biologie, self-quantified, grinders ou bodyhackers font tous partie d’une même idée d’amélioration du corps, qui existe depuis le début de l’humanité. Dans le cas présent, nous avons déjà cartes et badges sans contact et de nombreuses personnes ont déjà des implants type piercing. L’implant NFC est une combinaison des deux. Avec ses deux implants RFID / NFC implantés dans les mains depuis plusieurs années, Hannes portent « en lui » beaucoup de clés et cartes. Le contrôle des armes est un bel exemple de biohacking utile (surtout aux US). Lorsqu’elle est volée, l’arme ne peut plus être utilisée. Parmi les inconvénients cités, la surveillance des données de santé. Et Hannes ajoute que le NFC fonctionne à courte distance et que cela fait partie de sa sécurité. Il cite le bracelet Disney Magic comme exemple d’application sans contact montrant que ce n’est pas la technologie qui compte mais l’expérience de l’utilisateur. Rappelons qu’aussi bien pour le bracelet Disney Magic et le biohacking c’est la même technologie RFID/NFC qui est utilisée – NDLR.

En réponse à une question, Hannes voit le travail des bio-hackers comme lui comme des expériences pour comprendre les applications et leur conséquences de l’implantation des implants NFC avant que les grandes entreprises et les gouvernements s’y intéressent.

Une approche très convaincante de l’intérêt potentiel de ces implants NFC pour s’identifier, contrôler son environnement, en étant volontaire et pour démystifier le côté sulfureux de l’implantation sous-cutanée. Un discours très conscient des enjeux et risques autour en particulier de l’éthique, de la sécurité et de la gestion des données personnelles.

Implant Party

Awa NDiaye

Après cette introduction, une courageuse volontaire, Awa NDiaye, de la Ville de Paris, est devenue,devant une salle comble, la première femme « upgradée » (le terme de Hannes) de France. Deux autres volontaires se sont proposées et ont du recevoir leurs implants après la conférence.

Le débat qui en a suivi, animé par Hannes Sjoblad, a réuni Christian Funk de Kaspersky, expert de la sécurité informatique, Remi Sussan, journaliste spécialisé dans les nouvelles technologies à la FING, Nancy Boehm, designer présente sur Futur-en-Seine avec un projet de Living Joconde et Thomas Landrain, La Paillasse, pour « partager leurs idées sur la manière dont la technologie des implants NFC peut changer la manière dont nous interagissons avec le monde autour de nous« .

Implant Party
Pour Remi Sussan, les gens accepteront d’être « upgradés » principalement pour des raisons des santé et de jeux / entertainment (ce qui nous rappelle les premières expérimentation sans lendemain dans une boite de nuit de Barcelone en 2004). Christian Funk au sujet du biohacking, tout dépend de ce qu’on en fait. Nancy Boehm, après avoir déclaré en souriant qu’elle n’était pas la meilleure personne pour répondre (ayant elle-même des piercings), n’a pas de problème à être « upgradé » tant qu’il est un choix y compris pour le retirer. Enfin, pour Thomas Landrain, de La Paillasse, le biohacking est une question de re-appropriation. A titre personnel, il n’est pas prêt à expérimenter.

Nos quatre panélistes ont semblé perdu pour réagir, en anglais « lost for words« . Les sentiments personnels étaient très présents dans les réponses et non les mots de réactions convenues et connues, comme si l’expérience « live » plus la présentation très convaincante d’Hannes les poussaient à penser différemment …. ce qui était clairement le but de la soirée.

Comme vous le savez, cher lecteur, nous parlons souvent des applications permises par le sans contact en général et le NFC en particulier et des facteurs de forme mutiples – carte, mobile, porte-clés, bracelet, figurine de jeux, montre ou bague comme la bague NFC Ring. Avec ce nouveau facteur de forme, c’est une approche plus personnelle voire plus « intérieure » qui est rendue possible par ses implants.

Et pour répondre à la question que certains d’entre vous ne manqueront pas de me poser, à titre personnel, je n’envisage pas à court-terme un implant NFC pour deux raisons :

  1. Le mobile NFC et les autres facteurs de forme extérieurs au corps remplissent parfaitement leurs rôles. Le plus proche de l’implant sans intervention est la bague NFC ou le tatouage numérique de Motorola.
  2. Le champ des applications possibles est encore limité. Hannes a bien précisé qu’il avait « négocié » lui-même avec tous les fournisseurs de services comme son club de gym pour les faire fonctionner sur ses implants. Les étiquettes NFC disponibles dans les implants n’ont pas capacité à effectuer des paiements ou émuler des cartes de transports par exemple. L’infrastructure globale n’est pas encore utilisable par ces implants. A ce jour, le mobile NFC est une télécommande du quotidien #placementproduit plus performante avec son écran, sa capacité de calcul, son interface utilisateur, ses capteurs et sa connectivité. Par contre, l’implant NFC peut fonctionner pour de nombreuses applications personnelles, qu’il faut programmer soi-même, comme débloquer son mobile ou son PC d’un geste de la main ou ouvrir les portes de chez soi, par exemple, avec les serrures adaptées.

La très bonne nouvelle apportée par cette conférence est que des biohackers, des esprits libres et ouverts, se penchent sur ces questions, testent, réfléchissent, partagent, en toute indépendance et sans à priori. Leurs expériences seront importantes au fur et à mesure du développement de cette technologie.

Une conférence passionnante qu’on aurait aimé plus longue #Cadbury et avec peut-être un volet biohacking et transhumanisme. Gardons le sujet pour une prochaine « Implant party« .

Et vous, êtes vous prêt pour un implant NFC ?

A suivre.

Pierre Métivier

Pour aller plus loin

  • Des photos de l’événement sur Flickr
  • La vidéo de la session que nous vous recommandons de regarder pour bien comprendre le message de Hannes sur le biohacking.

Une séance des Mardis de l’innovation spéciale santé et objets connectés ce mardi 9 Juin 2015

Mardi de l'innovation spécial santé et objets connectés

Mardi de l’innovation spécial santé et objets connectés

Les objets connectés et plus globalement l’internet des objets sont de plus en plus présents, aussi bien dans notre vie personnelle que dans le domaine industriel. Le monde de la santé est en première ligne. A côté des objets connectés grands publics mesurant notre poids ou notre tension ou nous encourageant à nous brosser les dents régulièrement, de nouvelles technologies numériques impactent fortement le système de santé avec des produits connectés et des services de traçabilité au cœur des hôpitaux et dans le corps des patients, améliorant la qualité des soins tout en réduisant les coûts.

Dans le cadre des Mardis de l’Innovation de et avec Marc Giget, des conférences régulièrement relatées dans ce blog, nos intervenants

  • Isabelle Lauret, Director Marketing et Business Development, BodyCap,
  • Francine Lanceleur-Brenning, Directrice Générale, MediHandTrace France,
  • Jean-Claude Mongrenier, Président fondateur, et Hélène Mongrenier, chef de produit de Biolog-ID

nous montreront comment ces technologies innovantes réduisent les maladies nosocomiales, améliorent la médecine transfusionnelle et la chimiothérapie ou permettent de suivre à distance la température d’un patient à l’aide d’une capsule ingérable connectée.

Ces trois interventions seront précédées d’une courte introduction sur l’Internet des objets dans le domaine de la santé par l’auteur de ce blog et suivies par la vision coté Mutuelle de santé de Thierry Gatineau, Responsable du Laboratoire Technologique, Direction Architecture, Méthodes et Homologation SiHMHarmonie Mutuelle et par la présentation de deux projets étudiants Epitech : Healyourself, Eyezheimer

Pour s’inscrire c’est ici. En espérant vous y rencontrer.

A suivre … dès mardi.

Pierre Métivier

Note

La 8ème édition de la Rencontre Nationale des Directeurs de l’Innovation aura lieu les 16 et 17 juin prochain à la Maison des Océans à Paris.