Archives mensuelles : septembre 2015

De l’utilisation des étiquettes électroniques de gondole dans le commerce connecté

SES Store tour

De l’utilisation des étiquettes électroniques de gondole dans le commerce connecté

En marge du salon sur le e-commerce des 22 au 24 Septembre 2015 à la Porte de Versailles à Paris étaient organisés des visites de magasin en « situation » utilisant les dernières technologies au service des commerçants de proximité, des grandes surfaces et des consommateurs.

Côté mobile, on pense souvent paiement et fidélité comme nous avons souvent eu l’occasion de l’évoquer dans ce blog (voir la partie Pour Aller plus loin en bas de ce billet). Il y a bien sûr bien d’autres développements en cours autour, par exemple, des beacons pour le suivi des consommateurs en mode push. Côté technologie NFC, par delà le paiement sans contact de plus en plus présent et utilisé dans les magasins et les cartes de fidélité, elle est aussi plus discrètement présentes sur les étagères de nos magasins, habilement cachés derrières les EEG – étiquettes électroniques de gondole ou ESL – electronic shelf labels dans la langue de Shakespeare (quoique les historiens se disputent toujours sur la réalité de la présence ou non d’étiquettes électroniques de gondole dans les échoppes près du Globe, ceci est une autre histoire). C’est la société française, SES – Store Electronic Systems , leader mondial sur ce marché qui nous a donc proposé de voir ces étiquettes en action dans différents commerces.

Les étiquettes indiquant le prix d’un produit sont bien entendu un élément important de l’acte d’achat. Longtemps un cauchemar dans les magasins en raison du temps nécessaire à mettre à jour tous les prix à jours lors de promotion par exemple, sans compter les risques d’erreur, un progrès important a été apporté par l’ajout d’étiquettes électronique à affichage très basse consommation ou encre électronique. Elles sont de plus en plus présentes dans nos commerces de proximité ou grandes surfaces. Il est désormais facile de mettre à jour ces étiquettes de manière centralisée, à distance, OTA – Over the air pour un gain de temps et une réactivité sans égale sans oublier la diminution des risques d’erreurs. La durée de vie d’une étiquette avant changement de piles est environ deux ans.

SES Store tour

Fiche produit NFC au Darty République

Plus récemment, la technologie NFC a été ajoutée à ses étiquettes, leur apportant plusieurs services. Le premier consiste à apporter de l’information supplémentaire au produit. Par delà le prix déjà présent, il est possible soit d’ajouter d’autres informations à l’étiquette elle-même soit des liens vers le SI du magasin ou des URLs public en relation avec le produit. C’est le cas au magasin Darty de République. Le consommateur peut aller non seulement lire tous les détails du produit mais accéder aux opinions d’autres consommateurs sur le produit. Le magasin encourage cette recherche en offrant, il est vrai contre le numéro de mobile du consommateur, un accès de qualité au wifi. Il est toutefois possible d’accéder en mode anonyme.

Autre application permise par le NFC, toujours chez Darty République – le transfert automatique de l’image du mobile d’un vendeur sur un grand écran dans le magasin. Effet « wow » garanti. Cela permet, par exemple, de présenter la fiche produit de l’écran plat à tous les membres de la famille participant à l’achat.

SES Store tour

EEG à l’Intermarché d’Issy-les-Moulineaux

Ne pas attendre aux caisses est désormais possible. Il suffit de faire ses courses en notant son achat à chaque fois d’un tap de son mobile sur l’étiquette de gondole correspondante grâce à une application magasin dédiée réservée aux possesseur d’une carte de fidélité de la chaine. Cela permet également de voir en direct le montant de son panier et donc sortir beaucoup plus rapidement du magasin une fois ses achats effectués. C’est le cas d’usage présenté à l’Intermarché d’Issy-les-Moulineaux très en pointe sur ses sujets.

SES Store tour

EEG du Bon Marché, Rive gauche

D’autres applications liées à l’usage et aux informations capturées par des étiquettes, sont en place ou en cours de développement, comme au Bon Marché, des EEG dans leurs petits écrins noirs, une question d’image ou dans un U Express, rue Montorgueil, un tableau de bord du magasin basé sur un grand nombre d’informations liées aux mobiles, indépendamment du NFC. Enfin, de nouveaux projets sont à l’étude comme la localisation de produits basé sur la géolocalisation de la personne « on demand » dans le magasin, grâce à l’utilisation des étiquettes NFC pour repérer le produit ou la création d’un magasin en 3D basé sur la localisation des EEG, un projet en coopération avec la société 3DS (Dassault Systems).

Cet article très superficiel ne rentre pas dans le détail de toutes les applications comme par exemple le retargeting post visite en magasin et bien d’autres, ou l’échange – données du consommateur contre accès wifi de qualité dans le magasin pour plus de services. Comme souvent répété dans ce blog, la technologie NFC, liée à d’autres technologies en particulier celles présentes sur le mobile, permet d’offrir une palette de nouveaux services, ici, dans les métiers et services du commerce. Des services qui prennent le meilleur des idées du e-commerce pour ramener les consommateurs dans les magasins et leur offrir une experience unique. Et nous n’en sommes qu’au début.

A suivre.

Pierre Métivier

Pour aller plus loin

  • Le site de la société SES – Store Electronic Systems
  • Des images du SES Store Tour sur Flickr
  • Quelques images du salon e-commerce sur Flickr
  • Le titre auquel vous avez échappé : Store Wars
  • Les mots auxquels vous avez échappé – omni-canal, multi-canal
  • Vidéo sur les innovations de l’Intermarché d’Issy-les-Moulineaux

Autres articles sur le commerce dans ce blog

Tops/Flops, Invention/Design, aux Arts et Métiers, une conférence avec Nicolas Nova et Marc Giget

Invention / Design aux Musée des Arts et Métiers

Invention / Design aux Musée des Arts et Métiers

Dans le cadre ou en parallèle, au choix, de l’exposition Invention / Design au Musée des Arts et Métiers, qui se tient jusqu’au 6 mars 2016 a eu lieu dans l’amphithéâtre Abbé Grégoire une conférence intitulée « Des tops aux flops, qu’est ce qu’un produit culte ? » avec Marc Giget des Mardis de l’Innovation, bien connu des lecteurs de ce blog et Nicolas Nova, du Near Future Laboratory.  Extraits et bribes de verbatim repackagés, comme souvent.

Lauren Bacall posant près d'une radio

Lauren Bacall posant près d’une radio

La parole est aux Tops avec Marc Giget pour débuter avec de nombreux exemples, connus par tous bien sûr. Au programme, Swatch, Nutella, Chanel N° 5, la Vache qui rit, Nivéa, sans aucun ordre bien sûr. Pour Marc, un produit culte se met en résonance avec la société. Il évolue avec elle et s’installe dans la durée. Chanel N°5, produit-culte par excellence, depuis 1922, a su adapter sa communication, son image à son époque, de Marilyn Monroe à Gisèle Bundchen en passant par Nathalie Kidman, d’autres tops #ofcourse. Walkman, aspirine et un tiers des produits cultes ont été créés pour une personne et non par le résultat d’études marketing. (Rappelons que les ingénieurs de Sony qui ont créés le Walkman ont eu comme cahier des charges de permettre à leur PDG, Mr. de pouvoir écouter de la musique pendant ses voyages entre le Japon et les Etats-unis – NDLR). Oreo, le premier biscuit en terme de vente au monde, y compris en Chine, fête ses 100 ans. Pas une goutte de lait dans l’Oréo, believe it or not ! Oreo, 36 mio de fans sur Facebook, 310 K sur Twitter. Un produit culte est en phase avec son époque. ChupaChups, la sucette d’un entrepreneur espagnol, qui a tout misé sur ce qui se faisait de mieux à l’époque en Espagne ; même le logo réalisé par Salvador Dali. Nutella, le top des produits cultes. Marque préférée des français. On ne touche pas à un produit culte, même quand on est ministre. Lego, bien sûr, montré version Homme de Vitruve. Produit-culte générique, la radio, 1920, est devenu indispensable pendant la 2ème guerre mondiale, les personnes célèbres, les familles royales se prenaient en photo officielle à coté d’un poste de radio comme Lauren Bacall ici. De nombreuses voitures cultes, Marc s’attarde sur la Ford Mustang. lancé en 1966, toujours la voiture de sport la plus vendu aux US en 2015.

Tops de Marc Giget

Tops de Marc Giget

On passe à la DS, pas la voiture (pourtant culte également) mais à la console Nintendo puis à la Wii. une console pour tous, des plus jeunes aux plus anciens. La Wii est le parfait exemple de synthèse dialectique d’une opposition logique. Jeux vidéo et sport sont deux activités contradictoires et pourtant, la synthèse réalisée par les applications sports de la Wii mènent à un produit culte. On survole SuperMario et Pokemon pour terminer sur League of Legends.

« Le MOOC est à l’éducation ce que sont les MMOG et les MOBA au jeu ». Pour bien comprendre le succès de League of legend (LOL), il suffit de regarder les stades de 50 000 places de spectacteurs regardant des équipes de LOL s’affronter dans les finales de compétition en Corée et ailleurs. Marc nous rappelle que le CA de l’industrie du jeu est égal à deux fois ceux de la musique et du cinéma réunis ! Aux US, il existent des universités US donnent des bourses aux meilleurs joueurs de LOL (réservé au top 0,5% voire plus, me glisse Adrien G, mon ado voisin de conférence). LOL est un produit culte car il est global, connecté, instantané, permanent, gratuit. Il entraine une stimulation intellectuelle idéale et ludique mélant jeu et sport.

Leagues of Legend

League of Legend

On passe à Nicolas Nova, Near Future Laboratory sur les flops et en particulier technologiques. Nicolas cite « The Brautigan Library« , la bibliothèque des livres ratés  ,  » The decade’s 30 biggest tech flops » une liste réalisée CNET  et une startup qui revend les URLs de sites créés pendant la bulle Internet et ayant disparu depuis.

Les flops de Nicolas Nova

Les flops de Nicolas Nova

Clippy, l’assistant virtuel de Microsoft, a essayé des années de nous aider, sans beaucoup de succès mais peut être considéré comme l’ancêtre de Siri ou de Cortana. Nicolas n’est pas fan des objets connectés gadgets, et en particulier les frigos connectés. Valeur ajoutée faible et possibilité de se faire hacker. Nicolas est également sévère mais juste sur les premiers projets de réalité virtuelle. Produits devenant cultes lorsque transformés en oeuvre d’art.

Les flops technologiques comme une liste de projets futuristes résumé dans le titre d’un livre : Where’s my jet pack ?

Nintendo Power Glove

Nintendo Power Glove

Quelle définition du flop ? Comment le mesurer ? Mentions dans les média, vente vs. usage, durée, usages détournés ? Il cite Rafi Haladjian dans une conférence : « 40 % des acheteurs de Nabaztag ne l’ont jamais connecté. » Autre produit culte pour Nicolas mais invendu : le PowerGlove par Nintendo. Nous parle des débuts de la visiophonie, un sujet évoqué dans ce même blog il y a plus de 5 ans.Il nous montre une vision caricaturale de la compréhension réductrice des usagers des objets électroniques par certaines entreprises, réduits à un oeil, un doigt. On passe au Google Glass. Persévérance et adaptation. Avantage aux intégrateurs logiciel/matériels, design/ production comme Petzl, Tesla ou Apple. Nicolas termine en nous parlant du succès incroyable de Amiibo, un top, sans citer le NFC la technologie participant au succès de ces jeux.

Pas réellement de conclusion à ces deux présentations, quelqus pistes pour comprendre les raisons qui font et défont les tops ou entrainent des flops. Plutôt deux définition du produit-culte. – succès global sur la durée pour Marc, produit marquant, précurseur pour Nicolas. Celle de Marc est liée à l’innovation, nécessite usage ce qui la différencie bien sûr de l’invention. Celle de Nicolas est plus liée à la créativité et au design, qu’importe les ventes du produit, si il a été précurseur, si il a marqué son époque, si il a été détourné, alors c’est un produit culte. Les produits suivants non cités – la De Lorean de Retour vers le futur ou le Segway, ce dernier devait changer la circulation dans le monde, sont probablement des flops suivant la définition de Marc et des tops pour Nicolas.

Edsel

Edsel

De nombreux autres produits aurait pu être cités. Dans les flops, j’ai un penchant pour la Edsel, une voiture Ford ou la Newton, la première tablette d’Apple (le rapport entre succès est échec est souvent ténu) et puis déjà cité le Segway. Ce sera pour la saison 2 !

Petit clin d’oil pour terminer cette belle conférence dans un lieu lui-même culte, le Musée des Arts et Métiers en particulier l’église Saint Martin des Champs et ses véhicules suspendus et LE Pendule de Foucault d’origine : un orchestre de chambre jouait dans le musée derrière le Pendule qui semblait battre lentement la mesure au rythme de ses oscillations. Une belle conclusion artistique pour un événement métier, une synthèse dialectique d’une opposition logique, chère à Marc Giget.

A suivre … dans le cadre des Mardis de l’Innovation dont le programme est désormais disponible

Pierre Métivier

PS. Bien sûr il faut aller régulièrement au Musée des Arts et Métiers, à la fois pour les collections permanentes montrant l’évolution de nombreux objets techniques ou pas, et les expositions comme Invention et design et celle sur la carte à puce, déjà commentée dans ce blog.

Pour aller plus loin

Un objet connecté peut en cacher un autre : exemples de l’eau et de l’électricité.

Un objet connecté peut en cacher un autre

Un objet connecté peut en cacher un autre

Les lecteurs de ce blog le savent : l’internet des objets n’est pas uniquement celui des objets connectés grand public. A côté des montres, bracelets et autres « wearables« , il y a des applications multiples partout dans le monde industriel, dans la santé, dans l’agriculture, et bien d’autres avec des implications sociétales nombreuses. (Voir en bas de ce billet de nombreux cas.)

Flower Power (c) Parrot

Flower Power (c) Parrot

Nous avons déjà donné comme exemple de ces objets connectés grand public, les Parrot Flower Power qui permettent à leurs heureux possesseurs de connaitre la santé de leurs géraniums favoris et en particulier de savoir quand les arroser. Le principe d’analyser le sol à l’aide de capteurs peut également s’appliquer à des surfaces beaucoup plus grandes que les quelques centaines de cm² des pots des terrasses des beaux-quartiers parisiens.

weenat-hp-30-plus2Appliquer le même principe à un champ cultivé en Europe ou en Afrique et vous développez une « smart » agriculture ou une agriculture raisonnée. C’est ce que propose la société lilloise Weenat avec son réseau de capteurs indépendants, connectés à travers le réseau Sigfox, capable d’apporter à l’agriculteur des informations précises afin d’arroser et de fertiliser à bon escient, ni trop ni trop peu, sur des surfaces qui se mesurent en hectares. Cela permet de meilleurs rendements,  une réduction de l’utilisation des engrais et une meilleure gestion de l’eau, ce dernier sujet d’autant plus important dans les pays en qui en manquent cruellement.

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Bubble One (c) The Bubbles Company

Autre exemple, l’électricité. La société The Bubbles Company, récente lauréate d’un prix au congrès S3C, propose une borne permettant aux utilisateurs de recharger leurs mobiles dans des lieux publics. L’idée est simple. Un commerçant installe un Bubble dans son magasin, son bar et offre aux visiteurs, clients et autres touristes de passage la possibilité de recharger leurs mobiles. En attendant, bien sûr, ils sont dans le magasin et peuvent se laisser tenter par des achats. Tout le monde s’y retrouve. Le commerçant obtient également des informations supplémentaires sur les clients, les Bubbles étant équipés de balises BLE. Une application permet bien sûr de localiser les Bubbles dans la ville.

Alstom - We share the power

Alstom – We share the power

Ce même principe consistant à proposer de l’énergie est proposé à travers un projet financé par le programme WeShareThePower de la société Alstom. Nous passons des magasins des Champs-Elysées aux villages de Zambie. Financé par une ONG, un générateur d’électricité alimenté par des panneaux solaires, rechargent aussi bien les mobiles des habitants des villages alentours non connecté au réseau électrique, que des batteries plus puissantes capables d’alimenter des maisons pour plusieurs jours (ce qui n’est pas sans rappeler le PowerWall, nouveau projet d’Elon Musk, Tesla, un micro-grid individuel, autour d’une alimentation électrique et d’une batterie pour maison) . Les mobiles sont un vecteur important de progrès en Afrique, en particulier depuis le lancement des services de transfert d’argent comme MPesa, MTN Mobile ou Orange Money. Offrir des stations de recharge à ses mobiles sur les territoires les plus reculés participe bien sûr à leurs  désenclavement.

Ces quatre projets ont leurs utilités, leurs business models et leurs clientèles. Ils sont basés sur des concepts proches de services mais avec des déclinaisons bien différentes et des impacts sociétaux sans aucun commune mesure. C’est cela aussi la diversité de l’internet des objets. Ceci dit, avec la COP 21, la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015, espérons que les projets les plus sociétaux, avec un impact réel sur les populations, sur la planète, autour de l’eau et de l’énergie, soient mis plus régulièrement mis en valeurs dans les médias et surtout implémentés.

A suivre.

Pierre Métivier

Pour aller plus loin