Archives mensuelles : octobre 2015

Enlever les frictions – une promesse de :snips et du NFC

We make technology disappear

We make technology disappear

Dans le cadre d’une conférence de présentation du CES 2016, le grand salon de l’électronique grand public de Las Vegas, il y a quelques semaines, Rand Hindi, le fondateur de :snips, a présenté sa vue globale des objets connectés et de l’internet du même nom très intéressante. Partant des premiers PC jusqu’aux objets connectés actuels en passant par la jungle du Costa Rica tout en démystifiant l’intelligence artificielle, il nous a montré quelques unes des faiblesses de l’internet en général comme la gestion des multiples terminaux qui servent à recevoir, des mails, des informations et qui entrainent souvent à recevoir quatre ou cinq fois la même information. D’outils censés nous simplifier notre quotidien, ils le complexifient en dupliquant les messages, ajoutant du bruit, du travail de tri inutile, de par leur multitude. L’arrivée inéluctable de milliards d’objects connectés ne va rien arranger à l’affaire.

L’approche de :snips est d’utiliser l’intelligence artificielle pour apporter des solutions à ce problème en analysant toutes les données que nous générons, que nous recevons, que nous stockons, personnellement et professionnellement pour en générer des « patterns », des habitudes de travail et de comportement et ainsi nous proposer des suggestions, des solutions, des réponses à des questions que nous allions nous poser. En un mot, faire disparaitre la technologie tout en enlevant les frictions de notre quotidien grâce à l’analyse de toutes nos données, et en particulier celles que nous générons à longueur de journée.

Ce « enlever les frictions » est aussi une des promesses du NFC dans notre relation avec les objets de notre quotidien.

Appairage enceintes acoustiques

Appairage enceintes acoustiques

Le mode appairage, permettant de relier entre un mobile et des enceintes acoustiques, automatiquement et instantanément, sans intervention de l’utilisateur, est un exemple très concret d’une friction supprimée, connue de toute personne ayant un jour relier des oreillettes ou des enceintes Bluetooth avec son mobile. La technologie a disparu, s’est effacée pour rendre un service qui parait naturel au consommateur.

Skylanders by Activision

Skylanders by Activision

Plus globalement, en facilitant le paiement, le transport, l’accès en général et à l’information en particulier et à toutes les applications et services  que nous décrivons régulièrement dans ce blog, le NFC permet de concevoir des services et des objets connectés qui n’ont pas besoin de mode d’emploi. La simple approche du mobile de l’objet lance le service correspondant ou nous donne l’information recherchée, sans lancer d’application, sans cliquer sur quoi que ce soit., naturellement. Le succès du jeu Skylander  déjà présenté dans ce blog, en est une preuve éclatante.

Enlever les frictions, une belle promesse de Rand Hindi et de Snips, mais aussi le but que devrait prendre en compte tout concepteur de services sans contact NFC afin de simplifier les échanges entre chacun d’entre nous et nos objets quotidiens, notre environnement.

A suivre

Pierre Métivier

Une nouvelle version de la « NFC Ring », premier wearable NFC en forme de bague, bientôt disponible

nouvelle version de la NFC Ring

nouvelle version de la NFC Ring

Les « wearables » sont des objets connectés que l’on porte (comme le mot l’indique) sur soi. C’est une catégorie d’objets à part entière, principalement tournés vers les consommateurs B2C mais pas que.

On va y retrouver des montres, des bracelets, des bracelets de montre, des lunettes, des boucles d’oreilles, des pendentifs, des anneaux et bagues et même de faux-ongles. La version ultime du wearable est bien entendu le « biohacking », l’intégration de l’objet connecté dans le corps lui-même, nous en avons déjà parlé dans ce blog – Implant Party et biohacking : réflexions autour des implants NFC dans la main publié en Juin 2015

La plupart du temps, ces « wearables » comporte un ou plusieurs capteurs, un affichage plus ou moins sophistiqué ou pas, une connexion Bluetooth voire USB pour échanger avec un mobile et une pile ou une batterie à l’autonomie incertaine. Ils vont permettre de mesurer nos efforts physiques dans la journée, notre sommeil, afficher les notifications, tweets ou mail du mobile associé, voire interagir avec notre environnement, payer, ouvrir des portes et de nombreuses autres actions. A coté des Fitbits et autre Apple Watch, la galaxie des wearables est pleine d’étoiles présentées aux CES dont la lumière actuelle cache souvent leurs disparitions inexorables, faute d’avoir trouvé leurs marchés.

La technologie NFC est très présente dans cette catégorie, soit partie intégrante des objets décrits ci-dessus comme l’Apple Watch pour la partie paiement, ou en tant que principale technologie de connectivité sur l’objet. Sans la nécessité d’intégrer une connectivité Bluetooth et donc une batterie, il est alors possible de créer des wearables connectés de très petite taille comme des bagues.

la bague NFC au doigt

la bague NFC au doigt

Le NFC Ring est probablement le plus ancien de ces wearables NFC. Nous en avions parlé il y a plus de deux ans dans cet article – Qui sera le Seigneur des Anneaux du monde du NFC ? Le NFC Ring nous revient en version 2 sur Kickstarter depuis le 1er octobre, fort de l’expérience de la 1ère version. Le principe reste le même : deux étiquettes NFC programmables à volonté, une de chaque côté de la bague, ce qui permet une interaction avec l’extérieur de la main pour une action publique et une autre interaction plus personnelle avec l’intérieur de la main. Cette nouvelle version comporte deux étiquettes NXP NTAG 216 qui permettent de stocker 888 octets de données par étiquette, par exemple, une URL, un texte, une vCard pour partager facilement ses coordonnées, un compte Twitter ou Facebook. Le tout est simplement programmable par une application fournie. Pour les plus geeks ou les makers, la technologie NFC ouvre un grand nombre de possibilités en terme d’accès (ouverture de voiture, de porte, accès à son PC, … ) et l’utilisation de board types Raspberry Pi ou Arduino. Par contre, le paiement sans contact en magasin sur terminal de paiement électronique ou le transport public type Navigo ne sont pas possibles avec ce type d’étiquettes et donc avec le NFC Ring.

Nous avons eu la chance de pouvoir teste le nouveau modèle Horizon avant sa sortie officielle. Par rapport à la version précédente de la bague, celle ci est nettement plus sensible et réactive. La première version de la bague nécessitait de trouver le « sweet spot » NFC du mobile, c’est à dire le lieu où le lecteur NFC a la plus grande sensibilité, et en dehors de ce sweet spot, la lecture était plus difficile. Cette fois, il n’y a aucun problème pour interagir entre le pourtant déjà « ancien » Samsung Galaxy S4, y compris avec son volet de protection replié (deux couches), et la bague.

Sur l’étiquette extérieure, nous avons testé un simple URL comme le lien vers ce blog ou une vCard pour partager facilement sa carte de visite numérique. Très simple. L’étiquette tournée vers le mobile d’une personne rencontrée. Sur l’étiquette tournée vers l’intérieur de la main, nous avons choisi l’option « NFC Ring Unlock« , une application permettant de débloquer le mobile sans utiliser le code du mobile. Une fois installée, pour débloquer le mobile, il suffit de poser ce dernier très naturellement sur la main et instantanément, le mobile est actif.

NFC Ring Unlock

NFC Ring Unlock

Ce qui m’a permis l’action suivante, dans un magasin local : pour payer mes 10 € de courses, j’ai simplement pris le mobile de la main gauche, ce qui a naturellement débloqué le téléphone puis payé en posant le mobile, l’application de paiement Kix de BNPParibas faisant le reste. Je n’ai pas eu besoin, ni de faire le code du mobile pas plus que de code sur le TPE puisque sans contact et moins de 20 €, ni de lancer d’application de paiement, le NFC se chargeant de ces tâches pour moi. Un exemple supplémentaire de ce mobile NFC, télécommande de notre quotidien qui m’est cher. Enfin, cela permet de tester en douceur les mêmes fonctions que le biohacking sans avoir insérer un implant NFC dans sa main. La bague coûte entre 27 et 35 $ suivant les différents design et options sur le site de KickStarter et sera disponible avant la fin de l’année.

Apple NFC ring patent

Apple NFC ring patent

Sur le sujet du facteur de forme, autrement dit, la forme « bague ou anneau », l’actualité semble donner raison à John McLear, le concepteur de la NFC Ring, puisque Apple vient de déposer un projet de brevet pour une bague NFC pour le paiement sans contact. Il est évidemment bien plus simple de poser sa main (avec un mobile ou une bague) sur un terminal de paiement que son poignet, qui plus est, retourné, comme dans le cas de l’Apple Watch. Rien ne dit que ce brevet sera suivi d’un produit mais il est clair que l’objet et facteur de forme « bague ou anneau » intéresse les grands constructeurs.

La bague ou l’anneau deviendront-ils un facteur de forme majeur pour les wearables, nous le saurons (*) dans un proche avenir.

A suivre

Pierre Métivier

Pour aller plus loin

 

(*) #ofcourse Hint

One Ring to rule them all, One Ring to find them, One Ring to bring them all and in the darkness bind the