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VR, 5G, NB-IOT, IOT, wearables, voitures, vélos, Paypal, paiement, NFC, mobiles, … : un compte rendu du Mobile World Congress 2016

MWC16 un compte rendu

MWC16 un compte rendu

L’édition 2016 du Mobile World Congress vient de se terminer à Barcelone. Et c’est mission impossible de résumer en un article le foisonnement de cet événement mondial au service du mobile et de son écosystème élargi (opérateurs telecom, équipementiers, éditeurs de logiciels, fabricants de circuits électroniques, intégrateurs, acteurs du paiement, …). Mais cette impossibilité ne nous empêchera pas d’essayer, il y aura des oublis, des raccourcis, des partis pris, souhaitons que les lecteurs ne nous en tiennent pas rigueur.

Et si vous n’avez qu’une minute, ci-joint la version lapidaire (1)

  • In – la réalité virtuelle, la 5G, l’eSIM, les réseaux NB-IOT / LPWA, l’internet des objets dans toutes ses dimensions, le paiement mobile, la biométrie, le graphène
  • Out – le HCE, le BLE, les perches à selfie (ouf),
  • Nowhere – Apple, Amazon
  • Somewhere – les mobiles, le NFC

Je ressens parmi nos lecteurs de fortes réactions et de la surprise et donc quelques explications par rapport à cette liste me semble nécessaire mais cela prendra plus qu’une minute.

VR / Réalité virtuelle au MWC16

VR / Réalité virtuelle au MWC16

La réalité virtuelle (oxymore s’il en est) était présente sur de nombreux stands, à commencer par les annonces « controversées » Facebook/Samsung du dimanche. Les participants faisaient la queue pour « chausser » et tester des casques VR, que soit en application « roller coaster/montagnes russes » chez Samsung ou « yellow submarine » chez SK Telecom, également des jeux du type « je tire sur tout ce qui bouge » ou des applications de formation/d’information comme sur les stands de la GSMA, de Bell ID ou de Gemalto. Le rapport avec les mobiles ? Et bien, la grande majorité des casques de réalité virtuelle fonctionnent avec un mobile intégré qui sert d’écran à l’ensemble. Le ressenti des différentes expériences VR testées sera développé dans un billet spécifique, le sujet et surtout ses conséquences sont complexes comme la presse en a déjà fait écho.

Dans un domaine parallèle, celui ouvert par les « Google glass », des lunettes à écran intégré moins ambitieuses que le projet Google, étaient également présentes principalement pour des applications pour sportifs (vélo, ski) sur les stands Intel ou Garmin.

Coté réseau, le sujet était l’élargissement du spectre à chacune de ses extrémités, avec de la 5G partout et de grandes batailles autour des réseaux IOT basse consommation / LPWA. A côté de la Lora Alliance et de Sigfox (qui a reçu un prix durant le show), les grands équipementiers travaillent plus ou moins ensemble pour développer des réseaux NB-IOT (Narrowband-IOT). Des nouvelles sont à venir côté Huawei, Alcatel, Ericsson. Dans ce domaine en plein effervescence, la bataille des standards commence à peine et la course au déploiement bat son plein.

Ces réseaux sont là bien sûr pour connecter l’internet des objets dans toutes ses formes, et en particulier objets connectés, wearables, smart home, smart cars, connected bikes – l’IoT, l’un des grands sujets du MWC16.

Smart cars au MWC16

Smart cars au MWC16

Il y avait à peu près autant de vélos connectés que de voitures « intelligentes » (2). Pour la « smart »maison, le stand Z-Wave était impressionnant par le nombre de solutions disponibles. De même les stands « Lora Alliance » et Sigfox qui étaient intelligemment séparés par Libelium, une société espagnole en pointe dont les capteurs et boîtiers permettent de connecter la ville et qui travaille avec les deux technologies. La visite groupée des trois stands et celui de l’alliance Z-Wave permettait de comprendre les progrès réels dans ces domaines.

Bijoux au MWC16

Bijoux au MWC16

Autre sujet très présent : les wearables. Les conférenciers viennent sur le salon pour voir (entre autres) de nouveaux mobiles, et sur certains stands, on se croyait Place Vendome où des dizaines de modèles de montres, de bagues, de bracelets étaient exposés, tous bien sûr plus ou moins connectés. Certains de ses bijoux permettaient le paiement, sans trop savoir comment. Sur les stands Visa et MasterCard, des bijoux divers, en coopération avec la société Coin, étaient exposés. Autre les bijoux connectés, on pouvait trouver (surtout sous forme de concept) des vêtements, des gants, des lunettes, un sac à main permettant de payer.

Paiement au MWC16

Paiement au MWC16

Sans vouloir refroidir les énergies créatrices des concepteurs de tous ces objets permettant le paiement, les objets portés quotidiennement avec nous sont le mobile, le portefeuille (avec nos cartes et/ou du cash) dans une poche ou un sac à main) et également une montre. Ces trois objets permettent déjà le paiement. Il ne me semble pas faire sens d’avoir en plus chacune de nos vestes, chacun de nos manteaux ou de nos bijoux capable de payer. (Une seule veste permettant de payer ne fait pas sens). Les seuls wearables permettant le paiement nous semblant potentiellement intéressants sont la montre / le bracelet de montre, et des bracelets de type Fitbit lorsqu’on va courir ou nager et qu’on ne prend ni portefeuille, ni mobile. C’est un vrai marché même si de niche. Et en parlant de niche, on pouvait trouver sur le salon des objets connectés pour animaux domestiques 😉

Toujours sur le paiement mobile, peu de développement ou de grandes annonces autour du HCE, qui semble marquer le pas, du côté des banques, même si le support du NFC par Paypal sur son application Android sera probablement HCE. Par contre, le mot-clé paiement du MWC16 était « tokenisation » , et particulièrement sur les stands Visa et MasterCard. Le concept semble entériner et devrait se développer, diminuant encore les risques de fraudes sur les paiements et ayant de nombreuses applications potentielles dans les domaine de l’Internet des objets. Paypal supporte donc enfin le NFC pour le paiement de proximité et Samsung présentait sur son stand Samsung Pay contrairement à LG, dont l’annonce officielle de LG Pay n’a pas encore eu lieu.

Pour en finir avec le sans contact, la technologie était à la fois partout et nulle part.

NFC au MWC16

NFC au MWC16

  • Nulle part est une exagération car en plus de tous les stands proposant du paiement sans contact, NXP et ST Microelectronics montraient de nombreuses applications NFC autour des wearables et de l’électronique embarquée, une pile alimentée par NFC chez ST par example pour les objets connectés et le NFC était très présent dans la voiture connectée de NXP. Mais il y avait clairement moins d’applications lecture de tags (information ville de type Connecthings) ou accès (le badge était bien sûr sans contact mais sa version mobile avait disparu).
  • Partout car dans tous les restaurants/bars du salon (ou en général de Barcelone), on pouvait payer sans contact, ainsi que sur tous les automates qui proposaient eaux et autres boissons.
  • Partout puisque avec l’arrivée de Paypal (on pouvait voir une première démonstration sur le stand de Vodaphone Espagne où le paiement sans contact Vodaphone/Paypal est en place), tous les acteurs du paiement (hors Amazon absent) proposent le paiement sans contact. Il reste quelques mobiles sans NFC comme les Wikio mais ils sont de plus en plus rares. Même Doro, avec ses mobiles spécifiques aux seniors propose un modèle avec NFC, Liberto 825. Pour les terminaux de paiement sans contact, Ingenico était bien présent avec son écran de télévision vertical développé avec Think&GO NFC permettant le paiement, Verifone avait fait l’impasse et on pouvait trouver sur certains stands comme Visa, des TPE de chez Square ou iZettle (qui n’avaient pas de stands) sans oublier les français Famoco avec ses terminaux de paiement (et autres fonctions) disponibles principalement en circuit fermé et ABC Smart Card sur la partie matérielle.

SIM et eSim. L’arrivée de l’eSim, officiellement entérinée par la GSMA (l’association mondiale des opérateurs télécom et organisateur du MWC), pour les objets connectés, va réduire l’expansion du marché des SIM interchangeables telles qu’on les connait sur nos mobiles. L’eSIM est soudé sur l’objet qui l’utilise (comme sur la montre Samsung Gear S2) et elle est donc accessible par les différents opérateurs. Il n’y a plus besoin de changer de SIM à chaque changement d’opérateurs. Cette eSIM est clairement destiné au marché des objets connectés mais on peut imaginer qu’à terme, elle se retrouve sur nos mobiles. Les fabricants de SIM comme Gemalto, Oberthur, Morpho ou Giesecke & Devrient s’y préparent depuis longtemps.

Et sans ordre précis, la biométrie était également très présente sur de nombreux stands, sur différentes technologies (empreintes digitales, comparaison visage et photos passeport, réseaux veineux, …), les caméras 360° (chez Samsung), des circuits électroniques flexibles chez NXP et toute une partie du hall 8 était consacrée au graphène, une matière qui pourrait révolutionner l’industrie du mobile.

Cyborg au MWC16

Cyborg au MWC16

Pour l’anecdote, une seule perche à selfie aperçue pendant les quatre jours mais d’autres moyens d’enregistrer des événements comme cette jeune cyborg sur le stand Samsung. Les applications BLE semblaient moins présentes mais il est possible qu’elle nous aient échappées.

Mobiles au MWC16

Mobiles au MWC16

Enfin, dans le cadre de ce Mobile World Congress, les mobiles se retrouvent dans la catégorie « somewhere ». Pourquoi ? Parce qu’il nous semble que malgré les annonces de nouveaux modèles chez les principaux constructeurs présents – Samsung Galaxy S7, LG G5, Microsoft Lumia 650 et j’en oublie, nous n’avons pas ressentie de « wow » effect. Des améliorations certaines comme de meilleures batteries ou de meilleurs appareils photo mais rien qui ressemble à une nouvelle direction ou de nouveaux services, hors réalité virtuelle mais le mobile disparait totalement dans ce cas d’usage.

Ainsi se termine ce compte rendu succinct d’une très belle édition du Mobile World Congress, un événement parfaitement huilé, avec près de 100,000 conférenciers arpentant les allées, le stands et les les conférences pendant 4 jours.

Merci de vos commentaires, corrections et ajouts et en particulier si votre perception du salon est différente de ce compte rendu.

A suivre … l’année prochaine et en relisant les comptes rendus des années précédentes (voir ci-dessous).

@PierreMétivier

Notes

  1. Quand on se prénomme Pierre, on peut se permettre une version lapidaire 😃
  2. On parle de vélo connecté et de « smart cars » ; la raison en est simple. Le cycliste n’ayant besoin que d’informations sur son parcours et donc de connectivité alors que le conducteur d’une voiture a souvent besoin d’aide côté intelligence 😃

Pour aller plus loin

  1. Plus de 630 photos sur Flickr pour une visite illustrée du Mobile World Congress 2016
  2. LinkedIn – Paypal and NFC – From NOT For Commerce to NOW For Commerce
  3. USA Today – Smartphone innovation hits a wall
  4. Les comptes rendus des années précédentes

Présentation de ZenZor, une plate-forme française dédiée aux objets connectés sur le réseau Sigfox

Présentation ZenZor - Digital Airways et SIGFOX

Présentation ZenZor – Digital Airways et SIGFOX

Dans le cadre de son développement, Sigfox met en valeur les partenaires utilisant son réseau et donc, le 9 février, Sigfox et Digital Airways ont présenté de concert la plate-forme d’objets connectés Zenzor devant un parterre de grands groupes industriels.

La promesse de l’invitation était «  La plate-forme Zenzor de Digital Airways permet d’intégrer  des objets et services connectés et d’en créer des usages spécifiques dans un temps record. Utilisée avec des objets connectés par SIGFOX, la flexibilité s’en trouve accrue, de même que la simplicité et le faible coût de déploiement. » complété par la «  mise-en œuvre pragmatique d’un projet IoT de A à Z. »

IOT (c) Sigfox

IOT (c) Sigfox

Avant cela, James Newton a fait un point du développement de Sigfox. Morceaux choisis. Les mobiles sont une (petite) partie de l’ Internet des objets. (plus de 33% quand même, 6,5 md sur 20 md d’objets en 2020 sur les chiffres présentés – NDLR😉). S’en est suivi une belle liste à la prévert des toutes les applications industrielles de l’IoT – agriculture, santé, manufacturing, transport …  Les points-clé d’un réseau permettant le développement de l’internet des objets  sont l’efficacité énergétique, la portée, la simplicité de mise-en-oeuvre et un coût réduit. Couverture complète (90%) – France UK, Belgique, Espagne, Pays-Bas. En cours – US, Allemagne, Italie. La couverture de Europe de l’Ouest devrait être terminée fin 2017. La couverture Sigfox en provenance de l’Espace avec Airbus et Eutelsat, en complément du réseau terrestre, est prévue pour 2018.

James nous rappelle que Sigfox est uniquement opérateur, la société ne commercialise ni matériel, ni logiciel et s’appuie sur un écosystème de partenaires exploitant le réseau comme Digital Airways.

Franck Lefevre, Digital Airways

Franck Lefevre, Digital Airways

On passe à Frank Lefevre, fondateur de Digital Airways, société connue / reconnue principalement dans le domaines de l’ IHM  (Interface Homme Machine), un concept-clé dans la conception des objets (connectés ou non) et des services. La question que doit se poser tout dirigeant d’entreprise : «  En quoi cet objet connecté peut-il tuer mon business ou est ce une opportunité de développement ? »

La plate-forme ZenZor s’adresse donc à des industriels souhaitant générer de nouveaux revenus en exploitant leurs actifs existants dans une logique « Internet des Objets »  avec des délais, des coûts et des risques réduits. Comme toutes les plateformes de ce type, ZenZor promet de  connecter au monde les objets existants et en gérer les usages.

Objectifs commerciaux d’un projet IoT

  • Capter de nouveaux revenus même sur des installations existantes, voire concurrentes
  • Garantir la récurrence de ces revenus grâce à une offre de services innovants
  • Optimiser les ressources en améliorant la qualité de service
  • Mieux servir les clients, en les connaissant mieux mais aussi
  • Ajouter des services connectés originaux à un à un catalogue intégrant d’autres offres, en toute autonomie.
  • Anticiper les évolutions de marché avant que des concurrents ne le fassent
  • Sans impact sur le système d’information même si il faut interagir avec lui
  • Sans impact sur le système de production en utilisant une plate -forme complète et autonome.

Franck ne croit pas aux données comme manne financière.  La donnée, c’est plus les rayons du soleil que le pétrole. A traiter avant d’être utilisés.

ZenZor sur le terrain (c) Digital Airways

ZenZor sur le terrain (c) Digital Airways

La plate-forme d’objets connectée ZenZor se compose de boitiers également nommés ZenZor, acceptant de nombreux capteurs et autres sondes, la plateforme Coldfacts et des appliances, les TimeSquAir, des petits micro-ordinateurs indépendants qui peuvent traiter de la donnée sans passer par le cloud, le tout s’appuyant sur le réseau Sigfox.

Deux principes-clés et différentiants de la plate-forme

  • mettre de l’intelligence dès la captation de données pour n’envoyer que les données utiles.
  • ne pas dépendre du cloud

Eléments techniques d’un projet IoT

Eléments techniques d'un projet IOT (c) Digital Airways

Eléments techniques d’un projet IOT (c) Digital Airways

Zenzor prend en charge les parties Contrôleurs de données, Télécoms et réseaux, Collecte et gestion et fournit une aide sur les parties Equipements et Sondes et Fonctions métiers.

Autres avantages promis par ZenZor

  • Pas de désintermédiation (marque, produit, données, plate-forme,…).
  • Personnalisation et mise en place rapides, pour un coût réduit.
  • Un seul abonnement peut gérer l’ensemble du parc.
  • Pas de compétences nouvelles à acquérir pour la vente, ni pour la gestion technique.
  • Délégation de gestion possible (abonnements,  facturation, paiement,…).
ZenZor à l'usage (c) Digital Airways

ZenZor à l’usage (c) Digital Airways

A l’usage, les données des équipements sont connues en temps réel par les capteurs adaptés qui sont associés à l’infrastructure ZenZor. ZenZor le capteur peut être installé sur n’importe quel équipement et supporte une large variété de sondes et capteurs. Ces données sont traitées et transmises en temps réel vers des serveurs (publics ou privés). ZenZor ne remonte que les données pertinentes, de façon sécurisée. Elles sont visibles en continu, ainsi que les actions qui y sont associées. Les utilisateurs peuvent directement créer les tableaux de bord et les applications répondant à leurs besoins spécifiques. De nouvelles actions et applications peuvent y être continuellement associées, répondant exactement aux besoins et à leurs évolutions, pour des coûts et des délais réduits, y compris avec des applications mobiles ! Enfin, avec les appliances TimeSquAir, de nouveaux usages peuvent être créés et déployés à très faibles coûts, en toute autonomie, sur de nombreux sites.

Programmation interactive Zenzor (c) Digital Airways

Programmation interactive Zenzor (c) Digital Airways

Et même si Franck a brillamment connecté mon parapluie NFC à sa démonstration (à l’aide de la programmation interactive objet utilisée sur la plate-forme), nous somme bien dans un internet des objets industriels et non de gadgets connectés, Franck ayant utilisé comme exemple de base, une cuve industrielle, un des objets les moins « glamour » de la planète.

Zenzor est une plate-forme pleine de promesses et de fonctionnalités novatrices, et il en faudra sur un marché où les concurrents s’appellent ThingWorx, IFTTT, Amazon Web Services, Xively et bien d’autres.

Bonne chance à ZenZor. Nous suivrons ce projet de près.

A suivre.

Pierre Métivier

@PierreMetivier

Pour aller plus loin

SIGFOX ecosystem (c) Sigfox

SIGFOX ecosystem (c) Sigfox

Le paiement sans contact est entré dans les habitudes … en 10 ans

Paiement sans contact il a fallu 10 ans

Paiement sans contact il a fallu 10 ans

 » Avec l’infrastructure de base désormais en place, l’accent est mis pour étendre la technologie carte à puce électronique à d’autres types de transactions (comme les transactions CNP (Card Not Present)), et mieux tirer partie des capacités de la puce EMV et du code PIN.

Par exemple, nous constatons un enthousiasme réel pour les paiements Visa sans contact (technologie utilisée pour échanger instantanément les instructions de paiement entre une carte à puce EMV et un terminal de paiement). Cela offre la possibilité de remplacer les paiements en espèces de faible valeur à volume élevé des points de vente, comme les commerces de proximité, la restauration rapide et la billettique transport. « 

Ce texte fait partie du Rapport Annuel Visa Europe de 2006 (page 13).  A l’époque, il n’est pas sûr que ces auteurs pensaient qu’il faudrait 10 ans pour que le paiement sans contact NFC se mette en place. Nous y reviendrons. Aujourd’hui, il est clair que le paiement sans contact annoncé dans ce rapport de 2006 est là et bien là. Le quotidien Les Echos le rappelait fin Janvier. Les chiffres du mois de décembre 2015 publiés par le Groupement Cartes Bancaires pour la France sont éloquents.

Paiement sans contact France 12:15 (c) Groupement CB

Paiement sans contact France 12:15 (c) Groupement CB

  • 35,6 millions de cartes bancaires (CB) sont sans contact, soit près de 60% du parc de cartes bancaires.
  • 11,6 millions de cartes différentes ont été utilisées en sans contact, soit un tiers des cartes sans contact en circulation (en hausse de 12,3%).
  • 33,2 millions de paiements sans contact ont été réalisés pour un chiffre d’affaires de 347,65 M€ (en hausse de 22,4%), et donc plus d’un million de paiement sans contact par jour en France. Et tout cela malgré le fait que …
  • le parc de commerçants installés est de 27,3 % toujours en progression certes mais ne représentant qu’un peu plus d’un quart des commerces. (354 708 commerces équipés en sans contact et environ 510 000 terminaux opérationnels).

Autre exemple, cette fois-ci dans les transports en commun londoniens. Chaque jour, à Londres,c’est plus d’un million de trajets payés directement en sans contact carte et mobile (sans passer par la case – j’achète un ticket à l’automate ou sans abonnement). Le système est en passe de remplacer le ticket individuel, couteux pour l’usager et pour l’opérateur de transport, et si peu écologique. Sur ce dernier point, il est à noter que les usages prévues par le rapport Visa Europe se sont révélés exacts (voir la répartition en fin d’article) même si la partie usage du paiement sans contact pour la billetique (transport) s’est développé à Londres mais pas (encore) à Paris.

Répartition paiement sans contact France 12:15 (c) Groupement CB

Répartition paiement sans contact France 12/15 (c) Groupement CB

Et l’usage va continuer à progresser au fur et à mesure de la distribution des cartes, du passage des titres restaurant en format carte/mobile sans contact, de l’installation et de la connexion des TPE sans contact en magasin, du paiement sans contact sur les automates de vente (boissons, friandises, machines à laver..) et l’arrivée d’autres appareils acceptant le sans contact comme les écrans d’Ingenico et de Think&Go NFC.

Il a donc fallu 10 ans pour que l’annonce du déploiement à venir du sans contact devienne réalité. Plusieurs raisons à cela :

  • un effet d’annonce et une approche positive liée au media utilisé – le rapport annuel de la société.
  • une infrastructure clairement pas disponible en 2006 pour répondre à « l’enthousiasme pour le sans contact » , que ce soit au niveau des terminaux de paiement électroniques, des commerçants et des consommateurs. Une infrastructure mondiale, ça prend du temps à se mettre en place.
  • une valeur d’usage peu claire pour le consommateur, qui ne se découvre qu’à l’utilisation, avec suffisamment d’occasions pour le faire. Le paiement sans contact prend toute sa valeur d’usage pour des paiements réguliers de faibles montants.
  • le refus de certains commerçants d’accepter la carte pour des montants inférieurs à 10 ou 15 € pour « éviter les frais bancaires », limitant de ce fait l’utilisation du sans contact limitée à 20 €.
  • une prudence des consommateurs liée à la peur du vol des données de la carte à distance, une peur plus présente dans les médias que dans la réalité, nous en avons souvent parlé dans ce blog.
Paiement sans contact mobile

Paiement sans contact mobile

Et le paiement sans contact par mobile dans tout cela ? L’offre est encore morcelée surtout en France, que ce soit au niveau bancaire ou telcos, l’infrastructure mobile NFC + SIM NFC est loin d’être terminée et le provisionning (création du compte mobile NFC sur mobile) est encore long et complexe.  Et puis, la différentiation entre application bancaire de paiement sans contact sur mobile et carte sans contact est actuellement proche de zéro alors que le service mobile sans contact peut être payant. Seules des applications multi-services (associant coupon, fidélité, promotion, parking, transport, consultation des comptes, …) permettront cette différentiation. C’est un peu ce que fait Orange Cash pour ses clients en format pré-payé (avec des promotions régulières), et ce que pourrait faire Carrefour en portant sa carte Pass, déjà multi-application, sur mobile NFC.

C’est aussi la direction que prennent des Apple Pay, Samsung Pay, Google Pay …. qui ne sont pas encore en France mais qui pourraient l’être avant que nos acteurs français se soient mis en place avec des solutions complètes, simple à installer et à utiliser. La course est engagée.

Est ce que cela prendra de nouveau 10 ans pour les mobiles ? Nul ne le sait mais avec l’infrastructure TPE étant en place, les usagers de plus en plus habitué au paiement sans contact, et à l’utilisation de leurs mobiles, ET l’arrivée des acteurs cités précédemment, il est probable que l’adoption sera beaucoup plus rapide.

A suivre .. avant 2026.

@PierreMetivier

Pour aller plus loin

Répartition paiement sans contact France 12:15 (c) Groupement CB

Répartition paiement sans contact France 12/15 (c) Groupement CB