Quelle alimentation en 2050 ? Une conférence de l’association Sorbonne Innovation et Technologie aux Mardis de l’Innovation

L'alimentation du futur aux Mardis de l'Inno

L’alimentation du futur aux Mardis de l’Inno

Après une très réussie première séance consacrée aux media, les étudiants de l’association Sorbonne Innovation et Technologie du Master 2 Professionnel Innovation et Management des Technologies de l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne (#respirez) ont enchainé un deuxième Mardi de l’Innovation, cette fois ci consacré au futur de l’alimentation.

Pendant des années, nous avons amoindri les ressources de notre planète avec de mauvaises habitudes : surconsommation, gaspillage, sur-utilisation des pesticides, maltraitance animale etc. Les producteurs ont dû utiliser des méthodes nuisibles pour la santé humaine et animale afin de produire rapidement, en grande quantité et à des prix toujours plus bas. Avec des conséquences sanitaires importantes, l’opinion publique envers l’alimentation devient de plus en plus critique. La tendance actuelle est donc de revenir au local et à la qualité. Les consommateurs réfléchissent à de nouvelles manières de se nourrir : de la micro-algue aux produits dérivés d’insectes en passant par les coopératives collaboratives ; un large éventail d’alternatives s’ouvre à nous. Quelles sont les solutions qui pourront nous permettre de nourrir durablement les 9 milliards de terriens attendus en 2050 ?

Le texte introductif du programme donne le ton, un ton combatif, dans l’air du temps, mettant uniquement en avant les carences (réelles) du système actuel. Pour aborder complètement le débat, il aurait fallu également rappeler même brièvement le rôle positif des filières industrielles et agricoles qui ont permis jusqu’à présent de « globalement » nourrir la planète malgré l’accroissement de sa population et réduire la faim dans le monde même si bien sûr il reste beaucoup à faire. #passons

Prononcée pendant la présentation de la séance par les organisateurs – Quentin Jamrozik, Camille Dorra & Anna Lach, citons cette phrase pleine de bon sens de Camille « Je ne connais pas beaucoup de végétaliennes / végétariennes dans mon entourage mais je viens du sud-ouest » 😉 #allisnotlost

Et pour proposer des solutions alternatives :

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Alexis Angot, CFO et Cofondateur de Ynsect

On commence avec Alexis Angot, fondateur et CFO de Ynsect  Alexis nous explique que la pisciculture (l’élevage de poissons) requiert beaucoup de nourriture, jusqu’à présent, des petits poissons péchés en Amérique du Sud et transformés en farine. Cet approvisionnement ne suffit plus et de plus il est couteux et peu écologique (transport de l’Amérique du Sud vers les fermes piscicoles d’Europe ou d’Asie) d’où l’idée d’une nourriture nouvelle à base d’insectes. Le choix après étude s’est porté sur un scarabée, dont les larves sont transformées en farine. Dans la nature, les poissons mangent des insectes, les volailles également. Les premiers expérimentations sont très positives sur l’appétence par les volailles et les poissons de cette nouvelle farine et les résultats en terme de qualité de la chair / viande produite sont encourageants.

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Lyndsi Baker, directrice de La Tablée des Chefs

On enchaine avec Lyndsi Baker, directrice de La Tablée des Chefs  La Tablée des Chefs est une organisation québécoise qui nourrit les personnes dans le besoin et mais qui développent également l’éducation culinaire des jeunes (pour leur donner le goûts des bas repas et leur éviter la dépendance à la malbouffe). On peut imaginer le modèle Restos du Coeur complété par des chefs de cuisine et une éducation offerte à la cuisine et au gout. La Tablée des chefs s’installe en France et au Mexique.

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Thomas Dagorn Dias, fondateur de Energaia France

Après la farine de scarabée pour animaux, nous passons aux micro-algues pour nous, les humains. C’est Thomas Dagorn Dias, fondateur de Energaia France  qui nous parle avec passion de la spiruline. La spiruline est déjà disponible dans les commerces spécialisés. Riche en fer, en de nombreuses vitamines (sauf la C), elle est recommandée entre autres pour les sportifs et combattre les fatigues passagères. Le plus d’EnerGaia : une fabrication en France, des micro-algres fraiches et non séchés et des recettes adaptées. Une information de ma voisine de gauche pendant la conférence me dit que la spiruline, c’est pas bon à manger (je paraphrase pour ne pas choquer le lecteur). Ceci étant dit, Thomas avait apporté une boisson à base de spiruline qu’il a distribué à tous les participants de ce colloque. Et sincèrement, c’était moins pire qu’annoncé. Des recherches sont en cours pour améliorer le gout des boissons et autres nourritures à base de spiruline. La société est en cours de création et les produits Energaia seront bientôt disponibles.

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Philippe Peiger, Créateur de fermes urbaines

On termine avec Philippe Peiger, un intervenant de bonne humeur après deux « mojito » à base de micro-algues, suivant ses dires. Philippe s’occupe de sa ferme dans les Yvelines près de la Normandie. C’est une ferme à la fois pédagogique et expérimentale. Il aime parler aux enfants (citadins) de la frite magique , ces derniers la recherchent dans la terre et découvre une pomme de terre. Philippe est à la base de nombreux projets liant la ferme, le sociétal comme la Recyclerie ou L’arche des petites bêtes, une méga-maison aux insectes à Thoiry toujours dans les Yvelines. Plus récemment, son projet de ferme du Rail a gagné le Concours Intl « Réinventer Paris ». La ferme du Rail est un projet multi-facette alliant agriculture dans la ville et citoyens en difficulté.  « Un coq qui chante près d’une bouche de métro, ça donne la banane aux parisiens« .

S’en est suivi un débat très animé autour de la nourriture type insectes pour les humains et puis une remarque directe d’un auditeur qui a clairement mis en cause le modèle ferme à la ville, pour lui sans avenir et uniquement politiquement correct. Philippe Peiger a rappelé avec calme que l’agriculture faisait partie des villes encore très récemment et que son retour n’est qu’un juste retour des choses.

Et donc, en 2050, serons-nous dans l’environnement terrifiant de Soleil Vert / Soylent green, un grand film de science-fiction de 1973 sur ce même sujet, l’alimentation en 2022 dans 6 ans comme quoi  … bande annonce ci-dessous, avec des rations à base d’algues, d’insectes voire pire ? #spoiler ou dans un monde de petites fermes bios, circuits courts, sans engrais ni pesticides, chacun avec ses poules Magalli et son potager sur sa terrasse ? Ce sera probablement un modèle hybride agriculture / élevage industriel et agriculture / élevage raisonné pour Philippe Peiger, des paroles pleines de bon sens pour une belle conclusion.

Et un grand bravo à Sarah Labaied qui a réalisé en temps réel pendant les débats, une fresque graphique très claire, beaucoup plus clair que ce compte rendu à coup de serpes twittesques. Si je vous l’avais présenté avant, vous ne m’auriez pas lu 🙂

Le résumé graphique de Sarah Labahied

Le résumé graphique de Sarah Labahied

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Petit verre de spiruline avec @Sorbonne_IT

Au programme des prochaines séances, dans un mois : Amour, Sexe et NTIC , le 17 mai, Aventure, 24 mai, Engagement, 31 mai et Education, 07 Juin.

A suivre …. en dégustant des pensées poivrées et en buvant de la spiruline.

@Pierre Metivier

 

Pour aller plus loin

Des images de la conférence sur Flickr

Et merci aux organisateurs et animateurs.
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