Archives mensuelles : mai 2016

La maison, un objet connecté différent des autres – l’exemple Somfy – 2/2

Tahoma serenity (c) Somfy

Tahoma serenity (c) Somfy

Retour sur la maison connectée et nos tests sur la Tahoma box de Somfy. Dans la première partie de cet article, après avoir présenté les grands concepts de la maison connectée et de son écosystème, nous avons branché notre Tahoma Box, son socle liée à la sécurité compris dans le Pack Serenity, nous avons lié la box à l’internet et à un compte Somfy, puis nous avons connecté quelques capteurs très divers – capteur de présence humaine et animale, de luminosité, d’ouvertures de porte, des prises électriques y compris ZWave, une caméra IP et des ampoules Hue, certains dans le kit Serenity et d’autres additionnels.

A ce point de l’installation, il est possible de voir que tout fonctionne, prendre des photos avec la caméra à distance, de son PC ou d’un mobile, de commander l’allumage des lampes à distance, le tout manuellement.

Que reste-t-il donc à faire pour disposer d’une maison « intelligente » ? Trois fois rien, juste créer des usages. Car le matériel est en place mais pas ce qu’il devrait faire. Comme un ordinateur et ses composants y compris l’OS mais qui serait sans logiciels applicatifs. Il va donc falloir créer des scénarios, programmer des liens entre tous ces capteurs et actionneurs, ces éléments de notre maison en fonction d’événements ou de plages horaires. Quelques exemples :

  • Que doit-il se passer si le capteur de mouvement détecte une présence ?
  • Que fait notre installation si la température augmente dans une pièce ?
  • Quelle action prendre lorsque la lumière baisse dans une autre pièce ?

Cette programmation se fait de manière intuitive et interactive à travers des scénarios de type « Que se passe t-il si ?« , proche du modèle bien connu IFTTTif this then that» ) et en déplaçant un certain nombre de pictogrammes  soit une boite Actions. « Je veux / then that » , soit dans une boite SI  – les conditions (if this). Les pictogrammes comprennent à la fois nos objets disponibles mais aussi d’autres actions comme l’envoi de mails ou d’alertes.

Exemples de scenarii :

  • SI le lecteur de présence dans une pièce est activé ALORS envoyer une alerte pour le signaler sur un mobile.
  • SI la luminosité baisse dans une pièce, ALORS allumer une lampe.
  • SI la température dépasse un certain seuil, ALORS baisser le chauffage (avec un thermostat connecté bien sûr – non testé mais existant).

Il est également possible de programmer des actions liées au temps, à des heures précises ou utilisant des plages horaires comme condition. SI il est 22:00, ALORS fermer le(s) volet(s) roulant(s) et activer les ampoules Hue (ou pas) avec une ambiance « cool ».

Pour chaque scenario, il peut y avoir plusieurs conditions et plusieurs actions. Lorsque il y a plusieurs conditions, il est possible de décider si une seule ou toutes les conditions doivent être réalisées pour activer le scenario.

Côté sécurité, il est possible de programmer 3 modes différents qui seront associés à la télécommande (qu’elle soit physique ou numérique – application sur mobile).

Nous avons programmé un scenario clé pour chacun d’entre nous, un scenario permettant de répondre à la question :  » Est ce que le chat monte à l’étage en entre notre absence ? «  Question existentielle s’il en est et donc SI le chat monte à l’étage, ALORS le prendre en photo (et donc en flagrant délit) ET envoyer un message mail pour nous indiquer l’infraction. Un détecteur d’animal de compagnie (capteur) en face de l’escalier associée à une caméra qui prend une série de photos pour confondre l’animal.

Scenario chat et résultat - Somfy Tahoma

Scenario chat et résultat – Somfy Tahoma

Une programmation sans problème, un test plus complexe qu’il n’y parait puisque le félin, après avoir écouté notre requête a décidé que c’était une atteinte à sa vie privée et n’a pas souhaité coopérer. Il a fallu donc jouer au chat (sans la souris) pour réaliser ce test et informer nos lecteurs. Test concluant, pour ce scenario transformé en générateur de selfies automatique.

Demande de participation au test Somfy et réponse de l'intéressé

Demande de participation au test Somfy et réponse de l’intéressé

App Mobile Tahoma Somfy

App Mobile Tahoma Somfy

Ajoutons la disponibilité de deux applications mobiles très utiles – une application permettant de monitorer tous les objets connectés à la Tahoma box et une application destinée à activer ou désactiver le système d’alarme.

Indéniablement, cette expérience montre les progrès impressionnants en terme de possibilités, de facilité d’installation et de création de ses propres usages dépendant de son environnement et de ses choix. On comprend rapidement en interagissant avec tous ces objets connectés, ces capteurs, ces actionneurs que les possibilités sont très nombreuses, et que leur nombre augmente au fur et à mesure que des objets sont connectés à la Tahoma box. Ce qui veut également dire que pour réellement connecter une maison, il faut des capteurs dans toutes les pièces, des capteurs de mouvements, de luminosité, de température, des prises électroniques ou douilles connectés, des volets roulants …

Sauf à ne pas compter son budget, il y a donc des choix à faire en terme de fonctionnalités – la sécurité, la gestion de l’énergie (lumière, chauffage), l’automatisation des tâches, et puis l’étendue de cette automatisation, à certaines pièces ou à toutes les pièces.

Que peut-on attendre ou souhaiter pour la suite ? Et probablement que les suggestions ci-dessus existent déjà, chez Somfy ou d’autres fournisseurs de domotique ou d’où la faisabilité est complexe. (Rappel – la domotique n’est pas le sujet premier de ce blog – NDLR).

  • Un objet multi-capteur multi-services pour une pièce, mesurant luminosité, température, présence, une prise électrique … un tout en un plus économique et plus facile à connecter.
  • Un lecteur NFC compatible avec la box à travers un des protocoles supportés, une demande qui ne devrait pas surprendre le lecteur familier de ce blog pour permettre de signaler la présence d’une personne dans la maison avec une carte ou un mobile, gérer un contrôle d’accès, désarmer l’alarme voire ouvrir la porte d’entrée à heures précises pour la baby sitter ou la femme de ménage, permettre aux enfants de signaler leur présence par eux-même plutôt que par détecteur de mouvement et prise de photo …
  • Le lien avec les installations multimédia et l’électro-ménager connecté en général et la cuisine en particulier – rappelons les groupes SEB et Somfy sont voisins.
  • Des rapprochements technologiques, à travers des protocoles communs, entre tous les acteurs du marché (Somfy, Deldadore, Schneider Electric, Bosch, Legrand, …. ), les acteurs spécialisés, les acteurs mondiaux de l’Internet, …
  • Une utilisation intégrée de IFTTT, solutions intègrant déjà certains objets comme (et toujours) les ampoules Hue de Philips.

Que tirer de cette expérience (forcément partielle) ? Nous avons écrit dans la première partie de l’article que la domotique d’il y a 20 ans pouvait être considérée comme un échec. Complexité d’installation, manque d’installateurs, incompatibilité des différentes solutions, fragmentation du marché, coût en relation avec un marché de niche, un besoin non identifié : les raisons ne manquaient pas. Est-ce que cela a changé ? La réponse est oui, en grande partie.

La technologie, les protocoles et la connectivité sont amplement disponibles ainsi que des offres complètes et des myriades d’objets connectés pour la maison – capteurs de toute sorte, actionneurs, composants connectés de maison type volets ou serrures, ampoules, prises électriques, box, et les applications pour commander tout cela. Et jamais l’appétence pour le smart ou le connecté, dans tous les domaines, n’a été aussi forte.

Amazon Echo

Amazon Echo

Est ce que cela suffira à en faire un marché grand public à court terme, c’est l’une des questions. Cette multitude à la fois de solutions et d’acteurs (les acteurs traditionnels de la maison comme Somfy, en passant par les acteurs spécialités et les GAFAs – voir la première partie de l’article) créent une certaine confusion pour le consommateur. Il n’est pas facile de faire un choix, les compatibilités entre tous ces objets de l’écosystème étant, tout au mieux, incertaines.

La baisse des coûts des composants d’un système domotique est réel et va continuer au fur et à mesure des développements de la domotique 2.0. Mais il est clair qu’un grand nombre de facteurs – parmi lesquels l’approche choisie (automatisation, sécurité, ….), la taille de la maison, la configuration choisie, l’environnement (nouvelle maison ou maison ancienne), …  –  vont faire varier le montant total de chaque installation dans des proportions importantes.

En ce qui concerne le kit Somfy Tahoma Serenity, c’est une solution sur étagère « off-the-shelf », permettant de tester la domotique facilement, d’installer un premier niveau de sécurité, se faire une idée des possibilités, imaginer des usages. Si de plus, vous avez déjà du matériel type volets roulants ou portail de la même marque, c’est clairement une solution à envisager et la box, ouverte à de nombreux protocoles, permet d’envisager, avec ’sérénité » des extensions au fur et à meusre des besoins.

Est ce l’ouverture d’une domotique grand public ? Est-ce le lancement à grande échelle de la « smart home » ? On s’en rapproche mais la question reste ouverte et …

à suivre bien sûr et n’hésitez pas à commenter ou partager vos propres expériences.

Pierre Métivier

Pour aller plus loin

La maison connectée de la Connected Conference

La maison connectée de la Connected Conference

  • Pour un complément d’information à très court-terme, vous pouvez aller visiter une « connected home » , aujourd’hui et demain, les jeudi 26 et vendredi 27 Mai au 104 à Paris dans le cadre de la Connected Conference. Une certain nombre d’objets connectés y sont en situation, dans une cuisine, une chambre, un salon, et même une boite aux lettres connectée et une tondeuse à gazon, avec du matériel Somfy, Bosch, Amazon, Philips, et quelques autres. Une approche différente également de la « programmation » de ces objets  est également présentée, puisque elle n’est pas basée sur la définition de scenarii mais sur l’apprentissage par les objets eux-même des usages des utilisateurs grâce à l’Intelligence Artificielle, un projet de la société craft ai. Une voie très prometteuse.
  • La première partie de l’article
  • Smart home : une domotique 2.0 ou un simple changement de nom ? sur ce même blog (2013).
  • NFC et Domotique – Un article de l’auteur dans Domotique News (2015)
  • HomeKit : iOS 10 centralisera les objets connectés de la maison ! sur Aruco

et toujours

La maison, un objet connecté différent des autres – l’exemple Somfy – 1/2

Tahoma Serenity - SomfyPourquoi la maison serait-elle un objet connecté pas comme les autres ? Il y a de nombreuses raisons à cela. Parce qu’elle est complexe, c’est un lieu de vie irriguée par l’air, l’électricité, l’eau, le gas, le wifi, la chaleur, le son, l’image, la lumière, la vie. On y cherche confort, sécurité, repos et activités, elle est habitée par des êtres différents, petits et grands, à deux et 4 pattes (pour la plupart), avec des besoins tous aussi différents. Elle est composée de pièces aux usages multiples, de la chambre à la cuisine, du salon au garage, maison qui, elle-même, fait partie d’une rue et d’une ville. Ce n’est pas un objet mais des centaines d’objets que l’on peut, qu’il faudra(it), qu’on pourra(it) connecter (ou pas).

Villa Arpel - Mon oncle - Jacques Tati

Villa Arpel – Mon oncle – Jacques Tati

La maison automatisée, connectée ou intelligente (nous reviendrons un jour sur ces 3 termes – NDLR) n’est pas un sujet nouveau, elle s’est appelée domotique. Il y a longtemps qu’elle est un terrain d’expérimentations techno- logiques. La plus belle illustration en est bien sûr la Villa Arpel du magnifique Mon oncle de Jacques Tati.

La domotique d’il y a 20 ans peut être considérée comme un échec. Complexité d’installation, manque d’installateurs, incompatibilité des différentes solutions, fragmentation du marché, coût en relation avec la rareté de la demande, un besoin et des cas d’usages non réellement identifiés : les raisons ne manquent pas.

La domotique revient donc en force sous le terme  » smart home  » avec le développement à la fois technique et médiatique des objets connectés et plus globalement de l’internet des objets. Technique car il y a désormais une offre abondante de capteurs, d’actionneurs et de connectivé à des prix de plus en plus compétitifs applicables aux composants de la maison, et médiatique, car tout objet connecté, quel qu’il soit, est abondamment commenté dans la presse, créant un renouvellement de l’interêt pour l’automatisation des maisons.

Côté parties prenantes :

  • Pour les acteurs de l’internet, et en particulier les GAFA, c’est un enjeu clé. La maison est un centre névralgique du consommateur, là où il se trouve en permanence. Et plutôt qu’attendre qu’il se connecte sur internet pour comprendre ses habitudes, quoi de mieux de l’observer dans son lieu de vie en lui offrant les outils qui vont l’aider à contrôler sa maison, tout en recueillant un nombre incroyable de données. Ce n’est pas par hasard que des acteurs comme Amazon et son Alexa, est un centre de contrôle potentiel de la maison, sans oublier le bouton Amazon Dash comme Google Home et Nest, son thermostat connecté.
  • Les fournisseurs d’énergie sont aussi intéressés par la connaissance des consommateurs à travers les nouveaux compteurs de type Linky ou Gaspar, et les opérateurs télécom ont leur propres offres « smart home ».
  • Les fabricants d’équipements pour la maison, volets roulants, portes, électroménagers, chauffage, sécurité, … ont l’avantage de maitriser des éléments physiques de la maison. Il est difficile de dématérialiser une porte de garage ou une prise électrique. Depuis des années, ces fabricants ont automatisé leurs équipements, à l’aide de moteurs, de servo-mécanismes. Un simple bouton ouvre ou ferme un volet. Les actionneurs sont donc en place. Il « suffit » de connecter ses actionneurs, ajouter les bons capteurs pour automatiser ou rendre « smart » les composants de notre maison. Même mouvement dans l’électroménager (petit et gros), les réfrigérateurs, les machines à laver, les plaques et autres appareils de cuisson et bien d’autres appareils et on va retrouver Samsung ou le Groupe Seb sur ces marchés.
  • Tout un ensemble de sociétés plus ou moins grandes spécialisées dans la domotique. Un comparatif récent proposait pas moins de 18 kits domotiques différents.
  • Et les consommateurs, de plus en plus connectés (et branchés), qui ont pour certains déjà automatisés leur univers multimédia, d’autres qui possèdent déjà des volets roulants ou des portails motorisés, des variateurs de lumières, qui font attention à leurs consommations électriques, qui sont sensibles au problème de sécurité … tous, candidats à rendre leurs maisons plus « smart ».

C’est dans ce cadre qu’il nous a été donné de tester un certain nombre d’équipements connectés de Somfy, leader du marché dans le marché des volets, des stores, des portails, des portes de garages et de nombreux automatismes, et l’une des premières sociétés à s’être lancé dans les équipement connectés pour la maison. L’occasion a été le lancement du kit Tahoma Serenity qui comprend un certain nombre d’éléments que nous allons passé en revue.

Tahoma Serenity by Somfy - home

Tahoma Serenity by Somfy – home

Le point central est une box, comme pour les opérateurs telecom. Cette box va gérer tous les équipements « connectables » de la maison à travers des applications client ou web suivant les plateformes. L’installation de la box elle-même est très simple, étant reliée par cable Ethernet à la box Internet de la maison. Le mode d’emploi se réduit à quelque graphes sans texte et cela suffit. Une fois associés le numéro de la box et un compte utilisateur, nous sommes connectés, ou tout du moins, notre box est connectée.

Le Kit Tahoma Serenity associe la nouvelle box domotique Tahoma ET une centrale de sécurité comprenant une alarme. Les deux éléments s’emboitent et il n’y a rien de plus (pour le moment) à faire. Il est temps de passer à l’installation des capteurs eux-mêmes livrés avec le kit. Celui-ci comprend un détecteur d’ouverture et de choc (porte ou fenêtre), un détecteur de mouvement intérieur, une prise électrique télécommandée et une télécommande sécurité, un petit boitier pour contrôler l’alarme.

Capteurs testés - Tahoma Serenity

Capteurs testés – Tahoma Serenity

La connexion des capteurs est relativement simple. Il faut les associer à la box à travers le site Somfy Connect. La diversité des capteurs et des objets que l’on peut connecter fait qu’il n’y a pas de méthode standard et qu’un coup d’oeil au mode d’emploi #RTFM est nécessaire. Il faut choisir parmi 4 grandes catégories d’objets (voire plus, nous y reviendrons) sur le site, le sélectionner, et ensuite il faut appuyer sur un bouton sur ou dans l’objet pour les appairer. L’appairage se fait en quelques secondes. La fixation des petits capteurs est simple également puisqu’on les fixe, soit avec des vis, soit par un adhésif double-face. Un conseil : pendant toute cette opération d’appairage, utilisez un ordinateur portable pour ne pas courir entre l’ordinateur et l’objet à connecter qui peut-être partout dans la maison ou l’appartement. Nous avons donc pu sans problème connecter les capteurs présents dans le kit (et quelques autres).

What's in the box - Tahoma Serenity by Somfy

What’s in the box – Tahoma Serenity by Somfy

On en revient à la maison, un objet pas comme les autres. Les objets à connecter (capteurs ou actionneurs) sont donc potentiellement très nombreux – des produits traditionnels Somfy de type volets roulants, porte de garage, des capteurs de lumière, d’ouverture de présences humaines ou d’animaux domestiques, de fumée, de caméras …

En plus des objets présents dans le kit, nous avons donc pu tester d’autres produits de la marque comme une caméra, un détecteur de lumière ou des ampoules Hue de Philips, contrôlable ensuite soit par l’application native de Philips, ou par les applications Somfy.

Tahoma Serenity by Somfy - 4 ports USB

Tahoma Serenity by Somfy – 4 ports USB

Un des problèmes de la domotique 1.0 était l’absence de compatibilité entre les différents systèmes. Et il existe de nombreux protocoles différents – citons ZWave, Zigbee, EnOcean, RTS (Somfy), IO homecontrol … dans la « smart home », abondance ne facilitant pas le choix du consommateur. Sur la box Tahoma, en plus des protocoles RTS et IOHomecontrol et certains autres connectés nativement comme Philipe Hue, il est néanmoins possible d’ajouter de nouveaux protocoles. C’est le cas de ZWave, un des protocoles phares de la maison connectée. Pour ajouter la compatibilité ZWave à la Tahoma box, il suffit d’ajouter une clé USB spécifique. Nous avons testé. Une fois la clé ZWave inséré, une nouvelle option ZWave apparait dans l’interface consacrée aux objets connectables et permet l’ajout de composants ZWave. La box Tahoma et son add-on Serenity propose pas moins de 4 ports USB, on peut donc imaginer d’autres ouvertures vers d’autres protocoles.

Une fois que tous ces capteurs sont appairés à la box, que peut-on faire ? Pas grand chose si ce n’est voir que tous ces objets fonctionnent individuellement et les commander de notre interface. Que reste-t-il à faire pour automatiser notre maison, la rendre « smart » ? Il faut faire travailler tous ces objets ensemble, les présenter les uns aux autres et c’est ce que nous verrons dans la prochaine partie, rapidement, promis.

A suivre donc dans « La maison, un objet connecté différent des autres – l’exemple Somfy – 2/2″

Pierre Métivier

Pour aller plus loin

  • Un test vidéo complet sur Blog NT – 60 mn
  • Les tutoriels d’installation de Tahoma Serenity
  • Le comparatif de Domotique Info – 11 solutions présentées
  • Le comparatif de Maison et domotique – 18 solutions présentées (ne pas oublier de scroller les 4 pages du tableau)
  • Pour le plaisir la bande de annonce de Mon Oncle et de Playtime de Jacques Tati (où l’on peut voir l’ancêtre de la Philips Hue apparaître au bout de 10 secondes.)

SIdO – une édition 2016 du salon de l’internet des objets au sommet. Part 2 – Verbatim, citations et commentaires

Les conférences du SIDO 2016

Les conférences du SIDO 2016

Après un premier compte rendu sur la partie exposition du SIdO 2016, ce billet vous donnera avec retard un aperçu des échanges pendant quelques-unes des conférences. Des conférences en parallèle réparties sur plusieurs salles et donc impossibles à suivre toutes malheureusement comme souvent malgrè leur intérêt. Comme souvent également dans ce blog, c’est un billet composé de verbatim et citations d’intervenants avec quelques commentaires personnels, un compte rendu en pointillé, à picorer.

2016 SIdO

La conférence de presse pour débuter – les chiffres habituels, aussi impressionnants qu’imprécis, de type 80 objets connectés nouveaux se connectent chaque seconde pour la première fois à Internet à travers le monde ou 50 milliards d’appareils connectés attendus d’ici 2020, sans plus de précision et donc sans grand intérêt. Les représentants de la Ville de Lyon et de la région Rhone-Alpes apportent leur soutien clair à l’Internet des objets et au salon. Shawn DuBravaq, chief economist and director of research for the Consumer Electronics Association (CEA), organisateur du CES de Las Vegas, apporte sa e-bénédiction au salon et rappelle que l’arrivée du monde des objets connectés est liée à l’ubiquité récente des ordinateurs, d’une offre pléthorique de connectivités et de capteurs. Gazpar, compteur intelligent GrDF, équipé de NFC est également cité. Sylvain Painea, Schneider Electric parle de l’importance de l’open innovation et nous invite à découvrir l’internet of light ou lifi. Olivier Ondet, Directeur Marketing, Orange Applications for Business parle de l’importance de l’Internet des Objets dans le plan stratégique d’Orange. Trois composants au coeur – objets, logiciels et réseaux. 9 millions d’objets connectés par Orange .. sans préciser qu’ils le sont pour la plupart en 2G. #M2M. Amusant comment l’internet des objets redonne de la vie aux réseaux 2G que les opérateurs voulaient fermer (pour vendre du 3, 4 et bientôt 5G) en attendant des solutions de type Lora ou NB-IOT non encore disponibles. #Aintitironic

2016 SIdO

2016 SIdO

Le multi-objets, des scénarios sans queue ni tête pour Alexandra Deschamp-Sonsino @iotwatch. Ce sont des usages complexes qui ne correspondent pas à des usages réels. Eric Guichard @CNRS structurellement très critique dans son approche des objets connectés et du traitement des données perso. Il nous parle de multi-surveillance, que ce soit publicité ou police ! Toujours Eric Guichard, les bicyclettes de 1920 ne ressemblent pas à celle d’aujourd’hui. (Le cycliste et fan du Musée des Arts et Métiers que je suis est en franc désaccord NDLR) Objets connectés : beaucoup à faire et beaucoup d’opportunités, merci Alexandra pour la vision la plus optimiste du panel.

2016 SIdO

2016 SIdO

Le monde industriel sera connecté ou ne sera pas, le titre de la conférence suivante, plus industrelle. L’internet des objets, c’est aussi Schneider Electrique, Colas, le Groupe SEB, GEneral Electric ou SAP. Thibaut Kleiner rappelle le role de l’Europe dans le développement de l’économie numérique – infrastructure, standards, régulations – leveled-playing field. On parle innovation et startup, méthode Agile et Lean startup … Des projets en commun – industries/école – EPFL, Volvo et Colas – pour augmenter sur la sécurité des chantiers. Le récit de la création de Wattway,  la route générant de l’électricité, par le Groupe Colas captive les conférenciers du #sido16  On continue sur les innovations connectées avec le Groupe SEB et l’écosystème de Cookeo et ses recettes numériques, présentation d’Open Food System – création d’une marketplace culinaire. Une dizaine de produits connectés chez SEB nous dit Philippe Crevoisier. Les challenges principaux de l’énergie pour Schneider Electric – des énergies plus électriques, plus numériques, plus décarbonées. 2 fois plus d’objets électroniques industriels que grand public pour Vincent Champlain, General Electric. Course à la performance. Il n’y a pas de place pour le 2ème. Aucune société ne peut être plus forte que son écosystème. Arrivée massive de designers et de développeurs logiciels chez General Electric. Développement mondial de digital foundry toujours chez General Electric. Vincent Champain rappelle comme d’autres précédemment la sous-utilisation du #bigdata. Sur le même sujet, Raphaël Perez nous parle d HANA, la plateforme data de SAP France  et de sa version startup.  Passage d’une économie de produits vers une économie des services. Thibaut Kleiner rappelle que l’Europe est partenaire officielle du #sido16 Initiatives européennes autour de l’IOT à venir très prochainement sans plus de détails.

2016 SIdO

2016 SIdO

La conférence suivante a étrangement mélangé le #bigdata (le sujet d’origine) et la sécurité avec la présence de Mikko Hypponen de FSecure qui commence par nous montrer un « floppy disk » infecté par un virus. #backtothefuture Mikko nous parle des différentes catégories de créateurs de virus – white et blacks hackers, criminels, gouvernement / militaires, et extrémistes. Les problèmes de sécurité de l’internet seront bien sûr présents dans l’internet des objets. Le Scoop du jour – Mikko Hypponen utilise une balance Withings tous les jours. Dans certains domaines, la data est déjà monétisée – exemple du foot pro nous dit Patrice Slupowski, Orange. Google est le 4ème fabricant de serveurs dans le monde (pour leur propre usage). Une mesure de l’importance du #bigdata. Privacy is dead. Mikko Hypponen confirme la phrase de Mark Zuckerberg (et probablement d’autres avant) sans le citer. Ca part dans tous les sens dans la conférence. On y parle surtout sécurité, vie privée, données personnelles, pas réellement comment créer des gisements de valeur à partir des données. On passe aux conditions d’utilisation des produits, les CGU. Plutôt que transparence (trop de texte -> illisibilité), Patrice Slupowski, Orange préfère la notion de limpidité. Mikko Hypponen parle d’Enevo, poubelles connectés pour savoir quand les relever.  Il cite Tesla, nouvelles fonctionnalités basées sur les données remontées par les voitures. Autres intervenants – Parkeon devient une société de services en utilisant les données remontant de leur horodateurs. L’innovation réelle de Tesla est d’avoir un OS dans la voiture, pas l’analyse des données pour Florian Douetteau dataiku.

2016 SIdO

2016 SIdO

Conférence suivante autour de la Connectivité : Panorama des solutions et expériences de déploiement Frédéric Salles, Matooma rappelle que le choix d’un réseau IoT dépend des besoins – trafic, vitesse, couverture. On ne choisit pas d’abord un réseau avant de connaitre les besoins. #bonsens Il ne faut que 10 mn au débat pour que cela tourne autour des réseaux telco classiques opérateurs contre les réseaux – LPWA de Sigfox ou Lora. Tous les intervenants d’accord sur le fait que le choix du réseau se fait en fonction des spécifités des services. Pour Régis Lauret, Eolane, il est possible de développer des produits multi-connectivités. Pour Frédéric Salles, Matooma, la « tendance » est le bi-mode, une connectivité LPWA + backup 2G. Olivier Beaujard, Sierra Wireless présente MangoH, permettant un prototypage open source en testant les différentes connectivités.  Le déploiement exemplaire : Sigfox en Espagne, Securitas, 7 mois, 0,5 million d’objets connectés nous dit Guillaume Crinon, Avnet Memec. Olivier Beaujard, Sierra Wireless sur la sécurité – pour de nombreux objets et devices, comme pour les PCs ou mobiles, leur mise-à-jour est possible.

2016 SIdO

2016 SIdO

Une dernière conférence, ou plutôt un échange entre deux spécialistes de l’Internet des objets – Rafi Haladjian, créateur du Nabaztag et de Mother et fondateur de Sense interviewé par Olivier Ezratty. Sense a été créé en étudiant les usages (et non-usages) des premiers objets connectés. Comprendre pourquoi l’usage des objets connectés arrive régulièrement à un plateau. Les objets connectés sont souvent liés aux angoisses – santé et sécurité. Pour Olivier Ezratty, si on marche une heure vingt à pied, on a fait dix mille pas, pas besoin de bracelet connecté. Pour Rafi haladjian, il ne faut plus connecter des objets mais des expériences. Designer un objet pour qu’il devienne un aspirateur à données (automatique). Il est très difficile de changer les habitudes des gens. Ex : chargement journalier des mobiles. Rafi nous parle du design des cookies de Mother. Ils sont plats car on doit pouvoir dormir dessus. Les peanuts sont pré-programmés par rapport au cookies auquel on donnait un sens par logiciel. Repenser / réinventer la distribution. 60% de la valeur d’un objet va chez le distributeur. La technologie ne suffit pas. Effet chaton, futile ou showoff. Le tracker dans la poche ne marchait pas commercialement, au poignet, ça marche. La créativité et la motivation (des utilisateurs) sont les choses les plus rares. La plus grande invention d’Apple dans le mobile : le forfait —> développement des usages Dans l’internet des objets, on ne sait pas encore où est le business. Le big data est très surfait, qui veut acheter les données des brosses à dent ? On sait capter environ 250 paramètres aujourd’hui. La suite, la captation des émotions pour Olivier Ezratty.

Et sur cette promesse d’Olivier, la captation des émotions, s’arrête ce compte-rendu foisonnant, sans queue ni tête, qui est, globalement le reflet de l’internet des objets aujourd’hui.

A suivre … dans toutes les directions.

@PierreMetivier

Et pour le plaisir, une dernier verbatim de Serge Darrieumerlou, Somfy :

Le digital c’est comme l’anglais, si on n’est pas né dedans, on a toujours un accent.

Pour aller plus loin