Smart Planes – les avions vont (enfin) devenir intelligents !

Smart Planes - les avions vont (enfin) devenir intelligents !

Smart Planes – les avions vont (enfin) devenir intelligents !

Le titre de ce billet implique qu’ils ne l’étaient pas. Cette affirmation semble étrange. Les avions, condensés d’innovations industrielles et numériques, ne seraient pas si smart que cela ? Avant d’expliquer cette contradiction, commençons par l’origine de cette histoire.

La 20ème édition du World Satellite Business Week se déroule cette semaine à Paris. Organisé par la société française EuroConsult, c’est probablement la conférence la plus importante de l’industrie de l’espace et l’une des conférences les moins connues et les plus importantes de l’industrie en général. C’est dans les salons feutrés d’un hôtel proche de la Place Vendôme que les contrats de l’industrie aérospatiale se signent. Rappelons que les satellites sont centraux à notre vie de tous les jours, que ce soit pour la téléphonie, la télévision, le système GPS, l’agriculture, la météo, l’écologie, l’énergie, la cartographie, le suivi des objets connectés sans oublier bien sûr les applications militaires et possiblement bientôt l’accès internet à des vitesses équivalentes à la fibre.

Space X

Space X

Pour montrer l’importance de cette conférence, toutes les sociétés de l’industrie (lanceurs, fabricants et opérateurs de satellites) sont présentes – Arianespace, SES, SpaceX, Eutelsat, Intelsat, Viasat, O3B Network, Virgin Galactic, Boeing, Lockheed Martin, Thalès et bien d’autres. Leurs présidents et plus hauts-dirigeants interviennent dans les tables rondes. Un seul exemple – Gwynne Shotwell, la présidente de SpaceX, le projet spacial d’Elon Musk, dont le projet a pourtant reçu un coup d’arrêt suite à l’explosion au sol du lanceur la semaine dernière, était également bien présente dans son panel. Et le hasard faisant bien les choses, c’est pendant cette conférence que Jeff Bezos, Amazon, a annoncé à distance, son projet New Glenn, un nouveau lanceur concurrent de SpaceX.

En parlant des GAFA, il sont bien présents également à l’esprit des participants. Non seulement les projets Space X d’Elon Musk ou New Glenn d’Amazon mais aussi Facebook (dont le projet d’apporter de l’internet par satellite en Afrique sera retardé par l’explosion de SpaceX ET de son satellite) ou OneWeb, un projet (parmi bien d’autres) de constellation satellitaire (des centaines de petits satellites remplaçant les gros satellites actuels). L’expression Uberisation de l’espace a été entendue dans les travées de la conférence.

Moteur à propulsion ionique de Thrustme

Moteur à propulsion ionique de Thrustme

A côté des mastodontes internationaux, dont beaucoup sont européens, et des GAFAs, il y a également des startups dans l’espace. Par exemple, la startup française ThrustMe développe un moteur à propulsion ionique pour satellite,  basé sur une technologie développé conjointement par des équipes du CNRS et l’Ecole Polytechnique ou Space Belt  un projet de créer un super cloud dans l’espace.

Cette année, en plus des sujets comme le financement des satellites (une quarantaine de banques d’affaires dans le domaine et des budgets de plusieurs centaines de millions d’euros) ou la marché de l’observation, une journée a été consacrée aux Smart Planes, et c’est à cette occasion que Thalès et l’opérateur de satellites SES (Société Européenne de Satellites), basé au Luxembourg, ont annoncé l’arrivée mi-2017 sur les vols américains, de la connectivité pour les avions, à travers donc une solution satellitaire.

Cette annonce a deux conséquences :

  • La première, à court terme, concerne les passagers. Cette disponibilité va permettre d’équiper potentiellement tous les avions en wifi de qualité dans les 3 à 5 ans. Il existe déjà des solutions plus chères et moins performantes. L’annonce SES / Thalès va fortement impacter ce marché.
  • La seconde est peut-être plus importante dans le moyen terme. Les disparitions dramatiques d’avions comme le vol Air France Rio-Paris ou le LH370 de Malaysian Airlines plus récemment ont montré que les avions ne sont pas connectés de bout en bout. Dans le cas de traversées océaniques, ils sont suivis par des radars au large des côtes mais une fois qu’ils disparaissent des radars, ils sont « déconnectés » jusqu’aux radars de la côte suivante (*). Seules, les fameuses boites noires enregistrent les informations du vol et les échanges entre pilotes. Cette nouvelle technologie va permettre l’envoi en temps réel de toutes les données de l’avion pendant toute la durée du vol. Exit les boites noires et leurs recherches par 6000 m de fond. Cette solution prendra plus de temps à implémenter que le wifi passager car il est clair que les échanges doivent êtres normalisés et sécurisés, et recueillir l’accord des autorités du transport aérien.

Le fait de simplement ajouter de la connectivité à un objet ne le rend pas intelligent – cela se saurait, et cela s’applique bien sûr à un avion, d’autant plus si c’est pour simplement permettre aux passagers d’attraper des Pokemon en vol #punintended. Ceci dit, la connectivité on-board aura clairement un impact réel sur tous les vols commerciaux à venir, que ce soit pour le confort des passagers que pour leur sécurité. Ils restent également à définir les applications nouvelles que pourraient permettre cette connectivité. SES a quelques idées proposées sur ce graphe, extrait du Livre blanc de SES – Connecter l’espace aérien.

On-board Connectivité (c) SES

On-board Connectivité (c) SES

mais les acteurs présents à la table ronde sur le sujet sont restés vagues. Comme l’a déclaré Dave Davis, Global Eagle Entertainment : « Airlines are still wondering what to do with all that on-board connectivity. »

A suivre … à Mach 0,8 et 30 000 pieds.

@PierreMetivier

(*) Certaines des pièces de l’avion resteraient connectées, mais nous sortons de notre domaine de compétences. NDLR

Coup de gueule – Il est possible voire probable que les avions de ligne seront connectés en Wifi plus rapidement que les transports en commun terrestres franciliens (et plus globalement français) type métro ou train malgré la complexité technologique sans commune mesure et les annonces des politiques locaux de tout bord. #ohwell A (re)lire Et si les trains de banlieue étaient connectés Wifi ? Janvier 2013

Pour aller plus loin

2016 World Satellite Business Week

2016 World Satellite Business Week

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A propos Pierre Metivier

Responsable pendant 25 ans du développement de produits et services dans plusieurs entreprises d’informatique, de logiciels et de l’Internet (notamment Commodore, Apricot, Borland Intl, CompuServe, AOL) dont cinq ans passés aux Etats-Unis. Spécialiste des services mobiles et objets connectés, il a été délégué général du Forum SMSC et est l’auteur de l’ouvrage de référence « Le mobile NFC, télé-commande de notre quotidien » (2015) ainsi que du Blog « Avec et sans contact ». Il est aujourd’hui expert et enseignant / formateur en gestion des innovations numériques à forte valeur ajoutée utilisateurs à l'EISCI (Mardis de l'Innovation, Club de Paris des Directeurs de l'Innovation).

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