Archives mensuelles : octobre 2016

Innovation et technologies numériques, ou l’éternel retour et le gai savoir

Portrait de Nietzsche (c) Seb Jarnot pour Philosophie magazine

Portrait de Nietzsche (c) Seb Jarnot pour Philosophie magazine

Ce qui va suivre n’est pas un billet autour des idées de Nietzsche. C’est une simple citation d’un concept et d’un livre pour illustrer des sujets plus prosaïques de notre monde numérique.

Et d’abord, l’éternel retour utilisé dans son sens premier. De très nombreuses produits ou services technologiques, allant changer notre vie, sont présentés à longueur de média. Pourtant, pour beaucoup d’entre eux, ils existent depuis « longtemps », lancés sous d’autres noms, avec plus ou moins de réussite. Ils disparaissent et reviennent, toujours plus révolutionnaires mais sans toujours plus de succès. Nous allons passer en revue très brièvement quelques-uns de ces produits et technologie sans ordre particulier.

Villa Arpel - Mon oncle de Jacques Tati

Villa Arpel – Mon oncle de Jacques Tati

La smart home ou maison connectée. C’est une nouvelle version de la domotique, elle-même basée sur les automatismes de portail ou de volets. Cette domotique a longtemps végétée, la faute au manque d’installateurs passionnés, à l’absence d’interopérabilité, à la pléthore de standards, aux prix conséquents, à un manque d’usage réel, résultant d’une clientèle réduite. Jacques Tati s’en moquait gentiment dans « Mon Oncle » en 1958, il y a près de 60 ans. La smart home est le retour de la domotique, cette fois connectée, avec les acteurs des GAFA, comme Google (Nest), Apple (Home/Homekit), Amazon (Alexa) ayant rejoint ce marché. Malgré les progrès indéniables, (presque) tous les freins cités précédemment existent toujours si on veut automatiser sa maison.

Les wearables ou bracelets connectés mesurent de nombreuses caractéristiques de votre course ou votre randonnée à vélo. Ils existent depuis des années, chez Garmin par exemple. Les cyclosportifs et les cyclotouristes ont pour beaucoup des montres GPS ou des ordinateurs de bord qui mesurent toutes sortes de données y compris fréquence de pédalage ou le rythme cardiaque. Rien de nouveau sous le soleil de la Vallée de Chevreuse ou des pentes du Mont Ventoux.

Albert Ducrocq - L'ère des robots - 1953

Albert Ducrocq – L’ère des robots – 1953

La robotique, autre sujet mythique, est encore plus ancien. Des automates de Vaucansson à Nao et Pepper, il y a eu beaucoup de projets annoncés, de livres, de films, générant de nombreux fantasmes.

En 1953, il y a plus de 60 ans, Albert Ducrocq a écrit « L’ère des robots ». Il y parlait déjà de révolution industrielle, de capteurs, de traitement de l’information ou d’imagination artificielle.

Les robots industriels (ou la mécatronique) sont clairement un domaine avancé et ils équipent de nombreuses usines, mais qui, parmi vous, chers lecteurs, possède un robot chez lui (hors éventuellement) un bot aspirateur ?

Neil Graham - Artificial intelligence - 1979

Neil Graham – Artificial intelligence – 1979

L’intelligence artificielle date des années 50 (John Mc Carthy / Marvin Minsky) et on la retrouve sous différents noms et variantes comme les réseaux neuronaux, les systèmes experts et plus récemment le machine learning ou deep learning. L’idée est de « programmer l’intelligence » des machines grâce à des algorithmes.

La progression de ces algorithmes est indéniable mais elle est aussi (surtout?) permise par l’augmentation de la puissance de calcul, de capacités de stockage et de la disponibilité des données.

Les données, justement, plus ou moins big et open, ont toujours existé, stocké sur des tablettes d’argile ou des papyrus. Au Moyen-Age, le cloud (*) était au Mont Saint Michel. Ces données se sont développées avec l’imprimerie, plus récemment stockés dans des bases de données relationnelles. Le terme big data a presque 20 ans (1997).  Et les applications réelles sont encore rares, si beaucoup d’acteurs rêvent d’en faire plus.

MOS Commodore Kim computer kit - 1975

MOS Commodore Kim computer kit – 1975

Autour des makers, les kits de type Arduino ou Raspberry Pi ressemblent à s’y méprendre au kits électroniques que l’on pouvait acheter dans les magasins d’électronique il y a des dizaines d’années. Nous y avons consacré un article. Et il y avait déjà des cartes avec processeurs, comme le Kim chez MOS / Commodore, dans les années 70, pour les plus aventureux des hobbyistes de l’époque (parents des makers d’aujourd’hui) qui souhaitaient disposer d’un ordinateur en kit, programmable en assembleur.

  • Pour aller plus loin – C’est l’histoire d’un make ou plus exactement un test de Keyduino, un kit Arduino et NFC
Le vidéotéléphone 1948

Le vidéotéléphone 1948

La vidéo-conférence a été le sujet d’un des tous premiers articles de ce blog il y a 6 ans. Les premiers prototypes  de vidéo conférence datent d’avant la deuxième guerre mondiale, et cette technologie n’a pas trouvé son marché (hors un peu de télé-conférence professionnelle). Elle a été remplacée par les ICQ, AIM et autres MSN Messengers eux-même remplacés par Skype, puis Periscope, Whatsapp avant la prochaine fournée.

Et l’internet des objets ? Le terme a été inventé par Kevin Ashton au siècle dernier (1999) alors qu’il travaillait sur la RFID au Auto-ID center. Avant cela, en 1982, un distributeur de boisson avait été déjà connecté à l’université Carnegie Mellon. Le M2M ou MachineToMachine, l’informatique ubiquitaire, d’autres noms pour un même concept de connexion des objets.

Et on aurait pu ajouter la voiture autonome, la virtualisation, les imprimantes 3D … la liste est longue (et ce billet aussi, trop).

« Tout cela pour en arriver où, vieux bougon ? » me demande un lecteur (dont je tairai le nom mais qui a raison de poser la question. NDLR).

Il faut continuer de rêver et d’imaginer tout en sachant garder raison, en prenant du recul au delà des buzzwords, sur toutes les annonces des prochaines révolutions technologiques, sur les startups qui vont tout changer aujourd’hui ou demain matin.

Ceci dit, il y a des évolutions. Et même si il y en a toujours eu, elles semblent s’accélérer.

  • D’abord, les technologies et l’infrastructure évoluent. La disponibilité de nouveaux nombreux capteurs, de mobiles, de cartes de développement plus petites, économiques et puissantes, d’une connectivité abondante et variée, nous incite à penser que certains produits et services, qui ont échoués par le passé peuvent devenir de vraies innovations. Entre un flop et un succès, il y a parfois 10 ou 20 ans. Par exemple, 17 ans séparent deux tablettes d’Apple – le Newton (flop) et l’iPad (succès). N’oublions pas non plus le monde open que l’on peut rapprocher du gai savoir, permettant à des millions de créateurs, de développeurs d’imaginer et partager leur travail et leur connaissances et donc amplifier le mouvement.
  • Ensuite, il y a heureusement quelques concepts réellement nouveaux, qui ont émergés récemment, comme la blockchain ou les ordinateurs quantiques dont les applications et les usages restent bien sûr à être imaginés et conçus.

Dans tous les cas, la question reste la même – trouver des usages à toutes ces technologies. Sans usages, point d’innovation. Tant que cela reste sur le papier des magazines ou entre des balises HTML, mais pas dans les habitudes des consommateurs ou dans les infrastructures qui font tourner notre monde, toutes ces belles idées resteront de beaux exercices de style. Une innovation ne se décrète pas, elle se constate comme nous le répétons régulièrement.

Pour en revenir à Nietszche, en plus du concept d’éternel retour (des idées technologiques), le gai savoir est une métaphore qui rapproche tous ceux qui, non seulement voient dans les applications permises par la technologie numérique (mais pas que) une manière d’améliorer la vie de chacun mais y contribuent et partagent leur travail, créant ainsi des innovations citoyennes de plus en plus nombreuses.

Pour terminer avec notre philosophe, rappelons aussi ses mots prophétiques, extraits des Fragments posthumes, semblant annoncer l’arrivée de l’internet et des réseaux sociaux il y a plus de 115 ans. « Grâce à la liberté des communications, des groupes d’hommes de même nature pourront se réunir et fonder des communautés. Les nations seront dépassées ». Etonnant, non ?

A suivre

@pierremetivier

(*) Aujourd’hui, le cloud, c’est l’ordinateur de quelqu’un d’autre, excellente définition de Tristan Nitot.

Pour aller plus loin

« Le Japon, pays d’innovation », colloque organisé par l’Avrist et le Centre Jean Pépin

Japon, pays d'innovation

Japon, pays d’innovation

Dans le cadre de l’Année France-Japon de l’Innovation, ce 19 Octobre, s’est déroulé à l’Ecole Normale Supérieure, un colloque « Le Japon, pays d’innovation », colloque organisé par l’Avrist et le Centre Jean Pépin, avec l’aide et le soutien de l’Ambassade du Japon en France, et de l’Agence Japan Science and Technology (JST) et une intervention de Marc Giget du Club de Paris des Directeurs de l’Innovation.

Comme le précisez le programme « Nous sommes tous confrontés à des évolutions drastiques. L’innovation est essentielle pour y faire face. Le Japon fait preuve de créativité pour relever des défis tels que la gestion des ressources énergétiques, la baisse du taux de natalité, le vieillissement des populations, l’ajustement du modèle de croissance économique. Il conserve une importante base de recherche et demeure une économie puissante et innovante. Il développe de nombreuses coopérations en Europe et dans le monde. Le Japon possède ainsi les atouts nécessaires pour devenir – ou redevenir – une source d’inspiration pour industriels, universités et écoles, centres de recherche, pôles de compétitivité et investisseurs européens.

Ce colloque abordera d’abord les défis auxquels le Japon fait face et les stratégies mises en place pour les relever. Puis trois tables rondes successives traiteront par grands domaines de secteurs d’excellence du Japon. Enfin un débat de conclusion avec la salle explorera de nouvelles pistes de coopération entre le Japon et la France, et plus généralement l’Europe. »

Après des introductions de Pierre Caye, Centre Jean Pépin, Catherine Brechiniac, ancienne présidente de CNRS « L’innovation doit être en phase avec la société. », Jean-Claude Arditti, Avrist et maître de cérémonie, et Mr. Kawamura, ministre délégué à l’Ambrassade du Japon, la première session a été consacrée aux Défis du Japon : concurrence et avance industrielle, relations avec la Chine en matière d’économie et de géopolitique, statut professionnel des femmes, quelles innovations dans une société vieillissante et dont la population décroît ? Ces défis sont aussi des incitations au changement de l’organisation sociale et industrielle et à une recherche dont pourraient bénéficier d’autres pays:

Le point de vue d’un économiste sur le Japon. Robert Boyer, Directeur de recherches, Institut des Amériques, CNRS

  • De nombreux aspects positifs au Japon moderne
  • La prise de conscience de l’écologie à long terme a été précoce pour des raisons liées à l’absence de ressources naturelles. Cette absence pousse à l’innovation.
  • Permanence des dépenses publiques permise par une une politique à long-terme.
  • L’innovation ne suffit pas pour la croissance, pas de corrélation 1 à 1.
  • Les deux priorités des gouvernements japonais – éducation et science. Si on mesure la prospérité, le Japon devance les US. La santé, l’éducation et la culture sont les vecteurs d’un nouveau mode développement anthropogénétique.

Pour Robert Boyer, l’inégalité homme / femme dans le Japon contemporain est un frein démographique et de talents (et l’on verra avec Marc Giget que cette notion est de moins en moins actuelle). Efficacité relative des politiques d’innovation actuelles (la Corée et la Chine sont passées devant). La société japonaise n’est pas orientée startup.

Les questions que doit se poser le Japon.

  • Accompagnement social des innovations technologiques ou innovations sociales ?
  • Quelle géopolitique pour le Japon, vers une Communauté Asiatique sur le modèle de la CE ?
  • Une prospérité sans croissance est-elle possible ?
  • Comment assurer la transition d’un modèle industrialiste à une société de bien-être ?

Mr. Shiro Takegami, Directeur du programme inter-ministériel SIP (Strategic Innovation Promotion Program), Secrétariat général du gouvernement japonais.

Plusieurs programmes comme le NEST2050 – National Energy and Environment Strategy for Technologica Innovation towards 2015.
Sous le terme – Japan Revitalization Strategy, le gouvernement japonais pousse la science, la technologie et l’innovation. Le problème #1 du Japon est la baisse des naissances, démographie en berne. Les allemands ont inventé le concept d’industrie 4.0, les japonais ont le concept de société 5.0. Le conseil STI – Science Technologie, Innovation, dépend du 1er ministre japonais, il est composé de représentants de la recherche, de l’université et des industriels comme Mitsubishi, Sumitomo, Toyota. Plus de détails sur http://www8.cao.go.jp/cstp/english/

Prof. Teruo Kishi, Conseiller pour la science et la technologie du Ministre des affaires étrangères du Japon. Le professeur Kishi est très francophile à défaut de parler français, est diplomé de Polytechnique et des Mines. Le Japon est adepte des Sustainable Developement Goals.

Stratégies d’Etat : Stimulation de l’innovation au Japon. Diplomatie scientifique du Japon : ses domaines thématiques et ses aires géographiques privilégiées.

Jacques Maleval, Conseiller pour la science et la technologie, Ambassade de France au Japon nous rappelle que le 1er ministre japonais souhaite que son pays devienne leader en sciences et technologies en 2020, grâce à une association de programmes privés et publics. Mise en place d’une filière spécifique pour la recherche médicale et de la santé – AMED

Présentation générale du programme SIP par Mr. Shiro Takegami, Directeur SIP, sous-projet “Structural Materials for Innovation (SM4I)” et Mr. Masahiro Takemura, SIP Director, Département de l’Innovation, Japan Science and Technology Agency (JST).

Société 5.0

Société 5.0

Programme Impact – Impulsing Paradigm Change through Disruptive Technologies. Les 11 programmes principaux de R&D du SIP japonais. Le développement de l’industrie aéronautique a été réduit pour des raisons historiques, interdiction pour le Japon de construire des avions après la deuxième guerre mondiale. Le Japon se focalise sur la création de nouveaux matériaux pour l’aéronautique.

Stratégie du CNRS au Japon – Le CNRS est le 1er « fournisseur » de publications scientifiques au monde nous dit Arnaud Lalo (Source Nature). Pour plus de détail, le CNRS au Japon, un PDF de 2016.

Domaines d’excellence, réalisations pratiques et résultats

Energie, environnement, transition énergétique, animée par Yukiko Fukasaku, consultante à Innovmonde, Paris.

Yveline Lecler, Professeure émérite Sciences-Po Lyon nous parle d’énergie au Japon. Introduction à la Smart Community du METI (Ministère Economy Trade et Industry). Le rapport de l’Ademe sur l’expérience smart community au Japon est disponible.

Christophe Debouit, NEDO, New Energy and Industrial Technology Development Organization. En France, NEDO coopère avec l’Adème, BPI France et Lyon Smart Community. La Lyon smart community regroute 30 partenaires dont NEDO. C’est à la fois un partenariat public / privé et Japon / France. Projet Européen – smarter togther autour des énergies renouvelables. Le site de Toshiba consacré au Lyon Smart Community.

Natacha Aveline, Directrice de Recherche, CNRS sur les transports ferroviaires japonais « land value capture » Explainer: what is ‘value capture’ and what does it mean for cities? Construction d’un écosystème business au services des citoyens autour des gares. Le développement d’une ligne entraine le développement de services pour les citoyens par l’opérateur de transport. Les opérateurs ferroviaires au Japon proposent de nombreux services variés comme des places en crèche ou des services funéraires. Le modèle « land value capture » est copié partout dans le monde, mais est remis en question au Japon.

Marc Giget, Club de Paris

Marc Giget, Club de Paris

Conférence invitée : Marc Giget, directeur scientifique du Club de Paris des Directeurs de l’Innovation.
 » On n’a une partie de soi qui devient japonais quand on connait le Japon. »  nous dit Marc Giget

Ce qu’il a le plus apprécié des entreprises japonaises :

  • Qualité technique et excellence
  • Un marketing et un sens du client au plus haut niveau mondial
  • Une culture de l’harmonie
  • Une grande ouverture à l’expertise extérieure
  • Une très grande qualité d’écoute et d’échanges
  • Un grand respect et une politesse à toute épreuve
  • Une approche philosophique de l’entreprise
  • Une profondeur humaine attachante

Se battre contre les idées reçues – Le pourcentage de femmes au travail au Japon sera plus important qu’aux US en 2016. Source OCDE. Le management japonais de l’innovation a été la référence mondiale dans les années 70-90 – nombre de brevets, % du PIB en R&D. Recul dans les années 90-2010, De nombreuses raisons : une démographie en berne « Comment faire de la croissance quand la population décroit ? », crise de de la dette, montée de la concurrence chinoise et coréenne, les catastrophes naturelles et le fait que la création de startups n’est pas dans la culture japonaise.

Panasonic et Tesla

Panasonic et Tesla

Retour d’un leadership japonais. 40 des 100 entreprises les plus innovantes du classement Thomson Reuters sont japonaises. Exemple de Softbank (27% d’AliBaba, ARM, Aldebaran), Softbank Vision Fund – 100 Md $. Elon Musk, Tesla est dépendant des entreprises japonaises. Ex. Panasonic Lion-Lithium Giga Factory. Generation Pokemon, Pikachu plus connu chez les jeunes américains que Mickey. Le Japon, le pays le plus « vieux » du monde est la référence de la culture de la jeunesse mondiale.

Plus de points communs entre le Japon et la France qu’il n’y parait.

On enchaine avec Santé, neuro-sciences, vieillissement, animée par Roberte Manigat, Médecin de santé publique.

Denis Le Bihan, Directeur de Neurospin, CEA et professeur à Kyoto. On parle neurosciences La neuroimagerie permet de savoir ce qui se passe dans le cerveau sans l’ouvrir. « Un grain de riz a deux fois plus de gènes que nous ! Il faut rester modeste. » « Comprendre le cerveau humain, le reprogrammer dans le cas où des fonctions ont disparu. » Les nouveaux outils de MRI pour le cerveau sont du même niveau que le Large Hadron Collider ou les radiotéléscopes géants. Les nouvelles imageries sont des outils indispensables dans la lutte contre le cancer, la cirrose, les ACV, Alzheimer …

Hovagim Bakardjian, Institut du Cerveau/Moelle épinière, Paris nous parle de plusieurs projets en coopération avec le Japon – Interface cerveau-ordinateur, hyperscanning et thérapie par la musique. Ses recherche actuelles concernent la maladie d’Alzheimer.

Rachel Sherrard, Professeure à l’Université Pierre et Marie Curie sur santé, neurosciences et vieillisement. Article – Développement, Réparation et vieillissement cérébral. Le Japon est une « blue zone », une région où réside un pourcentage important de centenaires.

Enfin, Katsuhiko Mikoshiba, Laboratoire de neurobiologie du développement, Institut de la Science du Cerveau, RIKEN insiste sur l’importance des échanges d’étudiants et des chercheurs entre Japon et France.

Softbank

Softbank

Next Organisation industrielle et numérisation, Usine du futur, Matériaux, Robotique, Technologies de l’information et de la communication, objets connectés, Espace, animée par Elisabeth Frémaux, Ingénieur robotique et coach.

Hadrien Szigeti, Développement stratégique à Dassault Systèmes sur l’Usine du futur, parle de l’alliance pour l’industrie du futur.

  • Le Deep learning, lancé il y a 3 ans, sur un algorithme dont on ne sait pas comment il fonctionne.
  • Aux US, des dizaines de startups se sont lancées pour exploiter commercialement le deep learning.
  • En France, plusieurs centres de recherche essaient de comprendre comment fonctionne l’algorithme.

Etienne Gheeraert, Université de Grenoble nous parle des matériaux post silicium : Carbure de silicium, nitrure de gallium, or. Les japonais sont en pointe sur ces sujets de recherche. Toujours pour les japonais, la recherche doit être utile à la société. Les 3 phases de l’innovation selon Etienne Gheeraert – enthousiasme (recherche fondamentale), vallée de la mort (application) et industrialisation. Il nous explique comment le CEA a abandonné le carbure de silicium. France et Japon en pointe sur le développement de composants électroniques en diamant.

Guilhem Penent, ‎Consultant politiques spatiales, ‎Ministère des Affaires étrangères et du Développement international nous parle du spatial.

Pour Edouard Geoffrois, responsable de programme à l’ANR, les professeurs et les chercheurs sont très bien perçus dans la société japonaise. Le gouvernement s’implique pour faire coopérer les compétences académiques, industrielle et scientifiques. Valorisation des savoirs et des techniques.

Exposés : présentations thématiques du programme gouvernemental SIP.

Présentation en détails de 3 des 11 projets principaux de SIP :

  • Véhicules sans conducteurs par Mr. Shiro Takegami, Directeur SIP,
  • Augmenter la résilience sociale aux désastres naturels, Dr. Kenichiro Tsuda, chercheur Senior, SIP
  • Maintenance des infrastructures et rénovation par le Dr.Takayuki Ishizuka, chercheur associé, SIP

Table ronde de conclusion animée par Pierrick Fillon, Asia desk officer à la Commission européenne.

Standardisation et propriété intellectuelle, sujets proposés pour la prochaine édition de cette conférence par Pierrick Fillon, Asia desk officer à la Commission européenne.

Jean-François Sabouret, Directeur de recherches émérite CNRS. L’innovation est pour vocation d’intégrer la technique. Le sens de la durée longue est lié à l’incertitude du futur ressenti par les japonais.

Pierre Caye, Directeur de recherches CNRS, directeur du Centre Jean Pépin pose les questions – Quelles relations mutuellement bénéfiques sont à développer entre le Japon et la France ou l’Europe ? Quels sont les intérêts communs, les défis et opportunités en période de croissance économique lente ?

Robert Boyer et le Prof. Teruo Kishi

Robert Boyer et le Prof. Teruo Kishi

Le Prof. Teruo Kishi conclut en nous disant qu’il ne souvient plus du sujet de la conférence mais qu’il a passé une bonne journée. (Humour ou traduction ? NDLR.) Pour lui, la France et le Japon ont intérêt à s’allier, en pensant aux Etats-Unis et à la Chine. Il est favorable à une coopération plus forte en recherche fondamentale et recherche appliquée France / Japon.

Un conférence très intéressante où l’on a pu voir que les deux pays travaillaient déjà sur des projets actifs de coopération (CNRS ou Nedo par exemple), en France et au Japon et qu’il existe un intérêt fort des représentants des deux pays à développer cette coopération, à travers leurs points communs, et leur positionnement géo-politique (le Japon en concurrence avec la Chine et la Corée du Sud, et la France concurrencée par les Etats-Unis et par ses voisins européens).

A suivre

@pierremetivier

Retour sur la keynote Apple et l’iPhone 7 – 2/2 – Les conséquences sur l’écosystème NFC

iPhone7 Felica NFC Forum Wizway

iPhone7 Felica NFC Forum Wizway

Retour sur la keynote iPhone 7. Après une analyse textuelle informative, voyons ce nouvel iPhone dans le contexte de la technologie sans contact NFC. Cela se résume en un simple changement de fournisseur et un accord commercial.

Un petit changement de matériel d’abord, le booster AMS a disparu, le module servant au NFC vient toujours de NXP  et ne fonctionne qu’en mode émulation de carte, type carte de paiement. Les modes lecture de carte et peer-to-peer ne sont toujours pas implémentés. Tous ceux qui rêvaient d’un support complet du NFC seront déçus.

Ensuite, la seule nouvelle concernant Apple Pay, le paiement sans contact NFC de la marque, vient de la confirmation du support de Felica, une infrastructure sans contact – paiement / transport au Japon développée par Sony, une technologie à l’origine du NFC (suite à sa « fusion » avec Mifare, une autre technologie sans contact). Cet accord fait sens point de vue business de la part d’Apple pour pénétrer le marché du paiement mobile de proximité (et en particulier transport au Japon), l’infrastructure transport restant globalement Felica mais qui signifie aussi qu’Apple a modifié sa solution sans contact NFC normalisée pour adopter un standard proche mais différent du NFC. Sachant que Sony (avec Philips/NXP) est à l’origine du NFC et qu’Apple est au « board of directors » du NFC Forum, l’instance mondiale du NFC, les discussions au sein de ce conseil ont du être intéressantes.

  • « Dis moi, Tim, quand Apple va-t-elle supporter complètement la norme NFC et ses trois modes ? » demande Kakashi, Sony (qui fabrique et commercialise également des mobiles NFC). « Ce serait bien. Tu sais, c’est notre rôle au NFC Forum de le développer les solutions NFC, que ce soit dans les mobiles ou dans l’infrastructure, pour le bien des consommateurs et des industriels ».
  • « Je ne sais pas, mais pas cette version » répond Tim. « Ce qui m’intéresse, c’est le business au Japon, que les utilisateurs d’iPhone puissent utiliser Apple Pay sur ton réseau de paiement et de transport Felica. Je peux adapter mon mobile pour supporter Felica, même si ce n’est pas du NFC,  juste pour le Japon. Sinon je peux ne rien faire aussi. »
  • « OK, OK, ça va, on prendre Felica. Comme cela, en plus, on n’aura pas besoin de mettre à jour l’infrastructure Felica en NFC ».
  • « Mais c’est ce que nous demandons à nos adhérents, nos clients, la mise à jour de l’infrastructure, non ? » s’exclame Gunther, un troisième membre du NFC Forum, représentant NXP.
  • « Oui, oui, mais bon, le NFC Forum, c’est plus des guidelines, tu sais. » répondit Kakashi.
  • « Je comprends » s’exclame Gunther. « C’est l’équipe Mifare Classic 1K qui va être contente. »

Et voila comment les accords commerciaux entre deux sociétés se font sur le dos d’un support mondial d’une norme. Oh well. La direction du NFC Forum contactée n’a pas souhaité / voulu / pu répondre à nos questions sur ce sujet.

Notons tout de même un point intéressant sur cet accord Felica/Apple. Les cartes Felica, des cartes de paiements pré-payés, se transfèrent très facilement d’un simple tap entre le mobile et la carte, ce qui devrait faciliter l’usage paiement / transport mobile. Imaginons que l’on puisse poser une carte Navigo sur un mobile NFC et qu’elle soit automatiquement transférée. #sigh

Ceci étant dit, coté français, l’accord Sony et Apple sur Felica pourrait être bénéfique. Cela veut signifie qu’Apple est ouvert à des accords à un niveau pays. On peut imaginer qu’Orange, Gemalto, la RATP, la SNCF, et d’autres partenaires, supportant le projet Wizway d’une plateforme permettant des solutions de transport multimodales sans contact soient également capables de négocier sa place sur l’iPhone comme a pu le faire Sony avec Felica.

Enfin, rappelons les parts de marché mondiaux des smartphones. Et même si les influenceurs, la blogosphère, les CSP+++++ sont principalement sur iPhone, il y a quatre fois plus d’utilisateurs dans le monde possédant des smartphones NFC de type Android ou Windows phone que d’iPhone, un marché donc quatre fois plus important.

Part de marché mondiale des OS Mobiles (c) IDC

Part de marché mondiale des OS Mobiles (c) IDC

L’écosystème NFC a t-il vraiment besoin d’Apple, hors le symbole ?
C’est la question, toujours non répondue.

Apple Logo

 

 

 

Foutu symbole 😉

A suivre

@pierremetivier

 

Pour aller plus loin