Les nouveaux médias du XXIe siècle, des revues pour penser demain aux Mardis de l’innovation

Les médias aux Mardis de l'Innovation

Les médias aux Mardis de l’Innovation

Le 2 avril 2019 avait lieu une nouvelle séance des Mardis de l’Innovation, dans sa 19ème année, à la Sorbonne, organisée par les étudiants du Master IMT de l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne avec le soutien du Club de Paris des Directeurs de l’Innovation et du European Institute for Creative Strategies et Innovation.

Le programme précisait « Le paysage médiatique est régulièrement transformé par les vagues technologiques et aujourd’hui avec la révolution digitale qui soulève de nombreux défis : multiplicité des médias sur l’internet, algorithmes des réseaux sociaux qui court-circuitent les médias traditionnels, propagation des « fake news », gratuité apparente des contenus en échanges des données des utilisateurs, indépendance et rôle réel des médias. Peut-on toujours parler de « quatrième pouvoir » ? Le secteur des médias reste extrêmement créatif avec l’apparition constante de nouveaux formats Web, TV, Radio et même papier, avec une vague de nouveaux magazines de grande qualité, avec reportages d’investigation, enquêtes approfondies, sujets pertinents et impertinents et une grande qualité d’illustration. »

Quatre intervenants étaient présents pour débattre du propos :

  • Fabienne Marion, ‏Fondatrice et Directrice de la rédaction d’Up’Magazine, un média  » pure player « , uniquement disponible sur le web, militant, indépendant et de qualité. Une audience fidèle. Des sujets de sociétés impactant autour des transitions numériques et écologiques.
  • François Siegel, Créateur de We Demain. We Demain est un média papier né de la révolution numérique ce qui est en soi un paradoxe. Les grands sujets du magazine sont globalement les mêmes que ceux d’Up Magazine.  François nous raconte que c’est Marc Simoncini, le créateur de Meetic qui lui a conseillé de lancer We Demain en version papier ! Il regrette que We Demain ne soit pas plus populaire. « C’est le sujet qui veut cela. »
  • Pascal Pogam, Rédacteur en chef information et transformation digitale des Echos. Il y a désormais plus d’abonnés à la version numérique qu’à la version papier, le chiffre d’affaires lui est toujours en faveur du papier.
  • Benoît Charpentier, Directeur Général de l’ESJ Paris. L’ESJ Paris est la plus ancienne école de journalisme du monde.  Le rôle de l’école est maintenant de hiérarchiser le brouhaha de l’information disponible (et pas forcémment consommée). Le papier a des beaux jours devant lui. Dans le Top 10 des sites d’informations les plus lus sur le web, se trouvent le Monde et le Figaro. Les réseaux sociaux ne sont pas l’ennemi. On est dans le règne des niches.
Pascal Pogam Les Echos

Pascal Pogam Les Echos

On passe au débat et la première question habituelle dans ce type de débat : « Quel futur pour les médias : numérique ou papier ? ». RéponseS « ça dépend », réponse également habituelle.

Pour Pascal Pogam, Les Echos, les journaux vont inéluctablement vers le numérique, cela peut être différent pour les magazines. C’est plus difficile pour Paris Match (photos). Les tablettes et autres liseuses numériques sont super mais n’ont pas remplacé le papier. Ceci dit, les lecteurs des formats papier sont clairement des personnes de plus en plus âgées pour François Siegel, We demain. Pour Fabienne Marion, Up Magazine, en tant que pure player web, est rentable à 6,5 € par mois (« moins cher qu’un paquet de cigarettes et meilleur pour la santé » ). Quand la version Web du Figaro a été lancée, tous les journalistes étaient vent debout. Aujourd’hui, lefigaro.fr est au centre de la rédaction du journal ajoute Benoît Charpentier, ESJ Paris.

François Siegel We Demain

François Siegel We Demain

Les réseaux sociaux ont pris un ascendant fort dans la communication des politiques. Exemple positif de l’utilisation des réseaux sociaux – l’Algérie et négatif – le Brexit pour Francois Siegel, Wedemain. Le choix est l’ennemi de l’algorithmie. Benoît Charpentier, ESJ Paris. (A titre personnel, j’aurai inversé la proposition : l’algorithmie est l’ennemi du choix. NDLR)

Pascal Pogam des Echos nous parle de Facebook Live et de la presse. Facebook a payé de nombreuses rédactions pour créer du contenu pour Facebook à l’intérieur de ces mêmes rédactions pendant 6 à 12 mois avec des personnes dédiées. Peu ont refusé. Aujourd’hui, les réseaux sociaux sont le centre de l’attention des médias, demain, ce sera les podcasts, en plein développement. Benoît Charpentier, ESJ Paris

Pour Fabienne Marion, Up Magazine, lire un titre, deux lignes et trois commentaires, ce n’est pas s’informer et c’est pourtant ce que fait 70% de la jeune génération.

Fabienne Marion Up Magazine

Fabienne Marion Up Magazine

Après un petit détour par les Gilets jaunes, un sujet trop couvert et donc amplifié par certains médias nous dit Francois Siegel, WeDemain, le débat s’est poursuivi par des échanges animés entre les quatre intervenants et le public sur les fake news et la responsabilité de la presse de dénoncer les fake news. Nous sommes tous responsables. Les journalistes sont moins là pour apporter de l’information, que pour apporter des clés de compréhension du monde. Fabienne Marion, Up Magazine. Pascal Pogam, Les Echos préfère les exercices de fact checking de l’AFP et du Monde, à ceux de Libé, qui donnent trop d’importance à de petites fake news. Les fake news sont l’affaire, la responsabilité de tous pour Fabienne Marion, Up Magazine. Les intervenants rappellent que les fake news ne sont pas nées avec les réseaux sociaux – l’affaire Dominique Baudis ou la maladie d’Isabelle Adjani sont encore dans les mémoires.

Benoit Charpentier ESJ Paris

Benoit Charpentier ESJ Paris

Le numérique (réseaux sociaux, blog, web, podcasts, ….) a totalement changé les programmes des écoles de journalisme. Avec les réseaux sociaux, il n’y a plus de perspectives temporelles. C’est ici et maintenant conclut Benoît Charpentier, ESJ Paris.

Ainsi s’est termine un débat animé, de qualité une fois de plus aux Mardis de l’Innovation autour des médias, qui aurait pu durer deux heures de plus, tant le sujet est vaste et d’actualités et les réactions et questions du public nombreuses. Merci François Siegel, We Demain, Benoît Charpentier, ESJ Paris, Fabienne Marion, Up Magazine et Pascal Pogam, Les Echos. Et continuons à lire la presse de qualité, qu’elle soit papier ou numérique.

A suivre … le long des fils d’actualités, dans les journaux et magazines, papier et numériques.

Pierre Métivier

@PierreMetivier

Note – Rappelons que le 1er avril est le seul jour où chacun d’entre nous vérifie la véracité des informations qu’il lit. Il est désormais indispensable de le faire tous les jours

Pour aller plus loin :

Les médias aux Mardis de l'Innovation

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A propos Pierre Metivier

Responsable pendant 25 ans du développement de produits et services dans plusieurs entreprises d’informatique, de logiciels et de l’Internet (notamment Commodore, Apricot, Borland Intl, CompuServe, AOL) dont cinq ans passés aux Etats-Unis. Spécialiste des services mobiles et objets connectés, il a été délégué général du Forum SMSC et est l’auteur de l’ouvrage de référence « Le mobile NFC, télé-commande de notre quotidien » (2015). Il est aujourd’hui conférencier, auteur, animateur, formateur et expert de l'innovation autour des services (mobiles) sans contact / NFC et de l'internet des objets.

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