Archives mensuelles : janvier 2020

L’alliance SBA France, ambitieuse et mesurée dans le cadre des smart home, smart building, smart city, …

La Smart Buildings Alliance (c) SBA

La Smart Buildings Alliance (c) SBA

L’Internet des objets regorge de domaines d’activités, d’applications, de technologies (capteurs, actionneurs, connectivités, logiciels, …),  de standards et d’associations qui, pour ces dernières, essaient d’organiser et de mettre de l’ordre dans tout cela. Et ce n’est pas facile tant la pelote est complexe. Les prédictions des analystes vont de 20 à 1,500 milliards d’objets connectés en 2020, (oui aujourd’hui !), ce qui montre clairement la complexité du sujet et de sa compréhension.

Créée en 2012, la Smart Buildings Alliance for Smart Cities fait partie de ses associations. Originellement consacrée, comme son nom l’indique, au bâtiment intelligent, son but est de « combiner transition numérique et transition énergétique au service de tous les usagers » (dans le domaine du bâtiment « étendu » bien sûr) et permettre leurs réalisations.

A l’occasion de la cérémonie des voeux 2020 à ses membres et partenaires, l’alliance a présenté son organisation, ses résultats et sa stratégie de développement pour les années à venir.

Emmanuel François, SBA

Emmanuel François, SBA

Première phrase de son président, Emmanuel François : « Nous allons vers un monde hyper connecté en temps réel. » et il associe tous les citoyens, tous les bâtiments, toute la mobilité, tous les territoires, équipements et infrastructures. Du bâtiment, nous sommes passés à tout ce qui concerne les territoires et leurs habitants y compris transport, énergie sans oublier toutes les parties prenantes. Le scope s’est considérablement élargi – de smart building à smart home, smart building, smart city, smart grid, smart mobility, … la smart « life » donc. Tout est lié bien sûr.

Suite à la fusion très récente avec la Fédération Française de la Domotique, la Smart Building Alliance représente désormais un impressionnant écosystème de près de 600 membres (industriels, intégrateurs, collectivités, promoteurs, bailleurs, energéticiens, architectes, banques et assurances, …)

Pour la SBA, le bâtiment « smartisé » comporte des services autour des espaces pluriels et il est multi-usages. Il est connecté et communiquant, ouvert et sécurisé et tourné vers ses utilisateurs. La valorisation du bâtiment se fera par la valeur d’usage. Il faut donc apporter plus de services, optimiser l’exploitation, faciliter l’évolutivité et accroitre l’attractivité.

Pour se faire et pour ne pas rester uniquement dans la représentation, la SBA a développé un cadre de référence,  le R2S (pour ReadyToServices), pour les bâtiments connectés et communicants, dont les principes couvrent le réseau « Smart », l’indépendance des trois couches (équipements du bâtiment, infrastructure du réseau,  services applicatifs), la mutualisation des infrastructures et des systèmes, l’interopérabilité à travers des APIs et un cadre de confiance numérique. Des premiers bâtiments sont désormais labellisés et une centaine d’autres sont en cours. Ce référentiel se décline également en plusieurs versions. Le premier socle était logiquement consacré au tertiaire, depuis, R2S Grids et R2S Résidentiel ont été développés et d’autres sont à venir – R2S Well-being (bien-être), R2S Care (Services à la Personne), R2S Mobility (e-mobilité) et R2S Spaces, et potentiellement Safety & Security, Delivery, Signage, Asset & Facility Management.

En parallèle du développement du référentiel, la SBA se déploie dans les régions (+50% des adhérents s’y trouvent et participent à la création des référentiels) et à l’international où la SBA fait des émules. L’idée est de reprendre le même cadre R2S dans d’autres pays intéressés (Belgique, Suisse, Luxembourg, Italie dès 2020), et des discussions avec l’Allemagne, les USA, la Grande Bretagne et la Chine sont en cours. Pourquoi réinventer la roue ?

Autres sujets et pistes (en vrac dans ce billet) couverts par les intervenants.

  • L’importance du cadre juridique dans l’immobilier qui s’applique également à la connectivité et à tous les éléments smarts des bâtiments.
  • Le développement de la géolocalisation intérieure (indépendamment de la technologie) pour la création de nouveaux services.
  • Le renforcement des compétence dans le domaine de la cybersécurité «On est léger en cybersécu». 😉
  • La prise en compte de la diminution de l’empreinte carbone.
  • L’étude des BOS – Building Operating System, l’ensemble des logiciels gérant les objets connectés des bâtiments.

Il manquait juste peut-être l’impact de la 5G et le besoin d’intégrer le courant continu dans la maison et le bâtiment, autres sujets d’intérêts pour l’alliance, à ce tour d’horizon complet (*).

Les commissions autour de la smart city et des territoires travaillent sur le « smart aménagement », l’éclairage public avec la notion d’économie d’énergie et la mobilité. mais aussi sur les données, leur ontologie, leur gouvernance avec toutes les parties prenantes de la ville. Parler le même langage est essentiel pour se comprendre. Il existe 600 zones d’aménagement en France, autant de jolis terrains de jeux pour transformer des champs de patates en des lieux de vie, type Confluences à Lyon. Enfin, il est prévu d’accompagner les nouveaux maires avec une boite à outils présentant la démarche SBA afin d’intégrer le numérique à la « ville » étendue.

Emmanuel François a conclu en rappelant qu’il doit exister une continuité des services entre villes et bâtiments, des bâtiments qui seront pluriels, hybrides, multi-usages, évolutifs et serviciels. L’association SBA France propose à ses adhérents un programme ambitieux et mesuré grâce à son référentiel R2S ceci dans le cadre démesurément étendu de la smart « life » – home, building, city, infrastructure, transport et surtout … nous, ses habitants ! Comme l’a rappelé l’un des intervenants « Le smart building ne doit pas oublier pourquoi on fait un bâtiment et en particulier ses fonctions-clé de confort et de sécurité (pour ses usagers). »

A suivre … dans les couloirs connectés d’un batiment « smartisé » et au salon BIM World, à la Porte de Versailles, fin mars. Nous y serons !

Pierre Métivier
@PierreMetivier

(*) Sauf erreur d’inattention de notre part bien sûr.

Pour aller plus loin

Usual suspects de la SBA France, un éclairage pas trop « smart » pour la photo de famille

Usual suspects de la SBA France, une 💡 pas trop « smart » pour la photo de famille 😉

Il est temps de prendre en compte l’impact du numérique sur les émissions de gaz à effet de serre

Marc Giget et l'impact du numérique sur le climat

Marc Giget et l’impact du numérique sur le climat

On ne présente plus Marc Giget, en particulier dans ce blog. Président et fondateur du Club de Paris des Directeurs de l’Innovation, il milite avec passion et conviction depuis 20 ans pour une innovation humaniste à travers ses nombreuses activités et en particulier les Mardis de l’Innovation. Son livre « Les nouvelles stratégies d’innovation 2018-2020 et vision prospective 2030 » est indispensable à toute personne s’intéressant à l’innovation.

L'empreinte carbone des français (c) Les Echos

L’empreinte carbone des français (c) Les Echos

A l’occasion de la remise des Trophées « Innovation Team Best Practices 2019 » dans la catégorie Stratégie de l’innovation (1), Marc a profité de la conclusion de l’évènement et de l’association de ce même événement avec Citeo et l’écosystème de l’économie circulaire pour alerter (ou pousser un coup de gueule, c’est selon) contre l’absence d’intérêt et de démarche publique sur la consommation d’énergie induite par le numérique et ses conséquences sur la production de gaz à effet de serre.

Partant des objectifs de développement humain et durable des Nations Unis, Marc s’est concentré sur l’objectif 12, « consommation et production responsables », un objectif sur lequel les entreprises ont un grand rôle à jouer, en particulier pour réduire l’impact sur le réchauffement climatique et sur la consommation de matières premières. Qui dit production, qui dit utilisation d’énergie. Et le numérique est l’une des cinq premières sources de production de gaz à effet de serre de chaque français (avec la voiture, le logement, la santé et l’alimentation) source Les Echos.

L’émission du CO2 du numérique est «  totalement hors contrôle » nous dit Marc. Le Cloud, c’est 10% de la consommation énergétique dans le monde et contrairement aux autres industries clairement identifiées qui font plus ou moins d’efforts pour réduire leur production de carbone, aucune action d’envergure n’est menée pour réduire la consommation du numérique. Netflix et le streaming vidéo sont particulièrement visés. La plateforme Netflix est responsable à elle seule 25% des émissions de CO2 du numérique et le streaming représente désormais 60% des données transitant sur le net. Source The shift project

Pour Marc, le numérique est perçu comme un bien « immatériel » et non physique (ce n’est pas du plastique) et donc on ne pense à pas à la production induite de gaz à effet de serre, et pourtant, elle est importante.

La courte durée de l’intervention n’a pas permis de développer en détail la consommation quelle soit directe (rien sur le minage des bitcoin, le jeu en ligne (2), sur le système bancaire, l’internet et ses applications (hors streaming) ou l’internet des objets) ou indirect (le commerce en ligne type Amazon et les livraisons physiques correspondantes) mais à l’heure où des milliers de visiteurs du monde entier se rendent  à Las Vegas admirer les gadgets de l’année du CES 2020, comme des robinets ou des toilettes connectées avec lesquelles nous allons communiquer, ce ne sont pas uniquement les avions qui participent au dérèglement climatique.

Le sujet mérite d’être mis sur le devant de l’actualité et surtout traité.

A suivre … et découvrir sur vos écrans. #paradoxe

Pierre Métivier
@PierreMetivier

Notes

  1.  J’ai participé activement au développement des trophées « Innovation Team Best Practices 2019 » depuis la première édition.
  2. La partie  » Jeu en ligne  » a été ajoutée après la première publication et des échanges sur LinkedIn. Merci Noël Philippe. 

Pour aller plus loin