Archives mensuelles : février 2020

Et si on cliquait sur des oeuvres d’art plutôt que sur des feux de circulation ?

Les reCaptcha considérées comme une oeuvre d'art

Les reCaptcha considérées comme une oeuvre d’art

Les Mardis de l’innovation sont de retour. Depuis 20 ans, c’est toujours un plaisir d’écouter les intervenants de tous horizons qui ont tous la même passion pour l’innovation dans leur domaine et qui la partage pendant ces séances. Vous retrouverez en bas de ce billet, les vidéos des trois intervenants de la séance du mardi 28 janvier consacrée à la « place de l’individu dans l’acte créatif » mais c’est sur la présentation de Marc Giget, en introduction de la séance sur laquelle nous allons revenir.

Le texte d’introduction à la séance précisait «  L’abondance de données, de logiciels et d’algorithmes et la percée de « l’intelligence artificielle » peuvent être ressentis comme autant d’éléments d’une évolution vers une conception automatisée, logique et prédéfinie, où la part de l’intervention humaine se réduit. Par ailleurs, « l’intelligence collective », la combinaison des apports venant de multiples individus pourrait entraîner une création dans laquelle il deviendrait de plus en plus difficile d’identifier l’apport de chacun. Ce n’est pourtant pas ce que l’on observe, le rôle d’un individu clairement identifié : créateur, concepteur, artiste, designer… reste déterminant dans la synthèse créative et la conception du nouveau, non seulement au niveau de la mise en forme, mais aussi dans l’intention et dans la vision qui y sont associés, aussi variées que le sont les passions humaines. »

Ce qui nous donne, en version succincte «  L’IA (et l’intelligence collective) peuvent-elles remplacer l’humain dans le processus créatif ? »

Pour cela, Marc nous parle de l’arrivée de la photo dans le monde de l’art et de ces impacts, puis du mythe de l’intelligence artificielle et de tous les éléments uniques de l’intelligence créative humaine et ils sont nombreux. Pensée, conscience, vision globale, utopie, imagination, …  L’IA n’en a aucune.

Humain vs IA (c) Marc Giget

Humain vs IA (c) Marc Giget

Il reprend ensuite l’exemple de cette IA qui a créé un « nouveau » tableau à la Rubens. Zéro créativité dans l’algorithme qui a été utilisé, nous dit-il.

Enfin il aborde l’infinie variété de la création humaine et de la mise en forme à l’aide d’un simple exemple, le sujet de tableau, une femme qui lit. Et pour notre plus grand plaisir visuel, il fait défiler des dizaines de tableaux (que vous pouvez retrouver dans la vidéo ci-dessous), d’images de femmes  lisant un livre pour illustrer son propos. Cette créativité étonnante est inatteignable pour les IA.

Ce que nous amène au deuxième sujet de ce post. Ce défilé d’images de femmes lisant nous rappelle les tests que nous subissons régulièrement pour nous identifier en tant qu’humain et non en tant que programme sur des sites. « Cliquer sur toutes les cases qui représentent des feux de circulation ? » ou des pancartes ou des chats. Se faisant, nous apprenons aux IA de Google à reconnaitre un feu de circulation, une pancarte ou un chat, en leur indiquant toutes les formes de feux, de panneaux de circulation (ce qui est utile pour les projets de voitures autonomes) ou de chats (ce qui peut éventuellement sauver de chats de la même voiture autonome, merci pour eux !).

Et-ce que les IA regardent ces tableaux de « femmes lisant un livre »  ? Cela leur permettrait, peut-être, de les reconnaitre (pas très utile pour la conduite autonome), voire un jour, qui sait, de les apprécier et approcher quelques-unes des caractéristiques citées par Marc ci-dessus qui sont le fondement de notre identité. Une idée pour les programmeurs de logiciels de détection homme / bot type Captcha sur le web et de développeurs IA ?

A suivre … dès la prochaine session consacrée aux liens entre innovation et littérature le 25 février, toujours à l’ENS AAMA. A ne pas manquer.

Pierre Métivier
@pierremetivier

Pour aller plus loin

Les vidéos des trois intervenants de la sessions des Mardis de l’Innovation