Un confinement doublement sans contact, gestes barrières et solutions technologiques de sortie de crise

Le sans contact, un geste barrière (c) Groupement CB

Le sans contact, un geste barrière (c) Groupement CB

Les termes sans contact (et contactless en anglais) reviennent plus régulièrement dans l’actualité française et internationale, Covid-19 oblige. Ils sont utilisés pour décrire des services où il n’y a pas de contact physique entre l’utilisateur (usager, consommateur, citoyen) et le service utilisé, le plus connu d’entre eux avant la pandémie actuelle, était le paiement sans contact.

Aujourd’hui, pour éviter la propagation de ce virus invisible, il nous faut éviter les contacts physiques, avec les personnes et avec les objets et surfaces de notre environnement. Nos relations avec les personnes et les objets doivent donc être modifiées.

Pour éviter les contacts dans le cadre du confinement, nous avons pour cela les gestes barrières, les masques et toutes ces précautions que nous avons pris l’habitude d’utiliser, par exemple de nous saluer sans nous serrer la main ou nous embrasser, sans contact donc.

De nombreuses actions de notre quotidien ont du être modifiées, dans la cadre du commerce, du transport, du travail,  de l’école, … Certaines des solutions adoptées sont organisationnelles, sans technologie particulière, comme les drive sans contact ou les services de réparations automobiles contactless. D’autres comme les applications de vidéo-conférence telles WhatsApp, Zoom, Webex ou Teams remplacent les rencontres de personne à personne ou en réunion, que ce soit dans un cadre personnel ou professionnel.

Dans ce billet, nous évoquerons principalement les échanges entre personnes et objets de notre entourage et comment les services sans contact numérique, à base de technologies type NFC ou RFID (1), définies comme sans contact bien avant la pandémie, sont utiles non seulement pour éviter les contacts avec des objets publics comme l’argent, les portes, les accès aux transports et au bureau, mais aussi comme outils indispensables au service de la santé.

Commençons donc par le commerce et le paiement sans contact par carte ou par mobile, bracelet, montre et tout autre facteur de forme. Conçu dès 2006 et lancé commercialement  début des années 2010, son acceptation grand public a été relativement long et difficile. Les lecteurs fidèles de ce blog se rappellent de nombreux articles sur le sujet (voir en fin de billet).

Paiement sans contact (c) Franck Dubray, Ouest France

Paiement sans contact (c) Franck Dubray, Ouest France

Et puis, les avantages apportés par paiement sans contact en terme de sécurité, rapidité, confort on convaincu consommateurs et commerçants. Ces derniers se sont équipés, les gares de péage des autoroutes, les parkings souterrains, les automates et distributeurs automatiques l’ont également été et les transactions sans contact sont devenues courantes pour tous. En 2015, 235 millions de paiements avec carte, mobiles, montres … sans contact avaient été réalisés en France. En 2019, ce nombre a été de 3,5 milliards. 15 fois plus en 4 ans !

Avec l’arrivée de la pandémie, la crainte d’attraper le virus en touchant des objets publics, que ce soit des pièces de monnaie, des billets de banque ou le clavier d’un terminal de paiement pour entrer son code PIN, a encore accéléré l’usage et les paiements sans contact ont été multipliés de +40% sur le début de l’année (pour les réseaux Visa et MasterCard). Les autorités, qu’elles soient de santé ou bancaires, ont encouragé le mouvement. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS/WHO) a suggéré l’utilisation du paiement sans contact pour des raisons sanitaires, en tant que geste barrière, et les banques ont suivi en relevant partout dans le monde le plafond du paiement sans contact sans code de 30 à 50 € (2).

Apps NFC dans la santé (c) Blog NXP

Apps NFC dans la santé (c) Blog NXP

Dans les services hospitaliers, partout dans le monde, de nombreux services sans contact (NFC et RFID ) sont également utilisés en particulier dans la traçabilité des équipements, des produits sanguins ou le suivi du lavage des mains (et utilisation des solutions hydroalcooliques), un sujet  important pour toutes les personnes présents dans les hôpitaux (personnels soignants, visiteurs et patients) pour éviter la transmission du virus et plus globalement les maladies nosocomiales.  En France, la société MediHandTrace a mis au point, grâce un protocole adapté et l’utilisation de la RFID, un système encourageant et optimisant l’utilisation de gel hydroalcoolique par tous les intervenants pour réduire les risque de maladies nosocomiales et de propagation de virus tel le Covid-19. La solution est en place à l’IHU Méditérannée (celui du Pr. Didier Raoult) où la société est incubée.

Et n’oublions pas que depuis des années, les cartes d’accès sans contact permettent de sécuriser l’entrée aux bureaux et autres locaux professionnels sans que les employés n’aient besoin de toucher à une porte ou une poignée.  Et dans les transports en commun, les cartes type Navigo et leurs versions sur mobile (3) comme ViaNavigo en Ile-de-France évitent également de toucher aux portillons.

Indépendamment des conséquences importantes sur notre vie que va créer cette période de confinement et sa suite, il n’y a guère de doutes que les services à base de technologies sans contact, de type NFC et RFID, permettant d’interagir avec notre environnement en toute sécurité, avec des cartes, avec nos mobiles, et de nombreux autres facteurs de forme, vont continuer à se développer fortement dans les prochaines années. Dans les domaines cités et bien d’autres, ces technologies feront partie des solutions connectées indispensables à l’amélioration de notre capacité de réponses aux prochaines pandémies.

A suivre … prenez bien soin de vous et vivement le retour à un monde avec (et sans) contact !

Pierre Métivier
@pierremetivier

Notes

  1. Sur la différence entre RFID (UHF) et NFC (HF), lire sur ce blog, NFC ou RFID : qui va gagner ? Deux protocoles de communication d’une même famille, la RFID, avec des caractéristiques différentes.
  2. Approximativement, ce montant peut varier par pays.
  3. Depuis l’année dernière sur mobile Samsung équipé NFC et l’opérateur Orange

Pour l’anecdote, on peut même simplifier la création de son attestation de déplacement dérogatoire grâce au NFC.

Rappelons enfin que pour qu’une transaction sans contact s’opère, il n’est pas nécessaire de créer un contact physique, un « tap »  entre le terminal et la carte (ou le mobile), il suffit de l’approcher à 1 ou 2 cm.

Pour aller plus loin

Paiement

Santé

Mobilité

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A propos Pierre Metivier

Responsable pendant 25 ans du développement de produits et services dans plusieurs entreprises d’informatique, de logiciels et de l’Internet (notamment Commodore, Apricot, Borland Intl, CompuServe, AOL) dont cinq ans passés aux Etats-Unis. Spécialiste des services mobiles et objets connectés, il a été délégué général du Forum SMSC et est l’auteur de l’ouvrage de référence « Le mobile NFC, télé-commande de notre quotidien » (2015). Il est aujourd’hui conférencier, auteur, animateur, formateur et expert de l'innovation autour des services (mobiles) sans contact / NFC et de l'internet des objets.

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