Archives de l’auteur : Pierre Metivier

A propos Pierre Metivier

Responsable pendant 25 ans du développement de produits et services dans plusieurs entreprises d’informatique, de logiciels et de l’Internet (notamment Commodore, Apricot, Borland Intl, CompuServe, AOL) dont cinq ans passés aux Etats-Unis. Spécialiste des services mobiles et objets connectés, il a été délégué général du Forum SMSC et est l’auteur de l’ouvrage de référence « Le mobile NFC, télé-commande de notre quotidien » (2015) ainsi que du Blog « Avec et sans contact ». Il est aujourd’hui expert et enseignant / formateur en gestion des innovations numériques à forte valeur ajoutée utilisateurs à l'EISCI (Mardis de l'Innovation, Club de Paris des Directeurs de l'Innovation).

La guerre des intelligences aura-t-elle lieu ou Laurent Alexandre est-il un nouveau Deckard ?

La guerre des intelligence Laurent Alexandre

La guerre des intelligence Laurent Alexandre

« La guerre des intelligences » est un livre choc, très médiatisé, avec un auteur régulièrement présent dans les médias, auteur auprès duquel il nous faut rester modeste pour commenter l’ouvrage, étant donné l’érudition et l’expérience accumulée en tant que chirurgien, neurobiologiste et énarque. Mais bien sûr, cela ne va pas nous arrêter.

Après le livre de jean-Gabriel Ganascia « Le Mythe de la singularité » lui aussi commenté dans une précédente fiche de lecture, « La guerre des intelligences » traite également l’intelligence artificielle avec une approche très différente. Le livre parle du développement, de l’avènement inexorable et de sa probable « prise de pouvoir » sur nous autres, pauvres humains si nous n’en prenons pas conscience et si nous ne faisons rien. Laurent Alexandre y décrit un grand nombre de scenarii, et leurs conséquences sur notre société à commencer par l’école rendue rapidement obsolète. En parallèle de cette intelligence artificielle qui se développe, notre (1) propre cerveau va être augmentée par deux moyens différents, la biotechnologie y compris une sélection positive (qu’il nomme clairement eugénisme) et les manipulations génétiques, et puis la fusion de nos cerveaux et du monde numérique. #transhumanisme #RayKurzweil #Matrix.

Un livre passionnant et foisonnant, qui part d’un présent bien réel et la vision de la montée en puissance à la fois de l’efficacité de l’intelligence artificielle grâce aux recherches menées par les GAFAM+ et leurs équivalents chinois, une montée en puissance permise par la volonté de quelques uns et par les connaissances qu’ils possèdent sur nous à travers les moteurs de recherches, les applications GPS, les réseaux sociaux, les mails …. L’intelligence artificielle, dans sa version actuelle, ce sont des algorithmes nourris par le big data et ces données sont le quasi monopole des GAFAM+.

Il y a beaucoup d’informations, d’études, de recherches, d’érudition, de lyrisme allant parfois jusqu’au mysticisme dans ce livre, mais aussi beaucoup de prédictions, d’imaginations, de conditionnels, de raccourcis, de films/livres de science-fiction (2), une science-fiction souvent plus fictionnel que scientifique.

Le passé et le présent peuvent-ils nous annoncer l’avenir ?

Dans le dernier numéro de l’excellente revue WeDemain (#20 décembre 2017, N° dans lequel on retrouve également une chronique de …. Laurent Alexandre), Cédric Villani, chargé d’une mission sur l’IA par le Président de la République déclare: « Toute prédiction en matière d’intelligence artificielle est pure folie. ». Et il est vrai que non seulement les prédictions sont rarement confirmées dans le temps, mais rare sont les événements, les développements, les innovations qui ont été annoncées avant leur arrivée.

Dans un monde où l’on ne connait pas la météo qu’il fera dans 3 jours, où personne n’a vu venir Facebook ou Twitter et leur rôles, ni l’iPhone, où les smart cars devraient déjà avoir envahi nos rues, quel crédit porter à toutes ces prédictions autour de l’IA, quel crédit porter à des affirmations sur ce qui se passera en 2030, 2060, 2100 voire dans un milliard d’années ! L’avantage de parler d’avenir lointain, c’est que personne ne peut vous contredire.

Quelques citations forcément tronquées :

« En 2035, l’éducation deviendra une branche de la médecine. »
« Dans un milliard d’années, elle (l’IA) sera toujours là. »
« Une autre perspective est envisageable : … Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, … a imaginé un futur où des fusées… permettraient de coloniser le cosmos et d’y installer 1000 milliards d’êtres humains. La limitation des naissances n’aurait plus lieu d’être. »
« La colonisation du système solaire par Elon Musk et Jeff Bezos n’est qu’un tout premier exemple ».

Sur ces deux derniers points, comment peut on penser que la colonisation du cosmos voire du simple système solaire soit une solution pour les problèmes décrits dans le livre à commencer par la surpopulation !?!?! A part notre belle Terre, les autres planètes du système solaire nous sont très hostiles et ne peuvent être une solution d’hébergement. Quand au cosmos, c’est une vue de l’esprit. Aucune exoplanête n’est atteignable par nos technologies actuelles. #WarpSpeedMisterSulu. Ce type d’hypothèses irréalistes jette un voile sur la crédibilité des autres hypothèses du livre.

« Alors nous entrerons dans une économie démiurgique où l’automatisation et la disponibilité infinie de l’énergie feront que rien ne sera impossible. »

Sur cet autre point, notons que les contraintes physiques et en particulier énergétiques sont donc vite balayées. Le cloud et ses fermes de serveurs, le bitcoin (et les blockchains) sont des exemples de technologies très gourmandes en énergie et une omni-présence des IA traitant des quantités incroyables de données en provenance de milliards d’objets connectés et de capteurs, eux-même alimentés, ne vont pas diminuer ce besoin en énergie bien au contraire.

Dans tous les cas, ce livre permet au lecteur de réfléchir à la place des technologies numériques et bio-technologiques et leurs conséquences sur chacun d’entre nous, sur le moyen et le long terme. Sa lecture nécessite de ne pas oublier que le futur et le conditionnel sont probablement et logiquement les temps les plus utilisés dans l’ouvrage.

Laurent Alexandre est à la fois très optimiste et anxiogène : optimiste quand à la capacité de l’humanité à se saisir du sujet et se mettre d’accord à l’échelle mondiale, pour partager auprès de chacun d’entre nous les bienfaits à la fois des biotechnologies et de l’IA et contrôler le développement de cette dernière et tout aussi anxiogène à travers des hypothèses à la Matrix où l’IA prend le pouvoir, ou des groupes de terroristes développent et utilisent des versions hostiles aux humains.

Un coup de dés jamais n'abolira le hasard

Un coup de dés jamais n’abolira le hasard

Reste un dernier cri du coeur pour défendre le corps (y compris la cuisine et le goût), bien malmené pendant le livre (3)  Une remarque personnelle – N’oublions pas non plus le hasard, quel que soit sa forme, un son, une lumière qui détourne l’attention, qui nous fait changer notre façon de penser, qui nous perd, et qui nous fait réfléchir différemment et qu’aucune fonction @ALEAtoire n’émulera jamais.

Si tout ce que nous présente Laurent Alexandre dans son livre s’avère vrai, alors, la seule question importante est : tout comme Deckard alias Harrison Ford dans Blade Runner est peut-être un réplicant, Laurent Alexandre est-il lui-même une IA ? Rappelons que le nom de Deckard est proche de / basé sur Descartes. Les réplicants pensent, et donc ils sont …. enfin … ils le pensent. Et les IA ? Laurent ?

A suivre, dans dix ans, cent voire un milliard d’années.

@PierreMetivier

Notes

  1. Nous … la fourchette est grande entre les « happy few » et l’humanité toute entière. Rappelons que 3 milliards d’habitants de la planète n’ont pas accès à Internet.
  2. Pour des réflexions à très long terme sur une histoire à venir de l’humanité et sur l’augmentation du cerveau, relire Olaf Stapledon, non cité. Les derniers et les premiers, Créateur d’étoiles et Sirius
  3. En cela, il diffère de Michel Houellebecq et son livre « La possibilité d’une ile » sur le sujet de la dématérialisation de l’esprit. Quant notre « esprit » ne nécessitera plus de cerveau biologique.

Pour aller plus loin

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Le mythe de la Singularité : faut il craindre l’intelligence artificielle ? Un livre passionnant de Jean-Gabriel Ganascia

Le mythe de la Singularité : faut il craindre l'intelligence artificielle ? Jean-Gabriel Ganascia

Le mythe de la Singularité : faut il craindre l’intelligence artificielle ? Jean-Gabriel Ganascia

L’intelligence artificielle fait partie de ces buzzwords très présents aujourd’hui dans les médias alors que le sujet existe depuis de nombreuses années (1). (Re)lire à ce sujet Innovation et technologies numériques, ou l’éternel retour et le gai savoir Oct. 2016 sur ce blog.

Le terme Intelligence articielle lui-même a été inventé en 1955 (plus de 60 ans déjà) et pour la presse, il inclut pèle-même les chatbots, le deep learning, les algorithmes, le big data, les robots …  Le sujet fait peur, renvoie vers la domination à venir de la machine / ordinateur / robot sur l’homme, et le spectre du chômage de masse. Une image sombre et c’est demain.

Dans ce contexte, la lecture d’un livre nommée « Le mythe de la Singularité : faut-il craindre l’intelligence artificielle ? » s’impose. Son auteur, Jean-Gabriel Ganascia, philosophe, professeur, chercheur au CNRS (en particulier dans le domaine de l’intelligence artificielle) connait bien le sujet et dans une livre concis, il analyse avec raison et passion deux sujets complémentaires, l’intelligence artificielle et son corollaire la Singularité. Peu sont ceux qui osent avoir une vision différente, qui ose questionner la pensée unique sur le sujet, une pensée partagée par de grands scientifiques comme Stephen Hawking  et patrons des grandes entreprises numériques américaines comme Elon Musk (2), et c’est ce qui rend la lecture du livre de Jean-Gabriel Ganascia particulièrement passionnante.

L’intelligence artificielle est là, bien là pour Jean-Michel Ganascia, mais sous plusieurs formes. Il développe les différences entre le concept de départ,  l’intelligence artificielle faible,  l’intelligence artificielle forte et l’intelligence artificielle générale. Il y a confusion ce qui n’aide pas à la clarté du débat mais c’est surtout la Singularité qui pose le plus de problèmes à l’auteur.

Rappelons que c’est la date à laquelle les ordinateurs seront plus «  intelligents  » que les hommes (et prendront le pouvoir). Les deux prédictions les plus connues sont 2023 pour Vernor Vinge, l’écrivain de science-fiction qui a imaginé le concept, et 2045 pour d’autres comme Ray Kurzweil, futurologue et « chef produit » chez Google. (3)

By Courtesy of Ray Kurzweil and Kurzweil Technologies, Inc.

By Courtesy of Ray Kurzweil and Kurzweil Technologies, Inc.

Jean-Gabriel Ganascia explique donc que la théorie de la Singularité est basée sur deux « lois » ou plutôt conjonctures : celle de Moore et celle de Ray Kurzweil, et sur un concept de science fiction. La loi de Moore prévoit l’augmentation régulière sans fin de la puissance de calcul des processeurs, nécessaires au développement de l’intelligence artificielle. La prédiction de Ray Kurzweil qui, à partir de sa vision de l’histoire de notre planète qu’il imagine asymptotique, associé avec la loi de Moore, aboutit à l’arrivée prochaine de la Singularité. Enfin,  l’auteur regrette que ce soit la science fiction qui soit le socle du concept, car il n’y pas de science dans ce concept.

Rien de scientifique, uniquement des conjonctures non prouvées, dans ces trois éléments servant de base au développement de cette Singularité d’où la notion de Mythe, titre du livre. L’auteur démonte avec précision et une approche à la fois pragmatique et philosophique les trois bases du mythe qui s’effondre de lui-même si on analyse les faits.

Il note également le côté mystique des discours des tenants de la singularité. La Singularité  comme une parousie technologique, une date messianique, qui ajoute du mystère au mythe. (4) (5)

MIT Technologie Review

MIT Technologie Review

La conclusion de Jean-Gabriel Ganascia peut surprendre. Il nous parle des pompiers pyromanes,  le terme décrivant les grandes entreprises numériques (les GAFA+) qui développent l’intellignce artificielle ET qui mettent en garde sur ces dangers potentiels.  Ces entreprises communiqueraient beaucoup sur ce sujet car pendant ce temps-là, on ne parle pas des dangers beaucoup plus présents et réels de pans entiers de responsabilité que les états abandonnent en matière de santé, d’éducation, d’identité à ces mêmes entreprises. Il appelle ce concept le « détournement d’attention ». Est-ce volontaire ? Au lecteur de décider. Mais c’est le vrai sujet qui devrait nous inquiéter beaucoup plus que le mythe de la Singularité.

Une lecture chaudement recommandé d’un auteur humaniste, entre Renaissance et Cioran, pensant différemment et l’exprimant clairement et factuellement. Indispensable.

A suivre, avec la lecture de la Guerre des Intelligences du Dr Laurent Alexandre.

@PierreMetivier

Notes

Neil Graham - Artificial intelligence - 1979

Neil Graham – Artificial intelligence – 1979

  1. L’auteur de cet article lui-même a étudié le sujet pendant ces études universitaires il y a « quelques » années et nombreux sont les concepts déjà présents à l’époque. Merci de ne pas me demander la date de ces études mais ni le web ni les mobiles n’existaient (rassurons le lecteur, les dinosaures avaient disparu !). Indice –>
  2. Même si de grands noms de la science et de l’industrie supporte l’idée de singularité technologique, d’autres n’y « croient » pas parmi lesquelles :  Paul Allen, Jeff Hawkins, John Holland, Jaron Lanier, et Gordon Moore (celui-là même de la loi citée en support du concept). Source Wikipedia
  3. Sur ces dates, sachant que personne n’a su prédire l’arrivée de Twitter ou de Facebook, leur développement, leur rôle dans le monde d’aujourd’hui, pour ne citer que ces deux exemples récents, la raison conseille de prendre avec prudence toutes ces dates annoncées et toutes les prédictions.
  4. On retrouve ces mêmes accents mystiques chez les défenseurs des bitcoins et de la blockchain. Nous l’avions noté en lisant le livre de Philippe Rodriguez, la révolution blockchain, un même vocabulaire religieux, une naissance sans père (dans le cas de la blockchain), un crédo nécessaire – La révolution blockchain, un livre qui ne laisse pas indifférent.
  5. On the possibility of divine intelligence, Ray Kurzweil is quoted as saying, « Does God exist? I would say, ‘Not yet.’

Pour aller plus loin

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Huit ans après la première annonce du STIF, le retour du projet de la carte Navigo sur mobile NFC

Le ticket de transport sur mobile NFC

Le ticket de transport sur mobile NFC (c) Wizway

Le 3 octobre 2017, Ile-de-France Mobilités, le nouveau nom du STIF, l’autorité organisatrice des transports (AOT) pour l’Ile-de-France, a annoncé un certain nombre de mesures liées à la dématérialisation des titres de transports sur mobile NFC, avec des tests en 2018 et un déploiement en 2019. Ce sont bien sûr de bonnes nouvelles pour les franciliens, (potentiellement) l’écologie, nous y reviendrons, et l’écosystème du sans contact.

ViaNavigo 2018-2020

ViaNavigo 2018-2020

  • Les franciliens car il pourront enfin recharger leur forfait Navigo directement sur le mobile sans passer par un automate dans une gare ou une station de métro. Un vrai gain de temps quand on voit les files d’attente à chaque début de mois. Ils pourront également utiliser leur mobile, qu’ils ne lâchent pas des mains, pour valider leur passage.
  • L’écologie puisqu’à terme, le ticket de transport sur mobile pourra remplacer les tickets T+ à bande magnétique pour le voyageur occasionnel,  que beaucoup jettent malheureusement sur la voie publique après utilisation. A terme, avons nous écrit, nous y reviendrons donc.
  • Enfin les industriels des technologies sans contact tels Gemalto, dejamobile, Wizway et de nombreux fournisseurs qui vont développer et déployer les solutions avec les opérateurs de transports franciliens.

Ceci dit, restons prudent, l’histoire (avec un petit h) récente nous le rappelle. Car cette déclaration, de Valérie Pécresse, est très proche de celle de Jean-Paul Huchon, son prédécesseur à la tête de la région et du STIF. Le 16 juin 2009, il y a 8 ans, il annonçait que le pass Navigo allait être hébergé sur mobile NFC, des tests auraient lieu (et ont eu lieu) et tout serait prêt en 2010. Et nous connaissons le (manque de) résultat de cette première annonce. Autres temps. Depuis, l’infrastructure a déjà été en grande partie mise à jour pour accepter la validation NFC dans le cadre du plan sans contact de 2012 (Investissements d’avenir), en parallèle du lancement de la nouvelle carte Navigo, la carte verticale, signé S+arck, la première au protocole NFC. Des tests publics ont bien été effectués sur une ligne de bus à Agenteuil, d’autres moins publics ont eu lieu dans le réseau ferré et j’ai pu voir à titre personnel un passage de valideurs RER avec l’aide d’un mobile NFC il y a plus de 3 ans. La technologie n’est pas le problème.

Prudence également car la solution choisie ne fonctionne pas au jour d’aujourd’hui, avec les iPhones quels qu’ils soient. Un problème connu et reconnu par les industriels et donc ce nouveau service ne toucherait que 900 000 usagers (à mettre en relation avec les millions de franciliens et les nombreux touristes). Ceci dit, Sony et les industriels derrière le standard sans contact Felica au Japon ont su négocié avec Apple pour que cette dernière intègre les fonctionnalités nécessaires à l’utilisation des iPhone à partir de la version 7 sur le réseau de transport japonais. Notre président a rencontré son homologue d’Apple le lundi 9 octobre. Espérons qu’il ait été briefé. Vu les dates annoncées par le communiqué de presse, il reste du temps pour convaincre Apple d’accepter d’ouvrir ses mobiles à la solution mise en place.

Il reste un dernier sujet non abordé dans le communiqué de presse ou dans les articles qui en ont résulté mais qu’on retrouve pourtant sur une infographie du site de l’Ile de France. La solution retenue nécessite une application, ViaNavigo, pour pourvoir utiliser son mobile, que ce soit pour un abonnement que pour un court séjour à Paris. On peut imaginer qu’une grande partie des franciliens installe cette application. Pour les touristes visitant Paris, ou le voyageur occasionnel, c’est moins sûr. Ce qui fait que la solution annoncée ne changera rien à court terme à l’utilisation des tickets de métro et aux deux systèmes de validation – Navigo sans contact (carte et mobile – l’annonce du jour) et le ticket magnétique individuel, les tickets T+, peu impactés par le nouveau système. Une bonne application pour les franciliens mais quasi sans impact pour les touristes ou les voyageurs occasionnels.

The Guardian (c) Philip Toscano/PA

The Guardian (c) Philip Toscano/PA

A Londres, TfL, Transport for London, l’équivalent de Ile-de-France Mobilités, a déployé depuis 2012 dans les bus et 2014 dans le reste du réseau une autre solution, la possibilité d’utiliser directement d’une carte de paiement sans contact (ou un mobile NFC avec une application de paiement sans contact – Apple Pay, Samsung Pay … )  directement sur les valideurs de transport. Il suffit de valider en entrée et en sortie, le calcul du paiement et la facturation se font ensuite. L’énorme avantage est qu’il n’y a plus besoin, pour un voyage occasionnel, d’acheter des tickets ou une carte sur un automate de vente OU d’installer une application sur mobile. C’est un progrès énorme qu’apprécient les millions de touristes qui visitent Londres, et les londoniens qui prennent, de temps en temps les transports en commun. Elle est beaucoup plus simple pour le voyageur. Les chiffres parlent d’eux même. 300 millions de voyages occasionnels par carte ou mobile sans contact depuis 2012 soit 1/4 des voyages occasionnels. Pour les 6 derniers mois de 2015, 3 millions de voyages ont été validés sur mobile sans contact (3,5% des voyages sans contact –  cartes de transport Oyster et cartes bancaires sans contact) sans application à installer. Source TfL.

Validation par CB sans contact 2021

Validation par CB sans contact 2021

Cette solution, la seule qui permettra de réduire (et à terme de supprimer) les tickets papier, est absente de l’annonce mais est donc présente sur le site de Ile-de-France Mobilités et annoncé pour 2021. Elle nécessite d’ajouter des valideurs en sortie des stations de métro et des gares, car ces dernières ne sont pas toutes équipées.

Espérons que tout cela sera prêt pour les JO de 2024. Il y a eu 8 ans depuis l’annonce du Navigo sur mobile par Jean-Paul Huchon. Il reste 7 ans depuis l’annonce de Valérie Pécresse avant les JO. 15 ans au total, ça devrait le faire, non ? On y croit.

A suivre.

@PierreMétivier

Pour aller plus loin

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