Archives de l’auteur : Pierre Metivier

A propos Pierre Metivier

Responsable pendant 25 ans du développement de produits et services dans plusieurs entreprises d’informatique, de logiciels et de l’Internet (notamment Commodore, Apricot, Borland Intl, CompuServe, AOL) dont cinq ans passés aux Etats-Unis. Spécialiste des services mobiles et objets connectés, il a été délégué général du Forum SMSC et est l’auteur de l’ouvrage de référence « Le mobile NFC, télé-commande de notre quotidien » (2015). Il est aujourd’hui conférencier, auteur, animateur, formateur et expert de l'innovation autour des services (mobiles) sans contact / NFC et de l'internet des objets.

#IOTDAY – Rencontres avec des startups et entreprises innovantes dans le domaine de l’Internet des objets

IOTDAY une selection d'entreprises IOT

IOTDAY une selection d’entreprises IOT

Suite aux visites récentes des salons Global Industries de Lyon, IOT World / Salon M2M,  SITL, Semaine de l’Innovation dans le Transport et la Logistique et BIM World à Paris, nous avons eu l’occasion de (re)croiser des entreprises innovantes dans le domaine de l’Internet des objets (et en particulier la traçabilité et l’identification par technologie RFID et du NFC (of course) mais pas que).

En ce jour international de l’internet des objets #iotday voici une sélection de 16 entreprises (*), classées par ordre alphabétique, que nous vous invitons à (re)découvrir :

360 SmartConnect http://www.360sc.io
Connecter le béton (grâce à la technologie NFC), et par extension tout le bâtiment et et participer au développement de la smart city, c’est l’ambition de 360SmartConnect que nous avons déjà l’occasion de mettre en avant dans ce blog. A l’occasion de BIM World, la société présentait sa solution de traçabilité intelligente et universelle pour le BTP qui permet de lier le BIM au réel, un solution complète, des capteurs jusqu’à la plateforme de suivi des tags. Le secret est dans la compréhension des process du BTP et de leur intégration dans la solution 360SmartConnect.

Blulog http://blulog.eu/fr/
Des médicaments aux pingouins du Zoo de Pittsburgh en passant par le Cirque du Soleil, les enregistreurs de température à inertie à base de capteurs et de connectivité (y compris NFC) Blulog permettent une traçabilité de la température à faible coût dans de nombreux cas industriels.

Editag http://www.editag.eu
Autre champion français de la traçabilité par RFID, Editag se distingue par une solution par RFID active (et LPWan), le mOOnTAG, qui permet de connecter les objets et les processus. De nombreux cas d’usages propre à la traçabilité ont été identifiés comme la localisation et la traçabilité d’un équipement ou la supervision d’un équipement connecté.

Ercogener https://www.ercogener.com
Depuis 1981, la société propose des solutions de géolocalisation indoor et outdoor, géofencing, télé-relève et gestion de flottes de véhicules composés de boitiers (connecteurs/actionneurs) de fabrication française, agnostique en terme de réseaux puisque connectable par de nombreuses solutions (2G, 3G, 4G, LoraWan, Sigfox, LTE M1, BLE, Wifi, GPS…) suivant les besoins.

EtikOuest http://etikouest.com
Installée en Vendée depuis 1987, l’entreprise conçoit et fabrique des étiquettes électroniques parmi lesquelles des tags bi-fréquence UHF et HF, « RFID TAG Bac Dual » utilisant donc deux antennes pour une puce et une mémoire (plus ou moins) partagée. Les deux technos sont complémentaires dans deux nombreux domaines comme le rétail – l’UHF dans les entrepots pour les inventaires et l’HF dans les magasins (étiquettes électroniques de gondole et paiement sans contact) Voir Article en bas de page. L’association d’EtikOuest avec les entreprises STid et Maritime Survey a permis le développement d’une solution globale de traçabilité des produits de la pêche, du bateau en pleine mer jusqu’aux casiers à la criée (vente du poisson) en associant les technologies RFID UHF et HF (NFC).

ffly4U http://ffly4u.com
ffly4U est une entreprise toulousaine spécialisé dans « l’information embarquée sur actifs mobiles en B2B. ». On retrouve les trois composants de la plupart des solutions d’objets connectés – un device / boitier avec des capteurs, une connectivité LPWAN de type SIGFOX et LoraWan pour la transmission des données et une plateforme pour gérer les données recueillies. Les applications sont bien sûr la géolocalisation (indoor et outdoor), le suivi de température, la détection de chocs et de mouvements et le lien entre le contenant et le contenu. La société s’est spécialisée dans trois domaines très précis : les tourets de câbles connectés, les bennes et remorques connectées et les équipements de manutention connectés.

IER https://www.ier.com
Intégré au Groupe Bolloré, IER propose des solutions d’optimisation des flux des biens et des personnes, du « Track and trace » aux bornes libre-service,  solutions applicables dans de nombreux domaines comme la gestion des aéroports ou l’électromobilité (chargement de véhicules électriques) en utilisant des solutions à base de code barre, wifi et RFID.

ineo-sense https://www.ineo-sense.com/?lang=fr
L’entreprise fournit des solutions industrielles de capteurs sans-fil, dans de nombreux domaines, de l’inventaire, du contrôle d’accès, de la smart grid et de la traçabilité bien sûr aussi divers que celle de chariots de gare ou des parafoudres connectés. Le NFC n’est jamais très loin et l’entreprise commercialise des serrures activables par cette technologie.

IOTinabox https://www.iotinabox.com
L’entreprise propose la possibilité de créer rapidement un réseau d’objets connectés précédemment certifiés en simplifiant leur intégration par un appairage par QRcode. La plateforme comprend un outil permetant le suivi (monitoring) en temps réel des différents trackers / objets connectés. Et puis, il y a cette démo de « tapette à souris connectée » (et c’est bien la tapette, et non la souris, qui est connectée), un objet connecté LoraWan moins anecdotique qu’il n’y parait et qui fait sens dans les entrepôts sensibles aux rongeurs (pour l’optimisation du ramassage après déclenchement de la tapette).

IOTize https://www.iotize.com
Les lecteurs de ce blog savent que le NFC fait partie des technologies clé de l’Internet des objets et que c’est une technologie qui permet de connecter des objets qui ne le sont pas. Pour achever de vous en convaincre, IoTize propose TapNPass et TapNLink. TapNPass permet de connecter des produits existants (port série ou USB), à très courte distance grâce au NFC et sur des plus grandes distance avec LoraWan ou BlueTooth. TapNLink permet le même service à partir d’un accès au microcontroleur du produit non connecté.

Paragon ID http://www.paragon-id.com/fr
Nous avions visité l’usine ID Paragon l’année dernière dans le Berry. L’entreprise propose de nombreux produits et services innovants à base d’étiquettes RFID UHF et NFC. Sur les derniers salons, la société proposait une démonstration efficace de lecture ultra rapide de tags UHF posée sur un ballon de foot, lues sans problème à chaque lancement du ballon. Toujours sur le stand, on pouvait trouver un système de distribution de vin au verre dans lequel une étiquette NFC permet de servir le vin à la bonne température. Autre cas d’usage au potentiel plus important, le bon de livraison connectée (sans EDI), un vrai sujet pour l’industrie pharmaceutique avec la mise en service de nouvelles directives européennes sur le sujet – EMVS.

Primo1D https://www.primo1d.com/fr/
La société a conçu un fil permettant d’intégrer des étiquettes RFID « à la source » dans du tissu (ou toute matière souple) et créer ainsi toutes sortes de produits à commencer par des vêtements connectés. Une plateforme est disponible pour le suivi des identifiants stockés dans les étiquettes.

Proglove https://www.proglove.com
L’entreprise allemande a créé une solution simple, légère et économique (à comparer aux PDAs spécialisés) pour permettre à un employé de lire code barre et QR codes et ainsi «get shit done » comme le dit l’entreprise, avec tous les cas d’usage liés à ces deux technologies.

STid https://stid.com/fr/
Autre fleuron français, l’entreprise conçoit des solutions d’identification sans contact depuis 1996. Elle a développé une gamme très complète de solutions multi-technologies à base de RFID LF, UHF, NFC (HF) et BLE. Parmi les produits exposés, la gamme ATEX et IECEX fonctionne dans des environnements industriels les plus complexes type pétrochimique ou nucléaire.

Wisebatt https://wisebatt.com
Wisebatt est un outil logiciel de simulation de développement / prototypage de devices IOT. Les caractéristiques techniques des composants électroniques nécessaires à la conception de votre objet électronique connecté sont disponibles dans une base de données. Dès lors, il est possible de créer virtuellement vos objets, d’optimiser le choix des composants, la consommation avant la création physique de l’objet. L’entreprise pourrait faire sienne la devise connue des ingénieurs et des architectes : « Il est plus facile de corriger une erreur de conception avec une gomme (en l’occurence électronique) qu’avec un burin » .

YesItIs http://yesitis.fr
La société, nouvellement associée à l’entreprise aRFID, conçoit des objets connectés orginaux. Le premier était Revive, un vinyle connecté grâce au NFC, une solution toujours disponible. Elle présentait au BIM World un capteur de données environnementales (température et humidité) pour les entrepôts (par exemple), l’IoTAG. La dernière création, également présenté au BIM World, le Garden Soil Sensor est un capteur de données pour jardin, commandé et commercialisé par Vilmorin, qui rappelle, en extérieur ce qu’était le Parrot Flower Power pour les plantes d’intérieurs. Souhaitons au produit de YesItIs une vie plus longue que son prédécesseur.

Bien sûr il y a beaucoup d’autres entreprises qui développent des solutions IoT innovantes qui ne font pas partie de cette liste partielle. N’hésitez pas à partager en commentaires vos coups de coeur.

A suivre …  au prochain SIdO de Lyon qui ouvre ce mercredi 10 avril. Au plaisir de vous y retrouver et de retrouver une partie des entreprises décrites ci-dessus et beaucoup d’autres.

Pierre Métivier
@PierreMetivier

Note – Après cet article, ma boite mail devrait recevoir de nombreux courriers de toutes les entreprises que je n’ai pas citées. De nouveau, ce n’est pas un classement des meilleures entreprises décidées arbitrairement par votre serviteur, mais un aperçu de celles que j’ai rencontrées sur les salons cités dans les domaines relatifs à ce blog. Pour les absents qui se manifesteront, ce sera potentiellement l’occasion d’un nouvel article !

Pour aller plus loin

Reportages photos de

BTP – 360 Smart Connect

Retail – EtikOuest

Capteur de données pour jardin – YesItIs

Les nouveaux médias du XXIe siècle, des revues pour penser demain aux Mardis de l’innovation

Les médias aux Mardis de l'Innovation

Les médias aux Mardis de l’Innovation

Le 2 avril 2019 avait lieu une nouvelle séance des Mardis de l’Innovation, dans sa 19ème année, à la Sorbonne, organisée par les étudiants du Master IMT de l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne avec le soutien du Club de Paris des Directeurs de l’Innovation et du European Institute for Creative Strategies et Innovation.

Le programme précisait « Le paysage médiatique est régulièrement transformé par les vagues technologiques et aujourd’hui avec la révolution digitale qui soulève de nombreux défis : multiplicité des médias sur l’internet, algorithmes des réseaux sociaux qui court-circuitent les médias traditionnels, propagation des « fake news », gratuité apparente des contenus en échanges des données des utilisateurs, indépendance et rôle réel des médias. Peut-on toujours parler de « quatrième pouvoir » ? Le secteur des médias reste extrêmement créatif avec l’apparition constante de nouveaux formats Web, TV, Radio et même papier, avec une vague de nouveaux magazines de grande qualité, avec reportages d’investigation, enquêtes approfondies, sujets pertinents et impertinents et une grande qualité d’illustration. »

Quatre intervenants étaient présents pour débattre du propos :

  • Fabienne Marion, ‏Fondatrice et Directrice de la rédaction d’Up’Magazine, un média  » pure player « , uniquement disponible sur le web, militant, indépendant et de qualité. Une audience fidèle. Des sujets de sociétés impactant autour des transitions numériques et écologiques.
  • François Siegel, Créateur de We Demain. We Demain est un média papier né de la révolution numérique ce qui est en soi un paradoxe. Les grands sujets du magazine sont globalement les mêmes que ceux d’Up Magazine.  François nous raconte que c’est Marc Simoncini, le créateur de Meetic qui lui a conseillé de lancer We Demain en version papier ! Il regrette que We Demain ne soit pas plus populaire. « C’est le sujet qui veut cela. »
  • Pascal Pogam, Rédacteur en chef information et transformation digitale des Echos. Il y a désormais plus d’abonnés à la version numérique qu’à la version papier, le chiffre d’affaires lui est toujours en faveur du papier.
  • Benoît Charpentier, Directeur Général de l’ESJ Paris. L’ESJ Paris est la plus ancienne école de journalisme du monde.  Le rôle de l’école est maintenant de hiérarchiser le brouhaha de l’information disponible (et pas forcémment consommée). Le papier a des beaux jours devant lui. Dans le Top 10 des sites d’informations les plus lus sur le web, se trouvent le Monde et le Figaro. Les réseaux sociaux ne sont pas l’ennemi. On est dans le règne des niches.
Pascal Pogam Les Echos

Pascal Pogam Les Echos

On passe au débat et la première question habituelle dans ce type de débat : « Quel futur pour les médias : numérique ou papier ? ». RéponseS « ça dépend », réponse également habituelle.

Pour Pascal Pogam, Les Echos, les journaux vont inéluctablement vers le numérique, cela peut être différent pour les magazines. C’est plus difficile pour Paris Match (photos). Les tablettes et autres liseuses numériques sont super mais n’ont pas remplacé le papier. Ceci dit, les lecteurs des formats papier sont clairement des personnes de plus en plus âgées pour François Siegel, We demain. Pour Fabienne Marion, Up Magazine, en tant que pure player web, est rentable à 6,5 € par mois (« moins cher qu’un paquet de cigarettes et meilleur pour la santé » ). Quand la version Web du Figaro a été lancée, tous les journalistes étaient vent debout. Aujourd’hui, lefigaro.fr est au centre de la rédaction du journal ajoute Benoît Charpentier, ESJ Paris.

François Siegel We Demain

François Siegel We Demain

Les réseaux sociaux ont pris un ascendant fort dans la communication des politiques. Exemple positif de l’utilisation des réseaux sociaux – l’Algérie et négatif – le Brexit pour Francois Siegel, Wedemain. Le choix est l’ennemi de l’algorithmie. Benoît Charpentier, ESJ Paris. (A titre personnel, j’aurai inversé la proposition : l’algorithmie est l’ennemi du choix. NDLR)

Pascal Pogam des Echos nous parle de Facebook Live et de la presse. Facebook a payé de nombreuses rédactions pour créer du contenu pour Facebook à l’intérieur de ces mêmes rédactions pendant 6 à 12 mois avec des personnes dédiées. Peu ont refusé. Aujourd’hui, les réseaux sociaux sont le centre de l’attention des médias, demain, ce sera les podcasts, en plein développement. Benoît Charpentier, ESJ Paris

Pour Fabienne Marion, Up Magazine, lire un titre, deux lignes et trois commentaires, ce n’est pas s’informer et c’est pourtant ce que fait 70% de la jeune génération.

Fabienne Marion Up Magazine

Fabienne Marion Up Magazine

Après un petit détour par les Gilets jaunes, un sujet trop couvert et donc amplifié par certains médias nous dit Francois Siegel, WeDemain, le débat s’est poursuivi par des échanges animés entre les quatre intervenants et le public sur les fake news et la responsabilité de la presse de dénoncer les fake news. Nous sommes tous responsables. Les journalistes sont moins là pour apporter de l’information, que pour apporter des clés de compréhension du monde. Fabienne Marion, Up Magazine. Pascal Pogam, Les Echos préfère les exercices de fact checking de l’AFP et du Monde, à ceux de Libé, qui donnent trop d’importance à de petites fake news. Les fake news sont l’affaire, la responsabilité de tous pour Fabienne Marion, Up Magazine. Les intervenants rappellent que les fake news ne sont pas nées avec les réseaux sociaux – l’affaire Dominique Baudis ou la maladie d’Isabelle Adjani sont encore dans les mémoires.

Benoit Charpentier ESJ Paris

Benoit Charpentier ESJ Paris

Le numérique (réseaux sociaux, blog, web, podcasts, ….) a totalement changé les programmes des écoles de journalisme. Avec les réseaux sociaux, il n’y a plus de perspectives temporelles. C’est ici et maintenant conclut Benoît Charpentier, ESJ Paris.

Ainsi s’est termine un débat animé, de qualité une fois de plus aux Mardis de l’Innovation autour des médias, qui aurait pu durer deux heures de plus, tant le sujet est vaste et d’actualités et les réactions et questions du public nombreuses. Merci François Siegel, We Demain, Benoît Charpentier, ESJ Paris, Fabienne Marion, Up Magazine et Pascal Pogam, Les Echos. Et continuons à lire la presse de qualité, qu’elle soit papier ou numérique.

A suivre … le long des fils d’actualités, dans les journaux et magazines, papier et numériques.

Pierre Métivier

@PierreMetivier

Note – Rappelons que le 1er avril est le seul jour où chacun d’entre nous vérifie la véracité des informations qu’il lit. Il est désormais indispensable de le faire tous les jours

Pour aller plus loin :

Les médias aux Mardis de l'Innovation

Les médias aux Mardis de l’Innovation

LoRaWAN, LTE-M, NB-IoT, 5G… Quel réseau adopter pour son application d’IoT industriel et comment le mettre en oeuvre ?

LPWA et 5G

LPWA et 5G

Les 20 et 21 mars 2019 s’est tenue une série de salons dont IOT World et M2M Embedded Systems, deux événements consacrés aux services, produits et solutions liées à l’Internet des objets. Parmi les nombreuses conférences, celle nommé « LoRaWAN, LTE-M, NB-IoT, 5G… quel réseau adopter pour son application d’IoT industriel et comment le mettre en oeuvre ? » va faire l’objet de ce compte rendu. Le lecteur attentif aura déjà remarqué l’absence de Sigfox dans le titre de cette conférence, tout comme globalement sur le salon. Un peu comme Apple au CES. On en parle mais ils ne sont pas là. Ceci dit, Orange BS, Objenious, Adeunis et Actility étaient présents pour répondre à cette question et quelques autres.

Pour Gilles Guedj, Orange Business Service offre deux réseaux LPWA (Low Power Wide Area), un réseau LoraWan construit dès 2016, pour les cas d’usage où la consommation est faible et un réseau LTE-M (adaptation des réseaux 4G) pour les cas où le temps réel, la « vraie » bi-directionnalité et le roaming sont nécessaires.

Objenious est une startup dans un grand groupe nous dit Stéphane Allaire, son CEO. Son réseau LoraWan, déployé dès fin 2015, a une couverture nationale. La société développe des partenariats autour des usages permis par les réseaux LPWA.

Franck Fisher, Délégué général adjoint, Adeunis rappelle que sa société n’est pas un opérateur, mais un fabricant de capteurs et un apporteur de solutions – réseau + capteurs + services, supportant de nombreuses technologies différentes.

Enfin Gabor Pop, Directeur Marketing Stratégique nous explique qu’Actility le 1er fournisseur de solutions pour réseau LoraWan vers les opérateurs et aux entreprises. Actility est le « cerveau » dans le réseau pour les gateway et les capteurs. L’entreprise travaille entre autres avec Orange, Comcast, KPN, Swisscom et supporte également des réseaux de type NB IOT et LTE-M.

Sur le M2M, Gabor Pop, Actility rappelle que l’industrie n’a pas attendu LoraWan ou Sigfox pour développer des réseaux IOT à l’aide de technologies et des réseaux propriétaires aux différentes industries comme pour le bâtiment ou la ville intelligente. Les réseaux comme Sigfox ou Lorawan permettent de réduire ces silos, il n’y a plus besoin d’une infinité de réseaux. La disruption vient de l’impact sur les effets de volumes des capteurs, sur le coût, sur la simplification. Et sur l’autonomie des capteurs pour Franck Fisher, Adeunis. Stéphane Allaire, Objenious, confirme que les solutions M2M 2G sont déjà là. Le vrai sujet – il n’y a plus besoin de changer de batteries pendant 10 à 15 ans. On va pouvoir en mettre partout mais bien sûr, pas pour de la vidéo ou du YouTube. C’est une offre complémentaire aux solutions M2M actuelles. Exemple d’un ascenseur où un bouton d’alerte peut être en LoraWan et une communication voix en LTE utilisant un peu plus d’énergie. Gilles Guedj, Orange BS, confirme la dualité des solutions LoraWan et LTE-M. La société a signé un contrat pour 3 millions de compteurs d’eau Veolia (Birds) sur un réseau LoraWan pour une durée de 10 ans. En complément, le réseau LTE-M est utilisé pour une solution vélos partagés.

La question Sigfox ou LoraWan est posée par l’animateur, en l’absence de représentants de Sigfox sur la table ronde. Stéphane Allaire, Objenious, salue les deux technologies LPWA d’origine française et cite les avantages de la technologie et de l’écosystème LoraWan. LoraWan est une alliance ouverte avec au board de grandes entreprises, parfois concurrentes comme AliBaba, Tata ou Orange. Il y a intérêt à avoir un réseau de secours. Une technologie ouverte se traduit par des coûts plus faibles. Enfin, il n’y a pas encore de réseau NB-IOT (1) Pour Gabor Pop, Actility, Sigfox et LoraWan partagent une même philosophie. Ce qui fera la différence ? La taille de l’écosystème. Tencent, Microsoft, Google probablement, Schneider, Bosch font partie de l’écosystème LoraWan, en faisant un standard de facto. De même pour Franck Fisher, Adeunis. C’est la richesse de l’écosystème – déjà 500 membres. La possibilité d’extension de réseaux (donnant la possibilité de couvrir l’indoor en continuité et compléter la couverture géographique à 100%) et et de réseaux privés sont également des plus. Les réseaux sont présents et fonctionnent.

Choisir entre un réseau public ou privé. Toujours pour Adeunis, il faut tester la couverture. Si oui, on s’abonne et si non, il demander une extension de couverture ou un développement privé. Pour Orange BS, la couverture est de 95% avec 4900 gateways. Il est possible d’obtenir une couverture « privée » managée ou privée pure. Stéphane Allaire, Objenious rappelle que LoraWan est basée sur des fréquences libres, tout le monde peut créer un réseau privé. Le choix réseau privé vs réseau public, dépend des besoins. Airbus a un réseau dédié, privé dans les usines mais utilisant une infrastructure publique hors de ses sites. Il y a environ 100 opérateurs sur LoraWan mais pas encore partout. L’itinérance est possible, en particulier entre la France et la Suisse. Pour gérer ce problème d’itinérance sur les réseaux LoraWan, Actility propose de le gérer à l’aide sa plateforme de peering (ou roaming) hubs, ce que la société réalise avec Schneider Electric par exemple. Le choix privé vs public se fait également sur les use cases et en particulier, le coût qui est bien sûr plus faible lorsque l’infrastructure est partagée. Exemple cité : CityCare – plusieurs dizaines de milliers de défibrillateurs connectés avec la remontée d’une donnée par jour pour confirmer le fonctionnement de l’appareil. Un projet financièrement impossible sur un réseau privé. Autre remarque : la connectivité, c’est de 10 à 16 % des coûts d’un projet connecté pour Objenious. Des coûts également en baisse avec l’instauration d’offres capteurs et connectivité comme la Data Avenue Market chez Orange BS.

Toujours sur les prix, qu’en est il des 1 €/an (et par objet) annoncé par Sigfox ? Pour les intervenants, tout est une question de quantité, qui va tirer les prix vers le bas. Pour Stéphane Allaire, c’est au cas par cas, tout dépend de la quantité de données remontée et de l’usage. Il cite des exemples d’un projet de gestion des fluides pour lequel le ROI a été positif moins de 6 mois après le lancement ou un autre, la Limours Smart City, où un problème de consommation énergétique a été découvert (et résolu) grâce à la remontée des informations des capteurs. #maintenanceprédictive

Que faire en cas de besoin de réseau plus puissant ? Deux propositions des équipementiers et opérateurs – la NB-IOT, nouveau standard en concurrence avec LoraWan / Sigfox et LTE-M, recyclage du 4 G simplifié. Le marché est à prendre, les deux technos manquent de maturité, mais le marketing des industriels est puissant. Ces réseaux ne nécessitent pas de nouvelles installations, c’est théoriquement des mises-à-jour de logiciels même si c’est plus compliqué que cela. Lorawan – C’est beaucoup de capteurs, et de cas d’usage , de même pour Sigfox, NB-IOT peu de capteurs, LTE-M du potentiel mais en retard en particulier sur les capteurs. Orange BS a déployé le LTE-M en France. Stéphane Allaire, Objenious, met en garde sur la consommation sur des deux réseaux même si des progrès ont été effectués. Le choix de déploiement est aussi géographique, différents entre Europe, Chine et Etats-Unis. Pour Franck Fisher, Adeunis, la question reste quel usage. Grâce au LTE-M, on peut faire la différence entre un humain ou un animal dans un tunnel pour la SNCF mais c’est couteux. La 2G et 3G vont être progressivement remplacées par LTE-M mais 50% des capteurs actuels sont connectés 2G #M2M. La licence 2G est prévue jusqu’à 2020 et son maintien est prévu jusqu’à 2024.

Enfin quid 5G et IOT ? Pour Gabor Pop, Actility, la 5G au Mobile World Congress, c’était beaucoup de hype, haut débit et faible latence mais pour quel cas d’usage ? Il cite les exemples présentés au MWC : pilotage temps réel (semi) autonome, chirurgie à distance, une démo de musiciens synchronisés partout dans le monde. Le mot de la fin pour Stéphane Allaire, Objenious, sur l’iot, il reste tant de choses à imaginer dans tous les domaines et de nouveaux usages seront permis aussi bien par les réseaux LPWA que par la 5G.

En conclusion, on peut regretter l’absence de Sigfox (qui avait été invité par les organisateurs nous a affirmé l’animateur) et celle de SFR (présent sur le NB-IOT peu abordé). Sur l’itinérance et sur la disponibilité d’un réseau international, Sigfox aurait eu des arguments qui n’ont pas été développée et SFR aurait pu défendre les choix d’un réseau NB-IOT. Ceci dit, ce débat d’excellente facture, a montré que les réseaux sont présents et accessibles localement et à l’international, et que nous n’en sommes qu’au début d’une nouvelle ère de services connectés dans tous les domaines, grâce à des cas d’usages permis par les coûts en forte baisse des capteurs et des réseaux LPWA.

A suivre … dans les deux directions, LPWA et 5G.

Pierre Métivier

@PierreMetivier

Note
(1) Pas sûr que SFR soit d’accord avec cette affirmation.

Pour aller plus loin