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Carnet de notes du salon Cartes 2015 – 3ème partie – le monde de la carte et du NFC en images

Cartes 2015

Cartes 2015

Dernière partie de notre compte rendu du salon Cartes 2015 qui s’est tenu les 17,18 et 19 Novembre 2015 à Paris Villepinte. Après les startups et l’innovation, puis les grands chiffres de l’industrie, ce billet présentera, en images, quelques applications, services et produits NFC (ou pas), cartes et mobiles très présents sur le salon.

Payer sans contact sur un écran

Payer sans contact sur un écran

Commençons par Ingenico qui avait clairement investi en terme de présence sur le salon et dont le stand était très actif. Nous avons déjà évoqué la partie startups à travers la présentation des 4 projets retenus au Hackathon Ingenico, il était aussi possible de tester le paiement carte et mobile sans contact, non pas sur une terminal de paiement dédié mais sur un écran vertical tel qu’on les trouve dans les centres commerciaux sous forme de mobilier urbain (type JC Decaux ou Clear Channel). Dans ce cadre, il était possible de donner pour la recherche sur la cancer en posant sa carte de paiement sans contact ou son mobile NFC sur un écran s’animant pour vous remercier une fois le paiement effectué. (un concept déjà présenté dans le blog). Une nouvelle version de cet écran était également présentée, plus sophistiquée, un partenariat avec Think&Go NFC permettant non seulement la gestion d’un paiement mais aussi promos multi-vendeur, multi-cartes directement sur l’écran.

ST sur le salon Cartes 2015

ST sur le salon Cartes 2015

ST Microelectronics présentait également un certain nombre de cas d’usage de ses tags dynamiques de la série ST 25 à l’aide de nombreux démonstrateurs. On pouvait voir comment utiliser le NFC pour créer des montres connectées pouvant payer sans contact ou des cartes de visites sans contact (un serpent de mer du monde NFC. Pour les plus anciens,  souvenons nous des échanges de cartes de visite si faciles sur Palm Pilot). Merci cher lecteur de nous rappeler d’y consacrer un article.

Capteur de température NFC chez AMS

Capteur de température NFC chez AMS

Chez AMS, un des fournisseurs de composants NFC d’Apple, des démonstrations objets connectés et capteurs étaient mises en avant comme ce capteur de température connecté NFC.

Mobile Wallet HCE du Crédit Agricole

Mobile Wallet HCE du Crédit Agricole

Le NFC, ce sont aussi des projets HCE c’est à dire, des applications NFC mobiles sécurisées sans Secure Element physique.

Le projet de mobile wallet du Crédit Agricole réalisé avec dejamobile, était présent sur les deux stands et est en test très localement en France.

Une machine à café NFC HCE chez OBS

Une machine à café NFC HCE chez OBS

Plus surprenant, le HCE était également présent chez Orange … Business Services. Selon l’intégrateur, les bureaux d’un futur proche utiliseront du sanscontact NFC au format HCE pour de nombreuses tâches y compris la machine à café, elle-même devenant écran connecté. Quand on vous dit multi-écran, même la machine à café est concernée !

Connectés et branchés

Connectés et branchés

Le salon Cartes c’est aussi des objets connectés grâce aux différentes technologies radio-fréquence. On pouvait y voir une voiture connectée chez Infineon, un vélo connectée chez Smartrac, une robe en cartes, plus branchée que connectée et sans rapport, une station essence connectée.

Et bien sûr, sur le stand ConnectWave du CN RFID, un grand nombre de projets industriels intégrant la technologie NFC était présenté, du smart compteur à gaz Gazpar aux panneaux électriques connectés de Legrand.

Applications ConnectWave

Applications ConnectWave

Objets connectés chez GSTag

Objets connectés chez GSTag

Chez GSTag, on pouvait trouver les cartes de Malkyrs, un jeu utilisant le NFC dont que nous avons déjà abordé dans ce blog, mais aussi des mediator / plectre / pick, un NFCat, et une carte de visite de poche de veste bien pratique pour partager ses coordonnées téléphoniques pendant une conférence justement. Des lampes caméléons aux imprimantes RFID, tout est connecté NFC. Vous l’avons nous déjà dit ? Probablement.

Images ...EMV, RFID, NFC

Images …EMV, RFID, NFC

Toujours en images, le support carte est un support qui laisse place à la créativité des designers, soit en simplement reprenant les chefs d’oeuvre des grands maitres, soit en créant de nouveaux concepts comme ces cartes EMV transparentes sur le stand Morpho. Et puis terminons cette visite par deux tags et bracelets NFC trouvés sur des stands de fabricants chinois, tags aux messages tellement nécessaires par rapport aux événements tragiques de Paris le week-end précédent le salon.

A suivre …. donc l’année prochaine, le salon Trustech.

@PierreMétivier

Pour aller plus loin.

Le débat des grandes voix de la carte à puce au salon Cartes 2012

NFC tags @ Cartes 2012

NFC tags @ Cartes 2012

Suite à la présentation des chiffres du marché par Oyvind Rastad, Eurosmart, suivi de l’introduction dynamique de Patrick Gauthier de Paypal présentées dans le billet précédent, les grands dirigeants des entreprises leader sur le marché (Morpho, Gemalto, Oberthur, Giesecke et Devrient, NXP, Infineon et American Express) ont débattu sur les quatre sujets proposés par Alex Green, IHS.

Quelques extraits / verbatim de ces débats.

A commencer par les déploiements en cours du NFC et du paiement mobile.

Xavier DRILHON, Oberthur

Xavier DRILHON, Oberthur

Pour Philippe d’ANDREA, Executive VP, e-Documents Division, Morpho, les deux mots-clés sont confiance et commodité « convenience« . La confusion engendrée par la multitude de projets « wallet » en cours risque de freiner leur adoption et donc le client va rester avec son « portefeuille en cuir ». Xavier DRILHON, CEO, Oberthur Technologies, est plus optimiste. Le déploiement est en place, 25 TSM actifs ou en cours d’installation, 200 millions de transactions « wallet » traités par ses serveurs. Il est vrai que cela va prendre du temps, les nombreux acteurs se disputent le « ownership » du « wallet ».

Scott Marquardt, Giesecke & Devrient

Scott Marquardt, Giesecke & Devrient

Pour Suzan KEREERE, Senior VP & GM, Global Network Business, American Express, les services doivent être fun et sécurisé, dépasser le paiement. Toutes les technologies ne sont pas ubiquitaires, certaines technologies pour certains clients pour certains achats. Scott Marquardt, Member of the Management Board & Group Executive, Mobile Security, Giesecke & Devrient – Il faut trouver le « Angry Bird » des Mobile wallets, des applications originales / killer apps. Comme industrie, la sécurité des cartes est plutôt réussie. La simplicité des services est plus importante que la sécurité (déjà réalisée) pour le développement de l’industrie. Pour Olivier PIOU, CEO Gemalto, la compétition va faire rage pour être sur la page d’accueil du wallet et la prolifération de ces wallets va continuer. Il ne faut pas oublier non plus que le wallet, c’est plein d’autres fonctions (90% des applications mobiles sont hors paiement). Enfin, Steve OWEN, Senior VP, Identification Sales, NXP Semiconductors indique que 2012, c’est 100 milions de mobile NFC, 3 millions de TPE, du paiement, du transport mais aussi des jeux (Activision) ou des smart meters.

Suzan KEREERE, American Express

Suzan KEREERE, American Express

Deuxième sujet – les tendances en terme de documents officiels (CNI, passeport) / e-government.

Pour Philippe d’ANDREA, Morpho, trois points-clés forts, la procédure d’inscription (lien entre la personne et son identification), l’élément sécurisé, et l’authentification. La biométrie a un role important à jouer pour combattre la fraude. Pour Xavier DRILHON, Oberthur, tout comme les banques donnent accès aux comptes bancaires sur mobile, on peut imaginer l’identification officielle sur mobile. La biométrie est un outil d’authentifaction d’avenir en citant le rachat d’Authentec par Apple. Stefan HOFSCHEN, CEO, Chip Card Division, Infineon Technologies explique l’importance des « e-government services » pour prévenir des crises pendant des élections. Suzan KEREERE, American Express, explique que l’Inde est en avance sur le sujet, le mobile devenant un outil d’identification légal. Scott Marquardt, Giesecke & Devrient, ne croit pas au passeport sur mobile dans un proche avenir. Par contre le mobile est un bon outil pour les représentants officiels pour lire les informations. Olivier PIOU, Gemalto, rappelle que Singapour et Oman ont des projets très avancés en terme de « e-governement services ».

Steve OWEN, NXP

Steve OWEN, NXP

La troisième partie du débat a abordé les questions de Sécurité dand le cloud et des applications M2M.

Xavier DRILHON, Oberthur a rappelé les 4 milliards d’objets connectés en 2012 et les 20 en 2020. Cela entraine des conséquences majeurs pour les MNOs (par exemple, on-demand connectivity pour les compteurs intelligents (connectivité non permanente)), sur la logistique, sur les procédures d’inscription. « No standard, no growth ! » Scott Marquardt, Giesecke & Devrient, a narré une anecdote suite à une discussion avec Google qui s’étonnait de la lenteur des déploiements technologiques dans l’industrie. Le représentant de G&D a simplement répondu à son homogue de Google que cette industrie ne fait pas de béta test public. « In this industry, we don’t do public beta ». En terme de paiement, de mobile, tout doit être parfait dès le déploiement.

Olivier PIOU, Gemalto

Olivier PIOU, Gemalto

Olivier PIOU, Gemalto, aborde le sujet de la vulnérabilité des mobiles, équivalentes à celle des PC à travers le téléchargement d’apps, prolifération des « form factors » et le concept de byod – « bring your own device », mélange des appareils personnels et professionnels dans l’entreprise. Certains fabricants font des compromis autour de la sécurité pour sortir des produits et services plus rapidement. La vitesse de déploiement est l’ennemi de la sécurité – cloud / mobile. La méthode la plus sûre est de placer la partie sécuritaire sur la SIM.

Les développements M2M « secure embedded applications » les plus prometteurs sont dans les domaines de

  • l’industrie automobile
  • la santé
  • l’énergie (compteurs intelligents / smart grid)
  • la traçabilité même si le marché est très segmenté

Pour Olivier Piou, le passage du 2G au 3G était surtout une bonne opération pour les opérateurs dans le cadre de la gestion de leurs réseaux mais n’apportaient pas beaucoup de différences pour les consommateurs, la 4G est réellement un changement fort, les américains changent d’opérateurs pour la 4G.

Stefan HOFSCHEN, Infineon

Stefan HOFSCHEN, Infineon

Dernier sujet, le déploiement EMV dans le monde (passage de la carte (bancaire) sans puce à la carte à puce selon le standard EMV – Europay, Mastercard et Visa)

Pour Philippe d’ANDREA, Morpho, c’est évidemment une bonne chose (pour l’industrie) que les Etats-Unis et la Chine adoptent ce standard. Xavier DRILHON, Oberthur, rappelle que sa socéité s’est installée dès 1996 aux US pour préparer le passage à l’EMV. L’EMV permet de gérer différemment un étudiant et un businessman qui voyage. EMV devrait permettre de réduire considérablement la fraude aux US (10 Md d$ par an).

Philippe d'ANDREA, Morpho

Philippe d’ANDREA, Morpho

Suzan KEREERE, American Express, reconnait l’importance de l’EMV en tant que standard mondial pour sécuriser les transactions électroniques mais trouvent les coûts prohibitifs et le fait savoir aux industriels autour d’elle. Ce coût ne permettrait pas un ROI (retour sur investissement) suffisant, basé sur l’expérience du voisin canadien qui vient de le déployer. Pour Scott Marquardt, Giesecke & Devrient, le marché le plus dynamique est celui des cartes dual EMV (avec et sans contact) qui sécurisent les deux cotés de la poignée de main / handshake – carte (consommateur) et TPE (commerçant). Enfin, Olivier PIOU, Gemalto, confirme que l’adoption par les US est une bonne opportunité pour développer des nouvelles applications grâce à la créativité des américains.

L’année dernière, ce débat avait annoncé avec fanfares et trompettes l’avènement du NFC partout dans le monde. Cette année, avec les réserves de Patrick Gauthier, Paypal, sur les déploiements, sa vue plus pragmatique, le débat a été plus mesuré voire feutré. Le sujet du NFC a été le plus commenté. De part la base installée, les prévisions, les investissements déjà effectués, et les avantages apportés par la technologies NFC, il n’y a pas de doute dans l’esprit des intervenants (et dans celui de l’auteur de cet article) que le NFC sera une technologie de plus en plus présente dans notre environnement, mais il reste de nombreux obstacles à franchir, de moins en moins industriels, et de plus en plus relationnels et économiques entre les acteurs pouvant en bénéficier.

A suivre.

Pierre Métivier

Le salon Cartes 2012 en images sur Flickr

Paypal, le poil à gratter de l’écosystème NFC pour lancer le salon Cartes 2012

World Card Summit (c) Cartes 2012

World Card Summit (c) Cartes 2012

Chaque année, les industriels de la carte à puce se réunissent pour exposer leur nouveautés et faire un point sur les développements marché et technique en cours. Cartes est le plus grand salon du genre dans le monde, et sa présence en France est tout sauf une surprise ; la carte à puce y ayant été conçue. Trois des plus grands fabricants sont français – Gemalto, Oberthur, Safran Morpho, le quatrième étant l’allemand Giesecke & Devrient. Rappelons aussi que cette carte à puce est un élément indispensable à (presque) tous les téléphones mobiles (sous le nom de SIM), presque toutes les cartes bancaires, cartes d’accès, cartes de transport, l’identification (carte d’identité, passeports) et de nombreux services mobiles sans contact / NFC pour ne citer que ces quelques exemples. Les ventes de puces et de SIMs sont des indicateurs forts de la santé de l’industrie des télécoms et du numérique en général.

La conférence « World Card Summit » inaugure traditionnellement ces trois jours de salon et cette année, les sujets comme la sécurité (y compris dans le Cloud), le NFC, le paiement mobile, l’identification et l’Internet des objets étaient au centre des débats. Vous pouvez retrouver le comte rendu de l’édition précédente sur ce même blog.

Avant le débat réunissant les dirigeants des principaux industriels du secteur, deux présentations ont apporté un certain nombre d’informations quantitatives et qualitatives et constitueront la première partie de cet article.

Oyvind Rastad, Eurosmart

Oyvind Rastad, Eurosmart

Les chiffres clés de l’industrie ont été présentés par Oyvind Rastad, le chairman d’Eurosmart. Globalement, ces chiffres sont toujours en progression et particulièrement dans le domaine du NFC.

  • Plus de 7 milliards de « smart secured devices » / « cartes à puces sécurisées » vendus en 2012 en progression de 13% par rapport à 2011
  • 600 millions de cartes à puce sans contact en 2012 en progression de 25% (dont 100 millions de SIM NFC (secure element))
  • 750 millions de cartes sans contact prévus en 2013, + 25% de nouveau (dont 200 millions de SIM NFC (secure element) le double par rapport à 2012)
  • Banques – 1/4 des cartes de paiement seront livrés sans contact en 2013 de par le monde.

En plus des chiffres, M. Oyvind Rastad a rappelé l’importance de créer de la confiance auprès des consommateurs, de protéger et apporter la sécurité à l’internet des objets, de permettre aux citoyens de trouver des réponses aux questions telles que où se trouve mes données, qui a accès à mes données tout cela en relation avec le Digital Agenda européen. Retrouver la présentation complète d’Oyvind Rastad.

Strong growth in contactless (c) Eurosmart

Strong growth in contactless (c) Eurosmart

Patrick Gauthier, Paypal

Patrick Gauthier, Paypal

Patrick Gauthier, Directeur des Opérations, PayPal Retail Services a enchainé. La présence de PayPal à Cartes est intéressante à plus d’un titre. En effet, PayPal n’est pas un fervent supporter de la technologie NFC parfois décrite par ses dirigeants comme « Not Found Commercially« . C’est un peu comme si le secrétaire général de la CGT lançait l’Université d’Eté du Medef (1)

Ceci dit, Patrick a commencé par saluer le lancement au Canada des solutions de paiement NFC avec l’opérateur Rogers et la banque CIBC annoncées récemment et leur souhaiter bonne chance et en laissant de coté le lancement d’ISIS à Phoenix et Salt Lake City, pour aussitôt enchainer sur la lenteur des déploiements NFC de par de monde. Pour Patrick Gauthier, le NFC introduit un geste important pour le mobile, comme ceux introduits pas iOS et Android mais tarde à se déployer et être utilisé.

Quelques éléments importants de l’histoire du mobile rappelés par Patrick Gauthier – 2000 – 1er phone GPS, 2005 directive E911 sur le suivi des mobiles (US), puis géolocalisation et l’arrivée de la triangulation Wifi permettant une utilisation de la géolocalisation intérieure à moins d’une mètre (nous y reviendrons). 2000 – Bluetooth, 2005 – 1er téléphone Wifi, 2003 – Nokia vend plus de caméras (sur mobile) que Kodak, 2012 – Disparition de Kodak, importance de la reconnaissance d’image et de la réalité virtuelle.

2008 – Apple lance l’App store, 2012 – plus de smartphone vendus que de PC, 2014 – plus de tablettes que de PC. Chaque jour, plus d’iPhone sont vendus dans le monde que de bébés qui naissent.

Ensuite, Patrick a abordé le sujet du commerce à travers quelques chiffres et réflexions

Aux US, 58% des personnes utilisent leur mobiles pendant qu’ils font du shopping. 63% dépensent plus après un recommandation en provenance d’un réseau social. Le scan d’un produit par mobile (code barre / NFC) est un moment de vérité pour assurer la vente de suite, même loin des caisses. Un check-in (indication de sa présence dans un endroit) de type Foursquare crée un lien avec le consommateur et potentiellement 3 à 4 fois plus de vente. L’innovation dans le commerce n’est plus à la caisse (check-out) mais lorsque le consommateur rentre dans le magasin (check-in) ou regarde un produit en ligne.

Les clés du succès – l’ expérience doit être simple, ouverte (le modèle « walled garden » a échoué (2)) et connectée (les marques doivent accepter de coopérer sur le mobile). Il faut éviter de déshumaniser à travers les acronymes (comme NFC), ne pas réapprendre à payer tous les matins.

Le commerce doit revenir dans un mode « human to human« . Il imaginer le futur comme une extension de l’existant – digitaliser l’existant. Mélanger toutes les étapes de la vente – le choix, le lieu, le comment (Anywhere, anytime, anyhow)

Patrick Gauthier doute de la viabilité de la version actuelle de NFC et en souhaite une version plus ouverte. C’est un morceau du puzzle et peut avoir un avenir mais il y a trop de parties prenantes ce qui rend son adoption trop complexe.

Conclusion – Cette intervention a eu le mérite de poser le débat sur des bases plus réelles que les fanfares et trompettes qui avaient accompagné le sujet NFC en 2011 sur ce même World Card Summit. Une présentation à la fois organisée et remplie de digressions passionnantes (La TESLA Model S présentée comme « a large ipod on wheels »), une présentation qui a également montré potentiellement deux contradictions entre les souhaits de Patrick Gauthier pour le commerce et sa « retenue » envers la technologie NFC alors que cette technologie permet de résoudre les deux points en question.

  1. Le commerce doit revenir au « human to human » a t-il fort justement précisé. Mais, alors que PayPal permet de payer sur Internet ou sur son mobile quel que soit l’endroit où l’on soit, souvent chez soi et souvent seul, le paiement sans contact NFC encourage le client à revenir dans les magasins, avec son mobile, pour un paiement de proximité aux caisses / check-out en présence les caissiers.
  2. L’importance d’innover autour du check-in dans l’expérience du consommateur que Patrick imagine « automatique » à travers de la géolocalisation indoor à un mètre (technologie loin d’être ubiquitaire) en alors que quoi de plus « naturel » que de présenter un mobile NFC près d’un tag pour effecteur un check-in dans un magasin et c’est ce que permet déjà par exemple l’application Foursquare (check-in NFC disponible sur un mobile NFC chez Nokia ou sous Androïd). Et n’oublions pas qu’un check-in NFC est volontaire ce qui important en Europe mais qui n’est pas toujours le cas d’une solution à base de géolocalisation.

Nous avons donc écouté l’approche à la fois pragmatique d’un groupe industriel, Paypal, qui maitrise comme personne le paiement sur Internet et sur mobile, mais aussi une approche « Silicon Valley centric » comme le soulignera plus tard Olivier Piou, de Gemalto, plus près des dernières innovations technologiques de la côte ouest des États-Unis et que de la réalité du terrain des commerçants. PayPal n’utilise pas officiellement pas le NFC même si à travers des tests en Suède, la société a montré qu’elle maitrisait la technologie. Nous faisons le pari que PayPal, tout comme Apple d’ailleurs, pourraient changer d’approche dans les 12 à 24 prochains mois, ne pouvant ignorer

  • la présence massive de la technologie NFC dans l’infrastructure bancaire, transport et mobile,
  • l’utilisation du NFC par Google, ISIS, MCX, les banques et les opérateurs télécoms
  • et enfin la non-disponibilité à 100% de la connectivité Wifi/3G qui pénalise des solutions de paiement 100% cloud-based

mais ceci est une autre histoire.

A suivre par le débat lui-même dans un prochain billet.

Pierre Métivier

Des images du salon Cartes 2012 sur Flickr

(1) Pour avoir eu l’occasion de participer l’Université d’Eté du Medef, la comparison n’est pas anodine puisque justement les représentants syndicaux sont régulièrement présent aux débats de cette conférence.
(2) L’auteur peut en témoigner à travers ses années AOL. D’un autre coté, cette approche fonctionne très bien pour Apple mais ceci est un autre débat.