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La maison, un objet connecté différent des autres – l’exemple Somfy – 2/2

Tahoma serenity (c) Somfy

Tahoma serenity (c) Somfy

Retour sur la maison connectée et nos tests sur la Tahoma box de Somfy. Dans la première partie de cet article, après avoir présenté les grands concepts de la maison connectée et de son écosystème, nous avons branché notre Tahoma Box, son socle liée à la sécurité compris dans le Pack Serenity, nous avons lié la box à l’internet et à un compte Somfy, puis nous avons connecté quelques capteurs très divers – capteur de présence humaine et animale, de luminosité, d’ouvertures de porte, des prises électriques y compris ZWave, une caméra IP et des ampoules Hue, certains dans le kit Serenity et d’autres additionnels.

A ce point de l’installation, il est possible de voir que tout fonctionne, prendre des photos avec la caméra à distance, de son PC ou d’un mobile, de commander l’allumage des lampes à distance, le tout manuellement.

Que reste-t-il donc à faire pour disposer d’une maison « intelligente » ? Trois fois rien, juste créer des usages. Car le matériel est en place mais pas ce qu’il devrait faire. Comme un ordinateur et ses composants y compris l’OS mais qui serait sans logiciels applicatifs. Il va donc falloir créer des scénarios, programmer des liens entre tous ces capteurs et actionneurs, ces éléments de notre maison en fonction d’événements ou de plages horaires. Quelques exemples :

  • Que doit-il se passer si le capteur de mouvement détecte une présence ?
  • Que fait notre installation si la température augmente dans une pièce ?
  • Quelle action prendre lorsque la lumière baisse dans une autre pièce ?

Cette programmation se fait de manière intuitive et interactive à travers des scénarios de type « Que se passe t-il si ?« , proche du modèle bien connu IFTTTif this then that» ) et en déplaçant un certain nombre de pictogrammes  soit une boite Actions. « Je veux / then that » , soit dans une boite SI  – les conditions (if this). Les pictogrammes comprennent à la fois nos objets disponibles mais aussi d’autres actions comme l’envoi de mails ou d’alertes.

Exemples de scenarii :

  • SI le lecteur de présence dans une pièce est activé ALORS envoyer une alerte pour le signaler sur un mobile.
  • SI la luminosité baisse dans une pièce, ALORS allumer une lampe.
  • SI la température dépasse un certain seuil, ALORS baisser le chauffage (avec un thermostat connecté bien sûr – non testé mais existant).

Il est également possible de programmer des actions liées au temps, à des heures précises ou utilisant des plages horaires comme condition. SI il est 22:00, ALORS fermer le(s) volet(s) roulant(s) et activer les ampoules Hue (ou pas) avec une ambiance « cool ».

Pour chaque scenario, il peut y avoir plusieurs conditions et plusieurs actions. Lorsque il y a plusieurs conditions, il est possible de décider si une seule ou toutes les conditions doivent être réalisées pour activer le scenario.

Côté sécurité, il est possible de programmer 3 modes différents qui seront associés à la télécommande (qu’elle soit physique ou numérique – application sur mobile).

Nous avons programmé un scenario clé pour chacun d’entre nous, un scenario permettant de répondre à la question :  » Est ce que le chat monte à l’étage en entre notre absence ? «  Question existentielle s’il en est et donc SI le chat monte à l’étage, ALORS le prendre en photo (et donc en flagrant délit) ET envoyer un message mail pour nous indiquer l’infraction. Un détecteur d’animal de compagnie (capteur) en face de l’escalier associée à une caméra qui prend une série de photos pour confondre l’animal.

Scenario chat et résultat - Somfy Tahoma

Scenario chat et résultat – Somfy Tahoma

Une programmation sans problème, un test plus complexe qu’il n’y parait puisque le félin, après avoir écouté notre requête a décidé que c’était une atteinte à sa vie privée et n’a pas souhaité coopérer. Il a fallu donc jouer au chat (sans la souris) pour réaliser ce test et informer nos lecteurs. Test concluant, pour ce scenario transformé en générateur de selfies automatique.

Demande de participation au test Somfy et réponse de l'intéressé

Demande de participation au test Somfy et réponse de l’intéressé

App Mobile Tahoma Somfy

App Mobile Tahoma Somfy

Ajoutons la disponibilité de deux applications mobiles très utiles – une application permettant de monitorer tous les objets connectés à la Tahoma box et une application destinée à activer ou désactiver le système d’alarme.

Indéniablement, cette expérience montre les progrès impressionnants en terme de possibilités, de facilité d’installation et de création de ses propres usages dépendant de son environnement et de ses choix. On comprend rapidement en interagissant avec tous ces objets connectés, ces capteurs, ces actionneurs que les possibilités sont très nombreuses, et que leur nombre augmente au fur et à mesure que des objets sont connectés à la Tahoma box. Ce qui veut également dire que pour réellement connecter une maison, il faut des capteurs dans toutes les pièces, des capteurs de mouvements, de luminosité, de température, des prises électroniques ou douilles connectés, des volets roulants …

Sauf à ne pas compter son budget, il y a donc des choix à faire en terme de fonctionnalités – la sécurité, la gestion de l’énergie (lumière, chauffage), l’automatisation des tâches, et puis l’étendue de cette automatisation, à certaines pièces ou à toutes les pièces.

Que peut-on attendre ou souhaiter pour la suite ? Et probablement que les suggestions ci-dessus existent déjà, chez Somfy ou d’autres fournisseurs de domotique ou d’où la faisabilité est complexe. (Rappel – la domotique n’est pas le sujet premier de ce blog – NDLR).

  • Un objet multi-capteur multi-services pour une pièce, mesurant luminosité, température, présence, une prise électrique … un tout en un plus économique et plus facile à connecter.
  • Un lecteur NFC compatible avec la box à travers un des protocoles supportés, une demande qui ne devrait pas surprendre le lecteur familier de ce blog pour permettre de signaler la présence d’une personne dans la maison avec une carte ou un mobile, gérer un contrôle d’accès, désarmer l’alarme voire ouvrir la porte d’entrée à heures précises pour la baby sitter ou la femme de ménage, permettre aux enfants de signaler leur présence par eux-même plutôt que par détecteur de mouvement et prise de photo …
  • Le lien avec les installations multimédia et l’électro-ménager connecté en général et la cuisine en particulier – rappelons les groupes SEB et Somfy sont voisins.
  • Des rapprochements technologiques, à travers des protocoles communs, entre tous les acteurs du marché (Somfy, Deldadore, Schneider Electric, Bosch, Legrand, …. ), les acteurs spécialisés, les acteurs mondiaux de l’Internet, …
  • Une utilisation intégrée de IFTTT, solutions intègrant déjà certains objets comme (et toujours) les ampoules Hue de Philips.

Que tirer de cette expérience (forcément partielle) ? Nous avons écrit dans la première partie de l’article que la domotique d’il y a 20 ans pouvait être considérée comme un échec. Complexité d’installation, manque d’installateurs, incompatibilité des différentes solutions, fragmentation du marché, coût en relation avec un marché de niche, un besoin non identifié : les raisons ne manquaient pas. Est-ce que cela a changé ? La réponse est oui, en grande partie.

La technologie, les protocoles et la connectivité sont amplement disponibles ainsi que des offres complètes et des myriades d’objets connectés pour la maison – capteurs de toute sorte, actionneurs, composants connectés de maison type volets ou serrures, ampoules, prises électriques, box, et les applications pour commander tout cela. Et jamais l’appétence pour le smart ou le connecté, dans tous les domaines, n’a été aussi forte.

Amazon Echo

Amazon Echo

Est ce que cela suffira à en faire un marché grand public à court terme, c’est l’une des questions. Cette multitude à la fois de solutions et d’acteurs (les acteurs traditionnels de la maison comme Somfy, en passant par les acteurs spécialités et les GAFAs – voir la première partie de l’article) créent une certaine confusion pour le consommateur. Il n’est pas facile de faire un choix, les compatibilités entre tous ces objets de l’écosystème étant, tout au mieux, incertaines.

La baisse des coûts des composants d’un système domotique est réel et va continuer au fur et à mesure des développements de la domotique 2.0. Mais il est clair qu’un grand nombre de facteurs – parmi lesquels l’approche choisie (automatisation, sécurité, ….), la taille de la maison, la configuration choisie, l’environnement (nouvelle maison ou maison ancienne), …  –  vont faire varier le montant total de chaque installation dans des proportions importantes.

En ce qui concerne le kit Somfy Tahoma Serenity, c’est une solution sur étagère « off-the-shelf », permettant de tester la domotique facilement, d’installer un premier niveau de sécurité, se faire une idée des possibilités, imaginer des usages. Si de plus, vous avez déjà du matériel type volets roulants ou portail de la même marque, c’est clairement une solution à envisager et la box, ouverte à de nombreux protocoles, permet d’envisager, avec ’sérénité » des extensions au fur et à meusre des besoins.

Est ce l’ouverture d’une domotique grand public ? Est-ce le lancement à grande échelle de la « smart home » ? On s’en rapproche mais la question reste ouverte et …

à suivre bien sûr et n’hésitez pas à commenter ou partager vos propres expériences.

Pierre Métivier

Pour aller plus loin

La maison connectée de la Connected Conference

La maison connectée de la Connected Conference

  • Pour un complément d’information à très court-terme, vous pouvez aller visiter une « connected home » , aujourd’hui et demain, les jeudi 26 et vendredi 27 Mai au 104 à Paris dans le cadre de la Connected Conference. Une certain nombre d’objets connectés y sont en situation, dans une cuisine, une chambre, un salon, et même une boite aux lettres connectée et une tondeuse à gazon, avec du matériel Somfy, Bosch, Amazon, Philips, et quelques autres. Une approche différente également de la « programmation » de ces objets  est également présentée, puisque elle n’est pas basée sur la définition de scenarii mais sur l’apprentissage par les objets eux-même des usages des utilisateurs grâce à l’Intelligence Artificielle, un projet de la société craft ai. Une voie très prometteuse.
  • La première partie de l’article
  • Smart home : une domotique 2.0 ou un simple changement de nom ? sur ce même blog (2013).
  • NFC et Domotique – Un article de l’auteur dans Domotique News (2015)
  • HomeKit : iOS 10 centralisera les objets connectés de la maison ! sur Aruco

et toujours

Domotique et NFC

Domotique News #298

Domotique News #298

Ce billet est la reprise d’un article publié dans le N° de Mars 2015 de Domotique News, la newsletter bien-connu du monde de la domotique, qui présente depuis des années l’actualité du smart home, des objets connectés et du contrôle d’environnement. Ce mensuel est animé avec énergie et passion par Bruno de Latour.

Domotique et NFC

Une technologie de communication discrète mais souvent présente dans la domotique et l’internet des objets.

Les bandes de fréquences (c) Olivier Ezratty - Domotique News #297

Les bandes de fréquences (c) Olivier Ezratty – Domotique News #297

Dans le N° de Février de Domotique News, un tableau présente les différents réseaux utilisés dans la domotique. ANT+, Zigbee, EnOcean, Semtech, Sigfox, LTE, Thread, Bluetooth, UWB, TransferJet, DECT, Li-Fi,… sont présents. Étonnamment, il manque la RFID en général, que ce soit en LF, HF ou UHF. La fréquence la plus basse listée par Olivier Ezratty sous le terme de « domotique diverse  » est 433 MHz ce qui correspond à de la RFID UHF. Et portant, le terme d’Internet des objets a été utilisé la première fois en 1999 au département RFID (AUTO-ID) du MIT. Et l’UHF est probablement la technologie de communication radio fréquence qui connecte aujourd’hui le plus d’objets que ce soit chez les militaires (DoD américain ou Armée française), l’aéronautique (Airbus ou Boeing utilisent énormément cette technologie) ou la logistique / traçabilité en général, Wal*Mart ou Metro par exemple. Des applications il est vrai plus B2B que B2C, plus M2M que gadgets connectés.

Le 13,56 MHz, le RFID HF ou NFC n’est pas non plus présent dans ce tableau. C’est d’autant plus étonnant que dans le dernier et excellent rapport d’Olivier sur le CES 2015, le salon l’électronique grand public, le mot NFC apparait près de 50 fois. La technologie est présente dans de nombreuses objets de la maison – appareils photo, enceintes musicales (pour un appairage rapide), télévisions, consoles de jeux, équipement de recharge sans fil par induction, projecteurs, appareils ménagers comme des machines à laver, et bien sûr montres connectées ou mobiles : rappelons que l’iPhone 6 et l’iWatch contiennent tous les deux une puce NFC.

La technologie NFC, technologie de communication radiofréquence courte distance, présente un certain nombre d’avantages dans le monde des objets connectés et de la domotique. C’est une technologie frugale, la seule technologie radiofréquence d’échange entre deux objets dont un seul a besoin d’être alimenté. L’échange se fait entre un lecteur, qui apporte l’énergie, et une étiquette équipée d’une antenne, d’une puce et d’une mémoire. L’approche du lecteur, comme un mobile NFC, alimente l’antenne de l’étiquette, active la puce et la mémoire de l’étiquette et renvoie l’information au lecteur, en l’occurrence, le mobile. Ce qui se résume en : le NFC permet de faire du « energy harvesting » et permet de créer des objets connectés ne comportant pas d’énergie donc économiques et écologiques.

Il est possible de connecter des objets en utilisant :

  • soit une simple étiquette NFC passive qui va, à l’aide d’éléments de contexte, permettre un certain nombre d’actions. Par exemple, avec une simple étiquette, il sera possible d’interroger un parapluie et obtenir en retour le temps qu’il va faire. En approchant son mobile du parapluie (équipée d’une étiquette), celui-ci déclenchera automatiquement l’affichage de la météo sur le mobile.
  • soit des étiquettes NFC dynamiques (ST Micro, NXP, TI). Ces étiquettes comportent un bus I2C bien connu des spécialistes de la domotique. Dans ce cas, l’approche du mobile permet l’alimentation d’un capteur, son activation, et la récupération des informations sans utilisation d’énergie coté objet connecté. Au Mobile World Congress 2015, ST Microelectronics montrait un bracelet connecté, dont les informations étaient récupéré par le mobile sans autre consommation coté bracelet. Nul besoin de connectivité Bluetooth et l’autonomie du bracelet en est largement augmentée.

Dans la maison, outre les exemples déjà cités, on va retrouver ces approches dans le contrôle d’accèsserrures, les alarmes (désactivation rapide sans code), dans la gestion de l’éclairage (projet NXP / EnOcean), dans les compteurs intelligents comme le Gazpar de GrDF qui comporte une puce NFC pour les mises-à-jour de l’appareil, dans des centrales domotiques comme celle de MyFox, ou pour des projets comme la Lysbox, un boitier destiné aux bénéficiaires de l’APA, l’Allocation Personnalisée d’Autonomie – du Loiret. Ce boitier autonome utilise à la fois le NFC pour la communication courte distance pour le personnel visitant les personnes à domicile et Sigfox, pour la communication longue distance entre le boitier et le SI du conseil général du Loiret. L’utilisation de ces deux technologies frugales permet une autonomie du Lysbox avec deux piles AA de deux ans sans autre alimentation.

A la lueur de ces exemples, nul doute que le NFC fera partie des technologies les plus présentes dans les objets connectés de la maison et de la domotique en général de par sa frugalité et son faible coût de développement et de maintenance.

Pierre Métivier

Pour en savoir plus

Le mobile NFC, Télécommande de notre quotidien, Pierre Metivier, Afnor

Le mobile NFC, Télécommande de notre quotidien, Pierre Metivier, Afnor

Smart home : une domotique 2.0 ou un simple changement de nom ?

Domotique 1.0

Domotique 1.0

La domotique ou l’automatisation de la maison, a longtemps été perçue comme nouveau marché prometteur. On allait pouvoir économiser de l’énergie, baisser ses volets roulants automatiquement, commander ses lampes ou son chauffage à distance ou augmenter la sécurité dans la maison.

Cette perception s’est heurtée à réalité du marché, l’inadéquation avec les besoins réels des clients, le manque d’installateurs, un coût important en particulier par rapport aux avantages réels ou perçus, l’absence d’une offre claire et une interopérabilité inexistante.

Cette domotique nous revient sous le terme smart home, également associé avec la terminologie smart : smart grid, smart metering,… et plus globalement l’internet des objets. L’environnement technologique a changé avec une connectivité désormais omni-présente grâce aux box des opérateurs dans chaque maison, l’abondance de nouvelles technologies et en particulier en terme de capteurs, des smart phones à foison et de multiples offres.

IGNES (Industrie du Génie Numérique Énergétique et Sécuritaire), une association regroupant une soixantaine d’entreprises organise régulièrement « Les Matinales du Smart Home » sur le sujet, l’occasion de faire le point avec deux présentations des sociétés Siemens et Technicolor.

Et d’abord Siemens représenté par Dan Napar, CTO France et VP Strategy BT (Building Technology), Monde. Le géant allemand est très présent dans le Smart Home avec une offre appelé SyncoLiving, matériels et applications résidentielles gérant en vrac le CVC (Chauffage, Ventilation, Climatisation), le réglage température (pièce par pièce), l’acquisition énergétique, le chauffage (eau chaude / froide), la sécurité, l’électricité, la communication, les commandes de la lumière et des stores, la détection des fuites d’eau, la qualité de l’air ambiante. Tous ces capteurs et actionneurs communiquent avec le protocole KNX, en radio fréquence ou en filaire et se commandent à distance avec applications mobiles ou une centrale intégrée.

Il est possible de programmer des scénarios de type « bonne nuit » – volets, baisse des températures et des lumières.

En terme d’énergie. Dan Napar a rappelé la difficulté à équilibrer le flux de l’énergie et réconcilier les points de vue du fournisseur d’énergie – Production, stockage, distribution, émission et consommation, et le besoin et la demande en énergie du consommateur, dans le sens opposé.

Il a également cité des chiffres intéressants sur la consommation moyenne en énergie des foyers – 73% chaleur ambiante (chauffage/air conditionné), 11% eau chaude, 8% cuisine / buanderie, 5% appareil ménagers, 3% éclairage. Et il y a bien sûr des variations suivant les régions NDLR.

Domotique 1.1

Domotique 1.1

Pour réduire les consommations énergétiques, trois pistes sont proposées – Amélioration de l’enveloppe (isolation), changement des équipements, régulation et GTB – gestion technique du batiment.

  • Amélioration de l’enveloppe – Jusqu’à 50% d’économie et une durée d’amortissement de 10 à 60 ans
  • Changement les équipements – 10 à 60% d’économie et un amortissement également long de 10 à 60 ans
  • Régulation et Gestion technique du bâtiment  GTB – Jusqu’à 30% d’économie et un amortissement de 2 à 10 ans.

Pour Siemens, les méthodes les plus efficaces et rentables sont la régulation et la gestion technique des bâtiments.

Cette présentation technique n’a pas apporté d’information sur les disponibilités, les coûts ou la distribution de ces solutions auprès des entreprises ou des particuliers.

A une question sur les standards, la réponse est claire. Hors KNX, point de salut, balayés les Zigbee, Zwave ou autres Ocean. L’alliance de Somfy IO-homecontrol n’est même pas abordée. Ce ne sont clairement pas des possibilités envisagées par Siemens.

Cette question a permis d’introduire le 2ème interlocuteur, Benoit Joly, Technicolor et la plateforme QEO. Avant cela, quelques mots sur Technicolor, ancien Thompson et qui fait maintenant son cinéma du coté d’Hollywood, pour 3,8 Mds $ de CA en 2012. Par delà le cinéma, Technicolor s’intéresse au sujet du smart home (à travers les écrans) et plus globalement l’Internet des objets.

Mr. Joly survole le monde numérique, signale que Facebook fabrique un OS pour concurrencer Google, qu’il y a 5 milliards de personnes connectés mais aussi 50 milliards d’objets qui le sont également. « Le contenu doit être accessible partout, sur tous les écrans. » Notre animateur n’a pas clairement pas oublié les origines de la société.

Mesurer les données, c’est bien, les intégrer et les interpréter, c’est mieux. Exemple dans la santé : il est bien de générer des données avec les balances Withings ou le Fuelband de Nike, mais c’est mieux de répondre à la question « Vais-je bien ? » On ne peut être que d’accord.

Nest

Nest

Dans ce monde de silos, à l’expérience utilisateur fragmentée, où les objets sont connectés mais pas interconnectés, l’interopérabilité technologique ne suffit pas. Et donc Technicolor à travers le projet de la plateforme QEO propose une nouvelle plateforme pour intégrer toutes ces données, pour interconnecter les objets entre eux et devenir le « twitter de la maison connectée« , une version « matérielle » du site IFTTT qui repose sur le même principes – faire discuter entre eux des applications, rendre compatible des services différents, les associer. QEO souhaite réaliser ce même résultat coté matériel. Se saisir de deux objets « connectés » et les rapprocher l’un de l’autre pour que les deux objets se connectent. L’ouverture de la plateforme est actée car il est clair que son succès dépendra du nombre d’entreprises qui adhéreront au projet.

Pour compléter cette revue du smart home 2.0, ajoutons enfin que dans le cadre d’une autre conférence sur l’internet des objets, nous avons eu l’occasion de rencontrer Somfy, sur une approche proche de celle de Siemens à travers le boitier Tahoma. « Vous ne verrez plus vos volets roulants comme avant ». Une même série de produits, une autre alliance, une autre connectivité mais pas d’interopérabilité avec les solutions concurrentes type KNX.

A travers cet article, nous ne prétendons pas faire une revue exhaustive de toutes les solutions disponibles sur le marché. Bien d’autres sociétés sont présentes sur tout ou partie du segment comme Schneider Electric, Bosch, Legrand, Deltadore, les opérateurs Orange, SFR, Bouygues Telecom ou des startup comme Nest, AlertMe , Myxyty et bien d’autres …. .

Les américains se passionnent pour les thermostats NEST à 250 $, un smart thermostat dans la lignée GTB. Prémisse d’une révolution à venir dans nos domiciles ou gadget feu de paille symbole d’une mode passagère ? Il est trop tôt pour le dire. Il nous semble qu’un grand nombre de problèmes ayant limité le développement de la domotique 1.0 soient toujours bien présents, malgré les progrès technologiques considérables. Il est clair qu’il ne peut y avoir un seul standard dans le monde de la smart home mais leur prolifération (ou absence, c’est selon) n’est pas le signe d’une industrie apaisée, rassemblée et capable de proposer des solutions matures au consommateur.

A suivre

Pierre Métivier

Note. Les illustrations (hors Nest) ne représentent pas de produits domotiques mais un choix esthétique personnel de l’éditeur par rapport à l’article.

Pour aller plus loin