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Les atouts des entreprises qui résistent aux crises, une étude et deux séances des Mardis de l’innovation

MardisInno Entreprises et crises

MardisInno Entreprises et crises

La nouvelle étude internationale « Pérennité, innovation et résilience des entreprises », réalisée pendant 18 mois (automne 2019 – printemps 2021), ayant porté sur plus de 1000 entreprises à travers le monde a été présentée en deux parties dans le cadre des Mardis de l’Innovation par Marc Giget, de l’Académie des Technologies et du Club de Paris des Directeurs de l’Innovation. La première intitulée « Comment les entreprises historiques dominent l’innovation dans le monde » a eu lieu le 3 novembre 2020 et vous pouvez retrouver le replay à la fin de ce billet. Présentée le 30 mars 2021, la seconde partie a été consacrée aux atouts des entreprises qui résistent aux crises. Comme le précise le programme, « L’étude s’appuie sur les facteurs fondamentaux de permanence de ces entreprises, de leurs principes, de leurs valeurs, de leurs stratégies de résistance, d’adaptation et de rebond. Elle analyse également les dynamiques spécifiques aux différentes catégories d’entreprises à grande résistance, allant des leaders historiques américains, aux groupes de luxe français, en passant par le Mittelstand allemand, les groupes japonais légendaires et les discrètes mais puissantes entreprises familiales. Un parcours passionnant au cœur des stratégies d’entreprises qui interpellent sur le rebond post-Covid-19. »

1 – La résilience des entreprises historiques japonaises.

La résilience des entreprises historiques japonaises

La résilience des entreprises historiques japonaises

Les entreprises japonaises sont obsédées par le futur, par leur pérennité (perpétuation) et leur constant renouveau. 52% des entreprises de plus de 3 siècles sont japonaises (vs 43% en Europe et 5% pour le reste du monde) et une douzaine ont plus de 1000 ans. Ces entreprises ont survécu aux multiples crises et conflits qui ont secoué le Japon. Leurs valeurs fondamentales allient qualité, sérénité, stabilité, sens du service, prudence de gestion et hardiesse en terme d’investissements, appuyées par une innovation continue. Elles se renouvellent en associant continuité des personnes (et des compétences) et transformation permanente. La continuité de l’identité de l’entreprise, ses valeurs et sa mission vont de pair avec l’obsession du leadership technologique. Quelques exemples étudiés :

  • Kongo-Gumi Co (1400 ans). En faillite en 2005, l’entreprise renait à l’intérieur d’un nouveau groupe et la famille est toujours présente.
  • Panasonic et son fondateur iconique Konosuke Matsushita.
  • FujiFilm. Face à la crise du passage de la photo argentique à numérique, Kodak et Fujifilm ont eu deux approches très différentes expliquant leurs parcours diamétralement opposés.
  • Nintendo et ces produits cultes planétaires. 4 valeurs-clé : Singularité, flexibilité, sincérité et humilité.

La culture vivante du Monozukuri est basée sur l’art et la joie de réaliser des choses aussi parfaites et aussi efficaces que possible, en harmonie avec la nature et la société humaine.
Importance de l’harmonie et de l’équilibre entre les différents partenaires (écosystème) d’une entreprise.

2  – Les entreprises familiales, notamment européennes.

Les entreprises familiales notamment européennes

Les entreprises familiales notamment européennes

Dans le monde, toutes tailles confondues, 80% des entreprises sont familiales. « Il n’y a pas que la bourse ! » La taille moyenne des 500 premières entreprises familiales mondiales correspond à  un CA moyen de 15 milliards de $ et 48 700 employés. L’âge moyen des 500 plus grosses entreprises familiales est de 80 ans. Parmi les 500, 230 sont européennes, 150 états-uniennes et 94 asiatiques (26 pour le reste du monde). En France, 78% des ETI sont familiales. Non seulement la croissances des entreprises familiales est plus élevée que celle des entreprises cotées mais elles résistent très bien aux crises.

Les priorités d’investissements en innovation des entreprises familiales comprennent l’amélioration des produits existants, le développement de nouveaux produits, l’innovation marketing, l’investissement en R&D, l’innovation en production et le développement de spécialités.

  • Focus sur Kongsberg, Norvège. « Ce qui définit le mieux Kongsberg, c’est l’avenir » pour son PDG.

Les six caractéristiques des entreprises résilientes aux crises et prospères depuis plusieurs générations sont vision à long terme, prudence financière, lien affectif avec l’activité, valeur et loyauté envers les employés, renouvellement entrepreneurial et philanthropie / responsabilité sociale (Peter Vogel, IMD Lausanne). Rester en phase avec la société, ne pas l’agresser sont nécessaire. La société qui réussie est bien au cœur de la société / de la région dans laquelle elle vit.

  • Focus sur l’Association des Hénokiens, le club des entreprises de plus de 200 ans et gérées par un descendant du fondateur.  Leurs six conseils concernant la stratégie intègrent vision à long terme, veiller constamment à la réputation de l’entreprise, innover et s’adapter en permanence. Et pour le contrôle , il faut rester indépendant, assurer au dirigeant la majorité des droits de vote et anticiper sa succession. Valeurs-clé : histoire et tradition, entreprise et famille, fidélité et engagement, mémoire et transmission, innovation et modernité.

Les PME françaises de plus de 100 ans, regroupés sous le label « Entreprises familiales centenaires » sont également très résilientes grâce à leur expérience, flexibilité, vision à long terme, solidité financière, cohésion des salariés et implication des dirigeants.

3 – Les entreprises françaises nées à la Belle Epoque.

Les entreprises françaises nées à la Belle Epoque

Les entreprises françaises nées à la Belle Epoque

Les grandes entreprises françaises nées à la Belle Epoque ont été globales dès leurs créations, avec une vision universelle. Elles sont caractérisées par leur excellence technique et esthétique, leur gestion décentralisée et leur adaptabilité. Elles ont traversé deux guerres mondiales et de nombreuses crises. Leur globalisation est un atout-clé (alors que la France ne représente que 0,7% de la population mondiale).

  • Focus sur LVMH – L’organisation en « maisons », cluster (ou pack) d’entreprises autonomes.

Le concept d’entrepreneur est né en France pendant cette période. La Belle Epoque, c’est aussi la création de l’économie sociale et solidaire.

4 – Les entreprises  du Mittelstand et les fondations allemandes.

Der Mittelstand

Der Mittelstand

Les atouts fondamentaux assurant la résistance, la résilience et l’expansion des entreprises du Mittelstand. La culture familiale est omniprésente. Les atouts fondamentaux incluent propriété familiale, continuité générationnelle, objectif à long terme, indépendance, agilité et souplesse, attachement émotionnel, investissement dans les employés, lean management, innovation continue, orientation client, responsabilité sociale et liens régionaux très forts. Exemples.

  • Kehr & Sohn (1844) fabrique les meilleures balances du monde depuis 8 générations.  Etre le meilleur mondial sur un marché très précis est son modèle. La relation de confiance – entreprises, fournisseurs, clients – est clé dans la réussite des entreprises du Mittelstand.
  • Schott fabriquent verres et céramiques hautes performances).  Société sœur de l’entreprise Zeiss, elles sont toutes deux controlées par la fondation philanthropique Carl Zeiss dédiée à la science, assurant une protection contre les tentatives d’acquisition.

5 – Les entreprises historiques et familiales américaines.

Les entreprises historiques et familiales américaines

Les entreprises historiques et familiales américaines

La moitié des 500 principales entreprises américaines (en CA) ont plus de 75 ans, et 200 plus de 100 ans . « Il n’y a pas que les GAFA » Certaines entreprises sont iconiques de l’histoire des US (JP Morgan, Coca-Cola, Boeing, Lockheed, 3M, Dupont, Wells Fargo, Ford, Kellogs …). Il existe un vrai respect pour les entreprises et les entrepreneurs  historiques aux US, beaucoup plus qu’en France où aucun chef d’entreprises ne figure dans les 100 français préférés, nous rappelle Marc Giget.

Aux États-Unis également, les entreprises familiales résistent mieux à la crise. Deux exemples :

  • Harley-Davidson, le mythe américain absolu.
  • 3M – l’innovation est bien mise en valeur parmi les valeurs de l’entreprise. La société propose près de 100 nouveaux produits par mois. La reconnaissance et la valorisation des personnes font partie de la culture de l’entreprise.

6 – Le renouveau constant des groupes mondiaux emblématiques multimarques.

En parallèle des «maisons» de luxe, d’autres groupes adoptent la même approche comme le Groupe SEB. Indépendance des entreprises / marques acquises. Gestion souple et continue face à la crise.

7 – Synthèse

Les facteurs fondamentaux de la pérennité et de la résilience par l’innovation.

Des stratégies holistiques, riches d’une grande diversité. Tradition plutôt qu’héritage, renouveau plutôt que nouveau.  Parmi les points-clés – promotion des employés, innovation, maitrise du temps long, transmission, relation harmonieuse à la société, intimité avec les clients et les fournisseurs, innovation totale, le « tous ensemble », dirigeants visionnaires, autonomie financière, utilité sociale et philanthropie, réputation et notoriété.

Résilience des entreprises

Résilience des entreprises

Transmission et innovation sont de mêmes natures.

Facteurs-clés de résistance et résilience des entreprises spécifiques à la crise de la Covid-19.

Résilience des entreprises

Résilience des entreprises

Et fin de la conférence en deux parties indépendantes, à voir et à revoir en replay, ci-dessous et sur la chaine YouTube des Mardis de l’Innovation.

  • « Les atouts des entreprises qui résistent aux crises », le replay de la conférence du 30 mars 2021.

  • « Comment les entreprises historiques dominent l’innovation dans le monde » le replay de la conférence du 3 novembre 2020.

A suivre « saecula saeculorum ».

Pierre Métivier
@PierreMetivier

Pour aller plus loin

  • L’étude « Pérennité, innovation et résilience des entreprises » de Marc Giget et Véronique Hillen, A paraître, 1er semestre 2021
  • Le site du Cercle des Entreprises Centenaires
  • Le site du Cercle des Henokiens
  • L’approche FCLTGlobal sur les facteurs favorisant la résistance des entreprises et leur capacité à créer de la richesse sur le long terme.
  • La chaine YouTube des Mardis de l’Innovation

 

RFID, NFC, Internet des objets et innovations sans contact – 4/4 – Perspectives 2017

Prévisions 2017 - Innovation RFID NFC IOT and beyond

Prévisions 2017 – Innovation RFID NFC IOT and beyond

Avant de passer aux prévisions de 2017, prenons le risque de revenir en arrière et se rappeler nos prévisions précédentes. Et donc, qu’avions nous prévu pour 2016, tout d’abord autour de la technologie NFC puis au sujet de l’Internet des objets ?

Apple NFC

  • « Même si en 2015, il n’y a pas eu de développement de nouveaux services NFC hors paiement sur iPhone, nous sommes confiant du support complet à venir. Apple est entré au « board of directors » du NFC Forum en 2015 et c’est un signe très encourageant pour le support à venir des différents modes du NFC. Il est même possible d’envisager des solutions liées au transport pour 2017 en France (déjà possible à Londres). »

Bilan plus que mitigé – Le sans contact version Apple s’est bien développé globalement mais uniquement en version paiement grâce à ApplePay. Il s’est développé également dans le domaine du transport uniquement au Japon, mais sans passer par la norme NFC, en adaptant l’iPhone au standard sans contact local Felica proposé par Sony. Du sans contact oui, mais propriétaire. On peut considérer cet accord comme un frein au déploiement mondial du NFC. Plus de détails sur « RFID, NFC, internet des objets et innovations sans contact – Bilan 2016  – 1/4 – NFC

Paiement sans contact

  • « Au niveau mondial, la bataille entre Apple, Samsung, Google (et potentiellement Microsoft) sur les wallets mobiles NFC va continuer à coup d’annonces et d’accord avec les commerçants et les banques. Et nous ne nous aventurerons pas à annoncer une date quelconque pour un lancement d’une de ces solutions en France alors qu’elles sont disponibles dans les pays anglo-saxons et en particulier USA, Canada et UK. »
  • « En France, 1er commerce à avoir lancée une carte de paiement sans contact avec la carte Pass, Carrefour pourrait également première (à grande échelle (2)) à sortir une application mobile multi-services, indispensable pour différencier une application de paiement carte et mobile, liant promotion, fidélité, couponing et paiement. »
  • « Le paiement de proximité va se développer et dépasser les frontières du couple carte/terminal de paiement, que ce soit coté consommateur sous forme « wearable » comme des bracelets, ou côté vendeur, intégré à des appareils électroniques comme les écrans Think&Go / Ingenico. Le paiement sans contact NFC : dans les magasins mais pas que. »

De nouveau, bilan mitigé – Si le paiement sans contact cartes est entré dans les habitudes des consommateurs, côté paiement mobile, c’est une autre histoire. Apple Pay a été lancé avec la BPCE, Carrefour Banque et Edenred / Ticket restaurant. Du coup, il y a bien une solution de paiement / fidélité sans contact mobile Carrefour mais uniqument sur iPhone et n’intégrant pas la possibilité de promotions spécifiques. Les paiements autres que cartes et mobiles (type bracelet pour concert / festivals) continuent à se développer ainsi que les TPE intégrés aux automates ou à des écrans. Les autres wallet comme celui de Samsung sont toujours absents du marché français.

Enfin, l’arrêt de Kix de BNPP et de la M-Cartes du Crédit Mutuel / CIC étaient prévisibles de part leur faible taux d’adoption et d’utilisation et ces deux services n’ont pas été remplacés (en attendant le déploiement de Paylib NFC) mais nous ne l’avions pas annoncé.

Transport

  • « Le STIF continuera à gérer deux systèmes de billets, à distribuer des tickets magnétiques peu écologiques, et les franciliens continueront à faire la queue devant les automates en début de mois alors que des solutions existent. Et Londres restera toujours plus accueillante pour les touristes grâce au sans contact.
  • Les premiers résultats de la JV Wizway officiellement lancée fin 2015 ne devraient pas être visibles pour le grand public avant début 2017. »

Correct. A notre connaissance, toujours pas de date d’un premier déploiement Wizway. Patience.  Par contre il est désormais possible de recharger son passe lillois grâce à son mobile sans contact sans faire la queue aux automates. Un vieux rêve des franciliens, mis en oeuvre à Lille. Bravo Transpole et Kéolis. Lille: Le réseau Transpole met une pièce sur le paiement sans contact

Internet des objets

  • « 2016 verra la sortie des premiers objets connectés grand public sans batterie, utilisant les tags dynamiques NFC, permettant le développement d’objets connectés économiques et respectueux de l’environnement. »
  • « Dans la lignée de produit comme la Lysbox, souvent abordé dans ce blog, la technologie NFC sera associée à des connectivités longues distances de type Sigfox ou Lora pour créer des services connectés, proche des citoyens tout en étant peu gourmand en énergie. »

Mitigé – Aucun déploiement de masse de ce type (à notre connaissance), hors quelques expérimentations nouvelles présentées sur les salons comme le MWC2017.

Internet des objets

  • « Plus globalement, tout ce qui pourra être connecté le sera, au moins en version proto et sans toujours des usages bien réels malgré les annonces régulières d’innovations révolutionnaires. Par delà les objets connectés grands publics, c’est du côté de la santé, de l’agriculture, de l’eau, de l’énergie et bien d’autres domaines industriels qu’il faudra regarder pour y trouver les développements d’objets connectés les plus prometteurs aux impacts sociétaux les plus importants. »

Correct, à voir à la fois la désaffection des consommateurs sur les objets connectés grand publics comme les smart montres et autres wearables mais pas que, et les développements IOT d’entreprises comme Schneider Electric, Airbus, GRDF, Air Liquide, Vallourec et bien d’autres.

Smart cars

  • « Que l’attente des « smart cars » autonomes de type Google cars ne vous empêche pas de dormir. Malgré les nombreux articles les concernant, elles ne seront pas réellement opérationnelles dans des environnements ouverts avant 10 ou 15 ans. »

Toujours le cas même si les progrès sont indéniables. La voiture autonome par PSA sur Viméo

Le mobile au centre de l’écosystème de l’internet, de l’internet des objets, des objets connectés.

  • « Et puis bien sûr, le mobile est et sera de plus en plus au centre de tout cet écosystème de l’internet, de l’internet des objets, des objets connectés, des objets « smarts, le mobile, et en particulier dans sa version NFC, comme télécommande de notre environnement, mais cela, cher lecteur, vous le saviez déjà 🙂 »

Oui avec pour la première fois une stagnation de la vente des smartphones en 2016. A suivre.

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Cyborg m'était conté.

Cyborg m’était conté.

L’analyse des prédictions pour 2016 montre donc un résultat mitigé ce qui ne nous empêchera pas de récidiver pour 2017 🙂

NFC – Paiement mobile sans contact

  • Les premières solutions mobile sur SIM ayant échouées, les banques vont se reporter sur des solutions HCE indépendantes des opérateurs mobiles. Paylib se déploiera et ne sera pas la seule solution paiement mobile sans contact. Est-ce que cela sera suffisant pour convaincre le consommateur ? Rien n’est moins sûr tant que la solution mobile n’apportera aucune valeur ajoutée à la solution carte sans contact en particulier dans la partie fidélité et promotion. Même topo pour les solutions type Samsung Pay qui tarde à apparaître sur le marché français.

NFC – Electronique

  • En attendant un hypothétique support d’Apple des modes lecteurs de cartes et appairage (un faible espoir avec des annonces récentes d’échanges de données entre appareil iOS à la PalmPilot ou Bump qui pourrait utiliser le NFC), le déploiement de solutions NFC se fera en douceur. Les objets électroniques type appareils photos, enceintes musicales ou imprimantes seront de plus en plus appairables facilement grâce à cette technologie. Des nouveaux objets innovants verront le jour – comme en 2016, des cahiers connectés, un livre, des colliers pour animaux domestiques …  Vous pouvez trouver de nombreux exemples de produits commerciaux NFC sur le site du NFC Forum. A noter aussi les mouvements de type MAKE qui présentent de plus en plus de projets utilisant le NFC – Plus de 120 projets NFC sur le site Instructables.

NFC – Transport

  • Transports franciliens – La présidente de la région et présidente du STIF souhaite une solution NFC dans les transports sur le même modèle que celui de Londres (carte Navigo ET carte de paiement sans contact) ce qui serait une bonne solution, même si difficile à mettre en place (valideurs en sortie dans toutes les gares en IdF). Espérons que cette volonté soit plus couronnée de succès que celle de la précédente présidence, dès 2010, projet qui n’a pas abouti. Ceci dit, ce ne sera pas en 2017.
  • Wizway – Pas d’information permettant d’affirmer qu’il y aura implémentation en 2017.

Internet des objets

  • Comme les années précédentes, les chiffres les plus divers seront annoncés, de 20 à 1,200 mds d’objets connectés en 2020, sans aucune précision sur ce qui se trouve derrière ces chiffres. Ces chiffres n’engageront que ceux qui les utiliseront sans autre analyse.
  • 2017 sera l’année de #mot-clé au choix.
  • Les offres de plateformes seront toujours aussi nombreuses et donc fragmentées.
  • De nouveaux standards censés regroupés les précédents s’ajouteront au précédents.
  • L’internet des objets continuera à être décrite comme une technologie alors que ce n’est pas le cas. C’est un fourre-tout, un ensemble de technologies, de capteurs, d’actionneurs, de protocoles, de plateformes qui permet au monde réel et au monde virtuel de dialoguer, qui permet les échanges de données entre humains, ordinateurs, et objets les plus divers (du géranium connecté du bobo parisien à l’A350 d’Airbus en passant par des volcans au Nicaragua.)
  • Les entreprises industrielles continueront à implémenter des solutions pour améliorer l’efficacité des usines, la logistique, la traçabilité. (Plutôt vague comme prévision, je vous l’accorde.)

Blockchain

  • Les tests continueront, les déclarations également, toujours en attente d’une implémentation complète (hors bitcoin). Pour les uns, ce sera la solution universelle à tous les maux et surtout génératrice de beaucoup de mots, pour d’autres, une idée intéressante avec des avantages indéniables et des inconvénients qui ne le sont pas moins. Le bitcoin restera un objet de spéculation sans utilisation pour le consommateur moyen à court-terme. A suivre avec intérêt, l’esprit ouvert, et en particulier dans les domaines de l’assurance et de la banque, en distinguant bien, annonces, tests/PoC et implémentation réelle.

Les sujets comme le big data, l’intelligence artificielle (dans toute ses versions y compris les bots), la robotique, le data analytics continueront à faire couler beaucoup d’encre, sans que l’année 2017 soit plus importante que 2016 ou 2018. Cela fait des dizaines d’années que des les technologies logicielles et matérielles progressent et tous ces sujets continueront à progresser sans révolution annuelle.

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Voila donc en quatre billets, notre résumé 2016 et quelques directions pour 2017 « and beyond« , bien sûr très succinctes.

Dans tous les cas, gardons l’esprit ouvert – L’esprit c’est comme un parachute, si il n’est pas ouvert, il ne fonctionne pas. Frank Zappa (*)

En attendant les prochaines annonces et les déploiements à venir, de nouveau, bonne année 2017 (#ilseraittemps) à chacun d’entre vous et vos proches, un grand merci pour votre fidélité depuis sept ans et près de quatre cents articles et en espérant vous rencontrer, cher lecteur, à l’occasion d’une conférence ou d’un salon (**). Et n’hésitez pas à apporter vos propres prévisions dans la partie Commentaires de ce billet.

A suivre … ensemble sur le blog, sur Twitter et IRL.

@pierremetivier

(*) Déjà cité dans un billet précédent mais il est souvent nécessaire de le rappeler.

(**) Et justement, un dernier mot pour signaler qu’à titre personnel, je viens d’intégrer l’IESCI, l’Institut Européen de Stratégies Créatives et d’Innovation, qui anime le Club de Paris des Directeurs de l’Innovation ainsi que les Mardis de l’Innovation depuis 17 ans (quelques comptes rendus dans ce blog). A ce titre, mes nouvelles fonctions sont celles d’organisateur et animateur de formation et d’événements avec une vision plus globale et moins technologique de l’innovation. Je continuerai bien entendu à suivre de près les développements du numérique et animer ce blog en toute indépendance éditoriale.

Pour aller plus loin

ConnectWave, un lieu pour donner vie à ses envies d’objets connectés « industriels »

ConnectWave

ConnectWave

Objets connectés dans Santé Minceur

Objets connectés dans Santé Minceur

Les lecteurs fidèles de ce blog le savent. Il y a objet connecté et objet connecté. Il y a les objets grand public très présents dans les médias de type « wearables« , montres, bracelets et autres gadgets connectés comme ce magazine qui les propose pour retrouver la ligne avant les vacances sur la plage (et il n’y a plus beaucoup de temps). Et puis, il existe de nombreuses applications industrielles de ces objets connectés qui, pour certains, sont opérationnelles depuis longtemps, dans le commerce, la logistique, le transport, l’aéronautique, la santé, l’agriculture …

ConnectWave - visite

Gazpar de GrDF

Quelle est la première organisation utilisatrice d’objets connectés dans le monde ? Le DOD, le département de la défense américaine, et de loin. Ensuite probablement Airbus, puis viennent DHL ou Metro. Les objets sont suivis, tracés à l’aide de nombreux capteurs et autres étiquettes RFID. Autre exemple : Gazpar, le futur « smart » compteur de GrDF. Quelques 11 millions d’exemplaires de ce compteur connecté (intégrant entre autres une étiquette NFC dynamique) seront installés prochainement dans nos foyers. Combien d’objets connectés grand public atteignent ce chiffre en France ? Ne cherchez pas, il n’y en pas(*).  Ceci dit, les deux types d’objets connectés ont bien sûr leur marché, leurs usages et leurs utilisateurs.

Ces objets connectés industriels, moins visibles pour les citoyens mais tout aussi importants pour leurs vies quotidiennes, vont se développer dans les prochaines années.

ConnectWave - visite

Inauguration de ConnectWave

Et donc, en parallèle à l’ouverture le 12 juin par le Président de la République de la Cité de l’Objet connecté à Angers, un projet ambitieux qui a pour vocation à aider les startups et autres apporteurs d’idées à développer leur projets, du concept à l’industrialisation avec tous les corps de métiers nécessaires en un seul lieu, s’est ouvert, huit jours après, ConnectWave, une plateforme d’expérimentation et usages des objets connectés (principalement) industriels, se donnant comme objectif de transposer l’innovation des objets connectés, d’un secteur d’activité à l’autre, du grand public à l’univers industriel.

Peut-on transposer du grand public à l’univers industriel ? Bien sûr ! Un exemple : le Parrot Flower Power permet de suivre sur son smartphone la santé de son géranium et de savoir quand l’arroser. #jesimplifie Et bien, la société lilloise Weenat utilise le même principe de capteurs connectés plantés dans le sol,  mais pour optimiser (entre autres) l’irrigation des champs des agriculteurs et améliorer les rendements tout en gérant mieux la consommation d’eau.

ConnectWave - visite

Système de paramétrage d’infrastructure électrique – Legrand

Revenons à ConnectWave. Ce centre de démonstration et de test – de taille, de budget et d’objectifs beaucoup plus modestes que ceux de la Cité de l’Objet connecté – a l’ambition de donner des idées à toutes les entreprises qui aimeraient comprendre et intégrer ces technologies dans leurs politiques produit. Pas de fablab ou de designer mais les experts du CN RFID et un showroom proposant actuellement une douzaine d’objets connectés en situation, que l’on peut tester, et qui permettent d’imaginer d’autres objets, en les transposant d’une industrie à l’autre. Autre particularité de ConnectWave : tout en étant ouvert à toutes les technologies, le centre a été créé par le CNRFID ou Centre National du RFID, spécialiste de la RFID et du NFC et donc ces technologies sont amplement mises en valeur dans le showroom.

Lors de l’inauguration, les objets suivants étaient présentés :

Sur chaque plot, une solution est présentée et des suggestions d’emploi dans d’autres industries sont également proposées.

ConnectWave - visite

ConnectWave

Nul doute que d’autres solutions viendront enrichir cet espace, dans le domaine de la santé par exemple, un espace qui risque de devenir rapidement trop petit par rapport à la richesses des projets possibles. Ajoutons que ConnectWave est conçu pour être itinérant et donc être présenté dans des salons ou des conférences.

Cet été, si les objets connectés vous intéressent et que vous passez près d’Aix-en-Provence ou Marseille, n’hésitez pas à venir rendre visite au CN RFID et à ConnectWave dans la jolie ville du Rousset. Et sinon, bien sûr le showroom se visite toute l’année, en ayant soin de prévenir le CN RFID.

A suivre … et à visiter.

Pierre Métivier

(*) Sauf à considérer nos mobiles comme objets connectés, ceux qu’ils sont mais c’est une autre histoire.

Pour aller plus loin

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