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Tourisme et NFC – La Joconde bientôt transformée en borne d’accès WiFi ?

Joconde et Wifi

Joconde et Wifi

Le tourisme est avec le transport et le commerce l’une des trois industries pouvant dès maintenant tirer partie des fonctionnalités apportées par les services sans contact / NFC, en particulier à travers les affiches intelligentes / « smart posters ». Ces affiches équipées d’une étiquette NFC permettent soit de se localiser et de laisser un message du type « J’aime » sur Facebook ou de transmettre des informations au porteur du mobile, informations qui peuvent être un coupon ou la composition d’un produit dans un magasin, les informations sur un concert ou un spectacle dans les applications billetiques ou une information sur un lieu ou une oeuvre d’art dans un musée, pour ce qui concerne le tourisme. D’après une étude récente, les affiches intelligentes vont représenter 70% des utilisations d’étiquettes NFC en 2016 (Source EETimes / ABI Research)

Deux événements récents sur le tourisme, le Totec (auquel nous avions participé) et le colloque sur le MTourisme à Bercy, ont abordé les apports du mobile dans l’industrie du tourisme.

Il est facile de mettre en place, dans les musées, les lieux publics, les arrêts de bus des signes (Cityzi en France par exemple), indiquant qu’il est possible d’accéder instantanément à des informations sur le lieu ou l’oeuvre d’art que l’on admire. Ce type de services est clairement destiné aux visiteurs et autres touristes et devrait fleurir partout en France au fur et à mesure de la diffusion des mobiles NFC dans les poches des touristes d’autant plus que le coût de ces affiches / étiquettes est très abordable – quelques euros.

Ceci dit, il ne faut pas oublier l’utilisateur, et en particulier le touriste en provenance d’un pays étranger. Car que se passe t il lorsque le visiteur passe son téléphone sur l’affiche intelligente ?

Il y a deux implémentations possibles

  • L’étiquette contient toute l’information. Dans ce cas, le transfert est instantané, de l’étiquette au mobile. Il y a plusieurs inconvénients à cette implémentation. D’abord, peu d’informations peuvent être stockées sans renchérir le coût de l’étiquette. Ensuite, il faut créer des applications mobiles spécifiques. Enfin, les mises à-jour du contenu sont difficiles et couteuses puisque chaque étiquette doit être reprogrammée individuellement. Cette solution n’est donc pas très répandue.
  • L’étiquette contient une URL, un lien vers un site web contenant l’information. Cette solution, la plus utilisée, permet le transfert de toutes sortes de données, y compris sons, photos ou vidéos et peut se mettre facilement à jour puisque c’est un site centralisé qui est mis à jour et non l’étiquette elle-même sur le lieu touristique.
Affiche intelligente, Cityzi, Nice

Affiche intelligente, Cityzi, Nice

Pour l’utilisateur, il existe plusieurs cas de figure en terme de connectivité

  • WiFi gratuit et ouvert dans le lieu où se trouve l’affiche – chacun peut facilement accéder à l’information
  • Connexion données de type 3Gen l’absence de WiFi
    • Pour le visiteur local, toujours pas de soucis, il peut accéder à l’information.
    • Pour le visiteur en provenance d’un autre pays, la situation se complique. L’accès données est en particulier 3G est un vrai souci. Soit notre visiteur connait les coûts de roaming et les accepte ou il s’interdit l’accès aux données et n’aura pas accès aux services et à l’information. Soit il ne les connait pas et va avoir des surprises en recevant sa facture de retour de ses vacances. (En cliquant sur la photo de droite, vous pourrez lire le texte affiché sur le mobile lors de la lecture d’une étiquette Cityzi à Nice)

On pourrait demander aux opérateurs télécom partout dans le monde de réduire voire supprimer les coûts de roaming internationaux pour développer le tourisme mais cette solution semble peu probable. Ce qui signifie clairement que pour réellement utiliser des solutions affiches intelligentes à base d’étiquettes NFC à des fins touristiques, il faut donc fournir un accès WiFi gratuit et ouvert, sans inscription, dans tous les endroits (la rue, les monuments, les parcs, les lieux, les musées, les gares,… ) où ces affiches seront apposées.

Au Japon, dans un registre différent, il existe un exemple intéressant de distributeur de boissons fournissant du Wifi pour encourager les consommateurs à rester autour de la machine (accès limité à 30 mn), et consommer voire créer un mini réseau social autour de ce distributeurs de boissons et de WiFi.

Transformer la Joconde en borne d’accès Wifi est bien entendu une boutade mais il faudra trouver une solution pour donner un accès données facile et « gratuit » aux touristes en provenance du monde entier pour développer les services de type affiches intelligentes.

Merci aux lecteurs de ce blog travaillant par exemple chez des opérateurs telecom ou fournisseurs de services, qui travaillent sur ce genre d’applications, de partager avec nous leurs réflexions sur ce sujet.

A suivre.

PS. A tous nos lecteurs : Une petite nouveauté cette année sur le blog, une page Archives dans laquelle vous retrouverez plus facilement tous les articles déjà publiés depuis sa création.

La NFC, un enjeu stratégique pour Google pour passer du virtuel au réel

Cet article a été publié par le Journal du Net en début de semaine.  Ci-joint la version avec les liens et les images, absents de la publication JDN.

Google NFC

Google NFC

Le terme NFC pour Near Field Communication revient de plus en plus dans l’actualité de l’internet et des mobiles. Cette « technologie sans contact » permet aux téléphones mobiles (et d’autres objets connectés) qui en sont équipés un grand nombre d’usages nouveaux comme l’émulation de cartes de transport, de badges d’entreprise, de cartes de fidélité, de clés de voiture ou de chambre d’hôtel, les jeux en réseau et le paiement, tout cela par un simple geste. Couplé à la géo-localisation, les réseaux sociaux et la connectivité des portables, son champ d’application est potentiellement immense.

Malgré cela, la technologie tarde à être utilisée à grande échelle en dehors de quelques pays asiatiques comme le Japon, la Corée ou Hong Kong. En France, de nombreuses expérimentations sont en cours, à Nice par exemple, mais elles tardent à s’industrialiser. Il existe de nombreuses raisons à cela comme la complexité d’un écosystème comprenant les fabricants de téléphones mobiles, les industriels de l’électronique, les banques, les opérateurs téléphoniques, le GIE Carte bancaires, les commerçants, les intégrateurs, les pouvoirs publics sans oublier les consommateurs, des normes plus ou moins respectées, une infrastructure en développement et l’absence de mobiles NFC à grande échelle.

Il y a près de deux ans, dans une tribune du Journal du Net, nous avions imaginé le rôle que pourrait jouer Apple et l’iPhone sur ce marché. De la même manière qu’Apple a révolutionné l’achat et la consommation de musique, les smartphones, la vente de logiciels sans oublier les tablettes, nous pensions que, fort du nombre de brevets déposés par Apple autour du NFC, la société serait la première à se lancer, ce qui n’est pas, au jour d’aujourd’hui, le cas.

Google a pris une longueur d’avance dans le domaine du sans contact, avec plusieurs approches et expériences en cours, qui mises bout à bout, forment une stratégie claire et potentiellement très impactante pour chacun d’entre nous et pour tous les acteurs de l’écosystème.

Rappelons, en simplifiant à l’extrême, que le business model de Google consiste à offrir aux internautes des services gratuits de qualité comme la recherche, en échange d’une connaissance pointue des données d’usages des consommateurs et ainsi proposer des emplacements publicitaires très ciblés à des annonceurs qui se battent à coup d’enchères pour obtenir les meilleures places.

Google, c’est bien sûr la recherche, le mail, les vidéos avec YouTube, les blogs, les images, la géo-localisation avec Google Earth, Maps et Places, le navigateur Chrome mais c’est aussi Android, un OS pour téléphone mobile en concurrence avec les offres de RIM (Blackberry), Nokia/Microsoft, Apple et en partie Samsung.

Si on analyse les différentes annonces / expérimentations / développements de Google ces trois derniers mois, on trouve une actualité riche en terme de technologie NFC.

  • La plateforme Android actuelle 2.3 (Gingerbread) supporte dès à présent la technologie NFC et Google a présenté les améliorations à venir sur la prochaine version 2.4 de l’OS (Ice Cream Sandwich) durant la conférence développeur Google I/O ce mois-ci.
  • Les premiers téléphones Android / NFC sont maintenant disponibles comme le Samsung Galaxy S II, le Google Nexus S et une douzaine d’autres modèles ont été annoncés pour 2011. Rick Clemmer, le CEO de NXP, l’une des sociétés fournissant la technologie NFC, parle de 50 à 100 Mios de téléphones Android / NFC pour 2011.
  • Google est devenu « Membre principal » du NFC Forum, l’association en charge de développer et promouvoir les standards autour du NFC.
  • Google Places, un service de « rating » par les consommateurs de services comme les restaurants avec leur mobile à l’aide d’une application, au départ basée sur la lecture de QR codes (code barre 2D), a été amélioré par l’utilisation d’étiquettes RFID HF et donc ces étiquettes Google Places deviennent accessibles à partir de téléphones NFC (Android ou pas).
  • Toujours à la conférence Google I/O, en association avec Foursquare, les conférenciers pouvaient s’enregistrer à différents points de la conférence avec leur mobiles NFC.
  • Google coopère avec quelques fournisseurs de TPE (Terminaux de Paiement Electronique), comme Ingenico, pour tester un certain nombre d’applications liées au paiement comme le couponning. Des expérimentations sont en cours à New-York et San Francisco. Pour beaucoup, le paiement par téléphone mobile NFC pourrait être la prochaine « killer app » de la mobilité mais elle est complexe à mettre en place (acteurs du paiement – banques et CB, sécurisation, tiers de confiance). Le paiement lui-même n’est pas forcément la priorité de Google, ni son business model, contrairement à toutes les actions menant à l’achat (1).

Comme rappelé ci-dessus,le business model de Google est principalement basé sur la connaissance que la société possède des consommateurs. A travers l’utilisation de ses services, Google sait ce que nous cherchons, ce qui nous intéresse, sait ce que nous écrivons à travers l’analyse en direct du contenu des mails, sait, à travers Google Maps où nous sommes / où nous allons.

La chaine complète testée par Google – smartphones NFC Android, étiquettes RFID de Google Places, les TPE, associée à la géo-localisation et la connectivité des smartphones, va permettre à Google de savoir où nous sommes, ce que nous cherchons, ce que nous achetons, non seulement derrière notre ordinateur, mais dans la vie de tous les jours et à toute heure de la journée, dans les magasins comme dans les restaurants, dans les transports en commun, ou dans tout autre lieu public.

Samsung et NFC

Samsung et NFC

On peut imaginer des cas d’usages tels que, étant entré dans un magasin et l’ayant signalé en approchant notre téléphone d’une étiquette Google Places, Google soit en mesure, dans des conditions qui restent à définir, d’envoyer des coupons de réduction directement utilisables au moment de payer, voire des propositions de produits à acheter sur Internet ou dans le magasin d’à coté mais moins chers. Les possibilités sont immenses, les questions attenantes aussi.

Grâce à la technologie NFC, Google transfert son savoir faire et étend sa connaissance des internautes, ses services offerts aux consommateurs et les services vendus aux annonceurs du monde virtuel des navigateurs Internet, au monde bien réel et physique de notre vie quotidienne. Rappelons qu’il y a environ 2 Mds d’internautes dans le monde et 5 Mds d’utilisateurs de téléphones mobiles. Il est clair que c’est ce marché étendu dans l’espace et dans le temps que vise Google à travers les différents outils mis en place ou en cours d’expérimentation.

Faut il s’en réjouir ; les consommateurs ayant plus de choix plus souvent, plus de conseils, plus de promotions, plus d’information, ou faut il s’en inquiéter ? Que feront les concurrents, la grande distribution, les banques, les opérateurs télécoms ? Même si il faudra du temps pour que le parc installé de téléphones NFC soit significatif, il est grand temps pour tous les acteurs de l’écosystème de comprendre l’impact que va représenter cette technologie et de se lancer dans l’aventure sous peine de grandes désillusions ; Google a clairement pris une longueur d’avance.

Pierre Métivier

(1) Depuis cet article, moins d’une semaine, Google a annoncé également un accord avec Master Card et Citigroup pour implémenter le paiement NFC sur les mobiles sous Android !

Le point sur la géolocalisation au salon M2M

Salon M2M

Salon M2M

Pendant le salon M2M, une conférence sur la géolocalisation, animée par Benoit Herr, a fait le point sur les applications présentes et à venir. Cette conférence a réuni Thierry Pereault, consultant M2M, Didier Gassé, CNIL, James Newton, Novacom et Benoit Tournier, SagemCom.

Thierry Pereault, consultant

Thierry Pereault, consultant

Pour commencer, Thierry Pereault, consultant M2M, a introduit les tenants et aboutissants du sujet.  Il y a une explosion du besoin et des demandes de géolocalisation des objets et des personnes.  Les volumes et les types d’application augmentent aussi bien dans le monde professionnel – transport, logisitiques, sécurité , utilities, services, grandes entreprises que dans le monde grand public – navigateur GPS ou assistance à la personne.

Technologies – quels moyens – triangulation, GPS, RFID, Wifi, moyens complémentaires, géolocalisation indoor / outdoor, Déplacement des personnes et des objets

Quel type de dispositifs et de procédures ?

  • Data logger – prendre une information  sur les positionnement et restituer l’info (pas forcément OTA (Over The Air))
  • Data puller – demander à l’objet de nous donner sa position
  • Data pusher – l’objet prend l’initialtive de prendre et donner sa position

Les fonctionnalités sont :

  • statiques – position d’un parc d’objet
  • dynamiques – prise et historisation – tracking
  • prise en compte de points remarquables – décrire /identifer des admin, des stations services, décrire ou sont les usines,stock et faire des calculs entre les deux
  • zonage – repérer les zones géographiques – alerte quand intrusion ou sortie de la zone – environnement fini

Typologie des applications

  • système d’optimisation (déplacement, consommation d’energie, des temps de parcours, des moyens mis en oeuvre (affectation des bus sur un parcours)
  • tracking – vol, surveillance, suivi des objets, fournitures
  • assistance liée à la géolocalisation

Intégration avec d’autres technologies comme les smartphones

Nouveaux servies – auto-partage, véhicules étectrique – niveau de charge de la batterie
Nouveaux enjeux – M2M géolocalisation / les applications sont de plus en plus autour des personnes plutôt que les objets
Incidences technologiques – Infrastructures publiques ou privées, indoor ou outdoor

Géolocation en 3D

Changement d’usage – je suis à 100 m d’un restau – promotion / envoi d’un message sur le téléphone, taux de réponse très élevé, géo-marketing.
Réseaux sociaux – positionnement du monde de la tribu

La géolocalisation, une des briques de base des objets communicants

Didier Gasse, CNIL

Didier Gasse, CNIL

Didier Gasse a présenté le point de vue de la CNIL en rappelant que la loi « informatique et libertés » de 1978 s’applique. La question que se pose la CNIL –  quelle liberté est contrariée par le traitement des données, coté entreprise, gélolocalisation par les employeurs, assureurs, appel d’urgence, pour les convoyeurs de fond, les commerciaux, les salariés.

Recommendations de la CNIL – sureté et sécurité, il faut que la finalité soit réelle – meilleure allocation de moyens, facturation, suivi du temps de travail lorsqu’il ne peut pas être effectué par une autre méthode, ne doit pas conduite à un contrôle permanent. En dehors des heures de travaill, le système doit être déconnecté.  L’utilisation de la norme simplitée s’applique déclaration en cas de traitement informatique des données de gélocalisation

Les assureurs auto étudient l’utilisation de la géo-localisation pour moduler les primes d’assurances – vitesse, lieu, vérification des engagements par le conducteur, conservation des données uniquement pour effectuer le calcul. 1er cas en 2005 refusé (permis en Grande Bretagne). Le modèle économique n’est pas encore défini, et les solutions non en place

Appel d’urgence – au niveau européen, on doit pouvoir retirer son consententement quand on veut (opt-out). la CNIL a fait valoir que l’appel d’urgence ne soit pas débrayable (pas d’opt-out)

James Newton, Novacom

James Newton, Novacom

James Newton présente, Novacom, société spécialisé dans la géolocalisation, inventeur et exploitant de la balise Argos. la géolocalisation elle-même a peu de valeur. C’est l’intégration de la géolocalisation dans un système, état, retard, sécurité, qui permet de trouver un ROI.

Exemples d’application

Fuite de gaz ? Intervenir dans la demi-heure. où est l’agent le plus proche avec le bon équipement ?
Service d’urgence médical –  où est l’agent le plus proche avec le bon équipement médical
Collecte des déchets – poubelle pas vidée, pourquoi ?
Système de sécurité – état d’urgence, traitement des fausses alertes
Assistance, aides soignantes dans des zones à risque,
Pour les patients d’Alzheimer; système de géoloc, appui sur un bouton
gélocalistation des véhicules de l’ONU par satellite

il est important d’impliquer du personnel dans un projet de géolocalisation.

Benoit Tournier, SagemCom

Benoit Tournier, SagemCom

Benoit Tournier, SagemCom, présente des expériences concrètes, autour des environnements de travail et la protection des travailleurs isolés.
Outil de tracking / bouton SOS, faible déploiement, coût important mais support des assurances

3 classes d’environnement de travail

  • faible risque – GSM standard
  • moyen exposition – salarié – bouton d’appel d’urgence
  • environnement (gaz, pétrole) – terminal équipé de censeurs/capteurs  – déclenchement automatique

Ecall – projet européen surveillance des déplacements, horizon en 2014
Envoi automatique de données en cas d’alertes (comme le déclenchement d’un airbag)
Projet PSA – qualifier  les appels d’urgence avant leur traitement
Développement de services ajoutés une fois ces boitiers de communication installés

Tracking de véhicules volés / carjacking, loi au Brésil pour intégrer un boitier de tracking sur demande de propriétaire

Mobilité – autopartage  B2B2C, Mobizen,location courte durée, trop de voitures en ville, transport en commun complexe (perte de temps), géolocalisation temps réel

Géolocalisation du matériel volé / système de blocage, géolocalisation pour le vol de chantier (sujet déjà abordé dans ce blog)
Pas de standardisation des boitiers sur les véhicules mais croissance de +30% par an du marché