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Des papillons bleus, de la haute couture, un objet connecté, Intel et MacGyver !

Intel et la mode connectée

Des papillons bleus, de la haute couture, un objet connecté, Intel et MacGyver !

Voila un titre étrange que nous allons (essayer de) vous expliquer.

Les objets connectés, vous connaissez, nous en parlons régulièrement dans ce blog.

Intel aussi, bien sûr, qui conçoit et fabrique les processeurs de la plupart de nos ordinateurs, PC ou Mac, aussi bien que le Sequana, le tout dernier supercomputer d’Atos et Bull.

Intel est très présent dans le monde des objets connectés, à l’aide de plusieurs plateformes dont Edison ou Curie. Leur stand au Mobile World Congress de Barcelone était l’un des plus grands, peuplé de vélos, de montres, de casques ou de lunettes connectés.

Wima 2013

Ensuite, la haute couture, une industrie (ou un artisanat c’est selon) qui, comme beaucoup d’autres est déjà impactée par les objets connectés. Montres, bracelets, bijoux en tout genre, sont désormais en version connectée, capables par exemple de payer ou d’ouvrir des portes. Nous avons dans le passé présenté sur ce blog des chaussures haute-couture équipées de nombreux tags NFC, ou des faux ongles (toujours NFC) clignotant près d’une source RF appropriée.

Et donc, Intel, la haute couture et les objets connectés font sens. On passe aux papillons. Ils ne sont pas connectés directement mais sont des accessoires posées sur une robe connectée et « powered by Intel ». La particularité de ces papillons est qu’ils sont capables de s’envoler suivant des cas particuliers liés au choix du porteur de la robe, d’un simple mouvement de bras, à distance, ou automatiquement si une personne est trop proche par exemple. Le communiqué de presse explique :

« Pour faire « vivre » ces papillons, Intel a conçu des éléments électromécaniques fabriqués à la main spécialement pour cette robe et propulsés par le module informatique Intel® Edison, véritable ordinateur plus petit qu’une boîte d’allumettes. La robe Butterfly, alimentée par des batteries rechargeables Li-ion (d’une autonomie de 40 mn selon leur utilisation), est équipée de 8 servomoteurs ainsi que d’un capteur de proximité à ultrasons qui repère la distance des objets situés autour de la robe. Les papillons peuvent décoller en masse dans un mouvement unique et impressionnant, déclenché par une personne qui s’approche ou par un équipement communiquant avec la robe via un réseau sans-fil (wifi ou Bluetooth). Les papillons s’envolent lorsque le capteur de proximité, cousu sur la robe, détecte une présence à 30 cm. »

Conçue par deux stylistes d’Istanbul, la robe Butterfly d’EzraTuba est à la haute couture ce qu’est un concept car pour les fabricants de voiture, un laboratoire de nouvelles idées et de nouvelles technologies. Une robe qui permet d’imaginer des vêtements et d’autres objets en trois dimensions voire en quatre se modifiant avec l’espace et le temps. Côté technique, outre le module Intel Edison qui gère le déclenchement et l’envol des papillons, on trouve sur la robe des batteries Li-on, de la connectivité, des capteurs de mouvement et de distance, des servo-moteurs … pour un poids respectable de 8 kilos !

Intel et la mode connectée

Deux élastiques par papillon

« Et MacGyver dans tout cela » me rappelle un lecteur qui n’a pas oublié le titre de ce billet. Et bien, dans ce monde où la puissance des processeurs et leur miniaturisation atteint des records chaque jour dépassés (loi de Moore oblige), nos petits papillons s’envolent grâce à de …. bons vieux élastiques, comme ces petits avions en plastique dotées d’une hélice (reliée à un élastique) que l’on torsadait avec le doigt. Comme quoi, dans ce monde où réel et virtuel sont de plus en plus intégrés (voir article sur la réalité virtuelle), on a toujours besoin d’élastiques, de bouts de ficelles ou de bandes adhésives et quelque part, c’est plutôt rassurant.

Un projet parfaitement inutile et donc totalement indispensable.

A suivre … avec probablement dans une prochaine version des papillons sous forme de mini-drones avec un temps de vol un peu plus conséquent que ceux qui équipent la robe actuellement.

@PierreMétivier

Pour aller plus loin.

Intel et la mode connectée

Objets connectés, une nouvelle ruée vers l’or !

La rue vers l'or des objets connectés

La rue vers l’or des objets connectés

En 1848, une information se répand aux Etats-Unis et partout dans le monde à travers le télégraphe et les journaux papiers. On a trouvé de l’or en Californie, à Sutter’s Mill plus exactement. Aussitôt, des dizaines de milliers d’aventuriers se ruent littéralement vers l’Ouest, dans des conditions extrêmes dans l’espoir de devenir riches. Quelques uns y arriveront, trouvant des pépites mais pour beaucoup ce sera un échec, arrivant trop tard, ne trouvant pas le bon filon, ou tombant sur une roche ressemblant à de l’or, de la pyrite. « On estime à moins d’un sur vingt parmi les prospecteurs le nombre de ceux qui obtinrent un profit financier en venant chercher de l’or en Californie » dixit Wikipedia.

Les véritables profiteurs de cette ruée furent les commerçants, les spéculateurs en tout genre et en particulier l’immobilier, les investisseurs dans le chemin de fer et les fabricants d’équipement de prospections de type pelles, vêtements, bâches, toiles de tente, le plus célèbre d’entre eux étant Oscar Levi-Strauss, qui vendit des salopettes en « Denim » dès 1853. Citons aussi Samuel Brannan. qui fit fortune en achetant tout le matériel de prospection disponible à San Francisco en 1848 pour en avoir le monopole et le revendre aux chercheurs d’or avec une marge, s’inspirant du philosophe grec Thalès, qui avait inventé ce stratagème plus de 2,300 ans auparavant en réservant tous les pressoirs pour les olives, créant ainsi le premier monopole commercial.

Cette ruée vers l’or permettra également la création de l’état de Californie, le développement de villes comme San Francisco ou Sacramento, l’achèvement du train transcontinental reliant les deux cotés Est et Ouest des Etats-Unis, le développement de la marine à vapeur …. toute une infrastructure qui n’existait pas en 1848 et qui sera une conséquence majeure de ce « Gold Rush ».

Quel rapport tout cela a t-il avec l’internet des objets ?

En 2014, une information se répand dans le monde à travers l’internet et les journaux papiers et télévisés, on a trouvé un nouveau marché prometteur, les objets connectés, en Californie, dans la Silicon Valley. L’internet des objets est inéluctable, 40, 60, 80 milliards d’objets seront connectés d’ici 2020, plusieurs billions de dollars sont en jeu. Aussitôt des milliers de startups se ruent littéralement sur le sujet, dans l’espoir de trouver le bon filon. Quelques unes y arriveront, devenant elles-mêmes des pépites mais pour beaucoup, Indiegogo ou KissKissBankBank ne suffiront pas.

Les véritables profiteurs de cette ruée seront comme en 1848 les sociétés dans le domaine de l’infrastructure et des outils. De nouvelles sociétés comme SigfoxDemtech ou Libelium par exemple pourraient devenir les prochains Levi-strauss (*). Les fabricants de capteurs et de puces électroniques, de piles et batteries sans oublier les sociétés de conseil les plus « smart » profiteront également de cet engouement.

C’est aussi pour cela que chaque semaine les Oracle, SAP, Cisco, Microsoft, Intel, Bosch, Amazon, IBM, General Electric et bien d’autres annoncent de nouveaux produits et services, de nouvelles plateformes, des accords pour des standards, bases d’une infrastructure sur laquelle tous les chercheurs d’objets connectés bâtiront leurs rêves, souvent dans le(s) nuage(s).

Quant aux objets connectés eux-mêmes, certains trouveront leurs places dans notre vie de tous les jours et feront la fortune de leurs concepteurs mais il est encore trop tôt pour les citer parmi tous les produits connectés régulièrement mis sur le marché.

La comparaison s’arrête là. L’internet des objets est là, inéluctable, construit pour durer à travers en particulier les applications M2M déjà présentes depuis des années, la traçabilité des objets et la logistique, les smart « infrastructures » de type énergie « smart grid » et villes « smart cities ». Les objets connectés et autres « wearables » qui fleurissent dans les médias, les magasins d’électronique grand public et sur les sites de crowdfunding ne sont que la partie visible de l’iceberg « Internet des objets ».

Aux prochaines annonces d’un nouvel objet connecté, au prochain lancement d’une brosse à dent, d’un surveillant de géraniums ou d’une fourchette « intelligente », posez vous la question – véritable pépite ou simple pyrite ? Et aux prochaines annonces des grandes entreprises de l’internet ou de l’industrie, vous saurez maintenant d’où vient cet intérêt soudain à la connexion de tous nos objets.

A suivre.

Pierre Métivier

Notes

  • (*) Après les petits appareils électroménagers Moulinex, nous comparons Sigfox aux jeans Levi-Strauss, espérons qu’ils nous pardonnent 🙂
  • Toute la partie « Gold Rush » est un résumé des articles US et FR de Wikipedia hors la partie Thalès, les photos chercheur et or+quartz proviennent également de Wikipedia.
  • Comme déjà écrit dans d’autres billets parfois provocants autour du coté gadget de certains objets connectés, l’auteur de ce billet possède et utilise quelques objets connectés de chez Withings, Samsung, Fitbit et Garmin et participe au financement participatif de trois projets d’objets connectés. #selfdérision
  • Idée de l’article partagée une 1ère fois pendant l’émission de Michel Alberganti, Science publique « L’Internet des objets est-il compatible avec la vie privée?« 
  • Le titre auquel vous avez échappé « There’s a media world who’s sure all that glitters is gold« 
  • Une analogie similaire a déjà été effectuée autour des bitcoins et leur « mineurs » mais nous nous éloignons du sujet de ce blog.
  • Un article de 2013 sur l’arrivée des  industriels Les grands acteurs industriels investissent le champ de l’Internet des objets
  • En option – à lire en écoutant « Sutter’s Mill » des New Riders of the Purple Sage et ‘ »After the Gold Rush » de Neil Young en version originale, la version Patti Smith fera aussi l’affaire ! 

Les grands acteurs industriels investissent le champ de l’Internet des objets

L'internet des objets s'industrialise

L’internet des objets s’industrialise

Longtemps le domaine des ‘makers‘ / à la fois bricoleurs et artisans du monde open source (Arduino / Raspberry pi),  des startups visionnaires comme Libelium , SEN.SE ou Sigfox, des associations comme le Council et des visionnaires, penseurs, chercheurs, industriels ou communicants comme Kevin Ashton et Mark Weiser aux US,  Ken Sakamura au Japon, Rob Van Kranenburg et Gérald Santucci en Europe et Rafi Haladjian et Bernard Benhamou en France (*), l’Internet des objets, sous ce terme, devient un lieu de rencontre des grands industriels.

Non pas que les sociétés ne s’y intéressaient pas auparavant. Sous le terme M2M, les opérateurs télécom (comme Orange, SFR et Bouygues Telecom en France) ont développé une offre conséquente mais très orientée traçabilité / logistique / suivi de flottes de véhicules et un zeste de maison connectée, offres basées sur le modèle SIM bien connu et maitrisé.

Plus récemment, le sujet des villes intelligentes / smart cities a pris de la visibilité. On passe de nouveau de visionnaires comme Alain Renk qui présente ces sujets depuis longtemps à des sociétés comme IBM, Intel ou Orange commercialisant des offres industrielles.

La nouveauté, c’est l’arrivée des Microsoft, Cisco et surtout Google.

Microsoft, présent sur tous les marchés, rêve bien sûr d’être l’Operating system de cet Internet des objets, pas vraiment avec Windows 8 pour tous les objets, « A quand Windows 8 sur Rasperry Pi 🙂 « mais avec la nouvelle XBox qui se veut potentiellement le coeur névralgique de la maison connectée comme le décrit cet article de FastCompany.

Cisco veut en être le fournisseur principal de l’infrastructure. Cisco a choisi de se démarquer en poussant une terminologie spécifique – the Internet of everything par opposition au terme généralement utilisé d’Internet of things.

Et Google ne se cache plus. A l’occasion de la conférence Google I/O pour ses développeurs, Google a installé un grand nombre de capteurs mesurant des paramètres comme le bruit et qualité de l’air comme décrit dans cet excellent article de ReadWrite.com, préfiguration du rôle que Google pourrait avoir dans la captation des données et bien sûr leur traitement.

Si on ajoute à cette équation, les Google Maps, la Google Car, les Googles Glasses, Google Now et le Google Wallet, on peut à la fois être impressionné par la vision et l’approche globale mais aussi s’inquiéter sur les sujets de vie privée et d’hégémonie . L’Europe et les Etats-Unis en sont bien conscients et se penchent sur ces questions.

En attendant, c’est une signal fort supplémentaire que cet Internet des objets dont nous parlons dans ce blog depuis trois ans est en plein développement, qu’il passe du concept futuriste au déploiement commercial et que la bataille des industriels ne fait que commencer.

A suivre

(*) En citant des noms de personnes et de sociétés,  je suis forcément réducteur et je laisse de coté des acteurs importants, qu’ils me pardonnent.

(**) Nous aurions pu également évoqué la domotique avec Somfy ou Nest par exemple ou le quantified self avec les Withings et consorts mais bon, pas cette fois ci.

L’article de Readwrite à lire … vraiment !  Google Sensors Are Data Mining I/O Attendees – And They Don’t Care

Les deux citations du jour tirée de l’article ci-dessus.

  • « As long as it’s not under my toilet seat, I don’t care, » Sam Napolitano, Huffington Post en parlant des capteurs posés par Google, « Tant qu’ils ne sont pas sous le siège des toilettes, je m’en moque » ce qui est symptomatique de la différence de perception des sujets de vie privée aux Etats-Unis et en Europe.
  • « To get right up to the creepy line, but not cross it. » Eric Schmidt, à l’époque, CIO de Google, au sujet de la Google’s policy (en terme de vie privée). « Aller jusqu’à la ligne blanche sans la franchir » (Creepy étant un mot bien plus fort)

Pendant ce temps-la, Sigfox continue son développement – Internet des objets : le réseau Sigfox utilisera les points hauts de TDF