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Web 2.0, 15 ans déjà et après ? 7 pistes pour rééchanter Internet

Livre 15ansWeb20

Livre 15ansWeb20

Ce titre est le nom d’un livre collectif, coordonné par Fadhila Brahimi et David Fayon, auquel j’ai eu l’honneur de participer, nous y reviendrons, avec 56 autres complices. Extraits de la quatrième de couverture.

En 15 ans, le Web 2.0 a radicalement transformé notre façon de travailler, de consommer, de vendre, de communiquer… Les technologies (mobile et tablette, 3G ou 4G, médias sociaux, big data, intelligence artificielle, etc.) ont bouleversé nos sphères de vie et notre rapport aux individus, à l’information, aux objets…

57 pionniers vous proposent d’explorer rétrospectivement les conséquences du digital sur notre société (économie, politique, juridique, culturel…). Le but : imaginer 7 pistes de réenchantement pour un futur numérique plus sain et plus responsable face à la domination des géants d’Internet, tant américains GAFA (Google Apple Facebook Amazon) que chinois BATX (Baidu Alibaba Tencent Xiaomi).

Le lecteur fidèle pourrait se demander pourquoi notre participation à cet ouvrage car le Web 2.0 ne fait pas partie des principaux sujets abordés depuis 10 ans, autre anniversaire, de ce blog.

Deux raisons. D’abord, votre serviteur a participé dès son commencement en France à cette belle aventure du web 2.0 collaboratif. Mon compte Flickr date de novembre 04, LinkedIn janvier 2005 et Facebook de mars 2005, moins d’un an après sa création, plus de 15 ans déjà donc pour ces trois comptes. Et à cette époque, j’ai assisté aux premiers événements dédiés au sujet et en particulier à la première édition de la conférence « Les Blogs » en Avril 2005, organisée par Loïc Le Meur au Sénat, certains s’en souviendront. #souvenirssouvenirs

Ceci dit, le plus important n’est pas le passé, mais le présent et le futur et ma participation au livre l’a été sur les liens entre réseaux sociaux et objets et en particuliers objets connectés, le chapitre 13, avec mes comparses, Beer Bergman et Jean-Philippe Encausse. Nous y abordons donc comment les objets (et surtout leurs capteurs) impactent déjà et vont impacter les réseaux sociaux avec des exemples comme Strava, le réseau social des sportifs dont la vitalité est liée aux capteurs (en particulier GPS), mais aussi le développement de réseaux autour de la smart city et des smart buildings et bien d’autres exemples.

Le livre est disponible aux Editions Kawa et 100 % des droits d’auteur sont reversés à deux belles associations :

qui agissent contre l’illectronisme pour les plus démunis et les plus jeunes.

Vous aussi vous pouvez participer au réenchantement d’Internet non seulement  à travers la lecture de l’ouvrage mais aussi par vos commentaires sur le blog  www.reenchanter-internet.com à votre disposition.

A lire et à (pour)suivre.

Pierre Métivier
@pierremetivier

Pour aller plus loin

Farid Arab . Christine Balagué . Eric Barbry . Beer Bergman . Olivier Berlingué . Nicolas Bermond . Fanny Berrebi . Michelle Blanc . Jérôme Bondu . Fadhila Brahimi . Frédéric Cavenet . Dominique Cardon . Nicolas Celic . Cyril Chaudoit . Jean-Pierre Corniou . Céline Crespin . André Dan . Thierry de Baillon . Yannis Delmas-Rigoustsos . Damien Douani . Antoine Dubuquoy . Jean-Pierre Encausse . Fabrice Epelboin . Olivier Ezratty . Isabelle Falque-Pierrotin . David Fayon . Mathieu Flaig . Cyrille Frank . Yann Gourvennec . David Guillocheau . Claudie Haigneré . Olivier Itéanu . Henri Kaufmann . François Laurent . Yann Leroux . Eric Maillard . Vérone Mankou . Emilie Marquois . Grégory Maubon . Pierre Mawas . Pierre Métivier . Jean-Claude Morand . Ahmed Mehdi Omarouayache . Anthony Poncier . Grégory Pouy . PPC . Benoît Raphaël . Cyril Rimbaud . Vincent Rostaing . Jean-François Ruiz . Eric Seuillet . Serge Soudoplatoff . Virginie Spies . Yaëlle Teicher Stein . Pierre Tran . Pierre Vallet . Henri Verdier

#15ansWeb20

#15ansWeb20

Il est temps de prendre en compte l’impact du numérique sur les émissions de gaz à effet de serre

Marc Giget et l'impact du numérique sur le climat

Marc Giget et l’impact du numérique sur le climat

On ne présente plus Marc Giget, en particulier dans ce blog. Président et fondateur du Club de Paris des Directeurs de l’Innovation, il milite avec passion et conviction depuis 20 ans pour une innovation humaniste à travers ses nombreuses activités et en particulier les Mardis de l’Innovation. Son livre « Les nouvelles stratégies d’innovation 2018-2020 et vision prospective 2030 » est indispensable à toute personne s’intéressant à l’innovation.

L'empreinte carbone des français (c) Les Echos

L’empreinte carbone des français (c) Les Echos

A l’occasion de la remise des Trophées « Innovation Team Best Practices 2019 » dans la catégorie Stratégie de l’innovation (1), Marc a profité de la conclusion de l’évènement et de l’association de ce même événement avec Citeo et l’écosystème de l’économie circulaire pour alerter (ou pousser un coup de gueule, c’est selon) contre l’absence d’intérêt et de démarche publique sur la consommation d’énergie induite par le numérique et ses conséquences sur la production de gaz à effet de serre.

Partant des objectifs de développement humain et durable des Nations Unis, Marc s’est concentré sur l’objectif 12, « consommation et production responsables », un objectif sur lequel les entreprises ont un grand rôle à jouer, en particulier pour réduire l’impact sur le réchauffement climatique et sur la consommation de matières premières. Qui dit production, qui dit utilisation d’énergie. Et le numérique est l’une des cinq premières sources de production de gaz à effet de serre de chaque français (avec la voiture, le logement, la santé et l’alimentation) source Les Echos.

L’émission du CO2 du numérique est «  totalement hors contrôle » nous dit Marc. Le Cloud, c’est 10% de la consommation énergétique dans le monde et contrairement aux autres industries clairement identifiées qui font plus ou moins d’efforts pour réduire leur production de carbone, aucune action d’envergure n’est menée pour réduire la consommation du numérique. Netflix et le streaming vidéo sont particulièrement visés. La plateforme Netflix est responsable à elle seule 25% des émissions de CO2 du numérique et le streaming représente désormais 60% des données transitant sur le net. Source The shift project

Pour Marc, le numérique est perçu comme un bien « immatériel » et non physique (ce n’est pas du plastique) et donc on ne pense à pas à la production induite de gaz à effet de serre, et pourtant, elle est importante.

La courte durée de l’intervention n’a pas permis de développer en détail la consommation quelle soit directe (rien sur le minage des bitcoin, le jeu en ligne (2), sur le système bancaire, l’internet et ses applications (hors streaming) ou l’internet des objets) ou indirect (le commerce en ligne type Amazon et les livraisons physiques correspondantes) mais à l’heure où des milliers de visiteurs du monde entier se rendent  à Las Vegas admirer les gadgets de l’année du CES 2020, comme des robinets ou des toilettes connectées avec lesquelles nous allons communiquer, ce ne sont pas uniquement les avions qui participent au dérèglement climatique.

Le sujet mérite d’être mis sur le devant de l’actualité et surtout traité.

A suivre … et découvrir sur vos écrans. #paradoxe

Pierre Métivier
@PierreMetivier

Notes

  1.  J’ai participé activement au développement des trophées « Innovation Team Best Practices 2019 » depuis la première édition.
  2. La partie  » Jeu en ligne  » a été ajoutée après la première publication et des échanges sur LinkedIn. Merci Noël Philippe. 

Pour aller plus loin

« Tout est smart, tout est augmenté : les apports de la 5G », une passionnante matinale IGNES

Le monde 5G (c) 5G PPP

Le monde 5G (c) 5G PPP

« Tout est smart, tout est augmenté : les apports de la 5G » tel était le thème de la matinale consacrée à la 5G organisée par l’IGNES, le Jeudi 28 novembre 2019. Pour rappel, l’IGNES est l’association pour les Industries du Génie Numérique, Energétique et Sécuritaire, autrement dit la Smart Home et du bâtiment connecté. Plus de détails sur le side de l’IGNES

Cette matinale a été l’occasion d’écouter et échanger avec deux imminents spécialistes du sujet, chercheurs, représentant deux entreprises-clés du domaine : Orange pour Eric Hardoin, VP, Ambient Connectivity Research et Huawei, pour Merouane Debbah, Director of The Mathematical and Algorithmic Sciences Lab. Un échange animé par Anne-Sophie Perrissin-Fabert, la nouvelle Déléguée Générale de l’IGNES

Logo 5G (c) 3GPPP

Logo 5G (c) 3GPPP

Rappelons juste quelques acronymes caractérisant la 5G et très présents dans les présentations de nos deux intervenants. Commençons par les 3 piliers de la 5G – eMBB (enhanced Mobile Broadband ou le très haut débit mobile), URLLC (ultra-reliable low-latency communications ou des communication à la latence très courte et à la fiabilité garantie)et  mMTC (massive machine-type communication ou le réseau haut débit pour l’internet des objets type voitures autonomes V2X – Véhicule 2 Everything). On peut y rajouter NR pour Nouvelle Radio, Massive MIMO (Multiple-input multiple-output) et 3GPP, la méta-association mondiale qui définit et standardise les standards radio comme la 5G et dont fait partie l’ETSI, son équivalente européenne.

Note – ce compte-rendu se concentrera plutôt sur le déploiement et les applications de la 5G que sur la partie technique présentée par les intervenants. Vous pouvez retrouver plus de détails dans leurs présentations et d’autres liens en fin de billet.

Merouane Debbah, Huawei France

Merouane Debbah, Huawei France

Merouane Debbah, Director of The Mathematical and Algorithmic Sciences Lab, de Huawei

La 5G aujourd’hui se développe autour de la Release 15 et propose une amélioration sensible niveau performance (x10) des solutions 4G / LTE-A (la partie eMBB) ainsi que le début de l’implémentation de l’URLLC (améliorations en terme de latence et de fiabilité garanties). Les vraies promesses de la 5G se verront avec la R16. La latence d’1 ms promise par la 5G n’est donc pas encore disponible. La conséquence première est que vous n’allez pas avoir de voitures connectées à la 5G demain. La release R16 qui ouvrira la 5 à l’IOT industriel, est en cours de développement et ne sera pas publiée avant plusieurs mois.

Côté déploiement, la France est en retard par rapport à d’autres pays comme la Grande-Bretagne où les offres grand-public sont déjà disponibles.

Déploiement de la 5G dans le monde (c) Huawei

Déploiement de la 5G dans le monde (c) Huawei

L’écosystème des partenaires de la 5 G est en plein développement.

Ecosystème industriel de la 5G (c) Huawei

Ecosystème industriel de la 5G (c) Huawei

Rappelons que pour le grand public, l’adoption de la 5G signifie changer de mobiles. Les grands constructeurs (Samsung, Huawei, LG  …) commencent à proposer des modèles 5G à l’exception notable d’Apple (fin 2020)

Merouane nous décrit ensuite dans sa présentation tous les challenges (et en particulier) technologiques du déploiement de la 5G mais aussi les améliorations apportées y compris au business model des opérateurs avec des exemples. Il existe de nombreuses d’applications potentielles mais on commence par l’accès haut-débit sans fil c’est à dire la fibre sans fibre (nous y reviendrons avec Orange). C’était pareil au début de la 4G. Cloud, drone, transport (la mobilité en général) font partie les applications prometteuses. Les applications utilisant de l’IA vont également bénéficier de la 5G en terme d’efficacité par un accès plus rapide au cloud.

Eric Hardouin, Orange Labs

Eric Hardouin, Orange Labs

Eric Hardouin, VP, Ambient Connectivity Research, Orange.

Il faut signaler que la 5G ne remplace pas les autres connectivités mais les intègre (type LTE ou NR pour New Radio). C’est un réseau de réseaux. Orange teste la 5G, par exemple à la Gare de Rennes, et a déployé commercialement en Roumanie.

Pour un déploiement urbain, la fibre est toujours préférable à la 5G. La vraie révolution à venir, c’est la garantie de service et la très faible latence. Le « network slicing » permettra d’affecter des ressources réservés, de créer des réseaux privés pour des tâches particulières dans la performance sera garantie quelque soit le trafic sur le même réseau public. En terme d’efficacité énergétique, en 2020, la 5G consommera deux fois moins d’énergie à la 4G. La latence promise d’1 ms n’est pas toujours indispensable et est très couteuse en énergie. Dans de nombreux cas, développer des applications « edge » est plus efficace pour réduire les temps de latence. Le réseau 5G sera installé sur les infrastructures 4G.

Les nouveaux usages de la 5G (c) Orange

Les nouveaux usages de la 5G (c) Orange

La co-construction et le co-développement du réseau, des offres et des services par tous les partenaires y compris clients B2B sont clés non seulement pour comprendre la chaine de valeurs mais aussi pour faciliter l’adoption.

Coconstruction (c) Orange

Coconstruction (c) Orange

Questions / réponses

  • La première question a porté sur la nocivité des ondes 5G. Pour les deux intervenants, les réponses sont apportés les études scientifiques. Il n’y a pas d’études scientifiques qui affirment que les ondes de la 2G à la 5G, à la puissance utilisée par les telcos, soient nocives pour la santé. Les opérateurs et tous les acteurs des telecom ont pour obligation de respecter les directives imposées par les services publics.
  • Sur les consommations énergétiques, on n’est plutôt sur de l’optimisation E2E que sur des technologies de rupture pour Merouane Debbah. Pour Eric Hardoin, la 5 G va se rajouter à la 4G. Elle consomme plus mais transmet plus. Elle est plus économique à donnée équivalente transportée.
  • Sur la 6G, ce n’est pas avant 2030 tempère Eric Hardouin même si la Chine a déjà lancé son plan 6G à 10 ans.
  • Sur les applications, un des drivers de l’adoption de la 5G sera le jeu, les joueurs sont prêts à payer pour une latence minimum.
  • Sur le choix fibre ou 5G en France ? Pour Orange, le fixe c’est la fibre, le mobile c’est 4G puis 5G. L’infrastructure 5G est construit autour de la fibre. Ce qui peut modifier le mix ? Le cout du génie civil, en zone rurale, car creuser des tranchées coûte cher.
  • Sur Wifi 6 vs 5G, il y a aura différentes offres de connectivité et différentes applications. Une question sans réellement de réponse faute de temps.

Un grand merci aux deux intervenants,  Eric Hardoin, VP, Ambient Connectivity Research, Orange et Merouane Debbah, Director of The Mathematical and Algorithmic Sciences Lab pour leurs interventions très professionnelles et documentées ainsi qu’à l’IGNES pour l’organisation.

A suivre … toujours plus vite.

Pierre Métivier
@PierreMetivier

Pour aller plus loin

Tout est smart, les apports de la 5G

Tout est smart, les apports de la 5G