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Les médias dans le cadre des Mardis de l’Innovation autour de l’innovation pour et par les 15-25 ans

Mardis de l'Innovation 15-25 ans

Mardis de l’Innovation 15-25 ans

Marc Giget n’est pas à une innovation près. Il vient de donc confier l’organisation et l’animation d’un certain nombre de séances des « Mardis de l’Innovation » autour des enjeux de l’innovation pour la génération montante (respiration) à des élèves du Master 2 « Innovation et management des Technologies » de l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne. La première séance a eu lieu le mardi 5 avril à l’Amphi Oury de La Sorbonne avec pour thème : les médias. Le texte introductif de la séance donne le ton.

Les médias traditionnels sont aujourd’hui en perte de vitesse et de crédibilité. Entre banalités et faits tragiques, les individus perçoivent l’information comme monotone et amère. Face à ce constat, des mutations journalistiques émergent. En effet, de nouveaux formats prennent la relève et bouleversent le média classique. On voit apparaître de nouveaux sites d’information qui n’ont peur de rien, qui n’hésitent pas à jouer franc jeu, sans craindre la censure et lèvent le tabou sur ce que les médias traditionnels s’obstinent à camoufler et à atténuer. Entre humour, ton décalé, parodie et fraicheur, n’est-on pas entré dans une nouvelle ère du journalisme ? Le média traditionnel n’est-il pas en passe d’être devancé par un média davantage moderne, social, transparent et positif ? Quelle définition souhaite-t-on donner aujourd’hui aux médias ?

Et pour traiter ce sujet, trois invités pour cette première séance interviewés par deux étudiantes.

Et comme souvent dans ces compte rendus, verbatims, notes à la volée et bribes d’échanges constitueront le contenu de ce billet.

Jean-Marc Lehu et Julien Goetz

Jean-Marc Lehu et Julien Goetz

Côté étudiants, un vent de révolte modéré « Nous, on veut arrêter les stages et de dormir chez nos parents » suivi par un discours académique avec citation / paraphrase de Marshall Mc Luhan. « La nature du média est (devenu) plus importante que le message.« 

Jérome Ruskin nous explique que le modèle Usbek et Rica Bien plus que le magazine du futur. Il comporte un trimestriel (le dernier numéro vient de paraitre), une app, des événement comme le tribunal, des sites pour les entreprises et des box cadeaux hitech.

La presse, 15 juin 1836

La presse, 15 juin 1836

Jean-Marc Lehu nous conseille d’aller voir le 1er numéro de la Presse, créé par Emile de Girardin sur Gallica. La Presse (le titre) a été le premier journal à être financé par les lecteurs ET les annonceurs dès juin 1836. La presse (terme générique) aujourd’hui est superposition de plusieurs (business) modèles. La société est darwinienne – elle évolue que lorsqu’elle est contraint de le faire.

Julien Goetz #datagueule nous raconte l’aventure d’OWNI (fermé fin 2012), avec une ligne éditoriale en inéquation avec son modèle économique pour Jérome Ruskin. Côté Usbek & Rica, le 31 décembre 2010, il n’y avait plus d’argent pour financer le N° 4 du magazine. Il a pu continuer en créant un nouveau business model basé sur du contenu créé pour et avec les entreprises. Pacte avec le diable ou modèle intelligent et efficace ? Les avis sont partagés.

Jean-Marc Lehu sur les télés en temps réel. On veut savoir, maintenant. Cela n’a pas d’importance si l’info est démenti 15 mn après. Modèle différent pour les titres poussant à réfléchir / articles de fond.

Jérome Ruskin, Usbek et Rica

Jérome Ruskin, Usbek et Rica

Histoire rapporté par Jérome : Le terme de Génération Y viendrait des écouteurs autour du visage en permanence des jeunes nous dit Jerome Ruskin Vrai ou pas, l’histoire est belle. A mettre en parallèle avec le Y de why en anglais (mais pourquoi ?) rappelé sur le hashtag #mardisinno par Piem. Les deux ne sont pas incompatibles.

En parlant des médias généralisés vs les médias spécialisés, Madonna était une star planétaire, Rihanna est une star de niche, une grande niche mais une niche nous dit Jérome. La chanteuse appréciera 🙂

Jean-Marc Lehu rêve la génération Y en bleu et la prochaine génération en vert. Le bleu correspond aux liens de Google, le vert à la source de l’information, trop souvent oublié. Souvent plus d’information dans la source elle-même que dans le lien lui-même. Toujours Jean-Marc : La publicité d’avant peut se résumer en : Qui je vais cibler et avec quoi ? Celle d’aujourd’hui et à venir : Où vais-je cibler et quand ?

Toujours sur la pub, chez Usbek et Rica, « on se fout des clicks ». Le temps de lecture moyen d’un article est de 7/8 mn, une lecture qualitative.

« Peut-être pour la 1ère fois dans l’histoire de l’humanité, les gens qui pensent le futur ont les moyens de le bâtir. » nous dit Jérôme en parlant bien sûr de Google, Amazon / Jeff Bezos, Tesla / Elon Musk.

Julien Goetz #datagueule nous rappelle qu’on a le pouvoir de tromper les algorithmes (en ne réagissant pas comme « ils » le souhaiteraient).

Le débat glisse vers les Panama Papers qui ne sont pas un modèle pour Jean-Marc Lehu.

  • Des centaines de media qui entraine une saturation de l’info
  • Un travail effectué sans régulation
  • Des dommages collatéraux à venir, sur les personnes / sociétés qu’ils quantifie à 5 ou 10%

Julien Goetz #datagueule est en désaccord sur les critiques de jean-Marc Lehu, pense qu’un vrai travail a été effectué. Un rare point d’accroche pendant le débat.

On termine sur le « pouvoir des réseaux sociaux », c’est à dire le citoyen, le consommateur. Pour Jérome Ruskin, « Avant on disait que le consommateur était important, maintenant c’est vrai.« 

Une belle première séance étonnamment sans page Facebook ou hashtag Twitter annoncés ou publié et sans intervenants twittant en même temps. Effet de l’environnement en bois séculaire de la Sorbonne peut-être ? 😃

A suivre dès la semaine prochaine et le mardi 12 Avril avec comme thème l’Alimentation, puis Amour, Sexe et NTIC le 17 mai, Aventure le 24 mai, Engagement le 31 mai et enfin Education le 7 juin.

@PierreMetivier

Pour aller plus loin

  • Les photos de l’événement sur Flickr
  • Toutes les vidéos des Mardis de l’Innovation sur Viméo
Mardis Innovation Media

Mardis Innovation Media

Le grand flop du paiement sans contact ? Sondage, réalité et French « French bashing »

Un grand flop ou une mécomUn grand flop ou une méconnaissance du sujet ?préhension du sujet ?

Un grand flop ou une méconnaissance du sujet ?

Le sujet du paiement est complexe, difficile à appréhender de par la diversité des acteurs, technologies et des solutions – carte avec contact, sans contact, mobile, paiement de proximité, paiement en ligne, paiement par carte sur Internet, wallet … Après une série d’articles dans la presse quotidienne mi-janvier mélangeant allègrement le paiement de proximité de type cartes bancaires et le paiement en ligne type Paypal, un copié collé collégial d’un article de l’AFP erroné, objet d’un billet précédent, c’est un sondage (PDF) réalisé par Odoxa et commandé par le Syntec Numérique en partenariat avec un certain nombre de supports papier, online et TV – BFM Business TV, 01 Net, L’Usine Nouvelle et le Parisien, ce qui a généré des titres et des interprétations variés à partir des mêmes données comme :

(Ouvrons tout de suite une parenthèse concernant le terme de paiement sans code. On parle généralement de paiement sans contact et non sans code. Si le journaliste a souhaité volontairement utilisé ce terme, alors rappelons que le paiement par carte bancaire sans code est déjà répandu et que ce n’est ni un flop, ni le sujet qu’il couvre dans son article. Les péages d’autoroute ou les parking (en ouvrage comme les aéroports) sont payables par cartes de paiement avec contact sans mettre de code et souvent pour des montants bien supérieurs à 20 €. Fin de la parenthèse)

Paiement sans contact NFC mobile

Paiement sans contact NFC mobile

Que dit ce sondage ? Verbatim – Le paiement par cartes sans contact est boudé par les Français, par manque de communication. Les Français se désintéressent du paiement sans contact. Ils pensent majoritairement que ce n’est pas utile.

44% des sondés indiquent qu’ils savent qu’ils ont une carte de paiement sans contact et donc 56% ne le savent pas. A fin décembre, 46% des cartes en France sont sans contact, très proches des 44% sachant qu’un consommateur peut avoir plusieurs cartes. Etonnant, non. Donc 56% ne savent pas et tiens, 57% pensent que ce n’est pas utile. On peut voir la une certaine corrélation, même si bien sûr il y a des sondés qui ont le sans contact et que cela n’intéresse pas comme il y en a qui ne l’ont pas et que cela pourrait intéresser. Globalement, les personnes qui n’ont pas de cartes sans contact n’en voit pas l’utilité, logique.

A la question sur l’utilité de la carte, cette même question aurait obtenu le même type de réponse si on avait demandé aux consommateurs si ils avaient besoin d’une tablette avant le lancement de l’iPad. Pourquoi une tablette alors que j’ai déjà un smartphone et un ordinateur ? On connait la suite.

En complément du sondage, il aurait été intéressant de poser des questions de satisfaction sur l’usage du sans contact par ceux qui l’avaient essayé. Est ce que vous gagnez du temps, est-ce que c’est plus simple, êtes vous satisfait du service ? Et on aurait obtenu des chiffres différents, des chiffres de satisfaction nettement plus élevés et positifs. Les taux de satisfaction à Nice, première ville équipée carte de (et mobile) paiement NFC, ont été de 80%.

Paiement sans contact France 2014 (c) Groupement CB

Paiement sans contact France 2014 (c) Groupement CB

Par delà les interprétations diverses d’un sondage, il y a la réalité de l’usage par les consommateurs, avec les chiffres disponibles auprès du Groupement Cartes Bancaires. La courbe ci-dessus parle d’elle-même. Le paiement sans contact NFC en France en 2014, c’est 64.5 millions de transactions pour une valeur de 706.6 millions d’€. Certains articles précisent parfois que le paiement sans contact représente moins de 1% des transactions cartes. En fait, les 11 millions de transactions sans contact de Décembre 2014 représentent déjà 4% du nombre de paiements cartes bancaires en dessous de 20 €, c’est 30% en Pologne, plus de 50% en Australie. En France, même si le pourcentage reste faible il est en forte progression comme le montre la courbe. Tous ces chiffres sont à disposition des journalistes qui auraient pris la peine de se renseigner auprès d’une seconde source d’information. Titrer « un grand flop » quand on voit cette courbe, c’est à ne rien comprendre d’autant plus que le paiement sans contact NFC de moins de 20 € est pratique et rapide pour acheter les … journaux. Une technologie plutôt amie de la presse, puisque paiement de proximité, presse qui en a bien besoin, nous y reviendrons en conclusion.

Ceci dit, lorsqu’on lit complètement le sondage et ses conclusions, on y voit un futur beaucoup plus positif que certains titres lapidaires engendrés par ces mêmes sources. Il y a peu de doute sur le succès à venir du paiement sans contact. Oui, il y a besoin d’explication, d’information et de formation mais la réalité de la progression de l’usage est bien là. N’oublions non plus que c’est aussi une question d’infrastructure puisqu’à fin décembre, seulement 20% des magasins CB acceptaient le paiement sans contact. Cet élément-clé de contexte est absent de l’analyse du sondage publié mais a été signalé dans le débat de BFM Business TV qui a suivi. La mise à jour des commerces se fait à grand pas mais ce « un sur cinq » limite évidemment les occasions de payer en sans contact.

Ce titre « le grand flop » et d’autres articles par le passé, parlant du scandale des cartes bancaires sans contact, claironnant « NFC la fin d’un rêve » ou annonçant, une fois de plus, la mort du NFC lors de l’annonce par Apple des beacons l’année dernière, c’est clairement du French bashing, non pas en provenance de l’étranger mais franco-français, ce French bashing régulièrement combattu avec conviction et justesse par les pouvoirs publics et par les media en particulier en ligne. Ce n’est pas le cas ici, sûrement, de nouveau, par manque de connaissance du sujet. Le développement de la technologie NFC, utilisée par le paiement sans contact cartes et mobiles, basée sur la carte à puce, profite à de nombreuses entreprises françaises – grands groupes et startups, et elle est utilisée partout dans le monde avec beaucoup moins d’états d’âme qu’en France. En Europe, la France n’est que 6ème par l’utilisation du sans contact derrière les anglais, les polonais, les espagnols, les italiens et les slovaques (de mémoire) alors que des sociétés comme Gemalto, Morpho, Oberthur, Ingenico, Worldline, Orange et d’innombrables PMEs et startups sont derrière tous ces services sans contact cartes et mobiles partout dans le monde. Enfin, rappelons que pour les versions sur mobile de ce paiement sans contact, Apple et son Apple Pay ou le Google et son Google Wallet ont adopté la technologie.

Sur le sujet du paiement sans contact carte et mobile, un usage simple pour le consommateur, mais un déploiement complexe côté industriels, tous les acteurs, opérateurs télécom, banques, réseau CB, commerces, industriels, et autres associations, doivent redoubler leurs efforts en terme de pédagogie, auprès des consommateurs mais aussi des média. Même si des campagnes nationales ont déjà eu lieu, elles n’ont clairement pas été suffisantes. Les agences bancaires et les commerçants doivent aussi participer (et beaucoup le font) pour expliquer, montrer, partager, faire disparaitre quelques légendes urbaines et aussi promouvoir le service. L’exemple de Londres, cité par Marc-Henri Desportes, directeur général adjoint de Worldline, pendant le débat sur BFM Business est typique. Le métro anglais a été gratuit tout un week-end pour les voyageurs qui utilisaient leur carte MasterCard sans contact pour valider leur transport. Et cela, tout le monde comprend 🙂 L’usage du paiement sans contact en Grande-Bretagne est nettement plus élevé qu’en France, et de loin !

La conclusion de ces deux épisodes est double. Les industriels ont donc davantage d’efforts de communication à effectuer. Mais vous aussi, les media et en particulier ceux cités ci-dessus, merci d’y mettre un peu du votre en terme de compréhension du sujet, de titres en relation avec le contenu, de partage d’une information comprise, de pédagogie et de clarté auprès de vos audiences.  🙂 Un dernier exemple sur ce dernier point, la clarté. La vidéo qui accompagnait le débat (voir à 2:10) sur ce même sujet sur BFM Business TV montrait un paiement sans contact pour 21 € !!! avec un premier tap et une insertion de la carte ensuite, tout le contraire de la simplicité du geste du paiement sans contact à moins de 20 €, sa raison d’être. A n’y rien comprendre !

Achat MISC mag par paiement sans contact

Achat MISC mag par paiement sans contact

Sur ce, je propose à tous les lecteurs de régler leur prochains achats presse par paiement sans contact carte ou mobile (pour ceux qui en disposent bien sûr) comme j’ai pu le faire dans un point presse d’une gare parisienne très récemment. Nous les aimons bien nos media, surtout informés 😉

A suivre… avec patience et confiance.

Pierre Métivier

 

La science, la technologie et le bon sens pour combattre l’irrationnel et le pessimisme ambiant

Antenne relais

Antenne relais

Gaz de schiste, médicaments, huile de palme, aspartame, téléphonie mobile et antenne relais, fraude aux cartes bancaires (avec ou sans contact), ondes, RFID ; ces sujets, dont les derniers cités sont au centre de ce blog, sont associés dans les médias à des mots comme scandale, danger, interdiction … le plus souvent sans aucune rationalité.

Ajoutons-y le principe de précaution qui fait qu’à la moindre peur plus ou moins fondée d’un petit groupe, on bloque toute recherche et on se retrouve à l’arrêt alors que dans les autres pays, cette même recherche avance, créant progrès, croissance et emploi. A ce sujet rappelons ce qu’André Brahic en dit – « Si on appliquait le principe de précaution à l’eau, il faudrait l’interdire car on peut s’y noyer et c’est donc très dangereux« . Et que d’inventions et de progrès n’auraient pu voir le jour si ce fameux principe avait été appliqué dans le passé.

Pour couronner le tout, les chiffres et les mots dans les médias perdent leur sens. Encore cette semaine sur Europe 1, un titre, « Chute de 0,2% de la consommation ce mois« . Chute 0,2%, quels mots seront utilisés lorsque ce sera 1% ou 10% ! La moindre baisse à la bourse de plus de 1% est abondamment commentée. Les mots de catastrophe, historique, scandale, drame, chute, panique sont utilisés tous les jours sans conscience de leur sens, à toutes les sauces, simplement pour crier plus fort que les autres médias, se faire entendre. « Série noire » encore ce soir pour un accident qui a fait deux blessés légers dans un accident de télécabine dans les Pyrénées et c’est dans les titres du 20:00 de France 2.

Le Diane 35 est un bel exemple dans ce cas. « Scandale sanitaire, 4 morts. » 4 morts en 25 ans, un médicament vendu dans 115 pays actuellement mais la France l’interdit à la vente pour 4 morts. Les accidents de patinette ont certainement dû faire plus de décès. Les bretzels avalés de travers ont tué bien plus de nos concitoyens que ce médicament. Faut-il interdire les bretzels et les patinettes ? En 25 ans, ce n’est pas loin de 200 000 morts d’accidents de la route en France, 4 000 encore en 2012. Sans parler des victimes des cigarettes et de l’alcool. C’est en stigmatisant l’exception et l’extrême qu’on oublie l’essentiel (1). Et l’essentiel est ailleurs.

Heureusement, des voix s’élèvent pour parler de cet ailleurs, pour appeler à la raison, combattre l’irrationnel et revenir à un peu de bon sens au service de l’intérêt général dans ce tourbillon médiatique nourri au pessimisme et pensées négatives. Nous citerons trois exemples dont nous avons souvent eu régulièrement l’occasion d’évoquer dans ce blog.

André Brahic, astronome, physicien et astrophysicien au CEA

André Brahic, astronome, physicien et astrophysicien au CEA

Commençons par André Brahic, astronome, physicien et astrophysicien au CEA, qui lance un « cri d’amour pour la science » dans son livre « La science, une ambition pour la France » que nous ne saurions trop vous recommander de lire. Dans une conférence que nous avions relaté, il note le décalage de temps entre les politiques (élections) et la science (20 à 30 ans) (sans parler des médias (24 heures) NDLR) et l’importance de la recherche, l’éducation et la culture. André Brahic ne nie pas les problèmes mais propose une vue globale, optimiste, scientifique et surtout nuancé du sujet. « La vie et la recherche, c’est comme la bicyclette, quand on n’avance pas, on tombe. »

Marc Giget

Marc Giget

Ensuite, allez assister à une séance des Mardis de l’Innovation de Marc Giget, couvert régulièrement sur ce blog. C’est gratuit et c’est une cure d’optimisme qui devrait être obligatoire pour tous. Regarder à travers le prisme de l’histoire, de l’Antiquité à la Belle Epoque en passant par la Renaissance, voyager en Inde ou en Chine, prendre du recul, voir comment, dans des périodes bien plus dramatiques que la notre, où la durée de vie étaient beaucoup plus faibles, les épidémies terribles et la famine monnaie courante, les innovations, la science, la culture ont permis à notre humanité d’être où elle en est, de progresser en faisant reculer les maladies, et en allongeant l’espérance de vie.

Mobile Creation - Laurence Allard

Laurence Allard

Enfin, Laurence Allard, dont nous avons souvent eu l’occasion de présenter les travaux et les idées, sur l‘influence du mobile sous toutes ces formes,  partout dans le monde rappelle régulièrement les formidables progrès sociétaux permis par le mobile dans les pays en voie de développement comme l’Afrique ou l’Inde, en terme de bancarisation, de culture, d’éducation et de progrès. Sociologue, elle décrit également comment les peurs et l’irrationnel sont associés aux nouvelles technologies.

Cette peur du progrès apporté par la science et la technologie a toujours existé, parfois entretenu par des concurrents à travers la rumeur (Exemple – Edison vs. Tesla au début du développement de l’électricité), par des articles de presse peu documentés, par les pouvoirs en place (souvenons nous de Copernic, Galilée ou Giordano Bruno). Les réseaux sociaux comme Twitter n’ont pas inventé la rumeur, mais ils permettent une diffusion plus rapide de ces fausses informations. Le monde du paiement mobile n’est pas épargné. Par exemple, un article appelé « Le scandale des cartes bancaires sans contact » a défrayé la chronique bancaire en 2012, retweeté sans vérification ni relecture par de nombreux twittos, alors que de scandale, il n’y en avait guère (3ème article de la page).

Enfin, sur les ondes qui nous envahissent et à l’heure où les députés écologistes ont essayé une fois de plus de bloquer les progrès liés à la téléphonie mobile à travers un projet de loi associant ce bien triste principe de précaution avec les ondes électromagnétiques, projet heureusement repoussé par l’Assemblée Nationale, rappelons deux petits faits, de bon sens :

  • Nous sommes entourés d’ondes électromagnétiques, les plus importantes en provenance du soleil et c’est d’ailleurs ce qui nous apportent la vie, faut-il interdire le soleil ?
  • Dans les pays occidentaux où l’utilisation du mobile est la plus généralisée et la plus intense (autant de mobiles en activité en France que d’habitants), notre espérance de vie n’a jamais été aussi importante et elle continue à s’allonger. Qu’en déduire ? Faut il interdire les mobiles ou au contraire, encourager leur utilisation ? 😉 Bien sûr, on ne peut pas tirer de conclusions dans un sens ou dans l’autre.

Il existe des risques, des catastrophes sanitaires comme l’amiante ou l’affaire sang contaminé qui ont eu des impacts très néfastes sur de nombreuses vies humaines, mais ces drames ne doivent pas remettre en cause tous les progrès permis depuis des milliers d’années par la science et la technologie. Combien de vies humaines ont été sauvées grâce à la transfusion sanguine pour ne reprendre que ce dernier exemple ?

Revenons à Laurence Allard qui (avec Olivier Blondeau et Gabriel Dulac Arnold) qui dans une conférence a expliqué comment les capteurs de pollution peuvent aider à améliorer la qualité de l’air, en fournissant un plus grand nombre d’informations aux associations de surveillance comme AirParif, chaque citoyen pouvant devenir acteur écologique à travers des projets comme Citoyens Capteurs (2). Cette technologie utilisée pour mesurer la qualité de l’air, à base donc de capteurs et de connectivité, devrait être applaudi par les politiques sensibles à l’écologie ce qui n’est pas le cas car elle utilise ces fameuses ondes maléfiques. En termes de sociodynamique, cela correspond à un comportement « déchiré« , entre Synergie et Antagonisme, que l’absence de bon sens ne peut malheureusement résoudre.

Clairement, il nous faut entendre l’optimisme, l’attitude positive et le bon sens de Laurence Allard, André Brahic ou Marc Giget parmi beaucoup d’autres aujourd’hui pour combattre l’irrationnel et le pessimisme qui nous sont assénés toute la journée et font bien plus de mal sur nos concitoyens que les ondes qui véhiculent ces messages. Faisons confiance au sens de l’intérêt général de ceux qui font la science, de ceux qui innovent technologiquement, de ceux qui imaginent des usages durables pour résoudre les problèmes qui nous font face.

A suivre !

Pierre Métivier

Notes

  1. Je ne suis pas l’auteur de cette phrase, entendu récemment à la radio mais je la fais bien volontiers mienne.
  2. L’auteur de ce blog soutient, à titre personnel, les actions de l’Association Labo Citoyen, qui soutient le projet Citoyens Capteurs.

Pour aller plus loin