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Innovation et technologies numériques, ou l’éternel retour et le gai savoir

Portrait de Nietzsche (c) Seb Jarnot pour Philosophie magazine

Portrait de Nietzsche (c) Seb Jarnot pour Philosophie magazine

Ce qui va suivre n’est pas un billet autour des idées de Nietzsche. C’est une simple citation d’un concept et d’un livre pour illustrer des sujets plus prosaïques de notre monde numérique.

Et d’abord, l’éternel retour utilisé dans son sens premier. De très nombreuses produits ou services technologiques, allant changer notre vie, sont présentés à longueur de média. Pourtant, pour beaucoup d’entre eux, ils existent depuis « longtemps », lancés sous d’autres noms, avec plus ou moins de réussite. Ils disparaissent et reviennent, toujours plus révolutionnaires mais sans toujours plus de succès. Nous allons passer en revue très brièvement quelques-uns de ces produits et technologie sans ordre particulier.

Villa Arpel - Mon oncle de Jacques Tati

Villa Arpel – Mon oncle de Jacques Tati

La smart home ou maison connectée. C’est une nouvelle version de la domotique, elle-même basée sur les automatismes de portail ou de volets. Cette domotique a longtemps végétée, la faute au manque d’installateurs passionnés, à l’absence d’interopérabilité, à la pléthore de standards, aux prix conséquents, à un manque d’usage réel, résultant d’une clientèle réduite. Jacques Tati s’en moquait gentiment dans « Mon Oncle » en 1958, il y a près de 60 ans. La smart home est le retour de la domotique, cette fois connectée, avec les acteurs des GAFA, comme Google (Nest), Apple (Home/Homekit), Amazon (Alexa) ayant rejoint ce marché. Malgré les progrès indéniables, (presque) tous les freins cités précédemment existent toujours si on veut automatiser sa maison.

Les wearables ou bracelets connectés mesurent de nombreuses caractéristiques de votre course ou votre randonnée à vélo. Ils existent depuis des années, chez Garmin par exemple. Les cyclosportifs et les cyclotouristes ont pour beaucoup des montres GPS ou des ordinateurs de bord qui mesurent toutes sortes de données y compris fréquence de pédalage ou le rythme cardiaque. Rien de nouveau sous le soleil de la Vallée de Chevreuse ou des pentes du Mont Ventoux.

Albert Ducrocq - L'ère des robots - 1953

Albert Ducrocq – L’ère des robots – 1953

La robotique, autre sujet mythique, est encore plus ancien. Des automates de Vaucansson à Nao et Pepper, il y a eu beaucoup de projets annoncés, de livres, de films, générant de nombreux fantasmes.

En 1953, il y a plus de 60 ans, Albert Ducrocq a écrit « L’ère des robots ». Il y parlait déjà de révolution industrielle, de capteurs, de traitement de l’information ou d’imagination artificielle.

Les robots industriels (ou la mécatronique) sont clairement un domaine avancé et ils équipent de nombreuses usines, mais qui, parmi vous, chers lecteurs, possède un robot chez lui (hors éventuellement) un bot aspirateur ?

Neil Graham - Artificial intelligence - 1979

Neil Graham – Artificial intelligence – 1979

L’intelligence artificielle date des années 50 (John Mc Carthy / Marvin Minsky) et on la retrouve sous différents noms et variantes comme les réseaux neuronaux, les systèmes experts et plus récemment le machine learning ou deep learning. L’idée est de « programmer l’intelligence » des machines grâce à des algorithmes.

La progression de ces algorithmes est indéniable mais elle est aussi (surtout?) permise par l’augmentation de la puissance de calcul, de capacités de stockage et de la disponibilité des données.

Les données, justement, plus ou moins big et open, ont toujours existé, stocké sur des tablettes d’argile ou des papyrus. Au Moyen-Age, le cloud (*) était au Mont Saint Michel. Ces données se sont développées avec l’imprimerie, plus récemment stockés dans des bases de données relationnelles. Le terme big data a presque 20 ans (1997).  Et les applications réelles sont encore rares, si beaucoup d’acteurs rêvent d’en faire plus.

MOS Commodore Kim computer kit - 1975

MOS Commodore Kim computer kit – 1975

Autour des makers, les kits de type Arduino ou Raspberry Pi ressemblent à s’y méprendre au kits électroniques que l’on pouvait acheter dans les magasins d’électronique il y a des dizaines d’années. Nous y avons consacré un article. Et il y avait déjà des cartes avec processeurs, comme le Kim chez MOS / Commodore, dans les années 70, pour les plus aventureux des hobbyistes de l’époque (parents des makers d’aujourd’hui) qui souhaitaient disposer d’un ordinateur en kit, programmable en assembleur.

  • Pour aller plus loin – C’est l’histoire d’un make ou plus exactement un test de Keyduino, un kit Arduino et NFC
Le vidéotéléphone 1948

Le vidéotéléphone 1948

La vidéo-conférence a été le sujet d’un des tous premiers articles de ce blog il y a 6 ans. Les premiers prototypes  de vidéo conférence datent d’avant la deuxième guerre mondiale, et cette technologie n’a pas trouvé son marché (hors un peu de télé-conférence professionnelle). Elle a été remplacée par les ICQ, AIM et autres MSN Messengers eux-même remplacés par Skype, puis Periscope, Whatsapp avant la prochaine fournée.

Et l’internet des objets ? Le terme a été inventé par Kevin Ashton au siècle dernier (1999) alors qu’il travaillait sur la RFID au Auto-ID center. Avant cela, en 1982, un distributeur de boisson avait été déjà connecté à l’université Carnegie Mellon. Le M2M ou MachineToMachine, l’informatique ubiquitaire, d’autres noms pour un même concept de connexion des objets.

Et on aurait pu ajouter la voiture autonome, la virtualisation, les imprimantes 3D … la liste est longue (et ce billet aussi, trop).

« Tout cela pour en arriver où, vieux bougon ? » me demande un lecteur (dont je tairai le nom mais qui a raison de poser la question. NDLR).

Il faut continuer de rêver et d’imaginer tout en sachant garder raison, en prenant du recul au delà des buzzwords, sur toutes les annonces des prochaines révolutions technologiques, sur les startups qui vont tout changer aujourd’hui ou demain matin.

Ceci dit, il y a des évolutions. Et même si il y en a toujours eu, elles semblent s’accélérer.

  • D’abord, les technologies et l’infrastructure évoluent. La disponibilité de nouveaux nombreux capteurs, de mobiles, de cartes de développement plus petites, économiques et puissantes, d’une connectivité abondante et variée, nous incite à penser que certains produits et services, qui ont échoués par le passé peuvent devenir de vraies innovations. Entre un flop et un succès, il y a parfois 10 ou 20 ans. Par exemple, 17 ans séparent deux tablettes d’Apple – le Newton (flop) et l’iPad (succès). N’oublions pas non plus le monde open que l’on peut rapprocher du gai savoir, permettant à des millions de créateurs, de développeurs d’imaginer et partager leur travail et leur connaissances et donc amplifier le mouvement.
  • Ensuite, il y a heureusement quelques concepts réellement nouveaux, qui ont émergés récemment, comme la blockchain ou les ordinateurs quantiques dont les applications et les usages restent bien sûr à être imaginés et conçus.

Dans tous les cas, la question reste la même – trouver des usages à toutes ces technologies. Sans usages, point d’innovation. Tant que cela reste sur le papier des magazines ou entre des balises HTML, mais pas dans les habitudes des consommateurs ou dans les infrastructures qui font tourner notre monde, toutes ces belles idées resteront de beaux exercices de style. Une innovation ne se décrète pas, elle se constate comme nous le répétons régulièrement.

Pour en revenir à Nietszche, en plus du concept d’éternel retour (des idées technologiques), le gai savoir est une métaphore qui rapproche tous ceux qui, non seulement voient dans les applications permises par la technologie numérique (mais pas que) une manière d’améliorer la vie de chacun mais y contribuent et partagent leur travail, créant ainsi des innovations citoyennes de plus en plus nombreuses.

Pour terminer avec notre philosophe, rappelons aussi ses mots prophétiques, extraits des Fragments posthumes, semblant annoncer l’arrivée de l’internet et des réseaux sociaux il y a plus de 115 ans. « Grâce à la liberté des communications, des groupes d’hommes de même nature pourront se réunir et fonder des communautés. Les nations seront dépassées ». Etonnant, non ?

A suivre

@pierremetivier

(*) Aujourd’hui, le cloud, c’est l’ordinateur de quelqu’un d’autre, excellente définition de Tristan Nitot.

Pour aller plus loin

SIdO – une édition 2016 du salon de l’internet des objets au sommet. Part 2 – Verbatim, citations et commentaires

Les conférences du SIDO 2016

Les conférences du SIDO 2016

Après un premier compte rendu sur la partie exposition du SIdO 2016, ce billet vous donnera avec retard un aperçu des échanges pendant quelques-unes des conférences. Des conférences en parallèle réparties sur plusieurs salles et donc impossibles à suivre toutes malheureusement comme souvent malgrè leur intérêt. Comme souvent également dans ce blog, c’est un billet composé de verbatim et citations d’intervenants avec quelques commentaires personnels, un compte rendu en pointillé, à picorer.

2016 SIdO

La conférence de presse pour débuter – les chiffres habituels, aussi impressionnants qu’imprécis, de type 80 objets connectés nouveaux se connectent chaque seconde pour la première fois à Internet à travers le monde ou 50 milliards d’appareils connectés attendus d’ici 2020, sans plus de précision et donc sans grand intérêt. Les représentants de la Ville de Lyon et de la région Rhone-Alpes apportent leur soutien clair à l’Internet des objets et au salon. Shawn DuBravaq, chief economist and director of research for the Consumer Electronics Association (CEA), organisateur du CES de Las Vegas, apporte sa e-bénédiction au salon et rappelle que l’arrivée du monde des objets connectés est liée à l’ubiquité récente des ordinateurs, d’une offre pléthorique de connectivités et de capteurs. Gazpar, compteur intelligent GrDF, équipé de NFC est également cité. Sylvain Painea, Schneider Electric parle de l’importance de l’open innovation et nous invite à découvrir l’internet of light ou lifi. Olivier Ondet, Directeur Marketing, Orange Applications for Business parle de l’importance de l’Internet des Objets dans le plan stratégique d’Orange. Trois composants au coeur – objets, logiciels et réseaux. 9 millions d’objets connectés par Orange .. sans préciser qu’ils le sont pour la plupart en 2G. #M2M. Amusant comment l’internet des objets redonne de la vie aux réseaux 2G que les opérateurs voulaient fermer (pour vendre du 3, 4 et bientôt 5G) en attendant des solutions de type Lora ou NB-IOT non encore disponibles. #Aintitironic

2016 SIdO

2016 SIdO

Le multi-objets, des scénarios sans queue ni tête pour Alexandra Deschamp-Sonsino @iotwatch. Ce sont des usages complexes qui ne correspondent pas à des usages réels. Eric Guichard @CNRS structurellement très critique dans son approche des objets connectés et du traitement des données perso. Il nous parle de multi-surveillance, que ce soit publicité ou police ! Toujours Eric Guichard, les bicyclettes de 1920 ne ressemblent pas à celle d’aujourd’hui. (Le cycliste et fan du Musée des Arts et Métiers que je suis est en franc désaccord NDLR) Objets connectés : beaucoup à faire et beaucoup d’opportunités, merci Alexandra pour la vision la plus optimiste du panel.

2016 SIdO

2016 SIdO

Le monde industriel sera connecté ou ne sera pas, le titre de la conférence suivante, plus industrelle. L’internet des objets, c’est aussi Schneider Electrique, Colas, le Groupe SEB, GEneral Electric ou SAP. Thibaut Kleiner rappelle le role de l’Europe dans le développement de l’économie numérique – infrastructure, standards, régulations – leveled-playing field. On parle innovation et startup, méthode Agile et Lean startup … Des projets en commun – industries/école – EPFL, Volvo et Colas – pour augmenter sur la sécurité des chantiers. Le récit de la création de Wattway,  la route générant de l’électricité, par le Groupe Colas captive les conférenciers du #sido16  On continue sur les innovations connectées avec le Groupe SEB et l’écosystème de Cookeo et ses recettes numériques, présentation d’Open Food System – création d’une marketplace culinaire. Une dizaine de produits connectés chez SEB nous dit Philippe Crevoisier. Les challenges principaux de l’énergie pour Schneider Electric – des énergies plus électriques, plus numériques, plus décarbonées. 2 fois plus d’objets électroniques industriels que grand public pour Vincent Champlain, General Electric. Course à la performance. Il n’y a pas de place pour le 2ème. Aucune société ne peut être plus forte que son écosystème. Arrivée massive de designers et de développeurs logiciels chez General Electric. Développement mondial de digital foundry toujours chez General Electric. Vincent Champain rappelle comme d’autres précédemment la sous-utilisation du #bigdata. Sur le même sujet, Raphaël Perez nous parle d HANA, la plateforme data de SAP France  et de sa version startup.  Passage d’une économie de produits vers une économie des services. Thibaut Kleiner rappelle que l’Europe est partenaire officielle du #sido16 Initiatives européennes autour de l’IOT à venir très prochainement sans plus de détails.

2016 SIdO

2016 SIdO

La conférence suivante a étrangement mélangé le #bigdata (le sujet d’origine) et la sécurité avec la présence de Mikko Hypponen de FSecure qui commence par nous montrer un « floppy disk » infecté par un virus. #backtothefuture Mikko nous parle des différentes catégories de créateurs de virus – white et blacks hackers, criminels, gouvernement / militaires, et extrémistes. Les problèmes de sécurité de l’internet seront bien sûr présents dans l’internet des objets. Le Scoop du jour – Mikko Hypponen utilise une balance Withings tous les jours. Dans certains domaines, la data est déjà monétisée – exemple du foot pro nous dit Patrice Slupowski, Orange. Google est le 4ème fabricant de serveurs dans le monde (pour leur propre usage). Une mesure de l’importance du #bigdata. Privacy is dead. Mikko Hypponen confirme la phrase de Mark Zuckerberg (et probablement d’autres avant) sans le citer. Ca part dans tous les sens dans la conférence. On y parle surtout sécurité, vie privée, données personnelles, pas réellement comment créer des gisements de valeur à partir des données. On passe aux conditions d’utilisation des produits, les CGU. Plutôt que transparence (trop de texte -> illisibilité), Patrice Slupowski, Orange préfère la notion de limpidité. Mikko Hypponen parle d’Enevo, poubelles connectés pour savoir quand les relever.  Il cite Tesla, nouvelles fonctionnalités basées sur les données remontées par les voitures. Autres intervenants – Parkeon devient une société de services en utilisant les données remontant de leur horodateurs. L’innovation réelle de Tesla est d’avoir un OS dans la voiture, pas l’analyse des données pour Florian Douetteau dataiku.

2016 SIdO

2016 SIdO

Conférence suivante autour de la Connectivité : Panorama des solutions et expériences de déploiement Frédéric Salles, Matooma rappelle que le choix d’un réseau IoT dépend des besoins – trafic, vitesse, couverture. On ne choisit pas d’abord un réseau avant de connaitre les besoins. #bonsens Il ne faut que 10 mn au débat pour que cela tourne autour des réseaux telco classiques opérateurs contre les réseaux – LPWA de Sigfox ou Lora. Tous les intervenants d’accord sur le fait que le choix du réseau se fait en fonction des spécifités des services. Pour Régis Lauret, Eolane, il est possible de développer des produits multi-connectivités. Pour Frédéric Salles, Matooma, la « tendance » est le bi-mode, une connectivité LPWA + backup 2G. Olivier Beaujard, Sierra Wireless présente MangoH, permettant un prototypage open source en testant les différentes connectivités.  Le déploiement exemplaire : Sigfox en Espagne, Securitas, 7 mois, 0,5 million d’objets connectés nous dit Guillaume Crinon, Avnet Memec. Olivier Beaujard, Sierra Wireless sur la sécurité – pour de nombreux objets et devices, comme pour les PCs ou mobiles, leur mise-à-jour est possible.

2016 SIdO

2016 SIdO

Une dernière conférence, ou plutôt un échange entre deux spécialistes de l’Internet des objets – Rafi Haladjian, créateur du Nabaztag et de Mother et fondateur de Sense interviewé par Olivier Ezratty. Sense a été créé en étudiant les usages (et non-usages) des premiers objets connectés. Comprendre pourquoi l’usage des objets connectés arrive régulièrement à un plateau. Les objets connectés sont souvent liés aux angoisses – santé et sécurité. Pour Olivier Ezratty, si on marche une heure vingt à pied, on a fait dix mille pas, pas besoin de bracelet connecté. Pour Rafi haladjian, il ne faut plus connecter des objets mais des expériences. Designer un objet pour qu’il devienne un aspirateur à données (automatique). Il est très difficile de changer les habitudes des gens. Ex : chargement journalier des mobiles. Rafi nous parle du design des cookies de Mother. Ils sont plats car on doit pouvoir dormir dessus. Les peanuts sont pré-programmés par rapport au cookies auquel on donnait un sens par logiciel. Repenser / réinventer la distribution. 60% de la valeur d’un objet va chez le distributeur. La technologie ne suffit pas. Effet chaton, futile ou showoff. Le tracker dans la poche ne marchait pas commercialement, au poignet, ça marche. La créativité et la motivation (des utilisateurs) sont les choses les plus rares. La plus grande invention d’Apple dans le mobile : le forfait —> développement des usages Dans l’internet des objets, on ne sait pas encore où est le business. Le big data est très surfait, qui veut acheter les données des brosses à dent ? On sait capter environ 250 paramètres aujourd’hui. La suite, la captation des émotions pour Olivier Ezratty.

Et sur cette promesse d’Olivier, la captation des émotions, s’arrête ce compte-rendu foisonnant, sans queue ni tête, qui est, globalement le reflet de l’internet des objets aujourd’hui.

A suivre … dans toutes les directions.

@PierreMetivier

Et pour le plaisir, une dernier verbatim de Serge Darrieumerlou, Somfy :

Le digital c’est comme l’anglais, si on n’est pas né dedans, on a toujours un accent.

Pour aller plus loin

 

Power to the people, une soirée avec Jeremy Rifkin

Jeremy Rifkin - Power to the people

Jeremy Rifkin – Power to the people

Né du regroupement de Alma CG et Lowendalmasaï, la société Ayming a organisé une soirée dont le point d’orgue a été une intervention de Jeremy Rifkin, le tout dans le bel écrin du Théâtre de Chaillot, à l’intérieur du Trocadéro.

Avant l’intervention, une remise de prix avait lieu avec Patrick Poivre d’Armor, dans le rôle de M. Loyal, des prix remis à Allianz, General Electric, Seb, Ramsay General de Santé, Sodexo et Orange, tous autour de la numérisation des fonctions principales de l’entreprise ou de services aux consommateurs.

3D Seb Spares Supply

3D Seb Spares Supply

Un petit mot sur le projet Seb, 3D Spares Supply, un projet peu public – l’utilisation de l’impression 3D pour fabriquer des pièces détachées d’appareil en fin de cycle et donc permettre de combattre l’obsolescence des dits-produits. Un concept à suivre donc.

S’en est suivi donc l’intervention de Jeremy Rifkin, qui a commenér par demander à l’audience ET aux photographes professionnels de l’organisation de ne pas prendre de photos. Surprenant. Jeremy a débuté son propos par une vision sombre de notre planète, en particulier sur les conséquences du changement climatique comme la disparition de la moitié des espèces de la planète avant 2100.

Jeremy nous décrit sa General Purpose Technology Platform extrait de son livre « La nouvelle société du coût marginal zéro« .

Jeremy Rifkin - General Purpose Technology Platform

Jeremy Rifkin – General Purpose Technology Platform

 

Les grandes révolutions industrielles ont été liées à l’avènement de nouvelles technologies dans les domaines de la communication, de l’énergie et du transport. Il nous raconte l’arrivée de la vapeur en Grande-Bretagne et la 1ère révolution industrielle, les machines à vapeur que l’on met sur des roues qui deviennent des trains, puis le téléphone. On passe à la deuxième révolution qui s’est terminé pour Jeremy Rifkin en 2008 avec le crash boursier. L’infrastructure énergétique de la planète ne progresse plus depuis 20 ans.

Nous allons passer d’un à trois internet, basés sur la communication, l’énergie, et le transport, sous le nom d’internet des objets. Il nous décrit le rôle des mobiles pour lier les humains à l’internet des objets et les humains entre eux. Après un petit couplet sur la vie privée, la sécurité et le darknet, il ajoute que les bons côtés de l’internet (des objets) sont beaucoup plus importants que ces inconvénients. L’économie du partage prend de l’importance, l’économie du capital restera. Jeremy Rifkin rappelle que Napster a été le début de l’économie du partage / désintermédiation ainsi que la prévision du PDG d’IBM expliquant que le monde n’avait l’utilité que de 7 ordinateurs #ciassicquote.

L’Allemagne est le bon élève, a compris depuis 10 ans le rôle de l’énergie solaire et des éoliennes. Les citoyens vont générer leur propre énergie. « Power to the people. » nous dit il d’où le titre et le montage photographique. Le pouvoir et l’énergie correspondant au même mot en anglais. « Le vent n’a jamais envoyé de facture à qui que ce soit. » Pour Jeremy Rifkin, les entreprises de l’énergie ont du souci à se faire, elles se préparent le même destin que celles de la musique, de la presse, de l’hôtellerie, … Ces sociétés vont passer de la production à la gestion de l’énergie produit par les citoyens #smartgrid Toujours sur l’énergie – L’Allemagne, la Chine, Bruxelles sont sur la bonne voie, les US (hors Californie) en retard.

Le jouet donné à un enfant comme première leçon sur la possession, le status, le pouvoir. Nos enfants ne posséderont plus de voitures, n’en désirent plus. L’usage plutôt que la possession. Il nous rappelle le rôle des vaches dans le réchauffement de la planète, 2ème cause de la production de méthane. Petit couplet sur les drones pour annoncer « l’arrêt » des compagnies de transport.

Il est important de changer notre infrastructure. C’est bien sûr des budgets colossaux mais l’argent existe. Ex : L’Europe a dépensé 741 milliards de $ sur les infrastructures en 2012. Jeremy Rifkin rappelle qu’il a proposé REV3, un plan d’infrastructure pour les « Hauts de France » (dans le texte, bravo  -NDLR). Les changements d’infrastructure de #dumb à #smart ne se fera par l’intelligence artificielle ou par des robots, beaucoup d’emplois pour deux générations.  » Je ne suis pas un futuriste ni un utopiste. La technologie ne fera pas tout, il nous faudra changer également. ».

La liberté de chacun va changer de sens, sera lié à notre indépendance énergétique à titre individuel. La notion de « pouvoir » sera également différente, moins verticale, plus réseaux (NDLR – je cherche toujours). L’espoir de Jeremy Rifkin est dans la conscience plus aigu des nouvelles générations de la fragilité de leur futur. Il rêve d’une vision numérique commune entre l’Europe (qu’il associe le plus souvent à Berlin) et la Chine. S’en suit un appel aux français (au moins ceux présents dans la salle) de rejoindre et participer à ce mouvement.

Une intervention très bien articulée, un show bien rodé, des messages forts qui devraient interpeller chacun d’entre nous.

A suivre.

@PierreMetivier

#ANFSCD – Avant la conférence, nous avons également eu le droit à une belle surprise, un ballet et quel ballet, LE ballet, un large extrait du Sacre de Printemps dansé par la troupe de José Montalbo. Une performance autant que ballet, intégrant plusieurs disciplines – hiphop, break dance, flamenco, danses africaines. Un bel hymne à la vie et à notre planète. Merci les danseurs et Ayming pour ce beau moment de poésie dans une conférence « business ».

Remise des prix Ayming

Remise des prix Ayming